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France inter: guimauve woke chez Dorothée Barba

Barbatruc!

France inter: guimauve woke chez Dorothée Barba
Image d'illustration Unsplash

Le samedi, des invités anti-stéréotypes stéréotypés donnent des conseils aux parents


Vous souvenez vous des Barbapapas et de leur formule magique : «  Barbatruc » ? Ils représentent, pour beaucoup d’entre nous, un souvenir d’enfance aussi gai et sucré que la friandise du même nom. « Barbatruc »  est également le titre de l’émission sur l’enfance diffusée le samedi matin sur France Inter, animée par Dorothée Barba. Jolie trouvaille. Lors de l’émission du 15 janvier, la formule magique contenait malheureusement le terme « féministe », l’intitulé de l’émission étant : « Tu seras féministe, mon enfant ».

France inter veut aider les enfants à « s’affranchir des stéréotypes »

Le thème principal en était la fameuse « éducation non genrée », dont on nous rebat les oreilles régulièrement sur l’antenne de la radio publique. Nous y reviendrons. Pour l’instant, laissez-moi plutôt vous présenter les Barbapapas à la sauce féministo-woke qui participaient ce matin-là, dont la mission du jour consistait à « aider nos enfants à s’affranchir des stéréotypes sexistes ».

Etaient présents :

  • l’inévitable Titiou Lecoq, journaliste à Slate, concurrente directe de la star woke Mona Chollet et auteur des Grandes oubliées, pourquoi l’Histoire a effacé les femmes ;
  • Tristan Champion, blogueur et auteur de La barbe et le biberon : l’histoire de son congé parental de cinq mois en Norvège ;
  • et Hélène Cohen, traductrice d’un ouvrage anglais dans lequel les auteurs ont inversé les genres des protagonistes des contes de fées, et dont le titre français est Le bel et la bête. Vous aurez compris l’idée.

Nous avons donc : la journaliste féministe et « grande gueule », le papa moderne (ce genre de spécimen est d’ailleurs appelé « papoune » ou « cuck » par certains internautes moqueurs), et la mère lesbienne – car oui, nous apprendrons que la dernière invitée, Hélène Cohen, élève sa petite fille avec sa compagne.

Nous constatons en fait que chacun des participants correspond à un stéréotype précis, ce qui est assez savoureux car « combattre les stéréotypes » est leur leitmotiv.

Mais comment s’y prend-on donc pour faire la guerre aux stéréotypes ?

Hélène Cohen nous explique qu’elle a été scandalisée lorsque sa petite fille a osé affirmer devant elle qu’il y avait de fortes chances qu’une trottinette rose appartienne à une dame. Il était donc urgent de déconstruire cette enfant. L’animatrice Dorothée Barba s’autorise un avis plus nuancé : « On peut aussi se dire que ça n’est pas si grave, le rose pour les filles et le bleu pour les garçons, non ?» 

A lire aussi, Didier Desrimais: Giulia Foïs de France Inter, l’idéologie du genre pour les nuls

Quant à notre papa féministe, qui vit en Norvège, il se désole de l’engouement de sa fille pour « La reine des neiges ». Les goûts de cette petite fille sont selon moi plutôt rassurants, tout comme l’est finalement la réaction de Titiou Lecoq, qui avoue sa fascination enfantine pour les Barbies, et convient que « tout cela n’est pas si grave ». Quelle désillusion !

Vous commencez à vous dire qu’à l’écoute de cette émission, votre servante n’avait finalement pas grand-chose de croustillant à se mettre sous la plume pour Causeur ? Mais avec France inter, nous ne sommes jamais déçus.

Car j’apprends vite l’existence du « coût social du rose. » Un petit garçon aimant le rose risque d’être exclu socialement… Nos catéchumènes féministes ont dû louper la mode de la cravate rose chez les commerciaux des années 2000, passons. Je suis toujours stupéfaite par leur capacité à découvrir l’eau tiède, et surtout à étiqueter et stigmatiser les phénomènes les plus naturels et structurants, quand elles ne désirent pas les déconstruire.

Les clichés ont du bon

Dans un ouvrage qui fait toujours référence, La psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim nous expliquait justement le rôle structurant sur la psyché enfantine des stéréotypes véhiculés par les contes. Mais ce postulat est désormais bien trop réac pour les intervenants de la radio publique, lecteurs du Bel et la bête ou de Blanc Flocon et les sept naines (!). Titiou Lecoq avouera tout de même qu’elle a fini par céder à son fils qui réclamait un pyjama à l’effigie d’un dessin animé très « genré », « Cars ». Être une mère déconstruite, c’est pas si facile !

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Notez bien que cette histoire d’éducation non genrée – qui consiste à élever les enfants de la manière la plus  « neutre » possible pour qu’ils puissent, le cas échéant, choisir leur genre – ne semble plus être l’apanage de la seule wokosphère et des intellos invités sur France inter. En effet, des articles vantant les mérites du « non genrisme » sont dorénavant partout dans la presse féminine mainstream, du Figaro Madame au média en ligne Magicmaman.

Mais pas de panique : pendant l’émission, ce sont finalement les témoignages d’enfants proposés à l’antenne qui auront été les rafraîchissants. Il était question de garçons jouant au foot au milieu de la cour de récréation, pendant que les filles les observent en gloussant et en chuchotant. Jacques Martin avait raison, les enfants sont formidables.

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est enseignante.

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