Président des Jeunes avec Wauquiez, Aurane Reihanian brigue celle des Jeunes Républicains. A 25 ans, ce doctorant en droit maîtrise déjà parfaitement les rouages de la communication. Entretien.


Daoud Boughezala. Le dernier tract des Républicains (« Pour que la France reste la France ») a choqué de nombreux journalistes. Sans doute parce qu’il y est écrit noir sur blanc : « Il n’y a jamais eu autant d’immigrés », « Il n’y a jamais eu un tel risque terroriste », « Il n’y a jamais eu une telle pression communautariste ». Or, alors que François Fillon entendait lutter explicitement « contre le communautarisme islamique », la direction LR se cache derrière son petit doigt en refusant de nommer le péril islamiste. Pourquoi une telle pudeur de jeune fille ?

Aurane Reihanian. Ce tract de bon sens est totalement assumé. J’ai milité le week-end dernier aux côtés des jeunes républicains de Corse : ce tract est également très largement approuvé par les militants. Son but est de défendre le socle de valeurs qui nous rassemble comme la transmission et le mérite républicain. Ses messages sont légitimes car ils répondent aux inquiétudes profondes de nos concitoyens. Une dernière étude du Figaro (Kantar Sofres) démontre que ces sujets figurent parmi les premières attentes des Français. Laurent Wauquiez est en phase avec ces préoccupations car il est profondément enraciné. C’est pourquoi il tient avec une grande constance une droite claire, sans tabous et qui assume ses valeurs. En somme, la ligne que les militants de notre mouvement ont adoptée en décembre avec un résultat net et incontestable. Bernanos nous rappelait que « l’honneur est ce qui nous rassemble », alors honorons-nous de cette cohérence intellectuelle qui doit désormais unir notre engagement pour la France.            

Sur Internet, au sein même de la droite, certains détracteurs de Laurent Wauquiez reprennent des expressions de l’Alt Right américaine pour l’attaquer très violemment. Il se fait ainsi traiter de « cuck » et de « candaule » prêt à reprendre la rhétorique du FN sans en penser un mot. Si sa sincérité n’est pas en cause, pourquoi ne perce-t-il pas dans l’opinion ?

Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avaient subi exactement les mêmes attaques. C’est le prix à payer lorsqu’on a le courage de défendre haut et fort ses convictions. Laurent Wauquiez a été élu il y a seulement quelques mois à un moment où la défiance envers les politiques est vivace. Il a le courage de mener la refondation de la droite française et le mérite d’avoir déjà rassemblé notre famille en s’entourant de talents issus de diverses sensibilités comme Damien Abad, Virginie Duby Muller et Eric Ciotti. Laurent Wauquiez démontre chaque jour dans la région Auvergne-Rhône-Alpes qu’il fait ce qu’il dit : économies de fonctionnement, rétablissement des bourses au mérite, préférence locale pour nos entreprises et investissements pour développer nos territoires ruraux mis au banc par Emmanuel Macron. Il démontre, en tant que président de LR, qu’il ne s’inclinera pas face au chantage à la droitisation que tentent de nous imposer les chantres de la start-up nation. Pour nous, la nation a une vraie signification et doit être préservée. On ne laissera plus le monopole des mots aux extrêmes pour décrire une réalité qui s’impose à tous. C’est cette politique par la preuve et la cohérence qui nous fera gagner.

En tant que chef des jeunes avec Wauquiez, que pensez-vous du logiciel d’affectation Parcoursup ? 

Au-delà des dysfonctionnements de ce système opaque, reconnus y compris par l’exécutif, c’est la question de notre modèle méritocratique qui est en jeu. L’université française ne cesse de reculer dans les classements internationaux. Nos universités sont de plus en plus vétustes. Un étudiant sur trois abandonne en première année et près de deux tiers des étudiants échouent.

La réalité est qu’avec cette réforme on est très loin du compte. Les prérequis comme « l’ouverture d’esprit » et « l’autonomie de l’étudiant » sont trop flous et mettent en difficulté les universités. Le résultat est que l’égalitarisme prend le pas sur le mérite. Un certain nombre d’étudiants de banlieues ayant un excellent dossier sont relégués et ne sont pas retenus dans leur filière de prédilection car ils ne sont pas rattachés à la bonne académie. Ce système englue donc encore un peu plus notre ascenseur social et ne permet pas de réconcilier les jeunes avec la promesse républicaine selon laquelle peu importe ses origines chacun peut s’en sortir par son travail et ses efforts.

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