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Marions-les !

Le mariage gay : une simple conséquence de l’enflure du droit

Auteur

François Miclo

François Miclo
Twitter : @fmiclo

Publié le 09 juillet 2012 / Société

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Longtemps, les philosophes politiques se sont accordés sur une maxime simple : ubi societas, ubi jus (là où il y a une société, il y a du droit). Pour vivre correctement ensemble, les hommes ont besoin de règles communes; le droit a longtemps satisfait ce besoin de régulation sociale. Mais toujours partiellement, car l’ordre juridique ne réglait pas la totalité de la vie sociale. D’autres régulateurs existaient comme la courtoisie, la politesse, la galanterie, la bienséance, le fair-play, le savoir-vivre, l’honneur, l’éthique, etc. Bref, le droit réglait une partie des relations humaines en imposant à chacun des contraintes normatives ; pour le reste, les hommes s’assujettissaient eux-mêmes à leurs propres obligations. C’est ce qui, au fond, fait de l’homme un être moral : la moralité n’existe que si le droit n’organise pas, à lui seul, l’entièreté de la vie collective, mais laisse du jeu pour que le sujet puisse organiser, librement, sa relation à l’autre.

[...]

*Photo : John Heil

  • causeur48

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    publié dans le Magazine Causeur n° 48 - Juin 2012

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  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 9 Septembre 2012 à 10h33

      hudhud dit

      Si au nom du « droit à s’aimer aussi » les homosexuels obtiennent le droit au mariage, j’exige, au nom du même principe, le droit d’épouser 2 femmes.
      J’ai des copines qui aiment plusieurs mecs, accordons leur 
      bien évidemment le « droit à s’aimer aussi » 
      polyandrie et polygamie doivent avoir accès à  l’institution civile du mariage

      • 9 Septembre 2012 à 11h35

        Fiorino dit

        In ne vous reste qu’à fonder un collectif, on verra, les homosexuels ont mis trente ans de lutte pour cela, vous croyez qu’on va vous offrir ça sur un plateau? Mais comme tout ceci n’est qu’une provocation et que mis à part les musulmans les gens qui souhaitent contracter des mariges multiples sont très peu nombreuses vous vous trouverez très vite dans une situation très peu sympatique avec votre humour.

      • 16 Janvier 2013 à 22h15

        Twisk dit

        Le débat sur le mariage polyamoureux (polygame) est déjà lancé au Brésil et au Canada. Vous n’aurez pas à attendre longtemps, si le “mariage pour tous” est légalisé ici.
        Un an ou deux à tout casser.

    • 11 Juillet 2012 à 15h49

      Dio Gêne dit

       2 mecs qui veulent se marier c’est déja pas net, alors qui veulent adopter…pauvre gosse!

    • 11 Juillet 2012 à 12h10

      bea33 dit

      Prochaine étape, la polygamie

    • 9 Juillet 2012 à 21h37

      quadpater dit

      Villaterne, si c’est une chose d’avoir le droit de demander l’agrément, c’en est une autre de l’obtenir, et c’en est encore une autre de trouver un enfant.
      Les célibataires ont le même droit que les couples de demander l’agrément. Si loi il y a elle doit être facile à trouver. Que je sache (à vérifier) la différence est que seuls les couples mariés peuvent adopter conjointement.

    • 9 Juillet 2012 à 20h08

      L'Ours dit

      calembredain,
      tout ce que je dis, c’est qu’un orphelin doit préférentiellement avoir la chance de dire papa et maman. Et je dis bien préférentiellement et non uniquement. A une époque où l’on fait l’éloge de la diversité, voici que l’uniformité vaudrait dès qu’on parle couple.
      L’amour d’une mère, n’est-il pas unique? L’amour d’un père, n’est-il pas unique? Pourtant, s’ils sont aussi forts et merveilleux et qu’ils se valent, ont-ils la même emprunte, la même couleur dans le coeur de l’enfant?
      Je ne crois pas. C’est pourquoi je pense qu’il faut préférentiellement lui offrir les deux! 

    • 9 Juillet 2012 à 19h12

      quadpater dit

      Calembredain, vous avez raison de poser la question car l’adoption par un(e) célibataire est aussi aberrante que l’adoption par 2 homos. Ces démarches ne sont (seront, pour les couples homos) possible(s) que parce que l’objectif de l’adoption en France est de fournir un enfant à une ou des personnes ne pouvant pas biologiquement en avoir, et pas le contraire comme on le pense habituellement.

