Candidats En Marche: la vague qui venait de nulle part | Causeur

Candidats En Marche: la vague qui venait de nulle part

Et dont on ne savait presque rien

Auteur

Roland Hureaux

Roland Hureaux
est essayiste.

Publié le 16 juin 2017 / Politique

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Capture d'écran du site d'En Marche

Bien que 60 % des Français, selon les sondages, ne veuillent pas que le nouveau président ait la majorité, il y a peu de chances que la vague En Marche soit amortie au second tour des élections législatives, sur fond de résignation et d’abstentions encore plus nombreuses qu’au premier tour. Certains envisagent même que LREM rafle tous les sièges de la nouvelle Assemblée. Il est en tous les cas surprenant de voir que les candidats En Marche, inconnus pour la plupart, soient en tète aussi bien à Aubervilliers que dans le 7e arrondissement.

Ici, les électeurs de droite votent En marche pour se débarrasser des caciques de droite qu’ils ont trop vus. Là les électeurs de gauche votent En Marche pour ne plus voir des caciques de gauche trop usés. Les uns croient qu’En marche est une droite moderne, les autres qu’elle est une gauche moderne. Mais il y a fort à craindre que cette apparente convergence du vote de quartiers ou de régions de France que tout sépare ne recouvre un immense malentendu.

Malentendu sur les hommes (et les femmes)

Malentendu sur la qualité des hommes : les électeurs veulent donner un « grand coup de balai » à une classe politique qu’ils imaginent corrompue : place aux jeunes ! Rien ne laisse pourtant supposer que les nouveaux soient plus vertueux que les anciens. Les affaires que l’on signale ici ou là au sujet de certains, en sus de l’affaire Ferrand laissent craindre le contraire. Mais le crédit fait aux macronistes est tel que personne ne veut entendre ces signaux. Qui pourrait croire que, parmi 577 candidats recrutés çà et là, à la va vite, hors des cercles politiques et donc sans visibilité antérieure, ne se glissent quelques aigrefins ? En tous les cas beaucoup de médiocres. D’autant que l’adhésion à ce mouvement n’exige aucune conviction précise. Rien de commun avec la vague de 1959 qui avait subi l’épreuve de la Résistance ou à celle de 2002, longuement mûrie dans le giron des mandats locaux : celle-là vient de nulle part.

Au vu des exemples que l’on entraperçoit ici ou là, tout laisse penser que le niveau des élus de la nouvelle vague (ou tel grand mathématicien emblématique) sera très inférieur à celui des sortants, pourtant pas mirobolant lui non plus.  Beaucoup de candidats En marche, en tête au premier tour, refusent les débats de second tour de peur d’y perdre la face. Leurs prestations publiques sont souvent lamentables. A part quelques vieux chevaux de retour du centrisme comme Jean-Louis Bourlanges ou Marielle de Sarnez qui, après des années aux marges ont trouvé là une occasion inespérée d’émerger, la plupart des nouveaux élus n’ont pas d’expérience de la vie parlementaire. Cela promet de beaux pataquès. Ils s’y feront, dit-on, ce qui veut dire qu’ils sauront bien vite revenir aux ornières.

Malentendu sur les projets

On compare volontiers cette vague à celle qui avait suivi l’élection du général de Gaulle en 1959 ou de François Mitterrand en 1981. Mais De Gaulle savait ce qu’il allait faire. Mitterrand devait appliquer le programme commun de la gauche. A part la réforme du code du travail et la prétendue moralisation de la vie politique dont personne n’espère rien, et peut-être un peu plus tard la fort contestable procréation médicalement assistée (PMA) pour couples homosexuels, qui peut dire ce qu’on peut attendre de la nouvelle majorité ? Au vu du programme du nouveau président, à quelques mesures cosmétiques près, rien ne laisse pressentir autre chose qu’un quinquennat Hollande bis. Tout le contraire du renouvellement attendu. Peut-être beaucoup des nouveaux députés imaginent-ils pouvoir, par un changement d’« esprit », porter remède à l’immense malaise des Français. Mais que savent-ils des raisons de ce malaise ? Combien d’entre eux ont une connaissance assez fine de la chose publique pour en analyser les causes ? Le président lui-même l’a-t-il ?

