« Il me manque un Jack Lang ». Selon une indiscrétion du Point, Emmanuel Macron serait contrarié dans ses ambitions. 


Nous venons d’apprendre par une source autorisée que le Président de la République, Emmanuel Macron, s’apprête à publier aux éditions « Plomb » un livre dont le titre, Mémoires de désespoir, ne laisse pas d’inquiéter déjà ses plus proches collaborateurs élyséens.

Après l’interminable feuilleton des gilets jaunes, après les grèves perlées dans les transports, après la manifestation des pompiers dispersés au gaz lacrymogène par un Préfet de police au nom prédestiné, après l’avancée des troupes paysannes tentant de libérer Paris au volant de leurs tracteurs, après tous ces événements qui entravent le chemin de la gloire présidentielle et avant de battre en retraite non seulement devant la grève générale mais également devant une fête de Noël qui, au lendemain de la manifestation contre l’islamophobie, apparaît comme une intolérable provocation, ce livre s’annonce dévastateur pour le pays.

Une révélation du Point

Nous avons réussi à nous procurer un jeu d’épreuves. Incroyable ! Nous sommes tombés sur une véritable déclaration d’amour du Président à un ancien ministre qu’il emmena dans ses bagages lors de sa visite officielle en Egypte. A coup sûr, elle fera pâlir de jalousie plus d’un membre du Gouvernement : « En face de moi est Edouard Philippe. A ma droite, il me manque un Jack Lang. La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, m’aurait donné l’impression que, par-là, je suis couvert du terre-à-terre. L’idée que se serait fait de moi cet incomparable témoin aurait contribué à m’affermir. Je sais que, dans le Grand débat, quand le sujet aurait été grave, son fulgurant jugement m’aurait aidé à dissiper les ombres. »

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Comme dans La rose pourpre du Caire de Woody Allen, quittons un instant l’écran et revenons à la triste réalité, car elle existe, avec ses trois petites dimensions. Alors qu’il s’est mis en scène dans toutes les mairies de France avec, près de lui, un volume de la pléiade réunissant les Mémoires de guerre et les Mémoires d’espoir du général de Gaulle, le Président Macron, fidèle à sa stratégie du « en même temps », laisse régulièrement échapper ce soupir devant ses proches : « Il me manque un Jack Lang ». C’est ce que nous révèle Le Point dans son édition du jeudi 28 novembre.

Jack Lang n’a jamais vraiment quitté la rue de Valois

De Gaulle et « en même temps » Jack Lang ! Un vrai gaulliste, ce Macron ! Car tous les gaullistes se sont rangés paresseusement depuis des années derrière le ministre de Mitterrand. « Pourquoi pas, cher Emmanuel, une fête à Neuneu sur tous les ronds-points ? Ta fête de la musique à l’Elysée était trop élitiste, trop mondialiste. Je t’assure, il faut que ça sente la frite, pas l’Afrique ».  

L’homme du « en même temps » est aux abois. Accoudé à la cheminée de son bureau, il rêve de faire appel à l’homme du « on m’aime tant » ! Mais pourquoi rappeler un Jack Lang ? L’administration a été si bien contaminée durant des années par le pathétique galimatias de la culture pour tous et pour personne, que tous ses successeurs de la rue de Valois n’ont qu’à écouter leurs directions générales pour faire du Jack Lang.

A la différence de la politique d’un André Malraux qui inaugurait le Théâtre de l’Odéon en assistant  avec le général de Gaulle à la première de Tête d’Or, à la différence de cette politique culturelle de haute qualité qui, après son départ, se ressemblera de moins en moins, la politique de Jack Lang continue sur sa lancée, relayée par l’hydre de la bêtise et de la vulgarité: on inaugure des pneus de tracteur dorés à la feuille d’or à l’Opéra Garnier, on expose au Grand Palais des boîtes de « Vache qui rit » revisitées par Daniel Buren, on invite au Louvre un artiste qui s’est fait connaître avec sa « machine à caca », on nomme à la direction du Centre Pompidou-Metz celle qui, en 2014, installa à la Monnaie de Paris une fabrique de Pères Noël en chocolat tenant un sex-toy.

Macron cherche sa Pyramide du Louvre

Sans grande réalisation, pas d’entrée triomphale dans l’histoire pour un Président de la République! C’est ce que disent les petits marquis qui gravitent autour du pouvoir. Depuis deux ans et demi, quel grand projet le Président Macron aura-t-il lancé ? Aucun Musée d’Orsay, aucune Pyramide du Louvre, aucune Grande Arche de la Défense, aucune Grande Bibliothèque, aucun Musée des arts premiers, aucune Philharmonie. Le temps passe, et ce lecteur de Stendhal, perdu au milieu des mouvements confus des compagnies de CRS, s’imagine de plus en plus difficilement empereur. Même l’Arc de Triomphe décidé par Napoléon en 1806, au lendemain de la bataille d’Austerlitz, va disparaître. Après l’infructueuse tentative des casseurs du 1er décembre 2018, c’est Christo qui se chargera d’escamoter le monument en étroite collaboration avec le Centre Pompidou et le Centre des monuments nationaux. Pourquoi Macron ferait-il appel à Jack Lang ? Ça marche très bien sans lui !

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Certes ! Mais « voiler » l’Arc de Triomphe en cette période de tensions communautaires, n’est pas forcément du meilleur goût. D’autant plus que l’époque où Napoléon déclarait à ses soldats : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe », a bien changé. Les autorités se souviennent-elles que s’y trouvent la tombe du soldat inconnu et cette flamme de la nation qui y brûle en permanence ?

Jack Lang, un professionnel

Est-on sûr que Jack Lang, actuellement Président de l’Institut du Monde arabe, n’aurait pas eu une idée plus juste, plus audacieuse, une idée susceptible de rassembler les Français, une idée à la croisée de l’art, de la religion, de l’histoire, de la politique, bref de tous ces chemins qui ne mènent plus à Rome depuis longtemps. Ministre de la culture, il n’aurait sûrement pas hésité parce que, lui, il sait faire. Sa puissance de conviction, malgré l’outrage des années, est intacte. Il aurait proposé à Anne et Emmanuel d’empaqueter la Grande Mosquée de Paris. Oui, il manque un Jack Lang.

Que le Président de la République se console, son quinquennat aura tout de même été celui d’un doublet particulièrement éclatant : d’un côté l’incendie terrifiant de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ce joyau de notre patrimoine et de notre civilisation, et de l’autre, juste en face, à quelques pas, comme pour signer peut-être cette profanation pyrotechnique suivie par le monde entier, l’attentat islamiste à la préfecture de police, en plein cœur du renseignement.

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