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Faut qu’ça saigne

FOG n’aime pas la viande

Auteur

François Miclo

François Miclo
Twitter : @fmiclo

Publié le 06 avril 2012 / Société

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Il n’aime pas la viande. Question de sensiblerie ? Même pas. Pour Franz-Olivier Giesbert, c’est une question quasi métaphysique, témoignant d’un rapport au monde où l’homme n’est, selon la formule de Pascal, qu’ « un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant ». Dans son dernier livre, très personnel, Dieu, ma mère et moi, le patron du Point consacre quelques belles pages aux animaux et à la consommation de leur chair. Disciple scrupuleux d’Elisabeth de Fontenay et de saint François d’Assise réunis, il critique évidemment Descartes et la théorie des animaux-machines, selon laquelle les bêtes dépourvues de conscience et de pensée ne souffriraient pas – thèse balayée très tôt par Gassendi. Il cite Adorno qui écrit dans Minima Moralia : « L’obstination avec laquelle l’homme repousse ce regard – “ce n’est qu’un animal” – réapparaît irrésistiblement dans les cruautés commises sur les hommes dont les auteurs doivent constamment se confirmer que ce n’est qu’un animal », suivi d’un Isaac Bashevis Singer qui, dans Ennemies, met en scène un rescapé des camps qui professe que « ce que les nazis avaient fait aux Juifs, l’homme le faisait à l’animal ».

[...]


 

Franz-Olivier Giesbert, Dieu, ma mère et moi, Gallimard, 2012.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 45 - Mars 2012

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    • 9 Avril 2012 à 18h21

      agatha dit

      En épigraphe à la nouvelle “Les porcs” de son recueil “Une nuit à coucher dehors”, Sylvain Tesson cite Isaac B. Singer :
      ” They have convinced themselves that man, the worst transgressor of all the species, is the crown of creation. All other creatures were created merely to provide him with food, pelts, to be tormented, exterminated. In relation to them, all people are Nazis; for the animals, il is an eternal Treblinka.”
      Et à la fin de la nouvelle, de Tesson lui-même, à propos de la production de viande : “L’édifice ne repose pas sur le mensonge mais sur l’ignorance”. Ignorance des conditions réelles de vie et d’abattage du bétail.

    • 8 Avril 2012 à 20h20

      mordor dit

      FOG m’est de plus en plus sympathique. J’ai arrêté de manger de la viande et n’en remangerai que quand l’étiquetage sera devenu obligatoire.

    • 8 Avril 2012 à 20h16

      mordor dit

      FOG m’est de plus en plus sympathique. J’ai arrêté de manger de la viande et n’en remangerai que quand l’étiquett

    • 8 Avril 2012 à 16h05

      chartreux dit

      lisez le livre de J Safran Foer, faut il manger des animaux;
      apres ça, si vous pouvez encore manger un steak… vous etes costaud!

    • 7 Avril 2012 à 11h07

      brindamour dit

      Faites comme moi. Je ne mange plus de la viande qu’une fois par semaine. 

    • 6 Avril 2012 à 22h13

      Patrick dit

      L’étourdissement des animaux avait été mis en place dans nos abattoirs. Mais lors de la “fête du mouton” (on lui fait effectivement la fête !), beaucoup de musulmans égorgeaient l’animal dans leur baignoire. C’est pour mettre fin à de telles pratique que les autorités ont décidé de rendre “hallal” l’abattage dans les abattoirs des grandes villes (et pas seulement en Ile de France !) Au point qu’aujourd’hui on nous refuse le droit de connaître le mode d’abattage des animaux dont nous mangeons la viande.
      A moins de boycotter massivement la viande, nous n’arriverons à faire plier ni les gouvernements (gauche ou droite confondue), ni les lobbies religieux musulmans qui nous imposent des pratiques barbares en ce 21ème siècle.
      Mais l’égorgement est une spécialité de l’islam. Et il ne se limite pas toujours aux animaux.

    • 6 Avril 2012 à 21h01

      Patrick Mandon dit

      Cet article me permet de redire combien je trouve cruel l’abattage rituel. Il faut avoir vu l’interminable agonie d’un veau ou un d’un bœuf, leur regard effaré, pour s’en convaincre… ou s’en réjouir. Ce n’est pas demain la veille qu’on interdira cette pratique absurde et archaïque. Mais on n’est pas non plus la veille du jour où l’on rasera gratis, où tous les hommes mangeront à leur faim, et où les steak tartares seront considérés pour ce qu’il sont : une aberration culinaire et diététique.
      Je vais encore me faire des amis ! 

    • 6 Avril 2012 à 20h31

      Loulou dit

      Dommage que l’approche “quasi métaphysique” de cette consommation outrancière et mécanique de viande des sociétés modernes ne soit pas plus souvent abordée.
      Comment avoir de la compassion pour une barquette de viande. Oui comment ?
      quand le lait n’est plus qu’un liquide blanc en pack d’un litre, un animal seulement “de la viande” peut on encore avoir un contact avec la réalité du monde ?