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Michel Onfray: «Macron n’aime pas qu’on ne l’aime pas»

Grand entretien avec le philosophe, à quelques jours de l'élection présidentielle, propos recueillis par Elisabeth Lévy

Michel Onfray: «Macron n’aime pas qu’on ne l’aime pas»
Michel Onfray © Philip Conrad / Philip Conrad / Photo12 via AFP

Dans Foutriquet (Albin Michel), Michel Onfray brosse un portrait au vitriol du chef de l’État. Europe, Covid, Gilets jaunes, narcissisme… à le lire, tout est mauvais dans le Macron!


Causeur. Selon vous, à vouloir l’amour de tout le monde, Macron a récolté la haine de tous, écrivez-vous. Franchement, même avant l’Ukraine, l’impopularité de Macron ne sautait pas aux yeux. Il a toujours été en tête des intentions de vote. Compte tenu de la description calamiteuse que vous faites de son mandat, comment l’expliquez-vous ?

Michel Onfray. Je ne crois pas les sondages qui ne mesurent pas l’opinion, ce que les sondeurs prétendent, mais la fabriquent… Ils y ont doublement intérêt puisque c’est à partir d’eux que le temps de parole se trouve distribué par le CSA dans les médias pour la présidentielle. Des mois en amont, quand ce ne sont pas des années, alors que 40 % de gens sont comptabilisés comme abstentionnistes et qu’une grande parie ignore ce qu’elle va voter, à quoi bon, sinon, cette avalanche de sondages ? Le seul sondage auquel je crois c’est ce que me disent les gens, je ne parle pas de mes amis ou de mon entourage : je n’en rencontre aucun qui ait envie de voter Macron ou Hidalgo ou Jadot, j’en connais un grand nombre en revanche qui a envie de voter Zemmour, Le Pen ou Mélenchon. Et un bien plus grand nombre qui ne votera pas.

Vous analysez très sévèrement le « en même temps » d’Emmanuel Macron. Et de fait, sous couvert de subtilité, cela revient souvent à dire tout et son contraire. Mais les Français ne veulent-ils pas aussi tout et son contraire : être libres de faire ce qu’ils veulent et protégés, des droits sans devoirs, l’hédonisme individualiste et le bien commun, etc. D’une façon générale, vous mettez tous nos problèmes au compte des gouvernants. Les gouvernés n’ont-ils aucune responsabilité ?

« Les Français », comme vous dites, ça n’existe pas… Revenons à la question suivante car ces fameux Français qui pensent ceci ou cela, ce sont souvent ce que les sondages disent qu’ils penseraient ! À l’âge que j’ai, je suis sidéré de n’avoir jamais été sondé personnellement et de ne connaître personne qui l’ait été. Avec cette foultitude de sondages, on devrait mathématiquement s’être fait solliciter au moins une fois, soi ou des gens qu’on connaît. Or ça n’a jamais été le cas.

Ce qui, par ailleurs, n’exclut pas la volatilité des opinions chez ceux qui ne pensent que gavés par les chaînes d’info continue où officie un panel de gens dont la compétence et l’expertise ont parfois seulement quelques heures d’avance sur le spectateur. Pour qui, comme moi, lit la presse le matin et écoute ensuite cette nouvelle caste d’éditocrates donner son avis sur tous les sujets plus tard sur les plateaux, il ne manque pas de piquant d’entendre pérorer tel ou telle en reprenant, sans les citer bien sûr, les opinions imprimées dans la presse subventionnée. Si les avis des Français peuvent paraître volatils, c’est aussi parce que la classe médiatique qui fabrique l’opinion varie en fonction du vent !

À vous lire, le trait principal d’Emmanuel Macron, c’est le narcissisme. « Enfant-roi couronné », dites-vous. Mais ne faut-il pas une forme de narcissisme pour briguer le suffrage des Français ? 

