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La tenue est moins pour soi que pour les autres!

C'est pas ça qu'on appelle la classe !

La tenue est moins pour soi que pour les autres!
Clémentine Autain et ses consoeurs de la Nupes arrivent débraillées à l'Assemblée Nationale. Facebook

S’habiller correctement, c’est montrer qu’on respecte les autres. A la ville comme à l’Assemblée…


Il y a eu des controverses surréalistes à l’Assemblée nationale sur l’exigence d’une « tenue correcte » dans ce lieu emblématique de la démocratie et de la représentation du peuple souverain. Sans que la présidente de l’AN ait eu l’intention d’imposer « une police vestimentaire » tout en soulignant la nécessité, en effet, « d’une tenue correcte » et en estimant que « les parlementaires doivent être en capacité de juger eux-mêmes si c’est une tenue digne pour exercer ce mandat ». Cette sévérité trop relative de Yaël Braun-Pivet et son souci de laisser à chaque député la responsabilité de son apparence sont, en définitive, plus préjudiciables qu’une authentique rigueur. On s’est moqué d’Eric Ciotti qui aurait souhaité, pour les hommes, le port de la cravate. Ce qui a entraîné le port d’une cravate de la part des députées Nupes, dans une facile et inadéquate dérision. Pourtant, entre la liberté et l’obligation, il ne devrait pas y avoir véritablement discussion.

Puisque la première branche de l’alternative conduit à une AN composite, hétérogène, contrastée, pas seulement entre LFI qui serait « sale et débraillée » et le RN s’étant inscrit d’emblée dans un registre vestimentaire classique.

Avec cette tolérance, c’est l’ensemble de l’AN qui risque d’être gangrenée par ce principe d’individualisation des apparences, comme si ces dernières n’avaient à dépendre que du bon vouloir de chacun des députés, de leur envie, un matin, de s’habiller correctement et, le lendemain, sur un mode plus négligé.

L’erreur est de ne pas oser imposer des règles strictes alors que dans le climat actuel elles seraient plus que jamais nécessaires.

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D’abord parce que « même pour les classes dirigeantes, la cravate est dépassée, voire discriminante » pour « s’approprier les codes des patrons de la tech » (Le Monde). Pour lutter contre ce snobisme qui vise à supprimer ce qu’on avait de meilleur sur le plan de la superficie, il faudrait au contraire assumer les impératifs anciens et classiques. Il suffit, pour se convaincre de la justesse de cette assertion, de constater comme sont ridicules et faussement « jeunes » les politiques qui médiatiquement éprouvent le besoin de déroger à leur attitude habituelle, par exemple en se privant de cravate.

Surtout, l’essentiel est de sortir de cette idée fausse que la tenue ne serait qu’une affaire personnelle alors qu’elle se doit d’être fondamentalement au service des autres, pour les honorer, en montrant la plus belle image de soi possible.

Médiatiquement, la démagogie qui s’abandonne au négligé crée chez la plupart des téléspectateurs le sentiment qu’on ne les respecte pas assez pour leur offrir le meilleur de l’élégance.

À l’AN, c’est exactement le même problème. Contrairement à ce que croit LFI pour justifier son accoutrement souvent provocateur en prétendant ainsi ressembler au peuple, l’inverse est vrai qui montre en permanence chez celui-ci la volonté d’être honoré, considéré et respecté. Bien loin que le commun des citoyens aspire à retrouver dans ses députés ce qu’il est, le peuple n’a envie que d’élus qui lui donnent la certitude qu’ils ne sont pas lui dans leur attitude et leur apparence générales. Pour qu’il se félicite de les avoir choisis.

Je me souviens de ces témoins qui venaient à la cour d’assises de Paris en présentant d’eux la meilleure apparence possible. Tout simplement parce que les jurés qui allaient les entendre représentaient le peuple.

Serait-il donc inconcevable pour les députés de s’oublier pour ne songer qu’aux autres ? Ils ne sont plus seulement les dépositaires d’eux-mêmes mais une incarnation de ce qui devrait les dépasser.

L’AN, demain, un collectif ordinaire ou une multitude riche de sa diversité et digne de respect parce que respectable ?

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Magistrat honoraire, président de l'Institut de la parole, chroniqueur à CNews et à Sud Radio.

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