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L’ONU, le ridicule tue

L'ONU, une organisation plus controversée qu'on ne le pense

L’ONU, le ridicule tue
Drapeau de l'ONU. Image d'ilustration Pixabay

Quand une résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est saluée par un groupe terroriste et considérée comme « honteuse » par un pays démocratique, la question sur la pertinence du travail de l’institution dont la mission principale est d’assurer la paix dans le monde se pose en toute légitimité… 


Encore plus quand le fonctionnement de celle-ci est continuellement critiqué par les présidents successifs du pays qui participe à plus grande échelle à son financement. Avec l’ouverture la semaine dernière d’une enquête internationale sur les frappes de l’armée israélienne lors du récent conflit qui l’a opposée au Hamas, pour étudier si ces frappes pouvaient constituer des crimes de guerre, l’ONU n’a pas cherché, hélas, à se défaire de sa réputation. Celle de l’organisation qui depuis de longues années ne parvient pas ni à prévenir les conflits régionaux, ni à agir vite et efficacement quand ceux-ci éclatent.

Même les présidents américains ne l’apprécient pas

On connaissait le dédain pour le rôle des Nations Unies de Donald Trump. Qui a notamment reproché à l’institution lors de son discours à l’Assemble générale en septembre 2017 de « ne pas se focaliser sur le résultat, mais sur le process et la bureaucratie ». On a découvert également que son prédécesseur, Barack Obama, pourtant adulé par les diplomates du monde entier n’a pas ménagé l’apport de la plus importante organisation internationale. Dans ses mémoires Une terre promise sorties il y a quelques mois on peut ainsi lire : «… Même après la guerre froide ses états membres (i.e. de l’ONU) ont manqué soit les moyens, soit la volonté collective de reconstruire les pays en faillite comme la Somalie ou empêcher les massacres ethniques dans des pays comme le Sri Lanka ».

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Pour rappel, l’ancien président américain fait référence à la tuerie de dizaines de milliers des civils tamouls (une ethnie minoritaire au Sri Lanka) par les forces armées du gouvernement du pays lors de leur offensive contre les rebelles, les Tigres tamouls en 2009. Obama a sans doute des remords bien personnels au regard de ce drame, car cette année-là il a reçu le prix Nobel de la Paix.

Un maintien de la paix inefficace

Le CV de l’ONU en matière du maintien de la paix depuis quatre décennies est en effet « impressionnant » : Cambodge, Afghanistan, Yougoslavie, Haut-Karabagh, Rwanda, Tchétchénie, Congo, Irak, Libye, Syrie, Birmanie, Nigeria, Ukraine, Soudan, Yémen, Mali pour ne citer que les conflits ayant souvent tourné au massacre des civils voire au génocide et dont nous avons été tous les témoins désespérés. Des millions de vies humaines emportées, des ravages économiques, sociaux, sanitaires, culturels, psychiques qui laissent les séquelles chez les peuples entiers pour de nombreuses années à venir. Qui provoquent la migration des populations fuyant l’horreur, arrivant sur le sol des pays européens ou tout est différent et étranger – les mœurs, les paysages, les couleurs, les odeurs… Ces migrants qui se sentent mal à l’aise dans cet exil, qui se mettent souvent à la marge de la société qui leur a offert un refuge. Sans parler de ceux qui craquent, qui se radicalisent et rajoutent du malheur au tas de problèmes que les pays même les plus développés traversent ces deniers décennies.

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À une époque où la conscience collective de nos sociétés porte tellement sur le bien-être des minorités de tous bords, de l’environnement ou encore des animaux, aucun pouvoir ne semble être réellement préoccupé par la nécessité d’avoir un régulateur international, un tiers de confiance qui s’occuperait avec volonté et autorité de l’accompagnement des pays en difficulté politique, économique ou encore climatique. Il y a l’ONU, et l’ONU sait bien montrer au monde entier toute son importance…

Israël, le bouc-émissaire de l’ONU

Depuis la création du Conseil des droits de l’homme en 2006, Israël a été le seul pays à l’ordre de jour de chaque session ! Les sept premières années de son existence, le Conseil a émis 45 résolutions condamnant Israël, soit plus que pour tous les autres pays du monde consolidés. En 2020, l’année de la pandémie qui a anéanti le fonctionnement économique et social de l’humanité comme jamais dans son histoire, mais l’année aussi des accords historiques d’Abraham au Proche-Orient l’Assemblée générale a rédigé 17 (!) résolutions contre Israël, bien évidemment plus que pour tous les autres pays réunis.

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Cet acharnement de l’ONU sur Israël qui cherche à représenter ce pays comme le principal danger pour le monde est en réalité un moyen très habile et très ancien pour cacher sa propre impuissance, son bilan désastreux dans la gestion des crises géopolitiques et les conséquences que le monde entier subit de mille manières différentes. Le temps n’est-il pas venu de stopper cette hémorragie et de tourner la page d’une institution qui a failli ? Qui a laissé couler trop de sang dans les zones des conflits, mais également, de plus en plus dans les pays qui ont tendu la main à ceux qui fuient les guerres et la misère.

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est directeur marketing chez Orange. Son livre « L'Homo Globalis Numericus » est paru au début de l’année aux Editions du Panthéon.

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