Face à une menace djihadiste croissante, la justice française peine à s’adapter. Entre psychiatrisation des auteurs et analyse individuelle des actes, notre système pénal hésite.


Béatrice Brugère est secrétaire générale du syndicat Unité Magistrats et ancienne juge antiterroriste.

Une semaine après les attentats terroristes de Charlie Hebdo et quarante-huit heures après la mobilisation sans précédent du 11 janvier 2015, Manuel Valls, alors Premier ministre, déclare devant le Parlement : « Oui, la France est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l’islamisme radical. » La sémantique est guerrière et l’ennemi clairement désigné. Cinq ans plus tard, quel est le bilan de cette guerre au terrorisme ?

Nous sommes en guerre

Difficile de répondre à cette question tant la confusion s’est installée dans le débat, sur le diagnostic et sur les moyens à mobiliser. Les autorités rappellent régulièrement que la menace reste très élevée et installée. Les chiffres en constante progression sont d’ailleurs là pour le corrobo

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Février 2020 - Causeur #76

Article extrait du Magazine Causeur

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