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«Vaccinez les vieux, laissez vivre les jeunes!»

Entretien avec Martin Blachier, médecin de santé publique et épidémiologiste

«Vaccinez les vieux, laissez vivre les jeunes!»
Martin Blachier est médecin de santé publique et épidémiologiste, et associé dans le cabinet Public Health Expert © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Plus de 80% de Français vaccinés n’ont pas freiné la circulation du virus. Pour le médecin de santé publique et épidémiologiste, il est donc illusoire d’espérer que la stratégie du tout vaccinal arrêtera les contaminations. On peut en revanche empêcher les formes graves, donc la saturation hospitalière, en protégeant les plus exposés. La solution: vacciner 100 % des vieux, autoritairement si besoin, laisser les jeunes se contaminer et surtout, arrêter de pourrir la vie des enfants.


Causeur. Bien que les Français soient l’une des populations les plus vaccinées d’Europe, cette énième vague ne nous épargne pas. Que faut-il en conclure ?

Martin Blachier. Que le vaccin n’empêche pas la circulation du virus, sinon avoir vacciné 90 % de la population éligible aurait stoppé sa propagation. Nous y avons cru, mais c’est un mythe. On le sait depuis juillet 2021, grâce aux données israéliennes. Mais cette réalité n’a toujours pas infusé dans le cerveau des décideurs, qui ne semblent pas encore avoir compris que leur stratégie, fondée sur l’idée d’une large vaccination pour arrêter le virus, n’était pas la bonne. Par ailleurs, on a également appris que de nouveaux variants, qui se développent notamment chez les personnes immunodéprimées, résistaient mieux aux vaccins que les anciens. Enfin, on sait désormais que l’immunité conférée par les deux premières doses des vaccins ARN a une durée relativement limitée (entre trois à six mois), d’où la nécessité du rappel. Certains pensent que l’efficacité de la troisième dose sera également limitée. Sur ce point, rien n’est sûr. En revanche, ce qui est certain, c’est que les vaccins protègent contre des formes graves, en aucun cas contre la contagion. Quel que soit le nombre de doses, on n’arrivera pas à stopper la circulation du virus.

Les mesures barrières sont-elles efficaces ?

C’est une très bonne question. Elles n’ont probablement pas de sens si elles sont associées à une vaccination intensive : pourquoi soumettre toute la société à des contraintes faites pour empêcher la propagation du virus au sein d’une population âgée non protégée ? En même temps, ces mesures permettent de limiter une vague d’hospitalisation quand la population n’est pas vaccinée.

Venons-en à la stratégie du gouvernement. Pendant les premières vagues, les mesures restrictives étaient prises sur la base d’un seul critère, la saturation hospitalière. Aujourd’hui, on nous parle de taux d’incidence et de nombre de cas, c’est-à-dire de circulation virale, critère inopérant si on vous suit. J’en déduis que le gouvernement se trompe dans les grandes largeurs…

Attention, si la circulation du virus ne gêne pas en tant que telle, il faut se demander quel sera son impact sur les hôpitaux et lorsqu’un variant apparaît, on ne le sait pas. S’agissant d’Omicron, au moment où nous parlons (22 décembre), nous ne sommes pas encore certains de sa moindre virulence, même si les dernières données sont rassurantes, donc nous ignorons si sa propagation rapide entraînera un accroissement des cas nécessitant un traitement plus ou moins lourd à l’hôpital. Donc, on restreint les libertés de tout le monde, dans l’éventualité où les hypothèses les plus pessimistes seraient les bonnes.

Le bus de vaccination mobile mis en place par le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis pour informer et vacciner les habitants d’au moins 75 ans, Stains, 2 mars 2021 © Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Lors de la première vague, malgré les prophéties apocalyptiques de beaucoup de médecins, l’hôpital n’a pas craqué, on n’a pas « trié » les malades. A-t-on joué à se faire peur ?

Soyons clairs : si à l’époque, on n’avait pas pris des mesures restrictives, cela aurait été un carnage. Beaucoup de gens seraient morts faute de soins. Certes, on aurait pu confiner moins strictement mais on avançait à l’aveugle. C’était encore un peu le cas pour le deuxième confinement car on n’avait pas de vaccination et l’immunité naturelle, estimée à 10 %, était largement insuffisante. Ensuite, on a mis des masques et fixé des jauges, ce qui a permis de maintenir la circulation à un niveau supportable. Puis on a mené une campagne de vaccination intensive. Je le répète, tout s’est joué à l’été 2021, au moment où on comprend qu’on ne freinera pas la circulation du virus. Si on avait tiré les conséquences de nos connaissances, on aurait compris que ce n’était pas 90 % de la population âgée qui devait être vaccinée, mais 100 %. D’ailleurs, les Italiens et les Espagnols qui, eux, ont plus vacciné cette population-là, sont beaucoup moins touchés par les vagues de l’hiver 2021-2022.