Il est à craindre au contraire que, partageant de manière assez imprécise le souci de faire du neuf, la plupart ne soient prisonniers des archétypes idéologiques soi-disant modernes qui sont, dès qu’on les étudie un à un la principale cause des maux dont souffrent nos compatriotes ? Plus d’intercommunalité et de décentralisation alors que les maires et les contribuables en sont accablés ? Plus d’Europe pour résoudre le chômage et simplifier les réglementations ? Plus d’ouverture à l’autre pour prévenir le terrorisme ? On ajouterait plus de pédagogie pour résoudre l’illettrisme, si le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, n’avait pris quelques mesures de bon sens plutôt rassurantes dans ce climat de déraison généralisée où nous nous trouvons : retour au redoublement, au latin, aux classes d’élite dites bilingues – pas question en revanche de remettre en cause la méthode globale, la plus grande des folies. Mais précisément ces mesures montrent que seul est populaire et efficace ce qui apparaît rétrograde par rapport aux modes. Et il en est ainsi dans presque tous les domaines. Ce qu’attendent en réalité les Français : tout le contraire du macronisme. Macron ne réussira qu’en faisant de l’anti-Macron.

Neuilly et Saint-Denis, même combat?

Reste le malentendu sur les orientations sociales du nouveau gouvernement. On frémit à voir les masses de gauche (à ne plus confondre avec la classe ouvrière, la vraie ou ce qu’il en reste, qui vote à près de 50 % pour le Front national : toujours les « damnés de la terre ! ») se précipiter pour soutenir un gouvernement dont le seul projet immédiat sérieux est la réforme du Code du travail laquelle ne vise à rien moins qu’à abroger un siècle de progrès social. La grande devise de l’ultralibéralisme : « marche ou crève » ! Gageons qu’il ne faudra pas attendre pour que Neuilly et Saint-Denis cessent d’être en marche dans le même sens. Les malentendus sont fréquents en politique mais ils ne durent généralement pas longtemps.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 18 Juin 2017 à 18h30

      ruanluis dit

      Quel décalage irréel. La vague Macron qui va nous plomber pour 5 ans et la vague démographique planétaire qui n’émeut personne et déclenche des guerres. Il y a 15 ans déjà, l’Afrique sombrait dans la misère sous les coups du réchauffement climatique. Et tous nos économistes parlent de chance quand on va prendre 2 milliards de plus de jeunes à nourrir dans les 20 ans qui viennent. Et tous nos politiques qui se taisent…et ouvrent les frontières. Vague quand tu nous submerge…

      • 18 Juin 2017 à 18h49

        steed59 dit

        “l’Afrique sombrait dans la misère sous les coups du réchauffement climatique”

        bien sûr, les guerres tribales, les dictatures, la corruption généralisée, etcv …, n’y sont absolument pour rien dans la situation actuelle de l’Afrique

    • 18 Juin 2017 à 16h57

      keg dit

      Les marcheurs après nous avoir fait marcher…. vont marcher vers leur propre désaveu ……

      http://wp.me/p4Im0Q-1Z5

    • 18 Juin 2017 à 14h19

      joke ka dit

      “On”(pas moi) a écarté Fillon pour raison de favoritisme “immoral” mais les électeurs ont plébiscité Richard Ferrant qui prônait la moralité

