Le mystère Jésus | Causeur

Le mystère Jésus

Entretien avec Jean-Christian Petitfils

Auteur

François Miclo

François Miclo
Twitter : @fmiclo

Publié le 25 décembre 2011 / Culture

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Jean-Christian Petitfils

Jean-Christian Petitfils. Photo : François Miclo.

Historien, spécialiste du Grand Siècle et auteur de la biographie de référence de Louis XIV, Jean-Christophe Petitfils publie, chez Fayard, une biographie du Christ, sobrement intitulée : Jésus.

François Miclo. Les historiens n’ont-ils pas tout dit sur Jésus ? Pourquoi lui consacrer près de 600 nouvelles pages ?
Jean-Christian Petitfils. Tout a été dit, mais tout et son contraire. La synthèse des plus récentes découvertes en histoire, en philologie, en exégèse, en archéologie était devenue nécessaire pour reconstituer la vie aussi bien que le caractère de Jésus. Les données de l’archéologie biblique sont en constant renouvellement : on vient de découvrir, en novembre 2011, que le mur des Lamentations ne datait pas d’Hérode le Grand. On a découvert, en 2009, une maison au centre du village de Nazareth, alors que beaucoup d’historiens prétendaient jusqu’alors que Nazareth n’existait pas au Ier siècle. Il y a près de trente ans, j’ai entamé une démarche personnelle : je suis croyant, membre d’une religion incarnée, et j’ai voulu, en tant qu’historien, avoir davantage de précisions. Marc Bloch écrivait : “Le christianisme est une religion d’historiens.” J’ai voulu retrouver le Jésus de l’histoire. Mon livre s’adresse aux croyants comme aux incroyants et s’arrête devant le mystère. L’historien n’a pas à prendre parti quant à la réalité des exorcismes, des miracles et, a fortiori, de la résurrection. Renan, dont on va fêter le 150e anniversaire de sa Vie de Jésus, disait : “Si les miracles ont quelque réalité, mon livre n’est qu’un tissu d’erreurs.” C’est un présupposé scientiste et positiviste que de rejeter et de nier le mystère.

“Tout a été dit, mais tout et son contraire.” Comment expliquer un désaccord aussi persistant sur l’historicité de Jésus ? Les sources, en dehors des quatre évangiles, sont minces. Et quand Flavius Josèphe mentionne un certain Jésus, il est légitime de se demander si ce n’est pas un copiste chrétien qui l’aurait tardivement rajouté…
Ce n’est pas impossible qu’il y ait une interpolation chrétienne du texte de Flavius Josèphe, puisqu’on a retrouvé un texte d’Agapios de Manbij, évêque melchite du Xe siècle, qui nous donne une version plus condensée du Testimonium flavianum, dans laquelle ne figurent pas les éléments contestés. Au-delà, nous disposons d’écrits romains de Tacite, de Suétone ou encore d’une lettre datée de l’an 111 de Pline le Jeune disant que “les chrétiens chantent un hymne à “Chrestos” comme à un dieu”. Indépendamment de ce que nous racontent les évangiles et les lettres pauliniennes, on voit que, dès le début du IIe siècle, les chrétiens étaient réputés croire à la divinité de Jésus. Même Celse, philosophe grec du IIe siècle et adversaire très virulent du christianisme, ne remet pas en cause l’existence historique de Jésus. La contestation de cette historicité est, en réalité, une affaire très tardive et très chargée d’idéologie.

