On l’a appris tard hier soir : Robert Herbin, l’entraîneur des mythiques Verts des années 70, a définitivement fermé la porte du vestiaire du Stade Geoffroy Guichard. 


C’est sous son égide, lors de la campagne en Coupe d’Europe des Clubs Champions, que la France s’est passionnée pour le football et que la fièvre verte a touché l’ensemble de l’hexagone.

Automne 1974. Après avoir éliminé le Sporting du Portugal, ce qui était déjà une belle performance, les Stéphanois tombent contre les Yougoslaves du Hajduk Split. Sur un terrain détrempé par la pluie, les Verts perdent 4-1, score synonyme d’élimination. Au point que la télévision ne daigne pas diffuser le match retour ! Mauvaise pioche puisque les Verts s’imposent 5-1 après prolongation. Au tour suivant, chez les Polonais de Ruch Chorzow, menés 3-0 à la 46e minute, les hommes d’Herbin ne lâcheront rien, marqueront deux buts et se qualifieront 2-0 au retour sur une pelouse couverte de neige. C’est cette abnégation, ce refus de la défaite, le fait de ne rien lâcher à l’origine de ces retournements de situation qui feront naître la passion pour le football en France. Des qualités mentales nées chez les Verts de Robert Herbin.

L’épopée suivante sera encore plus brillante avec une première victoire en terre britannique, chez les Glasgow Rangers en 8e avant le mythique match retour contre le Dynamo Kiev, emmené par le ballon d’or Oleg Blokhine en quart. Après une défaite 2-0 à l’aller les Verts allaient refaire leur retard entre la 65e et la 70e minute. Rocheteau marquera le but qualificatif en prolongation après un rush de légende sur le côté droit de Patrick Revelli. En demies, face aux Néerlandais du PSV Eindhoven, ils tiendront à l’extérieur le score de 1-0 obtenu à l’aller grâce à un Curkovic de légende. Face au champion du pays qui avait disputé la finale de la Coupe du monde deux ans avant et allait en disputer une nouvelle deux ans plus tard, les Verts n’avaient rien lâché physiquement. Ils tenaient le choc mentalement dans toutes les situations, ils tenaient le choc physiquement face à des joueurs venant du pays où était né le « football total » sous la baguette de Rinus Michels, mythique entraineur de l’Ajax, cinq ans plus tôt. Dix-sept ans après Reims, un club français était en finale de Coupe d’Europe mais le rêve su brisera comme l’année précédente sur le Bayern de Beckenbauer, qui remportera sa troisième « coupe aux grandes oreilles » consécutivement, et sur les poteaux carrés de Glasgow.

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La dernière épopée se terminera à Anfield Road en mars 1977 avec un match de légende finalement perdu dans les dernières minutes sur un but de Fairclough, c’est lors de ce match que naquit d’ailleurs la légende des « Reds ».  Un match au cours duquel un certain Charles Corver s’illustra pas son arbitrage à sens unique avant de récidiver cinq ans plus tard à Séville lors de la Coupe du monde 1982. Une Coupe du monde 1982, synonyme de révélation des Bleus d’Hidalgo qui comptaient en leur sein 10 joueurs qui avaient ou allaient porter le maillot Vert avec Robert Herbin à la baguette. Ces deux hommes avaient le mérite de donner leur chance aux jeunes.

Robert Herbin a amené le mental et le physique dans le football français et sans lui nous n’aurions pas deux étoiles sur le maillot de l’équipe de France. Le football français est encore en deuil, un mois et un jour après le départ de Michel Hidalgo. Le Sphinx est mort : Vive le Sphinx…

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