Depuis quelques semaines, tout le monde est « pacifiste » en Espagne. À moins que non. Les seuls méchants, c’est acquis, sont les membres de la Garde Civile espagnole.

Tous les autres, si on les en croit, sont des « pacifistes » :


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Capture d’écran France 24

Capture d'écran de LaCroix.fr
Capture d’écran de LaCroix.fr

« Pacifiste » semble, en outre, pouvoir permuter sans problème avec « pacifique », y compris pour les journalistes. Ainsi, quand le footballeur espagnol et catalan Iniesta écrit ceci sur sa page Facebook :

Analyser publiquement des situations avec des opinions aussi partagées, je ne l’ai jamais fait et je ne le ferai pas. Mais la situation dans laquelle nous sommes actuellement est exceptionnelle et je voudrais qu’on la clarifie avant qu’elle n’empire : j’en appelle au dialogue. Que nos responsables dialoguent. Faites-le pour nous tous. Nous méritons de vivre en paix.

la reformulation journalistique obscurcit quelque peu le message :


Capture d'écran RMC Sport - BFM TV
Capture d’écran RMC Sport – BFM TV

Il faudra m’expliquer.

Le problème, bien entendu, est que les deux mots ne sont pas équivalents.

La première vraie manifestation…

Lisez la suite de l’article sur le blog d’Ingrid Riocreux

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Ingrid Riocreux
Agrégée de lettres modernes, spécialiste de grammaire, rhétorique et stylistique. Elle est actuellement chercheur associé à l'Université Paris IV. Auteur du blog "La voix de nos maîtres". Les journalistes se présentent volontiers comme des adeptes du "décryptage". Mais est-il autorisé de "décrypter" leur discours ? ...