Pourquoi procéder à l’inverse de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat, les auteurs de Corpus Christi, en mettant de côté Paul de Tarse et en vous concentrant sur l’évangile de Jean ?
Paul ne nous dit pratiquement rien, en dehors de la 1re Lettre aux Corinthiens, sur le Jésus de l’histoire. Il formule le kérygme, l’énoncé de la foi des premiers chrétiens. Il nous renseigne sur les débats avec les judéo-chrétiens et avec l’Eglise de Jérusalem. Prieur et Mordillat veulent un Jésus sans Eglise. Comme beaucoup aujourd’hui, ils se fabriquent leur propre Jésus. Or, pour l’historien, l’essentiel est ailleurs : les récits évangéliques, qui sont des récits de foi, contiennent-ils une vérité historique et quelle est cette vérité ? J’ai accordé la priorité historique à Jean alors que, d’habitude les historiens partent des évangiles synoptiques (Marc, Luc, Matthieu) et mettent Jean de côté : c’est un texte très symbolique et mystique, dont on ne devrait pas, nous disent-ils, tenir compte. Ce raisonnement me paraît faux. Le récit de Jean est celui d’un témoin oculaire, qu’il nous faut réévaluer par rapport aux trois autres qui, eux, n’ont jamais vu Jésus – même si à l’origine de notre Matthieu actuel se trouve un Matthieu araméen, probablement écrit par l’un des Douze, Lévi dit Matthieu, chef du bureau de péages de Capharnaüm. Les évangiles synoptiques présentent un certain voile par rapport à l’évangile de Jean. D’un point de vue strictement historique, ils me semblent moins fiables : ils résument, dans une optique catéchétique, la vie de Jésus en une seule année. Or, lorsqu’on lit l’évangile de Jean le ministère de Jésus s’étire sur trois ou quatre années. Ainsi nous montre-t-il plusieurs allées et venues, plusieurs discussions avec les autorités juives de Jérusalem ou les pharisiens. Ce sont autant de discussions que les synoptiques rassemblent dans le “procès juif” de Jésus. C’est, à mes yeux, un procès fictif. Jésus n’a pas comparu devant le Sanhédrin en séance plénière. D’ailleurs, tous les historiens du judaïsme l’écrivent depuis longtemps : jamais, au Ier siècle, le Sanhédrin ne se serait réuni au temps de Pessah…

Ouh, le blasphémateur que voilà ! Vous remettez en cause une vérité de la foi !
Non, ce n’est pas une vérité dogmatique. Ce qu’on appelle le “procès juif” de Jésus n’est qu’une présentation schématique des discussions qu’il a eues tout au long de son ministère et qui s’étendent, chez Jean, sur plusieurs chapitres. Les auteurs des synoptiques mettent en scène et rassemblent ces nombreux échanges en un seul récit. Du point de vue historique, ce récit a la même valeur que celui des Tentations : c’est, en quelque sorte, un midrash.

A midrash, midrash et demi : votre Jean me paraît demeurer bien symbolique…
Il a un mode de fonctionnement bien précis : il passe constamment de la réalité historique au mystère. Il assiste, par exemple, aux noces villageoises de Cana. Mais il les transforme en noces eschatologiques, ne nous renseignant ni sur le nom des mariés ni sur leur degré de parenté avec Jésus. Il fait des six jarres de vin le symbole de l’imperfection d’Israël (7 étant le nombre parfait). La tâche de l’historien est de retrouver le soubassement du texte, c’est-à-dire la part de réalité que contient le récit.

Pour autant, Jean se tait sur certains épisodes que les synoptiques développent…
Oui, c’est le cas de Gethsémani, où il reste très elliptique. Quant à la Passion, il ne se prend pas pour Mel Gibson et atténue volontairement les souffrances que Jésus endure lors de la flagellation et de la crucifixion : c’est que son intention n’est pas de sombrer dans le gore, mais de montrer la Croix glorieuse, c’est-à-dire le Christ sur son trône de majesté qui va juger le monde.

