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Burqa et téléréalité aux Pays-Bas

Après "Les Marseillais à Rio", les Hollandais à Limoges...

Burqa et téléréalité aux Pays-Bas
D.R.

Aux Pays-Bas, critiquer l’islam peut vous coûter très cher. Là-bas, une vedette de la téléréalité vient d’être mise au ban par ses sponsors pour ce qu’a écrit… sa mère. 


Qu’on les conspue comme les intellectuels, ou qu’on les adore comme une bonne partie du peuple, tous les Néerlandais connaissent la famille Meiland, protagoniste de son propre programme de téléréalité qui a débuté en 2019 en France. Les Meiland avaient acquis un manoir aux environs de Limoges, rebaptisé “château Meiland”, qu’ils tentaient d’emménager en chambres d’hôtes pour les nombreux touristes néerlandais de la région.

L’aventure a tourné court et les Meiland sont revenus aux Pays-Bas, où une télévision commerciale continue de ne rien manquer de leurs moindres faits et gestes.

Les parents, stars du programme

Le père, Martien, est l’indéniable star de la série. La soixantaine, il s’est découvert homosexuel il y a une vingtaine d’années, ce qui avait alors causé une rupture avec son épouse Erica. Laquelle, après avoir vaincu son désir de l’empoisonner, s’est finalement réconciliée avec lui. Martien est un homo du genre “folle”, très années 70, agitant ses foulards avec force gestes féminins, s’acheminant d’une crise de nerfs à une autre en picolant ferme. Tout un contraste avec sa très terre-à-terre compagne Erica. 

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Une de leurs deux filles, Maxime, 26 ans, aux amours compliquées, mère de deux jeunes enfants de pères différents, joue un rôle secondaire dans la série. Sa vie télévisuelle s’est confondue avec sa vie réelle depuis son récent mariage avec le cameraman de la série, père de leur nouveau-né. Le succès de “château Meiland” aidant, Maxime a développé un talent d’influenceuse, notamment sur Instagram où elle compte 575 000 followers. 

Un livre de confessions qui fait scandale

C’est surtout elle qui fait actuellement les frais des propos de sa mère qui, dans un livre présenté comme ses mémoires, écrit des choses qui vont à l’encontre du dogme quasi-officiel en faveur de la société multiculturelle dans le pays. Ainsi, Erica s’oppose à l’immigration de pays musulmans et à “ces profiteurs turcs qui envoient tout l’argent gagné chez nous en Turquie”. Elle se dit féministe et par conséquent s’oppose au voile islamique. “Je ne peux vraiment pas concevoir qu’une fille se couvre ainsi de son plein gré, surtout en été quand, sur son vélo, elle veut sentir le vent dans ses cheveux. C’est cela la liberté, d’ailleurs je suis pour l’interdiction de la burqa. J’ai vu des femmes qui en portent, ce n’est pas normal, ces pingouins, qu’elles foutent le camp.”

Du coup, certaines entreprises craignent évidemment plus que tout au monde d’être associées à cette famille “raciste”, dont le père vient de plus de confier qu’il vote pour Geert Wilders. Martien et Erica étant hors d’atteinte grâce à leur immense popularité et se souciant peu du qu’en-dira-t-on, les entreprises ont décidé de s’en prendre à leur plutôt discrète fille Maxime.

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Fin novembre, un fabricant de matelas, Emma Matrassen, était le premier à rompre son contrat publicitaire avec elle, invoquant ses principes “d’inclusivité” que Maxime aurait violées, par maman interposée. Le matelassier fut bientôt suivi des cosmétiques Nivéa, du chocolatier Milka, du fabricant de cartes de vœux Hallmark, d’un distributeur de repas, d’un producteur d’albums photo en ligne et d’autres Tartuffes du monde des affaires. 

Le matelassier osa proposer que, pour sauver son contrat, Maxime se désolidarise de sa mère. Elle a refusé, mais l’épisode rappelle la révolution culturelle, période terrible où les enfants chinois étaient censés dénoncer leurs parents. 

Tempête dans le milieu restreint du show-business néerlandais ? Non, un commentateur du magazine libéral EW y voit “un cas intéressant qui démontre jusqu’où le pouvoir de l’islam a pénétré notre société”. Et de plaider, avec l’auteur du livre d’Erica Meiland, pour un boycot des boycotteurs. Erica et Maxime Meiland se savent soutenues par l’écrivaine turco-néerlandaise Lale Gül (dont nous vous parlions ici) qui a abjuré l’islam et le foulard, et qui, de ce fait, se sait menacée de mort. Un chroniqueur du journal de l’intelligentsia NRC Handelsblad est allé jusqu’à déconseiller vivement la lecture “de ce livre propagateur de haine, plus dangereux que les écrits de Geert Wilders”. À ceux qui trouveraient tout de même ce grand succès de librairie sous le sapin, il suggère maintenant a minima d’en déchirer le chapitre six, où se trouvent les passages qui ont conduit à l’anathème contre Maxime Meiland !

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Journaliste hollandais.

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