La Ville de Montréal a son Anne Hidalgo ! Mais les quatre premiers mois de la nouvelle mairesse Valérie Plante n’ont pas été la lune de miel annoncée… 


L’élection imprévue de la première mairesse de Montréal, Valérie Plante, en novembre dernier, a été perçue par de nombreux observateurs au Québec comme une excellente nouvelle. Premièrement, Valérie Plante est une femme, ce qui serait automatiquement un gage de dynamisme. Deuxièmement, la nouvelle élue serait « progressiste », preuve supplémentaire de sa très grande intelligence et de sa légitimé. Troisièmement, son élection mettrait un terme au règne très canadien et non québécois de Denis Coderre, le maire précédent, dont les allégeances fédéralistes sont connues de tous.

Il est pourtant déjà très aisé de constater que la nouvelle mairesse affiche la plupart des travers idéologiques de sa collègue de Paris, Anne Hidalgo. Comme cette dernière, Valérie Plante vit dans un monde idyllique où le Mal se confond avec le capitalisme pollueur, le « nationalisme » et tout ce qui n’est pas conforme au politiquement correct. Comme Anne Hidalgo, Valérie Plante a comme projet de révolutionner sa ville pour en faire un Éden urbain dysfonctionnel.

Montréal a le cœur à gauche et le portefeuille à droite

Il est révélateur que la nouvelle mairesse n’ait bénéficié d’aucune lune de miel après son élection. Valérie Plante a rapidement chuté dans les sondages, les 100 premiers jours de son mandat ont été marqués par la désillusion. La hausse de taxes imposée aux Montréalais a beaucoup contribué à ce revirement : les gens ont envie d’être progressistes, de jouer les sociaux-démocrates, à condition que ce jeu ne leur coûte pas trop cher.

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Dans une entrevue accordée à La Presse, l’ex-ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel, a affirmé que « le budget avait teinté cette espèce d’optimisme rayonnant qu’il y avait après les élections » et que « les lunettes roses s’étaient assombries ». Selon plusieurs experts interrogés par ce journal, la mairesse « devra poser rapidement des gestes forts pour rétablir son image » car ses débuts difficiles risquent d’entacher tout le reste de son mandat. Autant de signes d’essoufflement d’un certain progressisme municipal pourtant porté aux nues quelques mois auparavant.

La politique des petites choses

Les préoccupations de Valérie Plante pour les enjeux en marge de l’actualité réelle nous en disent aussi très long sur le côté fleur bleue de son programme. En décembre dernier, la Ville de Montréal annonçait qu’elle allait interdire la vente de boissons sucrées dans les bâtiments et sur les sites dont elle est propriétaire. Il serait totalement hors de question d’interdire le port de la burqa dans les transports publics, mais de bon ton d’en faire disparaître le Coca Cola. Selon la Anne Hidalgo de Montréal, «c’est un message important à envoyer que la santé, on prend ça au sérieux». La santé physique peut-être…

Un peu plus récemment, le retour du débat sur l’interdiction des pitbulls témoignait à la fois de l’appauvrissement général du débat public et du tempérament dogmatique de la nouvelle élue : l’administration Plante annonçait qu’elle allait suspendre une partie du règlement sur les chiens dangereux adopté précédemment. Depuis, des parents d’enfants défigurés par un pitbull font entendre leur mécontentement, jugeant (avec raison) totalement irresponsable la décision de Valérie Plante. Mais la mairie de Montréal persiste et signe : interdire une seule race de chiens serait inacceptable, voire « raciste » ! Il vaudrait mieux faire de la prévention auprès des propriétaires. Les organisations de défense des droits des animaux savent maintenant sur qui compter.

Vive Montréal libre…

Malgré son importante population et son poids économique, la ville de Montréal apparaît de plus en plus comme un petit îlot progressiste dont la consanguinité idéologique des élites est frappante. Qui plus est, la Ville de Montréal affiche dorénavant certains idéaux sécessionnistes, revendiquant toujours plus d’autonomie dans un monde où l’État-nation s’affaiblit. Et ce n’est pas avec des Anne Hidalgo ou des Valérie Plante que les métropoles occidentales redeviendront le reflet des nations qui les ont engendrées.

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