Comment séparer ici le bon grain de l’ivraie, la réalité historique de la portée symbolique du texte ?
C’est justement l’intérêt de mobiliser les dernières données mises à notre disposition par la recherche. L’abbé Pierre Courouble, grand spécialiste du grec ancien, a ainsi découvert, il y a quelques années, des latinismes dans deux phrases prononcées par Pilate et rapportées par Jean : “Quelle accusation portez-vous contre cet homme ?” et “Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit”. La présence de latinismes dans ces deux phrases nous démontre que Jean était, sinon un témoin direct lorsque ces phrases ont été prononcées, du moins un rapporteur de première main. De même, Jean connaît le nom de la moindre servante des grands prêtres et le moindre arcane du Temple : cela accrédite l’idée qu’il appartiendrait à une famille sacerdotale de Jérusalem. Il est très certainement, comme nous l’indique Polycrate d’Ephèse au IIe siècle, membre de la haute aristocratie hiérosolymite. Il porte le petalum, la lame d’or des grands prêtres de cette époque. Il n’a vraisemblablement rien à voir avec Jean, fils de Zébédée et pécheur de son état…

Ouh là, là, moins vite : j’ai toujours eu du mal avec le nom des disciples…
Souvent, on réduit Jésus à son entourage immédiat des Douze, alors qu’il y avait une multitude de disciples allant et venant, au gré du temps et de leur occupation respective…

Sans compter ses frères et sœurs !
Jésus n’en a jamais eu !

Jacques Duquesne a le droit d’aimer les familles nombreuses, non ?
Oui, mais, dans son Marie, mère de Jésus, il confond frères et cousins. Il ignore notamment les travaux réalisés aux Etats-Unis aussi bien qu’en Europe et qui nous montrent que Jésus est “nazôréen” : c’est un groupe sémite issu de Mésopotamie qui est venu se réinstaller en Galilée et au-delà du Jourdain dans deux villages, dont Nazareth. Ils prétendent être descendants de David et porter, en leur sein, le messie qu’attend Israël…

Tout au long de sa prédication, Jésus semble tenir cette origine comme une vraie croix ! On l’interpelle dans la rue : “Eh toi, fils de David…” Il n’aime pas trop ça…
C’est qu’il ne veut surtout pas qu’on le confonde avec un messie temporel ! Il vit en un temps où il y a déjà eu beaucoup de messies temporels qui se sont révoltés contre l’occupation romaine. C’est le cas de Judas le Galiléen, qui avait fomenté une insurrection, en l’an 6. En représailles, les Romains avaient alors incendié et détruit la ville de Sephoris, située juste à côté de Nazareth. Âgé de douze ou treize ans, Jésus a très certainement aperçu la fumée s’élever au loin et les deux mille croix érigées le long des chemins. Il ne veut pas ça. Et il essaie de rompre avec cette origine qui lui pèse.

Mais comment ! Jésus avait douze ou treize ans en l’an 6 après Lui-même ?
Oui, tout indique qu’il soit né en l’an -7.

Destruction de villes, incendies, crucifixions : c’est une période violente ?
C’est une période d’attente, d’impatience, d’aspiration messianique. Mais c’est une période de relative accalmie : elle succède aux temps troublés qui ont suivi la mort d’Hérode et la déposition de son fils aîné Archélaos. “Sub Tibero quies” (sous Tibère tout était calme), dit laconiquement Tacite. Mais tout était calme, avant l’explosion. Du temps de Jésus, il n’y avait pas de zélotes ni de sicaires. Et quand on parle de Simon le Zélote, l’un des Douze, il s’agit d’un zèle dans la foi : ce n’était pas un révolutionnaire…

Ah mince ! Moi qui croyais que Jésus préfigurait la venue sur la Terre de Stéphane Hessel ! Il n’était donc pas un indigné ?
Non seulement, il n’y a pas de message politique chez Jésus, mais en plus il refusait la politique et le social. Pour la foi chrétienne, le Christ n’est pas le premier des indignés, mais le premier des ressuscités – ce qui est, convenez-en, un peu différent. Certes, il y a bien eu des tentatives de récupération politique du message de Jésus : ce fut le cas avec la théologie de la libération. Or, il ne fait, par exemple, aucune sorte d’allusion à l’esclavage. Jésus n’est pas Spartacus !