Une forme, oui, mais pas une pathologie… Vivre sans un minimum d’estime de soi est une chose, vivre sans cesse devant un miroir en est une autre. Il y a chez cet homme un narcissisme particulier : il est classique, c’est celui de qui s’aime, mais il est également doublé d’une rage envers qui ne souscrit pas à son narcissisme. Il s’aime, mais il n’aime pas qu’on ne l’aime pas. Or, dans la vie, il faut composer avec ceux qui ne nous aiment pas. Et le nombre de ceux qui ne nous aiment pas est proportionnel à la visibilité médiatique qu’on a ! Cet homme qui a été chef de l’État trentenaire dès son premier essai, qui avait avec lui la presse, la finance, la banque, les intellectuels du système, les électeurs, l’Assemblée nationale, le Sénat, n’a pas supporté la critique et l’a fait savoir en donnant trois noms qu’il avait dans le collimateur, dont le mien. Cela relève proprement du pédopsychiatre…

Pour vous, de Giscard à Macron, il y a une continuité maastrichtienne. Mais les Français ont voté oui à Maastricht. Et ensuite, malgré la trahison de Lisbonne, ils ont élu Hollande et Macron alors qu’ils auraient pu choisir des candidats souverainistes. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?

En 1992, en effet, il a été acté qu’ils avaient voté oui après une vingtaine de minutes de battement télévisuel où les gens de plateaux se trouvaient dans l’expectative parce qu’à 20 h 00 les résultats étaient trop serrés pour pouvoir être donnés. Le suspens a été levé par la parole performative du président de la République, dont chacun connaît la probité, vers 20 h 20. L’intervention de Mitterrand à la télévision a permis de dire que le résultat était en faveur du traité. Gageons qu’au ministère de l’Intérieur, Mitterrand et son ministre de l’Intérieur, probablement accompagné de quelques autres socialistes partisans du oui, ont pris le temps de recompter une à une toutes les voix du pays avant de proclamer le résultat de leur comptabilité !

Laurent Fabius, premier secrétaire du Parti socialiste, présente les affiches destinées à la campagne pour le « oui » au référendum sur le traité de Maastricht, Paris, 27 juillet 1992. FRANCK FIFE / AFP

Ajoutons à cela une campagne immonde où les partisans du non ont été en amont du vote traités de fascistes, de nazis, d’obscurantistes, de crétins, d’incultes, de provinciaux, de sous-diplômés. Maastricht était alors une utopie facile à vendre. Les tenants de ce projet promettaient : disparition du chômage, plein emploi, amitié entre les peuples, fin du racisme, de la xénophobie, de l’antisémitisme, disparition des guerres en Europe. Qui pouvait être contre ? Ceux qui, en face, avançaient avec raison que nous allions perdre notre souveraineté et qu’on ne pourrait dès lors plus mener aucune politique voulue par le peuple français ont été présentés comme des partisans du chômage, de la misère, de la pauvreté, du racisme, de la xénophobie, de l’antisémitisme et des guerres. Puis de Vichy, de Pétain, du nazisme, de la Shoah, etc. Excusez du peu… Voter oui à l’Europe dans ces conditions-là, était-ce encore de la démocratie ou déjà le temps inaugural de la démocrature dans laquelle nous vivons ?

En tutoyant le président de la République, en parlant de lui de façon non seulement peu amène mais fort irrespectueuse, ne participez-vous pas à l’abaissement de la fonction que vous dénoncez par ailleurs ? Quoi qu’il ait fait, il a été élu, non ?

C’est parce qu’il avait choisi d’abaisser la fonction, notamment en justifiant le doigt d’honneur d’Antillais à demi-dénudés qu’il enlaçait avec un air béat, que j’ai rédigé cette lettre où je le tutoie. Et ce serait moi qui, en montrant ce qui se jouait dans cette scène, contribuerais à abaisser la fonction ? N’inversons pas les rôles… Si j’ai choisi de filer la métaphore du doigt d’honneur, ça n’est ni par goût scatologique personnel comme il fut dit, voire par homophobie, ça s’est aussi beaucoup dit – comme si les homosexuels avaient le monopole de la sodomie… –, mais parce que lui-même avait choisi ce terrain…

Pouvez-vous expliquer le sobriquet Foutriquet ?

