Qu’il s’agisse de la linguistique, de la médecine ou de la démocratie parlementaire, rien ne résiste plus aux délires revendicateurs des minorités progressistes, soutenues par leurs « alliés » blancs. Jeremy Stubbs choisit pour vous les meilleurs contes de la folie « woke »


Nous pouvons parler aujourd’hui d’une Route de la folie, comme il y avait autrefois une Route de la soie. Au lieu de nous fournir en épices et étoffes précieuses, cette nouvelle voie royale nous apporte des folies progressistes, non pas de l’Asie, mais des Amériques. Au lieu de nous nourrir et de nous élever, les biens en question nous appauvrissent, nous rabaissent et nous empoisonnent. 

Casse-tête chinois

Aux États-Unis cette semaine, on a beaucoup parlé de l’histoire du professeur de communication de l’école de management de l’Université de Californie du Sud, dénoncé pour avoir prononcé devant ses élèves un mot chinois qui sonne vaguement comme le « N-word ». Le 20 août, sur l’incontournable application Zoom, Greg Patton donne un cours sur la rhétorique dans lequel il parle de l’exploitation dramatique des pauses, ce qui l’amène à parler des explétifs, ces mots qu’on utilise pour meubler, pendant qu’on réfléchit à ce qu’on va dire – en français, « eh bien », « bon », « d’accord. » Les Chinois, explique Patton, répètent leur mot pour « ce », à savoir « nei ge », et le professeur donne l’exemple : « néga néga néga. » 

Le lendemain, les autorités universitaires reçoivent une lettre anonyme, mais qui prétend parler au nom de chaque Afro-Américain de la promotion, assénant que Patton a « offensé tous les étudiants noirs de la classe. » Une semaine plus tard, l’École annonce qu’un autre professeur remplacera Patton pour ce cours et propose un accompagnement psychologique à tous ceux qui en ont besoin suite à cet épisode traumatique. Patton lui-même écrit une lettre d’excuses, expliquant qu’il avait essayé de donner plus d’exemples internationaux afin se montrer plus inclusif et ouvert à la diversité. Cela lui apprendra. Justement, sur les médias sociaux, des Chinois aux États-Unis et jusqu’en Chine ont protesté contre le fait que la réprimande faite à Patton constitue une dépréciation implicite de leur langue. Non sans raison. Dans ce chaos de revendications, on distingue bien la vraie erreur de Greg Patton, celle qui consiste à naître blanc. C’est sans appel

Peur bleue

Nous avons ici un parfait exemple de l’infinie vulnérabilité des institutions à la moindre pression des groupes minoritaires. Si de tels délires partent de l’Amérique à l’assaut de l’Europe, leur tête de pont est le Royaume-Uni. Il y a vingt ans, Londres était surnommé « Londonistan » car la ville accueillait de nombreux extrémistes musulmans. Aujourd’hui, on pourrait le rebaptiser « Wokistan. » Le mot « woke » désigne, bien entendu, cette nouvelle idéologie qui s’efforce d’agréger toutes les réclamations de toutes les minorités, avec l’objectif assumé de détruire le patriarcat. Aucune concession ne peut être faite, ni aux Blancs, ni aux hommes, ni aux hétéros qui sont coupables de tous les maux, ceux de l’histoire et ceux du monde actuel. Aujourd’hui, les institutions britanniques tombent, non l’une après l’autre, mais presque toutes en même temps, entre les mains des groupes quérulents qui, en marionnettistes chevronnés, manipulent les directeurs et les groupes de travail de ces organisations. Prenons l’exemple de l’enseignement de la médecine. Parmi les signes contribuant au diagnostic de certaines maladies, on trouve le changement de la couleur de la peau, par exemple celle des doigts qui peuvent devenir bleus. Ce fait est relevé dans les manuels de médecine. Mais ceux-ci ne parlent pas du fait que le bleu caractérise les patients blancs : dans le cas des Noirs, par exemple, les doigts seraient plutôt gris. Cette omission est-elle un symptôme du suprématisme blanc ? Un étudiant noir de l’Université de Londres, Malone Mukwende, a compilé une liste illustrée des signes épidermiques qui sont différentes chez les personnes de couleur. En tant que supplément nécessaire aux manuels existants, on ne peut que louer ce travail. Le problème réside dans la rhétorique délétère qui entoure ce type de projet. Saluant des initiatives similaires, le professeur Joseph Harland de l’Université de Bristol déclare, non que les programmes d’enseignement soient incomplets, mais qu’ils sont « racistes » et ont « besoin d’être décolonisés ». Harland est blanc. Il appartient à cet

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