Jésus n’était pas Spartacus, mais vous nous apprenez qu’il aurait pu jouer dans un péplum… Ce n’était pas le gringalet aux épaules tombantes du film de Rossellini, mais un beau et solide gaillard !
Mon point de vue se fonde sur les reliques de la Passion. Là se pose le problème de leur authenticité. Longtemps, elle a été sujette à caution. Que ce soit le linceul de Turin, le suaire d’Oviedo ou la tunique d’Argenteuil, les plus récentes découvertes scientifiques invalident ce que nous tenions pour acquis. Ainsi les analyses au carbone 14 menées sur la relique de Turin en 1988 sont aujourd’hui remises en cause. Les incendies qui ont affecté la relique au long des siècles ont causé notamment une forte pollution au carbone. D’autres éléments, comme la détection des pollens, les inscriptions sur le linceul et sur le suaire ou encore la méthode de tissage employée plaident en faveur d’une datation de ces trois reliques au Ier siècle et les situent au Proche Orient. Rajoutez à cela que les tâches de sang et d’humeurs présentes sur les trois reliques se superposent parfaitement et qu’elles correspondent au même groupe sanguin : elles ne sont plus simplement des objets de piété pour le croyant, mais des documents d’étude pour l’historien. Jusqu’à preuve du contraire, elles le renseignent sur l’aspect physique de Jésus et, à travers les épanchements dont elles portent la trace, sur ce que fut sa crucifixion, sa descente de la croix mais également sa mise au tombeau.

Vous publiez ce livre à un moment où la figure de Jésus fait irruption dans le débat public à travers des œuvres comme Piss Christ ou Golgota picnic. Comment expliquer cette focalisation particulière dans une société pourtant largement déchristianisée ?
Ce sont des oeuvres qui probablement ne resteront pas dans l’histoire : ce sont des épiphénomènes. Paradoxalement, elles montrent, au-delà même du dénigrement ou du sacrilège, que la personne de Jésus ne laisse pas indifférents nos contemporains et continue de fasciner. Moi ce qui m’apparaît important, en tant qu’historien, c’est de découvrir la vérité exacte : qui était Jésus vraiment ? Se ressentait-il être le messie d’Israël ? Pensait-il être lui-même le “Fils de Dieu” ou est-ce un sentiment qu’on lui a attribué ultérieurement ? Pourquoi a-t-il été crucifié ? Quels sont les responsables de cette crucifixion ? Voilà des points d’interrogation auxquels j’ai voulu répondre, en faisant abstraction de toutes les œuvres d’art postérieures, critiques ou non, et même des enseignements dogmatiques.

Mais Jésus ne fut-il pas, aux yeux du milieu juif dans lequel il évoluait et notamment des pharisiens, le plus grand blasphémateur de l’histoire ?
Jésus est un provocateur, notamment lorsqu’il guérit un jour de sabbat. C’était un simple artisan de Nazareth et un nazoréen, toujours suspect puisque se prétendant descendre de David. Il n’avait pas suivi l’enseignement des grands rabbins comme Hillel ou Gamliel. Pourtant, il va jusqu’à mettre en cause l’enseignement de Moïse ! “Moïse vous a dit de faire cela, moi je vous dis de faire ceci.” Au nom de quoi, peut-il prétendre cela ? Quand il appelle Dieu “abba” (en araméen, papa), ce n’est pas simplement l’emploi très déférent du mot “père” que font les juifs. Jésus prétend avoir une relation filiale et unique avec Dieu. C’est là où, en tant qu’historien, je dois m’arrêter : je ne peux pas aller au-delà.

C’est plus que de la provoc’. Quand il dit, par exemple, à sa mère, aux noces de Canna ce que l’on pourrait traduire par : “T’es qui toi ?”, cela révèle une violence inouïe dans une société où l’on doit, comme l’exige le Décalogue, “honorer son père et sa mère”.
Oui, il y a une violence prophétique chez Jésus. Elle se manifeste également à l’encontre de villages entiers contre lesquels il jette l’anathème : c’est le cas de Capharnaüm. Le souffle prophétique d’Israël continue à s’exprimer en lui.