Foutriquet c’est l’un des surnoms que donnaient les communards à Thiers le fusilleur républicain, je tiens à cette précision, des communards. Or, lors de la célébration du cent cinquantenaire de la Commune, Macron a fait savoir que la République en danger s’était alors retranchée à Versailles, sous-entendu, avec les sous-titres : quand les Gilets jaunes ont menacé la République, lui qui l’incarnait encore dans ce moment tangent choisissait Adolphe Thiers contre Louise Michel.

Vous parlez à plusieurs reprises de populicide. Mais je ne vois aucune extermination. N’est-ce pas une hyperbole comparable à l’abus de Shoah, qui vous enrage à juste titre ?

« Populicide » est un mot que j’emprunte à Gracchus Babeuf et j’ai choisi clairement ma référence historique qui n’est pas celle de la Shoah que vous ne me verrez jamais, et je suis l’un des rares me semble-t-il, utiliser pour stigmatiser un interlocuteur ou une idée. C’est vous qui, avec votre question, recourez au point Godwin. Pas moi. La place manque pour que je justifie longuement l’usage de ce mot, mais je suis disposé à un débat sur la Révolution française qui permettrait de le légitimer.

Permettez-moi de vous renvoyer à Littré qui définit ainsi le mot : « Néologisme du langage révolutionnaire. Qui cause la mort, la ruine du peuple. » Tuer n’est pas exterminer, et ruiner n’est pas génocider. Je maintiens mon mot qui n’est pas polémique mais signale une précision politique qu’on se refuse à faire : la politique maastrichienne ruine le peuple français.

Vous ne voyez autour d’Emmanuel Macron que courtisans, flagorneurs, opportunistes. Mais ne peut-on apprécier Macron sincèrement ? Et quand bien même les macronistes seraient des gogos, cela en fait-il des salauds ?

Une fois encore, votre sémantique n’est pas la mienne : je n’en ai jamais fait des « salauds », ça n’est pas mon vocabulaire… Il y a dans LREM nombre de carriéristes qui ont suivi Macron quand il trahissait Hollande, attirés par l’odeur du pouvoir. La liste est facile à établir. Il y a même un second wagon ces temps-ci avec Touraine, Guigou et… en douce, Sarkozy qui partage aussi ces mêmes idées. Hollande était cuit, cette engeance partait à la mangeoire avec le gagnant annoncé. Si Hidalgo est aussi bas dans les sondages, c’est tout simplement parce que ses idées sont déjà au pouvoir avec Macron !

Vous avez tendance à sanctifier les Gilets jaunes et à les présenter comme des martyrs. Le pouvoir macronien leur aurait envoyé sa troupe pour leur arracher les mains et leur crever les yeux. Primo, aussi déplorables soient ces blessures, si on rapporte leur nombre à 30 semaines de manifestations interdites et au nombre de forces de l’ordre blessées, cela reste de regrettables bavures. Deuxio, vous oubliez, comme les thuriféraires de Gabriel oubliaient le vol du scooter, les violences nombreuses commises par les Gilets jaunes. D’ailleurs, plus loin, vous estimez que quand il y a violence de la police, c’est souvent une contre-violence. Pourquoi le respect de la loi – sur lequel vous êtes intraitable en matière sanitaire – serait-il superflu de la part des Gilets jaunes qui ont tout de même empêché beaucoup de salariés modestes d’aller gagner leur vie ?

Sémantique encore : l’athée que je suis ne transforme rien ni personne en « saint »… Pas plus je n’ai utilisé le mot « martyr » qui n’est pas non plus dans mon registre. Je tiens à ce que les mots puissent pouvoir dire ce qu’ils disent. Donc pas de « Shoah » quand je renvoie à Babeuf, pas de « salauds » quand je n’utilise pas le mot, pas de saints ou de martyrs quand je réserve ces deux mots à ce qu’ils veulent vraiment dire.