    • 9 Juillet 2012 à 17h35

      L'Ours dit

      Personnellement, le mariage gay ne me dérange aucunement, même s’il n’entre pas dans mon imagerie.
      Je ne me pose la question que par rapport à l’adoption d’orphelins n’étant pas de la famille de l’un ou l’autre. Je crois qu’il faudrait qu’ils aient la chance de dire aussi bien “papa” que “maman”. C’est tout! Et encore s’il y a assez d’adoptants en couples “classique”. Si le nombre d’enfants à adopter est supérieur, alors il vaut mieux qu’il aient la chance d’avoir des parents gays aimants plutôt qu’une maison d’accueil!

      • 9 Juillet 2012 à 18h10

        Calembredain dit

        Le problème de ces arguments “il faut un papa et une maman” c’est qu’il ne va pas au bout de sa logique : s’il faut les deux, pourquoi accepte-t-on l’adoption par une personne célibataire ? Soit on considère qu’il est de l’intérêt fondamental de l’enfant qu’il ait les deux et dans ce cas on exige toujours un couple, soit on démontre qu’il est préjudiciable pour l’enfant que ses deux parents soient du même sexe. Soit on accepte l’adoption par les couples homo. Mais on ne peut pas invoquer un argument et l’appliquer de manière variable en fonction du résultat qu’on souhaite atteindre dans le débat.
        Pire encore, l’argument biologique : il faut un père et une mère pour faire un enfant DONC il faut que les parents légaux soient un père et une mère. Mais : la question n’est pas la conception – qui est déjà faite au moment de l’adoption et qui a requis effectivement un père et une mère – mais les droits et obligations réciproques qui fondent les relations entre un enfant et deux adultes. S’il faut qu’il y ait coïncidence entre la biologie et le droit, alors il faut supprimer l’idée d’adoption parce que l’adoption c’est précisément la reconnaissance de droit et d’obligation sans fondement biologique. La biologie c’est bien pour concevoir l’enfant, mais ça ne suffit pas à élever et éduquer un enfant.

        Par conséquent, les arguments contre l’adoption par des couples homosexuels doivent en passer par la preuve du caractère préjudiciable d’une telle pratique. Jusqu’ici, il n’y en a aucune qui ne le montre, alors que cette pratique existe dans des conditions défavorables (absence de reconnaissance juridique – milieu et environnement encore hostile à la pratique). Bref, tout ce qu’il reste sont des arguments purement esthétiques.

        • 9 Juillet 2012 à 18h37

          agatha dit

          Le problème : si l’adoption par des parents hétéro est déjà une fiction, celle par des parents homo est une double fiction. L’enfant doit s’insérer dans une construction mentale qui n’est pas simple : enfants de ces parents-là qui ne sont pas les siens biologiquement, et enfants de 2 personnes du même sexe, ce qui est aberrant. Est-ce qu’on peut imposer cela à un enfant qui n’en peut mais?
          C’est l’objection la plus sérieuse. Le mariage gay ne me choque pas particulièrement, de même je pense qu’un couple du même sexe peut élever un enfant, mais entériner par la loi un double mensonge me gêne. Je préfèrais, finalement, que l’adoptant légitime soit une personne homosexuelle officiellement célibataire.

        • 9 Juillet 2012 à 19h44

          eclair dit

          @calembrain
          Sauf qu’il n’y a pas d’étude montrant qu’un enfant adopté par des parents homosexuels c’est bien.

           

        • 9 Juillet 2012 à 20h45

          Villaterne dit

          @Calembredain
          Connaissant les difficultés et l’impossibilité de deux couples, bien sous tout rapport comme on dit, pour adopter un enfant, je suis très étonné qu’une personne célibataire puisse le faire ! Pouvez-vous me donner le texte de loi autorisant cette adoption ?
          Pour mémoire je crois me souvenir qu’il avait été estimé que ces deux couples n’avaient pas des revenus suffisants pour assurer le bien être d’un enfant !
          merci d’avance

    • 9 Juillet 2012 à 17h23

      quadpater dit

      Je ne trouve pas qu’il y ait une ‘enflure’ du droit, au contraire, on simplifie…

      Le mariage en France ne concerne actuellement que des paires d’êtres humains, consentants. majeurs, et de sexes différents.

