Vous pouvez voir le film Les grands esprits dans lequel Denis Podalydès joue le rôle d’un professeur normalien qui enseigne au lycée Henri-IV et qui est appelé par le ministère de l’Education nationale à aller enseigner le français dans une école en banlieue parisienne. Au milieu d’une Zone d’éducation prioritaire (ZEP).

La question du niveau et de l’expérience des professeurs dans les ZEP n’est pas nouvelle. Elle est essentielle. C’est aussi celle de leur capacité à résister aux grandes gueules qui ont un langage et des comportements qui appartiennent le plus souvent à des familles déstructurées, à des milieux socialement et culturellement défavorisés. Ils ont besoin, et pas seulement à la maternelle, d’un soutien supplémentaire pour mise à niveau qui relève de la notion, venue des Etats-Unis, de discrimination positive, reprise en France sous le mandat de Nicolas Sarkozy.

Ce qui suppose évidemment que ces professeurs, d’où qu’ils viennent, aient l’autorité nécessaire pour leur imposer une discipline et des méthodes de travail, alors qu’ils doivent parfois faire l’objet d’agressions verbales, voire plus si pas d’affinités.

L’idéalisme des « soldats de la République »

Je ne sais pas combien de professeurs de haut niveau, ayant notamment enseigné dans les meilleurs lycées parisiens et des grandes villes de province, voire dans l’enseignement privé conventionné, se lancent dans cette aventure. Je ne sais si les rectorats et le ministère ont pu faire le bilan de ces rares expériences. Mais je sais que nombreux sont les professeurs enseignant dans ces ZEP ou devant commencer leur carrière dans ces zones qui sont en grande difficulté psychologique, angoissés, démobilisés, voire déprimés.

Le professeur joué par Denis Podalydès est un beau personnage dont l’idéalisme se révèle au contact de ses nouveaux élèves et qui fait preuve d’un grand courage. Il n’est certainement pas le seul dans « la vraie vie ». Il m’a fait penser au docteur Bernard Rieux, personnage principal de La Peste de Camus qui continue à se battre contre la peste, alors qu’il sait que la peste l’emportera.

La division par deux des effectifs des classes de maternelles dans les ZEP est une initiative intéressante qu’il faut encourager. Elle ne suffira pas à elle seule à imposer la discipline des élèves et l’autorité des enseignants. Il est certes préférable de n’être agressé que par 12 élèves plutôt que par 24.

Le général de Gaulle aurait dit ou écrit qu’il y a parfois des problèmes sans solution. En tous cas sans solution immédiate, à court terme. Mais il faut croire en les forces de l’esprit et dans le courage des « soldats de la République » sur le front de la transmission de savoirs,  des valeurs et d’un mode de  vie en commun.

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