Y a-t-il du nouveau à découvrir sur Jésus ?
Oui. Je suis parti d’hypothèses. Si l’on en pose d’autres, on pourra arriver à des résultats différents. La recherche et nos connaissances évoluent. En France, le dernier livre qui poursuivait l’objectif de synthétiser l’état le plus récent des connaissances sur Jésus remonte à celui de Daniel Rops, dont la première édition a paru en 1947, c’est-à-dire avant les découvertes de Qumran et des manuscrits de la mer Morte. Le livre que j’ai voulu faire correspond à une étape, un état des lieux de ce que la science met aujourd’hui à notre disposition pour appréhender le Jésus de l’histoire. Il y en aura très certainement d’autres.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 30 Mars 2013 à 13h09

      Hirmente dit

      “(Nazoréens) est un groupe sémite issu de Mésopotamie qui est venu se réinstaller en Galilée et au-delà du Jourdain dans deux villages, dont Nazareth.”
      1.- Ce n’est de loin pas la seule traduction du “N” de INRI…
      2.- Nazareth, donc, village dont on ne trouve aucun vestige (de village) avant le 4ème siècle? et que “découvrent” les croisés?
      3.- “Quand il appelle Dieu “abba” (en araméen, papa), ce n’est pas simplement l’emploi très déférent du mot “père” que font les juifs. Jésus prétend avoir une relation filiale et unique avec Dieu,”
      4.-. UN célibataire de son âge qui PRECHE au Temple?
      5.- Jacques est son DEMI FRERE: de quel côté?
      5.- Un pauvre charpentier? D’OÙ sort-il cela, notre historien?
      Quelles preuves Petitfils a-t-il de tout ce qu’il affirme?
      AUCUNE, il affirme, on doit le croire…

    • 30 Mars 2013 à 12h36

      Hirmente dit

      Comment prendre au sérieux un bouquin qui reprend quasi mot pour mot le cathéchisme dont, enfants, on nous bourrait le crâne ?
      Commencer par authentifier le suaire de Turin, quand on se prétend historien ( JE LE CROYAIS, AVANT!) c’est démontrer sa crédulité, sa mauvaise foi et sa paresse intellectuelle, voire sa couardise.
      Je le crois naïvement sincère, mais aussi TRES présomptueux et un peu facile accusateur de qui ne partage pas son point de vue (c’en est parfois ridicule)
      Brel a si joliment résumé la pensée christique de Petitfils: de fausses nouvelles qui aident à vieillir.
      Lenoir a un nouveau concurrent…

    • 29 Décembre 2011 à 14h00

      Bibi dit

      Un mystère de plus que j’espère pourra être éclairci ici.
      Jésus avait-il une descendance? 

    • 29 Décembre 2011 à 0h28

      Mouche dit

      Il faut bien tenter de deviner, lancer des hypothèses, tout n’est pas si clair…Il se détache une pensée générale mais le sentiment d’une écriture superposée en strates par des disciples appliqués ou des moines oubliés persiste largement. C’est de cette sorte
      d’ empilement, des ajouts ( et jamais des retraits car il n’est pas permis d’effacer le sacré), des erreurs et des déformations, des commentaires personnels mais toujours dans la recherche d’une harmonie crédible que se dégage l’inspiration collective d’une pensée divine. 
      Ne peut-on penser l’histoire différemment? Ne peut-on donner de nouvelles interprétations? Le religieux ne peut-il donc pas être au moins discuté? Si tout était si clair, nous n’en parlerions plus… 

    • 26 Décembre 2011 à 7h11

      JMS dit

      Moi en tant que laïc ce que je retiens de tout ce message c’est:
      “Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César”.
      That’s all.

      • 27 Décembre 2011 à 13h11

        lisa dit

        Et c’est dans l’Evangile, pas ailleurs….