    • 18 Juin 2017 à 14h17

      joke ka dit

      Surprenant cette démobilisation des français devenus apathiques: leur avenir se joue pour les 5 années à venir mais on a l’impression qu’ils sont découragés et blasés…
      en allant voter aujourd’hui,j’ai pu constater le manque de motivation des électeurs de ma commune :rien à voir avec la file d’attente subie lors des primaires de la droite,il n’y avait personne dans le bureau de vote …

      les classes moyennes ont pris l’habitude d’être la vache à lait et de sombrer dans un déclassement inéluctable .. la gauche ne les aime pas : elle a toujours fait payer les classes moyennes pour financer l’assistanat surtout des minorités ..ce qui va changer avec Macron, c’est qu’elles vont devoir payer davantage encore car il veut favoriser la finance mondialiste et les grands patrons en ouvrant encore davantage les frontières pour leur fournir la main d’oeuvre à bas coût qu’ils réclament depuis des décennies et que Sarko n’a pas oser faire (voir les 300 propositions Attali)

      A lire “….les plans prédateurs des banquiers dans de magnifiques slogans de gauche…”

      En savoir plus sur http://jforum.fr/comment-macron-dauphin-dattali-fusionne-gauche-et-finance.html#iRgaKcVpKEtpcMqO.99

    • 18 Juin 2017 à 13h33

      accenteur dit

      On comprend que macron est prodigieusement intelligent en mm temps que prodigieusement manoeuvrier. Il va avoir sur les bras le problème de l’afflux ininterrompu des migrants (Mélenchon, Jadot et Dany râlent de conserve), problème qui déjà affole la démographe Tribalat. Si son excellence du bulbe, durant son mandat, ne résout avec les pays européens ainsi qu’avec la majeure partie des états africains impliqués, la crise des migrants, l’histoire retiendra qu’il ne suffit pas d’être hyper-intelligent pour résoudre des problèmes difficiles autant qu’urgents.
      S’il ne le fait pas, c’est qu’il ne le peut pas ou ne le veut pas ?

      • 18 Juin 2017 à 14h31

        Schlemihl dit

        Monsieur Albert Lebrun est sorti Premier de l’ Ecole Polytechnique . Puis il est entré à l’ Ecole des mines .

        Le Général Maurice Gamelin , sorti Major de sa promotion à Saint Cyr , a fait ensuite de brillantes études à l’ Ecole supérieure de la guerre . Par la suite il fit une carrière militaire remarquable et particulèrement en 1914 ou il joua un rôle important dans la victoire de la Marne . C’ est lui qui a trouvé le nom ” Bataille de la Marne ” .

        En 1939 , l’ un était Président de la République , l’ autre Chef de l’ armée française .

        Si on avait mis le maire de Savigny le Temple , ou le secrétaire de mairie ou le cafetier du coin ou un vieux flic ayant l’ expérience de la pègre à la place de M Lebrun ,  un  sous officier de la coloniale ou un sous lieutenant  ou un caporal ou n’ importe qui à la place du Généralissime , Hitler aurait peut être ramassé une gamelle . En tous les cas ce n’aurait pas été pire .

        Je n’ai rien contre les études ni l’ intelligence , mais pour gouverner il faut du réalisme des projets de l’autorité et du caractère . La canaille au pouvoir en Allemagne et en URSS n’aurait pas fait le poids . Bref les qualités qu’ on retrouve chez Dollfuss Franco de Gaulle Churchill Metaxas Truman Mannerheim . Ces qualités se retrouvaient moins chez Chamberlain et nos grands chefs .

        Accentuer nous parlait de M Macron qui a été poussé au pouvoir fort habilement et qui je pense a des engagements . Il s’ entoure  de jeunes gens dynamiques et ambitieux . Fort bien ….. je préfère des dirigeants inexpérimentés à des dirigeants potichoïdes .

        Nous serons renseignés assez vite . 

