Une rhétorique victimaire tente de faire le lien entre le sort des juifs pendant les années 30 et celui des musulmans en 2020. Mais cette comparaison ne tient pas. 


Il est devenu très à la mode de dire que les musulmans d’aujourd’hui seraient les Juifs des années trente. Victimes d’une islamophobie comparable à ce que fut l’antisémitisme, accusés à tort de former une sorte de grand complot similaire à ce dont on accusa les Juifs dans la lignée du célèbre faux du « Protocole des Sages de Sion. » Bien sûr, cette comparaison ne tient pas et pire : elle empêche de prendre conscience d’une autre comparaison, peut-être plus pertinente. Rappelons donc quelques vérités très simples.

Les juifs étaient visés en tant que peuple, pas pour leurs convictions religieuses

D’abord, l’antisémitisme des années trente s’en prenait majoritairement aux Juifs en raison de leur judéité, et non de leur judaïsme. Sa haine s’étendait à des personnes issues de familles juives, mais elles-mêmes non-juives au sens de la conviction religieuse: athées, agnostiques, ou convertis à d’autres religions. Ainsi, les sinistres lois de Nuremberg qui considéraient comme juive toute personne ayant au moins trois grands-parents juifs, peu importent les convictions religieuses de la personne en question. À l’inverse, l’actuelle critique de l’islam porte sur l’adhésion à un corpus idéologique, et non sur des origines: la meilleure preuve en est que parmi les personnes accusées « d’islamophobie » on trouve massivement des défenseurs des apostats de l’islam, ainsi que des musulmans humanistes et réformateurs de l’islam.

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Ensuite, contrairement aux juifs frappés par ces lois de Nuremberg ou des variantes de ce que fut la loi Armbruster, les musulmans bénéficient dans tout le monde occidental de l’intégralité des droits civiques du pays dont ils sont citoyens. Les seules situations où l’on pourrait considérer qu’ils en sont privés, c’est lorsqu’ils sont soumis à des tribunaux de la charia. Lorsqu’au nom de la tolérance et de la lutte contre l’islamophobie certains pays ont laissé l’islam empêcher les musulmans, et surtout les musulmanes, de faire valoir certains droits. Notons au passage qu’un grand nombre de pays musulmans, en revanche, limitent les droits civiques des non-musulmans…

Enfin, cette comparaison est on ne peut plus injurieuse envers nos concitoyens juifs. Combien d’attentats tuaient sur notre sol au nom du judaïsme pendant les années trente? Aucun. Combien de Français obligés de vivre sous protection policière permanente, contraints de fuir leur domicile, parce que menacés de mort au nom du judaïsme? Aucun. Combien d’appels à violer et assassiner

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