Pour vous, un autre enseignement de l’élection présidentielle est que Marine Le Pen grignote une partie d’un électorat autrefois considéré comme acquis à la gauche : les fonctionnaires. Quelle est l’étendue du phénomène et comment l’expliquez-vous ?

L’explication est simple : le Front national a une sociologie de gauche ! Ce fait s’est encore confirmé et précisé au premier tour de la présidentielle, avec un important vote Marine Le Pen en provenance de la fonction publique. Pour l’essentiel, il s’agit de fonctionnaires de catégories B et surtout C, c’est-à-dire ceux qui, tout en restant protégés par leur statut, subissent objectivement une dégradation de leur niveau de vie, due essentiellement au renchérissement du foncier et à la hausse du prix de l’énergie, et dont les enfants sont confrontés à l’absence de perspective et d’espoir d’ascension sociale. Si on ajoute le fait que ces petits fonctionnaires occupent généralement des postes en contact direct avec le public et qu’ils habitent des quartiers où la vie s’est dégradée, on peut comprendre pourquoi, comme l’ensemble de l’électorat frontiste, ils sont sensibles aux thématiques d’immigration et d’insécurité.

 

*Photo : siobh.ie

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