        • 18 Juin 2017 à 18h54

          steed59 dit

          si les inspecteurs des finances (pour rappel tous issus des meilleurs places de classement de l’ENA) étaient des gens intelligents/compétents, nous serions le pays le plus riche du monde

    • 18 Juin 2017 à 7h06

      QUIDAM II dit

      Des candidats issus de « la société civile » qui devraient renouveler non seulement le personnel politique, mais encore la vision de la société, la compréhension de ses problèmes et l’adoption de solutions inédites…
      La chanson est jolie mais, malheureusement, il est fort à parier que ces nouveaux candidats ne sont que des opportunistes d’autant plus à la botte des énarques qui les encadrent qu’ils sont dépourvus d’expérience et d’enracinement.
       

    • 17 Juin 2017 à 18h49

      IMPERIALYUNAN dit

      La voix est grande ouverte pour les p’tits nouveaux dont beaucoup sont des cancres.Cela rappelle le bac en 1968.
      Avec en outre le mythe de la fraîcheur,de l’innocence,de la virginité…un vrai conte de fées non?

      • 18 Juin 2017 à 3h32

        Nolens dit

        J’ai eu le bac (maths’elem) en 1967. L’année d’après 1968 (+1) révolution on a eu A B C.
        Il fut paraît-il +/- donné, ce qui ne change guère presque 1/2 siècle + tard. Le bouquin de physique de terminale S d’il y a 8 ans (quand mon fils a passé le bac) ressemblait à une [mauvaise] BD.
        Beaucoup de gens ne tarissent pas d’éloges sur Macron et sa cohorte de sang neuf. Voyons ce que cela va donner.
        Notons que c’est le 2ème issu de la Banque Rothschild. Pompidou fut le premier, il fut très mauvais même s’il était féru de poésie.

        • 18 Juin 2017 à 7h59

          IMPERIALYUNAN dit

          Effectivement Pompidou….mais au moins son pote c’était Senghor…c’est quand même mieux que d’entendre “il n’y a pas de culture française “….

      • 18 Juin 2017 à 13h37

        accenteur dit

        Imperia…”Les p’tits nouveaux” pourront se classer à un pôle, parmi les adorateurs soumis à la botte du chef bien-aimé,et, à l’autre pôle, les ambitieux aux dents longues désirant être calife à la place du calife.

    • 17 Juin 2017 à 17h14

      Mitidja dit

      Les nouveaux députés sans expérience seront, dans un premier temps, des élèves bien sages, comme lorsqu’on entre tout ému pour la première fois en CP ou au lycée. C’est après que ça va se compliquer, chacun abandonnant son opportunisme macronien de circonstance grâce auquel il s’est fait élire pour donner libre cours à ses convictions politiques réelles. Je ne serais pas surpris d’en voir plus d’un retourner dans sa vraie famille politique, lorsque les difficultés commenceront à s’amonceler….
      Enfin, hors sujet, mais question qui me chatouille depuis plus d’un an : Makroutt, ce n’est tout de même pas Bonaparte, alors qui est derrière tout cela pour enlever le morceau avec autant de rapidité et de facilité??? M’est avis que ça part de loin, comme un coup franc à la Platini…

      • 17 Juin 2017 à 18h00

        Gavroche64 dit

        Ça part de loin comme vous dites, en particulier d’Attali et d’autres, encore moins connus. D’ailleurs, il semble qu’Attali ait avoué qu’il pensait connaître le prochain président en 2022… On devrait s’épargner les élections dans 5 ans, puisqu’on nous serine que les français en sont las. Et puis, cela ferait faire des économies.

      • 17 Juin 2017 à 18h39

        eclair dit

        bilderberg 31 mai et 11 juin 2014, macron y a été invité alors qu’il n’était encore que conseiller d’hollande.

        • 17 Juin 2017 à 18h42

          eclair dit

          et edouard philippe lui l’a été en 2016

    • 17 Juin 2017 à 15h35

      àboutdepatience dit

      Ces législatives ressemblent aux résultats au bac d’une année ou à la faveur de circonstances exceptionnelles le jury aurait décidé de se montrer tout aussi exceptionnellement peu regardant et aurait de ce fait abaissé le niveau requis pour être reçu.
      Ou encore, et c’est pire, ou il aurait inversé l’ordre des copies et admis les moins préparés au détriment de ceux qui auraient un petit quelque chose à dire.

