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Le Canada, pays de la pureté raciale… autochtone

C'est la nouvelle lutte des races là-bas!

Le Canada, pays de la pureté raciale… autochtone
Les origines autochtones de la professeur et conférencière canadienne Carrie Bourassa sont l'objet d'une polémique. Image: capture d'écran YouTube.

Le Canada, ce pays raciste où il vaut mieux être «racisé» 


Les dernières années ont vu le Canada se transformer en racialocratie. C’était à prévoir: alors qu’il visait officiellement à assurer le «vivre-ensemble», le multiculturalisme a débouché sur un régime de vivre-séparé dans lequel les origines ethniques occupent une place prépondérante. 

Politique officielle intégrée à la Constitution de 1982, le multiculturalisme est venu rétablir des frontières entre des groupes pourtant promis au mélange, dans une curieuse logique confondant intégration et rejet de la société d’accueil. Il s’agit en gros d’un projet d’ingénierie sociale maintenant artificiellement les communautés dans leurs bulles.

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De la «réconciliation» à l’obsession des origines

C’est toutefois sous l’impulsion du mouvement décolonial que le multiculturalisme canadien s’est transformé en obsession des origines, pour ne pas dire en véritable psychose raciale. Depuis la remise en question de la Conquête de l’Amérique et le légitime projet de revalorisation des Premières Nations, jamais la race n’a autant été au cœur du débat public. À tel point que des historiens jouent maintenant à la police généalogique en se chargeant de vérifier la «pureté raciale» des «Autochtones» embauchés par divers organismes au nom du grand projet de «réconciliation» promu par le premier ministre fédéral, Justin Trudeau. Vous avez bien lu: des historiens remontent dans l’arbre généalogique de certains citoyens pour s’assurer que leurs ancêtres leur permettent bien d’occuper tel poste dans un organisme public. 

D’un côté, le Canada serait «systémiquement» raciste, mais de l’autre, c’est un pays où des gens ont avantage à appartenir à une minorité ethnoculturelle, et en particulier à se dire membre d’une Première Nation. C’est payant être membre d’une minorité opprimée. 

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D’un côté, le Canada serait le fruit de méchants Français et Anglais ayant dépouillé les nations précolombiennes de leurs terres et de leur culture (ce qui est vrai avec plusieurs nuances et sans jugement anachroniques), mais de l’autre, il sacralise la diversité au point d’en faire une religion d’État. Ce n’est presque pas paradoxal!

Pureté raciale demandée

Une nouvelle affaire illustre bien ce tournant ultra-racialiste. Le 1er novembre, le réseau Radio-Canada a révélé que la directrice scientifique de l’Institut de la santé des Autochtones, Carrie Bourassa, avait été placée en congé sans solde pour une durée indéterminée pour un manquement aux nouvelles règles ethniques en vigueur. Sa faute: s’être présentée comme membre des peuples métisse, anichinabée et tlingit, alors que des chercheurs viennent de trouver la trace de sang européen dans son arbre généalogique. Après les tests de Covid-19, des tests de «pureté raciale». 

Pour se défendre, Mme Bourassa a déclaré «ne pas être en mesure de produire des preuves généalogiques de son ascendance autochtone», selon les mots de Radio-Canada. L’Université de la Saskatchewan, où Mme Bourassa est professeure au Département de santé communautaire et d’épidémiologie, a aussi annoncé qu’elle la suspendait de ses fonctions jusqu’à tant que toute la lumière soit faite sur ses origines.

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Chaque mois, des histoires semblables sortent dans les médias canadiens. En novembre 2019, la presse avait révélé que la toute première élue autochtone de la Ville de Montréal, Marie-Josée Parent, n’était finalement pas amérindienne. Des recherches approfondies sur ses origines permirent aussi de le découvrir. Une histoire qui en annonçait plusieurs autres.

Des «faux Autochtones» à qui sont accordés des privilèges  

Est donc apparu ces dernières années le phénomène des «faux Autochtones, signe de ce pays très très raciste où il vaut quand même mieux appartenir à un groupe «racisé» pour obtenir différents privilèges… 

Ces imposteurs sévissent à l’université et dans la fonction publique, mais aussi dans les prisons, où les Autochtones qui «s’auto-identifient» comme tels ont droit à de meilleurs repas issus du terroir. Les vrais et faux Amérindiens ont aussi le droit de fréquenter un centre spirituel où ils peuvent discuter et échanger sur leur vision très animiste du monde. 

Le statut d’Autochtone leur permet enfin de recevoir des visites privées, avec la possibilité de rapports sexuels et de faire instruire leur dossier plus rapidement que les détenus «blancs». Une mascarade dénoncée par les représentants des «vrais Autochtones», lesquels hésiteraient toutefois aussi à révéler leur arbre généalogique, le métissage étant l’un des plus importants legs de la colonisation. 

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Auteur et journaliste. Rédacteur en chef de Libre Média. Derniers livres parus: Un Québécois à Mexico (L'Harmattan, 2021) et La Face cachée du multiculturalisme (Éd. du Cerf, 2018).

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