Quand Vice publie un article gastronomique racialiste… puis le déprogramme.


Aujourd’hui, il ne faut plus dire que vous allez manger un couscous, un curry ou des sushis, mais que vous allez manger « racisé ». Le journal en ligne Vice a publié un article vite retiré pour cause de bronca des internautes, car en France on ne plaisante pas avec la bonne chère : « Où manger racisé à Paris ? La carte qui fait ruisseler l’argent du bon côté ».

Trop de « blanchité dans le monde de la food »

Dans un sabir à base de franglais, d’écriture inclusive et de novlangue, la journaliste Laurianne Melierre écrit qu’il faut favoriser les « auteurs.rices racisé.e.s de la food à Paris » car ils sont fragilisés par le fameux racisme systémique, la violence policière et la burrata. Bref, « moins de burrata plus de combats ». Sa prose indigeste mêle allègrement militantisme politique et nourriture, à l’image des féministes qui ont politisé le sexe. De quoi faire bondir et grimacer le personnage joué par Louis de Funès dans L’aile ou la cuisse, représentant de la « blanchité dans le monde de la food ». L’auteur dénonce en effet le monopole des chefs mâles blancs dont les valeurs sont « assez conservatrices voire intolérantes », et fait monter la sauce en déclarant que la cuisine française ne serait rien sans les algériens et la cuisine italienne sans les maures.

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La gastronomie européenne (inutile d’évoquer les Américains) n’étant qu’une vaste entreprise de pillage, autant se nourrir à « la source ». Pas de panique, Laurianne est là pour nous guider à travers les méandres de la food parisienne racisée grâce à sa « map interactive » de Paris et nous conseille d’aller déguster les bao frits au comté des sœurs Lehva dans le 11ème ou de la « soul food lèche-doigts » chez Gumbo Yaya dans le 10ème.

Des chefs afro-militants

Outre-Atlantique, le business de la food racisée est en plein essor, comme nous l’explique l’une des références affichées de Laurianne Melierre, la journaliste belge Elisabeth Debourse, dont la lettre d’information « Mordant » suit la même voie bisounourso-racialiste. L’une de ses dernières livraisons, intitulée « Manger Noir » retrace le parcours d’Omar Tate, propriétaire du restaurant éphémère Honeysuckle à New-York. Ce chef afro-américain « infuse de la poésie dans le assiettes », interroge et « réinvente la gastronomie ». Mais on ne nous dit pas ce qui figure au menu de ce restaurant éphémère et conceptuel. Honeysuckle n’ayant pas résisté au confinement, Omar Tate n’a pas pour autant renoncé et distribue à vélo « une nourriture bonne et en quantité suffisante pour nourrir plusieurs personnes ». A son image, les chefs afro américains donnent l’impression d’être davantage militants que cuisiniers et semblent, eux aussi, avoir trouvé un nouveau souffle grâce au mouvement Black lives matter.

Notre héritage gastronomique français, sera-t-il déboulonné ? Faudra-t-il se cacher pour regarder Maïté gaver une oie ou assommer une anguille ? Saint Bocuse priez pour nous.

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