    • 17 Juin 2017 à 14h38

      Clash75 dit

      Rien de spécial contre Macron, la droite avait qu’à être moins con mais pas dupe de la supercherie qui se met en place. Faut vraiment être naze comme idiogene, pensum et ce ou cette truffe de nadia warboi pour s’illusionner, c’est tout. C’est vous gauchos bobos qui deversez votre fiel d’aigris sur ce site de droite, vous pensez être des insoumis vous êtes à minima des moutons, plutôt des crétins pretentieux

    • 17 Juin 2017 à 13h50

      Marie dit

      Monsieur Hureaux qui vient donner des leçons ici alors qu’il a brigué aux législatives à Figeac en se présentant sans être investi contre le candidat UDI investit lui par la formation LR UDI …

      • 17 Juin 2017 à 14h04

        ruanluis dit

        Les médias “politisés” vont avoir un problème. Maintenir l’attention de leur public alors qu’après ce qui s’est passé les mots et les articles sont devenus virtuels. Médias et classe politique ont “fait le job” pour 5 ans. Le peuple peut …causer maintenant.

        • 17 Juin 2017 à 15h12

          àboutdepatience dit

          Je pense qu’ils se sentent déjà un peu tout cons devant cette grosse masse orange

      • 17 Juin 2017 à 15h39

        t hdo dit

        Oui, et alors ? Hureaux ou un type de l’UDI, ce n’est pas franchement la même chose, donc il a bien raison.

        Vous avez vu ?

        http://elections.interieur.gouv.fr/legislatives-2017/046/C204602.html

        une alliance des droites (c’est à dire avec le FN) serait passé devant le candidat socialiste.

        • 17 Juin 2017 à 16h09

          Marie dit

          Désolée il y a eu des accords on les respecte le jeune UDI était très bien que ça déplaise ou pas à M Hureaux qui ferait bien de s’en tenir à l’écriture 
           

        • 17 Juin 2017 à 16h12

          t hdo dit

          Des accords avec qui ? Pas avec les électeurs, manifestement…

        • 17 Juin 2017 à 16h15

          t hdo dit

          Sur un autre sujet, ces deux Russes annoncent leur intention de reconquérir l’Alaska :

          https://www.youtube.com/watch?v=ipFVd_iHQRo

          ainsi sans doute que la Finlande et un petit bout de Suède.

          Y voyez-vous aussi un inconvénient ?

        • 17 Juin 2017 à 16h17

          t hdo dit

          Sur un autre sujet, ces deux Russes annoncent leur intention de reconquérir l’Alaska :

          https://tinyurl.com/k2tbpq9

          ainsi sans doute que la Finlande et un petit bout de Suède.

          Y voyez-vous aussi un inconvénient ?

        • 18 Juin 2017 à 18h56

          steed59 dit

          ah oui youtube ça c’est de la référence incontestable

    • 17 Juin 2017 à 13h46

      ruanluis dit

      Pas tout à fait. Le premier député frêre musulman est un député En Marche, il faut un debut à tout. Avec Erdogan qui demande aux musulmanes d’Europe de faire 5 enfants, il va être suivi de beaucoup d’autres. On sait où on va…un article d’un journal allemand se félicite du défi que représente l’islam pour unifier le genre humain. Dans son idée, il s’agit de “pacifier” cette religion pour y arriver. Je ne sais pas comment s’appelle cette façon de penser.

      • 17 Juin 2017 à 14h36

        Renaud42 dit

        Baudrillard l’appelle le crime parfait. Ni vu ni connu, pas de cadavre, le meurtre de l’altérité ne laisse pas de traces. C’est la suite du meurtre de Dieu, la destruction de toute altérité au profit de la différence, au profit de la diversité insignifiante de la marchandise. Suppression des conflits, suppression des tensions, suppression de la vie, suicide collectif de l’humanité sous la houlette de l’oligarchie mondiale décadente.