L’hôpital est-il vraiment dans l’état dramatique que l’on dit ?

Je ne travaille pas à l’hôpital, mais je peux vous donner les données que j’ai. Premièrement, dans tous les pays du monde qui ont connu des vagues épidémiques (Suisse, Allemagne, États-Unis, Espagne, Italie, etc.), l’hôpital a perdu 20 % à 30 % de ses personnels, donc de ses lits. Deuxièmement, l’hôpital public ne fonctionne pas bien pour des raisons philosophiques. Il a été soumis à une logique de paiement à l’acte, c’est-à-dire de rentabilité, impossible à adopter pour les gens qui y travaillent. Les gens qui travaillent en hôpital public en France ont une vraie vocation, qui a été mise à mal. Et ce n’est pas nécessairement par manque d’argent.

En somme, si nous sommes, aujourd’hui, dans une situation alarmante, c’est parce que 10 % des personnes vulnérables ne sont pas vaccinées ?

Oui, les personnes vulnérables au Delta ou à l’Omicron sont les non-vaccinées et celles qui n’ont pas reçu leur troisième dose. Avec cette épidémie, on ne peut pas se permettre d’avoir une population âgée qui ne soit pas parfaitement à jour des vaccinations. Avec 5 % de la population âgée, vous remplissez les réanimations ! Or, on peut vacciner les jeunes autant qu’on veut, cette population âgée sera exposée au virus puisque celui-ci circule allègrement. Croire qu’on va freiner le flux à la source est une illusion, dont on aurait dû se défaire depuis des mois. Au lieu de choisir la stratégie gagnante, mais politiquement compliquée consistant à imposer la vaccination à 100 % des personnes risquant des formes graves (les vieux, pour faire court), on continue à prendre des mesures qui bloquent toute la société et à emmerder la jeunesse.

Autrement dit, il ne faut plus vraiment se soucier de la maladie en tant que telle et se focaliser sur les formes graves ?

Il faut empêcher les gens d’aller à l’hôpital, donc cibler les gens qui y vont. Et faire porter tout l’effort sur ces populations-là. Seulement, c’est politiquement dangereux, car ce sont des gens qui votent. Il ne s’agissait pas de les stigmatiser, mais de les protéger. Les gens qui ont dénoncé la « stigmatisation » dès qu’on a parlé de population à risque portent une lourde responsabilité ! Avec cet argument qui n’a aucun sens, ils nous ont empêchés d’avoir la bonne stratégie.

Pour résumer, la stratégie du gouvernement était pertinente jusqu’à l’été 2021, tant qu’on n’avait pas de vaccin ou qu’on n’en connaissait pas les effets avec précision. À ce moment-là, il aurait fallu changer de stratégie ?

Exactement. En juillet 2021, quand Emmanuel Macron annonce la mise en place du passe sanitaire, on a déjà toutes les données montrant qu’il n’empêchera pas la circulation virale. On est donc plus dans la croyance que dans la raison scientifique. C’est le biais de confirmation. On avait mis le paquet sur la vaccination pour tous, donc on voulait croire que ça allait marcher. En juin 2021, j’ai publié une tribune dans Le Journal du dimanche pour alerter sur le danger qu’il y avait à laisser, à l’approche de l’hiver, 10 % de la population vulnérable non vaccinée. Si on avait opté pour la vaccination obligatoire des plus de 65 ans, on aurait mis fin à ce cycle infernal. Seulement, on a tout de suite décrété que c’était inenvisageable. Vous savez, Olivier Véran a aussi affirmé qu’il était impossible de faire des vaccinodromes en France, sauf que trois semaines plus tard, il les faisait. C’est exactement pareil pour la vaccination obligatoire des plus âgés : à l’été, on disait au président que ça ne marcherait pas. Eh bien, c’est ce qu’il faut faire et c’est ce qu’on finira par faire. En attendant, on a préféré une stratégie inefficace qui produit des réactions en chaîne sur toute la société. Au lieu de contraindre par la pression des gens de 20 ou 30 ans à se faire vacciner, il fallait les laisser vivre, se contaminer et s’immuniser.

Si on ne l’a pas fait, c’est peut-être parce que la passion égalitaire française considère toute mesure différenciée comme problématique, voire illégitime.

