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Séparatisme: le maire de droite et la bachelière voilée

Les Français n’ont pas à tolérer le voile islamique dans leur société, mais on peut le dire gentiment aux musulmans manipulés par les islamistes


Séparatisme: le maire de droite et la bachelière voilée
La jeune bachelière Birqis a pris une pause sur le temps consacré à ses études, pour témoigner de la terrible injustice dont elle dit avoir été victime à cause de son voile islamique. D.R.

« Il m’est arrivé un truc complètement scandaleux et qui montre qu’en France l’islamophobie est devenue un droit », affirme une lycéenne française sur les réseaux sociaux. Elle au moins, on ne peut pas l’accuser de pratiquer la taqîya. Le commentaire d’Elisabeth Lévy.


« Le maire et la bachelière voilée ». Cela pourrait presque être le titre d’un film d’Eric Rohmer…  Samedi, la ville de Francheville, dans le Rhône, organisait une cérémonie pour les bacheliers avec mention. Ces derniers recevaient un prix, 100 euros, puis posaient avec le Maire de la commune, Michel Rantonnet (LR). Parmi les lauréats, il y avait Bilqis, la « seule voilée », précise-t-elle. Quand elle s’avance pour prendre la photo, le maire s’éclipse quelques secondes, puis revient pour le lauréat suivant. L’élève doit se contenter de poser avec une adjointe.  

Esclandre numérique sur TikTok

Ce récit semble à peu près confirmé par la vidéo que la bachelière a posté sur TikTok, et assez raccord avec les idées du maire, lequel a parrainé Éric Zemmour, et s’est opposé à un centre d’accueil pour migrants. Bilqis ajoute qu’avec sa famille, elle aurait essayé de lui parler. « Je ne veux pas parler ni prendre de photo avec vous », lui aurait-il dit. Commentaire de Bilqis : « Ils ne cachent plus leur mépris de l’islam et des musulmans». Depuis, cette vidéo, relayée par le fameux CCIE, est devenue virale. Le CCIE, Comité Contre l’Islamophobie en Europe, dont le grand combat est de démontrer que toute la France est islamophobe, a succédé au CCIF dissous en 2020.

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Sur les réseaux sociaux, depuis, on assiste à une bataille rangée. Les partisans du maire rappellent que le voile n’est pas français, en termes plus ou moins choisis. Et ceux de Bilqis le traitent de facho, de raciste ou évidemment d’ « islamophobe ». Des élus écolos font chorus. Le groupe Francheville respire demande ainsi « des excuses publiques », et Bilqis annonce qu’elle va porter plainte et donner son prix pour la Palestine. Quel rapport ?

Alors qui a raison ?

Je vais vous étonner, mais je comprends la tristesse de Bilqis, qui voulait que sa famille soit fière d’elle pour avoir eu sa mention au baccalauréat. Le maire aurait pu être plus courtois et pédagogique. Je ne dis pas pour autant qu’il aurait dû poser avec elle et son voile islamique. Je pense par exemple à Robert Ménard, le maire de Béziers. Lui n’aurait sans doute pas fui. Il lui aurait expliqué pourquoi son voile le choquait, mais avec un mot gentil pour ses résultats ou pour ses parents. Quand on le peut, il est toujours préférable de défendre ses principes sans froisser les individus.

Mais cette exigence de tact vaut aussi pour Bilqis et pour ses défenseurs. Au lieu de hurler immédiatement à l’islamophobie, de rameuter les réseaux, voire de porter plainte, Bilqis et ses partisans devraient essayer de comprendre pourquoi le voile heurte tant de leurs concitoyens. Pour les Français, le voile, ce n’est pas une question religieuse. Et ils n’ont pas tellement de problème avec la religion musulmane. Mais le voile est un affichage identitaire, un signal faible de séparatisme qui signifie « je suis d’abord musulman ». Et bien sûr, c’est aussi un étendard de nos ennemis, l’étendard de gens qui assassinent des Français. Attention, bien sûr, la loi n’interdit pas à la lycéenne de le porter dans une salle des fêtes. Mais elle aurait pu s’abstenir de le porter, comme au lycée.

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Ce que nous dit cet incident, c’est que la seule façon de mener le combat culturel consiste à parler franchement. Nos concitoyens musulmans ne sont pas des enfants, ce ne sont pas des victimes. On devrait pouvoir leur dire des choses, y compris difficiles à entendre. Par exemple, leur dire que l’égalité entre les individus, qui est un absolu pour nous, ne signifie pas l’égalité de statut entre les cultures. C’est aux derniers arrivés de s’adapter aux mœurs françaises, et ce n’est pas une punition.

Au lieu de se complaire dans le confort victimaire, nos compatriotes musulmans devraient comprendre que la France peut-être une chance pour l’islam.

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Retrouvez Elisabeth Lévy après le journal de 8 heures, sur SudRadio



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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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