Le budget 2019 de l’Italie sera bientôt d’actualité. Si son nouveau gouvernement veut tenir ses promesses électorales, il ne pourra pas respecter les exigences économiques de l’Union européenne…


L’usine à gaz bruxelloise (UAGB, surtout ne pas confondre avec l’Europe) souffre des conséquences des manipulations génétiques qui lui ont été progressivement injectées sans le consentement des nations d’Europe. On les résumera en deux idées : l’ouverture totale, incontrôlée, irresponsable des frontières (aux marchandises, capitaux, services, personnes) ; la soumission à la finance et aux règles budgétaires stupides et cancérigènes. Parmi ces dernières, on peut citer :

> l’interdiction faite « à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres […] d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit […] aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite » (article 123 Traité européen; ex 104 de Maastricht).

> et la règle des 3% de déficit public par rapport au PIB qui sert à justifier toutes les réformes budgétaires fiscales et sociales (françaises notamment) depuis des décennies. Une machinerie à ruiner les nations et à enrichir les financiers privés.

Fais ce que tu ne peux pas

Or, effrayé d’avoir été conduit par ses prédécesseurs dans une impasse proche de celle de la Grèce d’il y a dix ans, le nouveau gouvernement italien a déclaré que, entre la politique, d’intérêt général, humaine et de bon sens promise à ses électeurs, et les contraintes dictées par l’UAGB il n’aurait pas d’hésitation. Même si le ministre des Finances, Giovanni Tria, très libéral et pro Europe, préparant vraisemblablement sa démission, assure à Bruxelles que Rome ne prévoit pas de dépasser les 3%.

Dans la période qui suit les congés d’été on prépare, partout en Europele vote des budgets 2019 : quels seront les arbitrages du nouveau gouvernement italien ? Le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a sommé Rome de réaliser un « effort important » pour le budget 2019, insistant sur l’idée qu’il était « dans l’intérêt de l’Italie de contrôler sa dette publique » qui s’élève à 132 % du PIB, le niveau le plus élevé de la zone euro après celui de la Grèce. Les lobbies financiers, contrôlés par personne, ont réagi négativement : ils voudraient bien tuer dans l’œuf la tentative italienne de rébellion à leur tutelle. Les taux d’intérêt sont au plus haut depuis quatre ans, ce qui augmente les frais du remboursement des emprunts de l’État italien. Car le système est ainsi conçu qu’on accable les États les plus fragiles… On est au niveau le plus élevé de l’aberration économique.

La bombe italienne

Les leaders des deux partis de gouvernement, Matteo Salvini et Luigi Di Maio, tous deux vice-présidents du Conseil des ministres, ont confirmé vouloir immédiatement mettre en œuvre leurs engagements électoraux : la « flat tax » (un impôt réduit aux taux de 15 % et 20 %) pour le premier ; un revenu de citoyenneté de 780 €, pour le second. Ce qui rend impossible de rester soumis aux diktats de l’UAGB. Dès lors, ou bien le gouvernement fait ce qu’il a dit et la zone euro explose, avant que l’UE ne fasse de même ; ou bien il ne le fait pas et c’est peut-être l’Italie qui explose, dans la rue. Suivie de l’UAGB qui n’y résisterait pas.

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Le quotidien Corriere della Sera redoute « le jugement de [l’agence de notation] Moody’s, avant la fin octobre, après le « verdict [sic] de l’agence Fitch » qui, si elle a maintenu au soir du vendredi 31 août la note de la dette à BBB, s’est déclarée pessimiste sur l’évolution à venir, abaissant sa « perspective » de « stable » à « négative ». Du coup, sur le marché secondaire où s’échangent les titres, les taux ne cessent de croître. Les banques italiennes, déjà fragiles en raison de leur exposition à la dette souveraine, sont à nouveau en danger.

L’Italie d’abord ?

Seuls éléments allant dans un sens « optimiste » : la puissante industrie italienne (la deuxième manufacturière en Europe) que ce gouvernement entend défendre à tout prix, notamment en négociant directement avec Donald Trump sur les échanges commerciaux, et en abandonnant subrepticement les sanctions contre la Russie. Mais aussi la fermeture de la porte à l’immigration forcée, dont le coût public ou indirect fait l’objet d’estimations très contradictoires mais élevées.

On relèvera enfin le doute exprimé par La Stampa, pour qui « les élections européennes étant imminentes, ni la Ligue ni le M5S n’auraient intérêt à se présenter devant les électeurs avec un ‘spread’ [écart entre les taux d’emprunt allemand et italien] hors de contrôle ».

Pas certain toutefois que les retraités italiens miséreux, les jeunes sans emploi, les femmes effrayées par les mœurs de certains migrants, hommes jeunes et sans culture du respect de la femme dans nos sociétés, soient accessibles au vaudou du « spread »... De toute façon, si la crise européenne latente doit éclater ce sera, probablement, avant la fin de l’année, lors du vote du budget. Alors les élections européennes…

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