    • 17 Juin 2017 à 12h25

      golvan dit

      Que la vague vienne de nulle part c’est certain, et qu’elle aille nulle part c’est très probable.
      Il suffit de lire la totale absence d’arguments des fans de Macron sur ce forum, qui ne basent leur engouement que sur l’envie de ne plus voir les autres ou seulement sur la bonne gueule du jeune homme, voire pour une fan particulièrement atteinte qui insulte tout le monde à longueur de posts une forme d’éblouissement, mélange de flash orgasmique et de sidération, pour en conclure qu’il n’y a pas grand chose à comprendre de façon rationnelle.
      Le rationnel va bientôt débouler et l’on va se rendre compte qu’un énarque qui a pantouflé dans une banque n’est qu’un énarque, même si l’on change l’étiquette et la couleur du costume.
      Que pouvait-on attendre de neuf de l’élection de Hollande, énarque apparatchik médiocre ayant profité de tous les avantages de la vie politique pendant une quarantaine d’années ? Rien, absolument rien, et pourtant les journaux de 2012 étaient remplis d’articles flatteurs où l’on vantait celui qui avait terrassé Sarkozy l’infâme, forcément infâme, et tous les idiots de journalistes qui encensaient le petit gros joufflu font de même aujourd’hui avec le petit maigrichon que d’aucuns trouvent même “beau”.
      Or, mis à part les pitreries du mariage homosexuel, la France de Hollande n’a été que le prolongement de celle de Sarkozy, pour la simple et bonne raison que la politique française ne se fait pas à Paris mais à Bruxelles.
      Et il en sera de même avec le petit Macron qui a d’ailleurs bien expliqué qu’avec lui, ce serait l’UE et pas autre chose et qui se comporte avec Merkel comme un gamin devant une maîtresse d’école, il est vrai qu’il en a l’habitude.

      • 17 Juin 2017 à 14h59

        Renaud42 dit

        Le mariage homosexuel est loin de n’être qu’une pitrerie, c’est une étape essentielle de la réduction au Même qui est le principe du capitalisme. L’altérité sexuelle, l’altérité culturelle, toute altérité est ennemi du capitalisme et doit donc être détruite pour que le dieu Marché règne sans partage.

        • 17 Juin 2017 à 15h11

          Renaud42 dit

          Etape suivante après le mariage du même, la reproduction du même par le même. Là où la nature engendrait l’absolument nouveau : l’enfant, la technique reproduit le même, symboliquement mais aussi très concrètement. Ce crime de réification de l’enfant est sans conséquence apparente à court terme (“vous voyez bien que les enfants vont bien”) mais la conséquence à terme sont la disparition de l’espèce. Et entre temps une violence inouïe dont le djihadisme ne donne qu’une faible idée.

        • 17 Juin 2017 à 15h17

          àboutdepatience dit

          Renaud
          Oui ça dégoûte

        • 17 Juin 2017 à 15h43

          golvan dit

          @ renaud42
          Je maintiens mon expression “pitrerie”, même si je pense évidemment que ça n’est pas anodin.
          Mais si l’on raisonne à froid, que représente les quelques homosexuels en mal d’enfants en regard de la reproduction stakhanoviste des immigrés musulmans et plus généralement africains ? Quel pourcentage ridicule ?
          Il n’y aura aucune disparition de l’espèce humaine, c’est totalement irréaliste face à la reproduction tout ce qu’il y a de naturel de l’espèce humaine et de la surpopulation mondiale qui se fout pas mal de quelques lesbiennes en mal d’enfant (parce que ce sont principalement les lesbiennes qui sont concernées).