Des Gilets jaunes première époque occupent un rond-point près de la raffinerie de Feyzin, en banlieue de Lyon, 17 décembre 2018. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Quant aux Gilets jaunes, vous parlez par ouï-dire car je n’ai rien écrit qui ressemble à ça dans Grandeur du petit peuple, un livre qui leur est entièrement consacré. Si vous l’aviez lu vous auriez vu que je périodise le mouvement et qu’on ne peut en parler pareillement quand il est sur les ronds-points ou sur les Champs-Élysées, récupéré par LFI, CGT, SUD, PCF, LO, NPA, etc. Ce sont ceux-ci qui, à leur habitude, ont paralysé le pays avec quelques figures instrumentalisées et enivrées par le pouvoir médiatique auquel elles avaient alors accédé.

Par ailleurs, le fait qu’ils soient pauvres ou paupérisés ne fait pas d’eux des saints. J’ai moi-même constaté chez certains des relents d’antisémitisme, une haine du savoir, une détestation non pas de cette élite, mais de l’idée même d’élite. Or, vous semblez assimiler toute critique à « salauds de pauvres ».

« Chez certains » ne suffit pas à faire une sociologie… Il y a eu aussi « chez certains » une messe de minuit, c’était à Somain avec le père Joseph le 25 décembre 2018, ou bien la visite de l’évêque de Montauban, Mgr Ginoux, venu visiter les Gilets jaunes sur un rond-point quelques jours plus tôt, et la caste médiatique n’a pas estimé qu’il y avait là « relents » catholiques chez tous les Gilets jaunes…

Quant au « vous semblez assimiler toute critique à “salauds de pauvre” », il m’apparaît que c’est votre avis, autrement dit juste une opinion que vous auriez du mal à fonder avec ce que j’ai dit ou écrit… Il me semble n’être pas aussi binaire que vous… semblez le dire.

Sur le COVID, vous étiez très légaliste au moment du confinement. Et comme Olivier Veran, vous suspectez tous ceux qui critiquaient les mesures d’enfermement de vouloir se débarrasser des vieux. Mais ne pouvait-on penser que ces mesures étaient disproportionnées ? La précaution est une tendresse, sans doute (très belle phrase au demeurant), mais le précautionnisme est un flicage. Par quel miracle les lois et règlements sanitaires (et seulement ceux-là) seraient-ils l’expression de la volonté générale ? Et en quoi est-ce méprisable de vouloir se livrer à des activités qui font de nous des humains, comme voir d’autres humains ou se promener ?

Je n’ai rien suspecté : mes amis ne font pas partie de ceux qui ont péroré jusqu’à plus soif sur ce sujet – comme sur tous les autres d’ailleurs… Quand j’ai parlé des vieux que l’on triait je ne suspectais – encore un mot de vous, pas de moi… – personne : je m’appuyais sur des confidences d’amis médecins, des vrais, pas de ceux qui ont passé le temps du Covid en consultants rétribués par les chaînes d’info continue, qui m’ont dit qu’effectivement, dans les premiers temps, ils sélectionnaient les arrivants et que les vieux étaient délibérément écartés parce qu’ils ne pouvaient pas soigner tout le monde. Le tri n’a pas été l’un de mes fantasmes, une suspicion de ma part, mais une réalité clinique et, bien sûr, éminemment politique : un effet de la politique sanitaire maastrichienne en France.

Par ailleurs, je n’ai jamais dit que les lois et règlements sanitaires étaient l’expression de la volonté générale, mais que la décision du président de la République en était une, bien qu’on sache ce que je pense du chef de l’État. De sorte que, pour ma part, on ne m’aurait pas trouvé dans des restaurants clandestins parisiens où l’on m’a dit que la vie continuait comme avant pour bon nombre de ceux qui vivent de donner des leçons de morale à leurs prochains.

Vous êtes très sévère avec les antipass/antivax. Au début de la vaccination, vous estimez que « le vaccin n’empêche pas la contagion » est un argument complotiste. Trois mois après, c’est une vérité scientifique. Ne vous êtes-vous pas trompé (et moi avec vous) ?

Qui ne s’est pas trompé sur cette question en dehors de ceux qui nous ont trompé ?