Début 2021, au cours de réunions avec des associations de retraités, j’ai prôné un confinement sélectif des gens à risque. On m’a répondu que c’était de la folie. Aujourd’hui, on envisage le quasi-confinement des non-vaccinés – c’est ce que cache le passe vaccinal. Les mentalités évoluent…

Quel est le poids des antivax parmi les 10 % de gens vulnérables non vaccinés ?

Les antivaccin sont des militants prêts à proférer des menaces de mort, à défiler, à inventer des informations délirantes, car ils ont une intime conviction dont rien ne peut les faire démordre. Selon cette définition, il n’y a pas 10 % d’antivaccin en France. Il y a des gens qui n’ont tout simplement pas envie de se faire vacciner parce qu’ils ont un peu peur. Quoi qu’on décide dans ce pays, il y a toujours 10 % de la population qui est farouchement contre…

À vous écouter, on se dit que le gouvernement a manqué de discernement et de rapidité de réaction…

Il a surtout manqué de courage politique. Il a aussi péché par « wishful thinking », autrement dit, il a pris ses désirs pour des réalités. Ne soyons pas trop sévères, nous sommes tous un peu comme ça. On veut croire qu’il y a des solutions simples. Résultat, on a fait perdre à la population active deux années de vie qu’on ne rattrapera jamais.

Et maintenant, on parle d’un passe pour aller travailler…

C’est ridicule. On reste encore dans l’idée qu’on veut vacciner tout le monde et on instaure une quasi-obligation. Mais c’est tout de même trop mou pour être efficace. Si vous voulez contraindre, faites-le ! Cependant, cette mesure révèle aussi une confusion entre risque systémique et risque individuel. En obligeant un quadragénaire à se faire vacciner, pour avoir le droit d’aller travailler, l’État sort de son rôle. Il devrait dire à une partie de la population : vous êtes tellement à risque que si vous ne vous vaccinez pas, d’autres ne pourront pas être pris en charge. Là, ça se justifie. Si les plus de 60 ans ne se vaccinent pas, cela causera du tort aux plus jeunes.

Selon vous, il fallait rendre la vaccination obligatoire au-delà de 60 ans. Mais si on ne voulait pas de mesures différenciées, on pouvait l’imposer à tout le monde, cela aurait peut-être été inutile mais efficace.

Oui, mais cela aurait été beaucoup plus long. De plus, les jeunes peuvent accepter un effort « one shot », mais dans la durée, ils auraient lâché. Sans compter que les données sont encore incertaines, mais il est probable que pour les jeunes, attraper le Covid protège mieux que le vaccin. L’immunité naturelle est toujours meilleure.

Les jeunes souffrent-ils davantage d’effets secondaires du vaccin ?

Non. Quand vous n’êtes pas à risque, le vaccin ne fait que vous embêter un peu. Il y a des effets secondaires, comme les myocardites, qui arrivent essentiellement chez les jeunes, mais ils restent rarissimes.

Il y a une autre population à risque : les obèses (personnes en surpoids comme on dit en langage politiquement correct). Alors qu’ils étaient très nombreux en réa, il n’y a pas eu une seule action publique ciblée.

Il n’y a jamais rien eu de ciblé de toute façon, ni pour les vieux, ni pour les obèses. Je pense que, pour le coup, la crainte de la stigmatisation a pesé dans la balance.

Confirmez-vous qu’aujourd’hui, en dépit des allégations sur l’âge décroissant des patients, les personnes hospitalisées appartiennent toujours aux mêmes groupes ?

Pour les formes sévères, les facteurs de risque n’ont pas bougé. Ce sont les mêmes facteurs, les mêmes pyramides d’âges, et cela ne bouge pas d’un variant à l’autre.

Pourtant, à force d’entendre des médecins évoquer les gens de 25 ans en réanimation, j’ai fini par y croire et par m’en inquiéter…

On a entendu cette rhétorique à chaque arrivée d’un nouveau variant. Ensuite, on regarde les données, et on voit que le virus frappe exactement les mêmes catégories. Le problème, c’est qu’on écoute des médecins qui sont au lit du malade. Quand vous êtes réanimateur et que vous avez un patient de 20 ans, cela vous choque très légitimement et vous oubliez de préciser que ce patient présentait d’autres facteurs de risque. De plus, ce sont les statistiques qui disent la vérité, pas les exemples individuels. Mais les statistiques ne créent pas d’émotions. Face à un patient jeune, on est particulièrement touché. Cette émotion passe à la télé et c’est ce que cherche la télé.