    • 25 Décembre 2011 à 22h49

      skardanelli dit

      Je trouve cet homme trop péremptoire, on peut trouver un message social et politique chez le Christ : “Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère. Il lui répondit: Maître, j’ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit: Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens. Jésus, regardant autour de lui, dit à ses disciples: Qu’il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Les disciples furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit: Mes enfants, qu’il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d’entrer dans le royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples furent encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres: Et qui peut être sauvé?” (Marc 10:19-26 NEG79) Par ailleurs, je me demande quel orgueil pousse cet homme à prétendre deviner les pensées de Jésus : “c’est qu’il ne veut surtout pas qu’on le confonde avec un messie temporel [...] Jésus a très certainement aperçu la fumée s’élever au loin et les deux mille croix érigées le long des chemins. Il ne veut pas ça.” Qu’en sait-il ? “Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu’ai-je à désirer, s’il est déjà allumé? Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu’il soit accompli! Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division. Car désormais cinq dans une maison seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois; le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère.” (Luc 12:49-53 NEG79)

      • 25 Décembre 2011 à 23h08

        Pierre Jolibert dit

         ”la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère.”
        Est-ce à dire qu’elles s’entendaient avant ?
        Sinon, pour ceux qui discutent sur la signification d’abba, j’aurais voulu faire une vanne bien nulle sur un ensemble de musiciens suèves et ostrogoths qui auraient trouvé à s’embaucher à la cour d’Hérode et auraient composé la musique sur laquelle dansa Salomé, mais vraiment le courage me manque.
        Bonne nuit. 

        • 25 Décembre 2011 à 23h18

          skardanelli dit

          Joyeuses fêtes Pierre

        • 26 Décembre 2011 à 0h05

          Bibi dit

          La première de Waterloo a eu lieu dans l’amphithéâtre de Césarée (et non pas à l’Hérodion!) mais on n’a pas mesuré les avertissements de Sabba Bar-Rabba “Dezabin Abba Bitrei Zouzei Had Gadiya”. 
           

    • 25 Décembre 2011 à 20h18

      rackam dit

      Alors, Miclo, on fait le malin? On truffe de fautes volontaires un postounet de rien du tout, pour masquer les manipulations du corps principal du délit.
      Pas de bol, on remplace une faute par une autre: “allants et venants” ne vaut guère mieux que “aller et venues”.
      On ne se relit pas, religere, religere!
      Ma miséricorde est moins illimitée que celle de l’Autre…
      Demain, ressaisissez-vous, un redoublement est toujours envisagé.
      Une haltère et trois pavés pour votre pénitence.

    • 25 Décembre 2011 à 17h34

      l’oiseau bleu dit

      Trois

    • 25 Décembre 2011 à 16h47

      L'Ours dit

      Je n’ai pas trouvé cet historien convaincant.
      Parfois il veut faire valider une idée qui n’est qu’une idée en donnant une caution d’historien, et parfois, sur d’autres points, il est plus honnête en disant que ce n’est qu’une hypothèse. 
      Tout cela me laisse une impression mitigée car le croyant se mêle au raisonneur détaché, ce qui ne fait pas bon ménage quand le distinguo n’est précisé systématiquement.
      Mais c’est Noël, soyons cléments! 

      • 25 Décembre 2011 à 17h11

        Bibi dit

        Et en plus, des raccourcis comme on vient de découvrir, en novembre 2011, que le mur des Lamentations ne datait pas d’Hérode le Grand.. Ce qu’on a découvert, entre autres, est que le projet de construction du Temple bien entamé sous Hérode a été complété (muraille du Mont du Temple, le reste du mur occidental étant celui “des Lamentations”) après sa mort. A croire Flavius, sous le règne de son arrière petit-fils. 
         

      • 25 Décembre 2011 à 17h13

        Patrick dit

        impression mitigée

        Alors on est au moins deux !

    • 25 Décembre 2011 à 15h32

      l’oiseau bleu dit

      Abba était une appellation courante  de Dieu au temps de  Jésus  

      Beaucoup de prières du rituel juif s’adressant a Dieu  utilisent cette appellation   
      ” abbinou  malkeynou  ” et ” abbinou chebachamyim ” recite a Yom Kippour et correspondant au Notre Père puisque signifiant
       ” Notre Père qui êtes dans les cieux ”

      À noter qu’en araméen  Barrabas signifie ” fils du Père ..”
      Étonnant non ?  

