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Shireen Abu Akleh: vie et mort d’une journaliste très engagée

Le journalisme au service du militantisme

Shireen Abu Akleh: vie et mort d’une journaliste très engagée
Le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas devant le cercueil de Shireen Abu Akleh lors des funérailles de la journaliste, à Ramallah en Cisjordanie, le 12 mai 2022 © Mohammad Tamim/UPI/Shutterstock/SIPA

L’émotion légitime qu’a provoquée la mort de la journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, tuée d’une balle le 11 mai, ne doit pas effacer le journalisme militant qu’elle a pratiqué tout au long de sa carrière…


Nul ne peut affirmer à l’heure où sont écrites ces lignes qui a tiré la balle qui a tué Shireen Abu Akleh. Malgré les accusations proférées par les Palestiniens et reprises – le plus souvent sans la moindre distanciation critique – par de nombreux médias internationaux, les deux hypothèses les plus vraisemblables sont 1) qu’elle a été victime d’un tir accidentel de l’armée israélienne, ou 2) qu’elle a été tuée par un tir palestinien, accidentel ou même délibéré. Nul ne peut trancher aujourd’hui entre ces différentes hypothèses, et les lignes qui suivent ont plus modestement pour objet de rappeler qui était Shireen Abu Akleh et quelle fut sa carrière.

Jérusalem, mai 2022. Wikimedia Commons

Journaliste-vedette de la chaîne qatarie Al-Jazeera, Abu Akleh est née à Jérusalem dans une famille chrétienne originaire de Bethléem. Elle a étudié le journalisme en Jordanie, puis à l’université de Bir Zeit, près de Ramallah. Sa carrière journalistique a débuté à la radio “La Voix de la Palestine”, mais elle a rapidement rejoint la chaîne télévisée Al-Jazeera, où elle a travaillé sans interruption depuis 1997 et jusqu’à sa mort. Aux dires de ses collègues, son travail de journaliste était “toute sa vie”, car elle ne s’est jamais mariée et son but principal était de donner une voix au narratif palestinien.

Une journaliste qui relayait la propagande palestinienne

De fait, comme souvent chez les Palestiniens chrétiens, son identification à la cause palestinienne était sans limite. Selon l’éloge funèbre d’un de ses collègues, “elle était Palestinienne avant d’être journaliste”. Cet engagement sans limite s’est exprimé par une série de reportages, donnant au fil des ans libre cours aux nombreux mensonges et manipulations médiatiques dont les Palestiniens sont coutumiers depuis des lustres, et auxquels les observateurs chevronnés ont donné le nom évocateur de “Pallywood”.

Le journaliste israélien Assaf Gibor cite quelques exemples, parmi des dizaines d’autres s’étalant sur vingt-cinq années de carrière journalistique. Rendant compte de la destruction de la maison du terroriste Omar Jirdat, assassin de Yehuda Dimentman en décembre 2021, Abu Akleh affirmait ainsi que le terroriste était un “prisonnier, emprisonné à la suite d’une opération armée menée contre un colon”. (Notons que cette présentation tendancieuse pourrait sembler anodine aux yeux des lecteurs français, habitués eux aussi à ce vocabulaire trompeur). Aux dires d’Abu Akleh, la destruction de la maison de l’assassin “s’inscrivait dans la politique de vengeance des forces d’occupation contre les familles palestiniennes…”

A lire aussi : Israël-Palestine: qui a tiré sur Shireen Abu Akleh?

Abu Akleh a été la première journaliste arabe autorisée par Israël à se rendre dans les prisons en Israël. En 2005, elle a ainsi interviewé des terroristes dans la prison d’Ashkelon, en évoquant leurs prétendues “souffrances”, sans dire un mot des actes pour lesquels ils avaient été condamnés. Pendant la vague d’attentats de 2015-2016, elle a diffusé l’accusation calomnieuse selon laquelle “Israël aurait distribué des couteaux aux Palestiniens”, interviewant des jeunes Arabes prétendant qu’ils avaient été arrêtés après que des armes blanches aient été délibérément cachées dans leurs véhicules. Lors du récent attentat de la rue Dizengoff à Tel-Aviv, elle a présenté le terroriste comme “l’auteur de l’opération”, reprenant la terminologie employée par les organisations terroristes palestiniennes.

Des violences commises lors des funérailles

Journaliste militante très engagée, Shirin Abu Akleh a eu droit à un enterrement à l’image de sa carrière, entourée de membres des différentes factions terroristes qu’elle soutenait ouvertement. Rappelons que, contrairement à la présentation tendancieuse faite par les médias palestiniens et par leurs émules en France, les incidents qui ont émaillé les funérailles ont été délibérément provoqués, comme l’a expliqué un communiqué de la police israélienne : des « émeutiers ont empêché les membres de la famille de charger le cercueil dans un corbillard pour se rendre au cimetière, comme convenu avec la famille (…). La foule a refusé de remettre le cercueil dans le corbillard et la police est intervenue pour l’empêcher de le prendre. Durant l’émeute déclenchée par la foule, des bouteilles en verre et d’autres objets ont été jetés ».

Ces funérailles mouvementées et transformées délibérément en manifestation violente ont prouvé une fois de plus qu’aux yeux des terroristes, il n’y a rien de sacré : pas plus le cortège funéraire d’Abu Akleh que la mosquée Al-Aqsa, où des émeutiers ont récemment stocké des pierres et tiré des projectiles, déclenchant un début d’incendie… Pour ces derniers, comme pour la journaliste d’Al-Jazeera, le djihad passe avant tout, qu’il soit mené avec des armes à feu, avec des pierres ou avec une caméra de télévision.

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