Vous vous dites de gauche, mais vous avez la plume très acérée pour la gauche réelle, de Robespierre à Assa Traoré en passant par Cohn-Bendit ? Dans le fond, vous fantasmez une gauche ontologique qui n’existe pas. Qu’est-ce qui vous empêche de voter pour Marine Le Pen qui, après tout, a une fibre sociale qui doit vous parler ?

Ma gauche n’est pas celle de la loi sur les suspects et du tribunal révolutionnaire, des barbelés et des miradors, des petits garçons et du libéralisme-libertaire ou, aujourd’hui, de la location des utérus et de la vente d’enfants. Toute la gauche n’est pas dans les gens que vous avez cités. Quid, sinon, d’Orwell ou de Camus ?

Je ne voterai que pour qui proposerait le Frexit. En dehors de ce préalable qui permet de recouvrer la souveraineté, aucune politique non maastrichienne ou post-maastrichienne n’est possible. Quiconque n’affirme pas la nécessité de ce préalable ment. Marine Le Pen comprise…

Par ailleurs, vous expliquez que Macron est de gauche quand tout le monde pointe le côté droitiste de son programme. Ne faut-il pas renoncer à des catégories (droite/gauche) qui ne permettent plus de penser ce qui nous arrive ?

Quiconque pense que le libéralisme (que je définis comme le marché faisant la loi…) est l’horizon politique indépassable est de droite, même s’il se dit de gauche ! Sémantique encore… Le marché ne saurait faire la loi partout. À l’école, c’est l’instruction publique qui fait la loi, à l’hôpital, la santé publique, dans la police, la sûreté républicaine, la défense de la nation dans l’armée, l’élévation des consciences dans la culture, etc. Pas le marché.

Que Sarkozy ne soutienne pas Pécresse mais, en douce, travaille aux ralliements de députés LR pour Macron qui fut ministre de Hollande qui, avec Sarkozy, a joué le Congrès contre le peuple en 2008 avec le traité de Lisbonne, voilà qui montre que les maastrichiens, droite et gauche confondues, sont de droite…

En ce qui me concerne, la gauche reste une catégorie opératoire : chez Hugo, dans Les Misérables, elle prend le parti de Fantine qui vend ses cheveux et ses dents pour payer des médicaments à Cosette. Ceux qui aujourd’hui justifient que les Fantine ukrainiennes (c’est dans ce pays que se font 25 % des GPA planétaires…) ou états-uniennes vendent leurs ovocytes et les enfants qu’elles ont portés pour des riches ne sont pas pour moi des gens de gauche. Ce sont les négriers contemporains. Ceux qui poussent des cris contre le Code noir qui a quatre siècles n’ont rien à redire aux contrats esclavagistes que doivent aujourd’hui signer les mères porteuses… 

Vous êtes plutôt Huntington que Fukuyama, et d’ailleurs, vous défendez la civilisation judéo-chrétienne. Mais en même temps, vous expliquez que les crimes djihadistes sont une réponse aux crimes de l’Occident (je ne dis pas que vous justifiez !) et semblez récuser l’idée qu’il y a un conflit structurel entre notre civilisation et la civilisation islamique.

Non, j’ai écrit dans trois livres qu’il existe un conflit structurel entre civilisation judéo-chrétienne et civilisation islamique : une fois dans le Traité d’athéologie (2005) c’était un tiers du livre, une autre fois dans Penser l’islam (2016) dont c’est la thèse majeure, une troisième dans Décadence (2017) – ça fait donc plus de dix ans que je défends cette même idée… Et je ne parle pas de mes articles ou de mes prises de position qui m’ont valu suffisamment d’attaques…

À vous lire, il n’y a rien à sauver chez Emmanuel Macron. Un homme peut-il être entièrement mauvais ? Ne lui reconnaissez-vous pas une grande intelligence et une capacité de séduction hors du commun, sans oublier une grande chance, qualité essentielle chez un homme d’État ?

Et puis quoi encore ?

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Avril 2022 - Causeur #100

Article extrait du Magazine Causeur


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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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