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1. Au café de Flore avec Cioran

C’est au café de Flore où il se réfugiait tous les jours pendant la guerre que Cioran a écrit : « Les amis ne nous aiment vraiment que lorsque nous avons l’élégance de mourir. » Ils prennent alors conscience de notre valeur pour mieux affirmer la leur. Et ce qu’ils désignent sous le terme d’amitié se métamorphose en une rivalité apaisée.

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En 1946, Vladimir Jankélévitch écrit à un de ses amis : « La France est bien bas, mais elle a le café de Flore que l’univers nous envie. » Soixante-dix ans plus tard, on peut en dire autant.

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J’observe les habitués du lieu et je songe que seuls m’inspirent confiance ceux qui ont quelques vices pour les racheter. Ce sont rarement les touristes, une engeance à proscrire, et jamais les mères qui traînent leur progéniture avec elles. Quant aux amoureux qui se bécotent, comment ne pas voir en eux deux haines qui se répandent ?

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Il y a deux sortes d’hommes : non pas les riches et les pauvres ni les élégants et les rustres, mais ceux qui par crainte de la mort sont prêts à tout subir pour lui échapper et ceux qui, ayant déjà consenti à leur mort, sont prêts à ne rien céder de ce qui fait la dignité de leur vie. Jeune, j’aspirais à appartenir à la première catégorie. Le temps m’a détrompé.

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Si qui que ce soit prétend faire votre bien, n’hésitez pas une seconde : prenez la fuite.



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