        • 17 Juin 2017 à 18h08

          Renaud42 dit

          @ Golvan : quand on touche au plus profond de l’humain tout le monde est touché. A partir d’un seuil d’effacement de l’altérité, de négation de l’Autre, il y a une réaction en chaine, exponentielle, virale dirait Baudrillard.

      • 17 Juin 2017 à 20h52

        lafronde dit

        @golvan
        dès les primaires socialistes de 2011, les medias se sont montré complaisants avec Hollande, qui n’a jamais été questionné sur le financement de son programme. de mémoire, dès janvier 2012 la Presse s’est montré assez critique sur Sarkozy, sa manière et sa “droitisation”.

        La Presse 2012 a contribué à l’élection. Cinq ans plus tard elle a fait l’élection !

        Il va falloir s’organiser pour contester le monopole progressiste de l’information radio et TV, et dénoncer leur alibi politique : le CSA.

        Je ne crois pas du tout que la Droite politique redevienne attractive si la Société civile n’organise pas elle-même la promotion de ses intérêts. Les conservateurs doivent savoir que les politiciens naviguent entre les différents lobbies. Les majorité silencieuse et inorganisées comme les conservateurs, les patriotes, les catholiques, mais aussi les ruraux ne comptent pas faute d’organisation formulant leur revendications.

        A coté des milliards sont dépensés pour des groupes bruyants, parfois violents !

    • 17 Juin 2017 à 8h25

      lafronde dit

      Lauréat de l’ENA, Macron vient de l’Inspection des Finances. Un temps expert pour le gouvernement de Sarkozy, il a été pistonné pour entrer dans la banque d’affaire Rothschild, où il n’a fait qu’un seul “deal”, bien rémunéré avant de retourner en politique, comme conseiller, mais à l’Elysée svp !

      En résumé : Haute fonction publique, banque d’affaires, gouvernement. Macron a fourni les preuves et son intelligence et de son ambition. Il a pris des voies atypiques. Macron ne vient pas de la Société civile, il vient du coeur financier de l’Etat ! Macron est un réformateur venu de l’élite l’Etat, comme Giscard en son temps, et comme lui, à la mode et “peoplolisé”.

      Mais là où Giscard avait déjà une Assemblée prête à gouverner avec lui, des députés connus, Macron doit faire élire une Majorité qui soit favorable à ses projets. Il a décidé d’investir ses candidats partout où il n’avait pas d’alliance.

      Que l’aventure soit tentée et qu’elle fonctionne ici ou là selon les mérites respectifs des candidats nouveaux ou anciens en présence, rien à redire, la fonction politique doit être renouvelée périodiquement.

      Là où ça devient gênant c’est lorsqu’un député compétent, membre de commissions parlementaires, assurant un service signalé au pays se voit mis en ballotage défavorable par un inconnu, qui n’a pas fait ses preuves, ne serait-ce qu’en débattant avec ses adversaires !

      C’est grave car cela révèle que le citoyen n’évalue plus les candidats-députés sur leur mérites ou sur le programme de leur parti, mais par adhésion à un homme providentiel : Macron.

      C’est un abaissement considérable de l’esprit public. Il est dû à trois causes. L’une institutionnelle, dès 2002, le scrutin législative fut mis à la suite du scrutin présidentiel, ce qui est réducteur sur le débat public. L’autre mediatique, la Presse vit un système clientéliste : complaisance contre subventions ou nominations amies. Enfin Hollande a mis en place un Etat-partisan : via le CSA pour l’Audiovisuel.

      Résistez!

      • 17 Juin 2017 à 12h27

        golvan dit

        @ lafronde à 8h25
        Exact.

      • 17 Juin 2017 à 13h55

        ruanluis dit

        Au 2eme tour j’ai le choix entre un candidat macron (ex-modem,qui a jadis appelé à voter sarkozy) et un candidat PS qui a appelé à voter macron et se présente maintenant comme l’opposition à une politique de casse sociale. On nous prendrait pour des cons qu’on aurait raison. C’est à vous de choisir citoyen.