      Le mariage homo veut dégager le dernier critère. Mais pourquoi s’arrêter là ? Sur mes 4 enfants, deux seulement peuvent se marier. C’est révoltant et injuste, supprimons la contrainte de l’âge. Quoi “consentants” ? et ma liberté d’épouser QUI JE VEUX ? on dégage “consentants”. Et pourquoi que deux êtres humains ? pourquoi pas 8 ou 15 ? et pourquoi seulement des êtres humains ? Le chien et le chat de Lady n’ont-il pas le droit au bonheur eux aussi ?

      • 9 Juillet 2012 à 17h27

        quadpater dit

        Et pourquoi aussi n’y en a-t-il toujours que pour les êtres vivants ?
        Si j’aime mon billet de 100 € et que je veux lui faire faire des petits ? hein ?

    • 9 Juillet 2012 à 16h07

      Calembredain dit

      François Miclo : pour rédiger ce brouillon, vous auriez pu vous instruire un peu plus sur l’histoire du mariage dans le Code Civil, et regarder un petit peu s’il y a une évolution de “l’enflure du droit” dans l’idée d’extension du mariage aux homosexuels. Car en réalité, le droit du mariage a tendance à se déliter de plus en plus pour se rapprocher du P.A.C.S. : à l’origine, il est bien un mode de régulation de la communauté du mariage : non seulement parce que sans le divorce il enfermait les couples, mais en plus parce qu’il disposait que “la femme doit obéissance à son mari” ; si aujourd’hui le Code Civil ne contient plus que des dispositions relatives aux enfants, c’est bien parce que les anciennes dispositions qui encadraient le mariage ont disparu, comme cette obligation pour la femme d’obtenir l’autorisation de son mari pour prélever une certaine somme d’argent. On voit bien que la nostalgie de François Miclo est mal tournée : avant ce n’était pas le droit, nous dit-il, qui réglait les relations mais la morale. Eh bien, manifestement, ce n’est pas le cas.

      Pour un article publié dans Causeur magazine, je trouve cela d’une incompétente légèreté. Si vous voulez vous attaquez à la question du mariage homosexuel, commencez par sortir des âneries que nous rabâchent pro et anti.

    • 9 Juillet 2012 à 15h16

      Patrick dit

      @ Lady – 9 July 2012 à 15h09
      Heureusement, reste le sacrement du mariage dont le sens n’est pas entamé et reste le même pour tous les croyants.
      Précisément non :
      1. Le mariage n’est pas un sacrement dans toutes les confessions,
      2. Il y aura bien des prêtres ou des pasteurs qui célébreront des “mariages gays” à l’église.

      • 9 Juillet 2012 à 15h27

        Lady dit

        Je parle évidemment des catholiques.

    • 9 Juillet 2012 à 15h09

      Lady dit

      Le mariage (civil), mot qui ne veut décidément plus rien dire, sera donc ouvert et ce sera leur droit à tous les polygames qui aiment sincèrement leurs multiples conjoints et jointes pour donner un cadre juridique à toute la marmaille… Et pourquoi pas avec mon chat ou mon chien?
      Heureusement, reste le sacrement du mariage dont le sens n’est pas entamé et reste le même pour tous les croyants.
      Si l’état édicte des loi en utilisant des mots qui n’ont plus de sens commun donc de sens tout court, le divorce, je veux dire l’incommunicabilité et l’incompréhension entre les hommes est consommée …très très mauvais pour la paix et la joie.

    • 9 Juillet 2012 à 15h02

      Patrick dit

      Qu’en dit l’association des maires de France, qui refusait (si je me souviens bien) d’officier pour le PACS ? Je la trouve très silencieuse. Serait-elle devenue consentante ?

    • 9 Juillet 2012 à 14h51

      from dit

      À ce que je sache, en France, si vous avez l’âge et que vous ne l’êtes pas déjà, vous avez le droit de vous marier. Il n’y a aucune inégalité en cette matière. Ce qu’il va advenir bientôt, c’est une redéfinition du mariage, rien de moins. Jusqu’à présent, l’humanité s’était bien gardée de marier les sexualités, c’est-à-dire les jouissances. Quand cela sera possible, gageons qu’il y aura de nouvelles avancées progressistes — à commencer peut-être par la monogamie qui n’a aucune raison d’être de ce point de vue. 

    • 9 Juillet 2012 à 14h34

      xray dit

      Intéressante approche. Pour ma part, je vois là une illustration du phénomène encore plus sournois par lequel il s’instille de plus en plus dans les esprits que le bonheur est un service de l’Etat, en attendant qu’il y ait carrément un ministère éponyme… On est mal barrés….