      • 25 Décembre 2011 à 15h41

        Bibi dit

        N’oubliez pas Abba Eban.
         

      • 25 Décembre 2011 à 20h08

        lisa dit

        On veut comprendre !

        • 25 Décembre 2011 à 22h46

          Bibi dit

          Abba Eban était un grand diplomate israélien, notamment ambassadeur à l’ONU et ministre des affaires étrangères.

    • 25 Décembre 2011 à 14h25

      Bibi dit

      L’appellation Abba est assez intrigante. Est-ce que quelqu’un sait s’il (s’)adresse à Dieu en tant que Avi (mon père)? 
      Les juifs s’adressent surtout (quasi-sûr qu’exclusivement) à Dieu en Avinou: notre père.
      Abba est aussi le (pré)nom de plusieurs sages talmudistes.  
       

    • 25 Décembre 2011 à 13h05

      Patrick dit

      Cet article me laisse un sentiment mitigé.
      Jacques Duquesne (…) confond frères et cousins. Il ignore notamment les travaux réalisés aux Etats-Unis aussi bien qu’en Europe et qui nous montrent que Jésus est “nazôréen”

      J’aimerais savoir de quels types de “travaux” il s’agit. Dans le Nouveau testament, les termes adelphos et adelphè pour frère et soeur ne présentent aucune ambiguïté : il s’agit de frères et soeurs et non de cousins. Si des historiens affirment le contraire, ils ne font pas l’unanimité. Admettre que Jésus a eu des frères et soeurs ne le remet absolument pas en cause, par contre cela va à l’encontre du dogme de l’Eglise romaine, en mettant à mal la virginité permanente de Marie, mère de Jésus.
      Et dire que Jésus était un nazoréen ne fait pas l’unanimité non plus. Le Jésus des Evangiles apparaît comme une personne qui ne se laisse enfermer dans aucun système. L’épisode “Moïse vous a dit…, mais moi je vous dis…” en est bien une preuve.

      • 25 Décembre 2011 à 14h16

        Bibi dit

        Je ne sais pas si à l’époque l’usage était le même, mais l’appellation “mon frère” est courante pour désigner bien des gens (proches) sans lien familial. 

        Je ne sais rien sur “nazôréen”. Mais ma micro-connaissance sait que Ha-Notsri signifie “de Nazareth”/”le nazaréthin”. Intéressant qu’on le désigne par son lieu de résidence et non de naissance (qui aurait fait Beth HaLahmi).
         

      • 25 Décembre 2011 à 17h11

        Patrick dit

        en mettant à mal la virginité permanente
        En fait, je voulais dire : en mettant à mal le dogme de la virginité permanente de Marie, et non la virginité elle-même, mais le lecteur aura compris.

    • 25 Décembre 2011 à 10h46

      Impat1 dit

      Dommage que l’historien s’arrête aux portes du mystère. Il faudra un jour raconter l’histoire des pensées non exprimées de Jésus. Y en eut-il ? Et pourra-t-on les connaître ?

      • 25 Décembre 2011 à 20h13

        lisa dit

        A demander aux mystiques qui ont des visions sur Jesus.
        J’ai des amis très sérieux qui se demandent si Jésus a ri.

    • 25 Décembre 2011 à 9h20

      rackam dit

      Miclo nous offre Jésus le jour de Noël, on n’est pas plus généreux.
      Et, pour le prix du Fils, il ajoute le Petitfils.
      Quelques erreurs bénignes (prendre partie, aller et venues, etc.).
      Allez en Paix, Miclo, on vous pardonne tout, et merci pour cet interviouve tonique. 

      • 25 Décembre 2011 à 11h51

        François Miclo dit

        Merssi Rackam : ca m’aprendera a maitre en ligne une verçion non relute !

        • 25 Décembre 2011 à 12h06

          RotilBis dit

          eclair doit être en train de fêter Noël, sinon il aurait relevé une faute à “merssi”, “aprendera”, “maitre”, “verçion”, “relute”, pour le moins…