Olivier Véran et Jean Castex en visite dans une école primaire parisienne, à l’occasion d’une campagne de dépistage salivaire des élèves, 11 février 2021 © ERIC TSCHAEN-POOL/SIPA

Pour les plus jeunes encore, vous avez lancé une pétition réclamant l’abandon des masques pour les enfants. Pourquoi ?

J’ai lancé une pétition pour un retour à la normale de la vie scolaire. Les enfants ne sont pas le moteur de l’épidémie. Ils n’ont plus à subir ces protocoles fous et très néfastes. Le port du masque gêne les apprentissages : selon certaines études, les enfants ont perdu 22 points de QI en moyenne, depuis le début de la crise. Les fermetures de classe, c’est de la folie. Le professeur Robert Cohen m’a appris que 25 % des hospitalisations d’enfants se justifiaient par des problèmes psychiatriques ! C’est un fait complètement passé sous silence comme si certains médecins « enfermistes » étaient plus forts que tous les autres et que les psychiatres. Je suis plus inquiet pour les enfants que pour les réanimations. C’est l’urgence numéro un !

Cette pandémie réveille chez des journalistes et des médecins le contentement de pouvoir sermonner les autres. J’entendais hier, sur BFM-TV, des journalistes recenser les précautions à prendre pour Noël. Et on sentait leur jubilation.

BFM suit depuis le début la même ligne : mettre en avant des éléments qui peuvent faire peur. Ils pensent certainement que c’est utile, car plus on inquiète les gens, plus ils font attention. Et beaucoup de médecins jouent ce jeu-là… La seule chose qu’ils ont à dire c’est : on voit des gens à l’hôpital et c’est très grave. Des journalistes qui demandent de l’émotion et des médecins qui n’ont rien à dire, ça crée cette mousse qui se vend très bien.

On se rappelle aussi Olivier Véran piquant une crise de nerfs à l’Assemblée en hurlant : « Je reviens de réanimation ! »

Olivier Véran est quelqu’un d’intelligent. Le problème, c’est qu’il est au contact du terrain et qu’il a des pics d’émotion. À chaque variant, il croit vraiment, par exemple, que ça touche les jeunes. C’est une émotion sincère, et il se met à paniquer. Le président a un côté plus détaché. Je pense que c’est la raison pour laquelle le duo Macron-Véran a assez mal fonctionné.

On a parlé des gouvernants, des médecins, quelle est la responsabilité des médias dans la gestion de cette crise ?

Zéro ! Je dédouane complètement les médias dans cette crise. Ils ont joué un rôle capital, celui de premier fournisseur d’informations pour les décideurs eux-mêmes ! Ils ont aussi permis de faire émerger des personnes qui, comme moi, portaient un discours singulier. On peut penser qu’ils ont trop parlé du Covid, mais cela répondait à la demande du public. Tous les programmateurs me l’on dit : on essaie de ne plus faire de Covid, mais il n’y a que ça qui intéresse les gens ! De plus, le niveau d’expertise, sur certaines chaînes d’information, a été très bon. Les médias français sont d’ailleurs regardés partout, notamment en Suisse et en Belgique.

Que sait-on aujourd’hui sur les Covid longs ?

Pas grand-chose… Mais on désigne par ce terme beaucoup de phénomènes différents, dont certains n’ont rien à voir avec la Covid. D’abord, les syndromes inflammatoires post-infectieux, qui existent aussi pour d’autres pathologies. Ensuite, il y a des gens qui ont été hospitalisés et qui ont du mal à s’en remettre. D’autres font une dépression post-Covid. La seule chose qu’on sait, c’est que ce n’est pas lié à la gravité : il y a autant de Covid longs chez ceux qui ont eu un petit rhume que chez ceux qui ont été hospitalisés. C’est un objet mal identifié qui sert trop souvent d’argument quand on n’arrive plus à parler des formes sévères.

Comment sortira-t-on de cette pandémie ? Par la banalisation de cette maladie ?

D’abord, il faut comprendre que le virus continuera à circuler. Certes, il aura sans doute moins de facilité en raison de la progression de l’immunité, mais celle-ci sera affaiblie par les nouveaux variants. Donc, on en sortira quand tout le monde se sera mis d’accord sur le fait que les personnes vulnérables doivent se faire vacciner chaque hiver, comme pour la grippe. En revanche, penser que la solution passe par la vaccination de tous les Terriens est une illusion totale. Déjà parce que la vaccination n’empêche pas la circulation, et ensuite parce qu’on ne pourra jamais vacciner la planète entière.

Janvier 2022 - Causeur #97

Article extrait du Magazine Causeur


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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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