Surpopulation: peut-on encore encourager la croissance démographique? | Causeur

Surpopulation: peut-on encore encourager la croissance démographique?

Une tribune de plusieurs associations décroissantes

Publié le 03 mai 2017 / Économie

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Metropolis, un film de Fritz Lang. Sipa. Numéro de reportage : REX43058627_000001.

La population mondiale va passer le cap de 7,5 milliards d’habitants en 2017, alors qu’elle était de 6 milliards en l’an 2000 et seulement de 2,5 milliards en 1950. Elle devrait atteindre 10 milliards d’habitants entre 2050 et 2060, et dépasser 11 milliards à la fin du siècle !

Certes, l’Europe est entrée dans une phase de stabilisation de sa population, tandis que l’Amérique du Sud et l’Asie, qui est déjà très peuplée, parviennent peu à peu à réduire leurs taux de fécondité. Mais la situation est gravement préoccupante en Afrique, en particulier au sud du Sahara, avec des risques de famines et de migrations massives des populations concernées.

L’humanité menacée d’explosion

D’ores et déjà, l’explosion démographique a eu sur l’environnement des effets désastreux, qu’il s’agisse du réchauffement climatique, dû aux émissions massives de gaz à effet de serre, de la déforestation, de l’érosion des terres arables, liée à l’abus d’engrais et à l’urbanisation, ou de l’effondrement dramatique de la biodiversité. Au cours des cinquante dernières années, tandis que la population humaine doublait, celles des différentes espèces animales vertébrées, terrestres et marines, diminuaient de 40 à 50 %, celles des mêmes espèces vivant en eau douce de plus de 70 %.

Depuis un demi-siècle, l’homme est devenu la cause majeure de l’extinction des espèces animales. Si la Terre elle-même n’est pas menacée en tant que planète, à moins de deux générations de nous, les conditions physiques qui ont rendu possibles le développement de l’humanité et l’essor des civilisations risquent de disparaître.

La première des urgences est de faire baisser la natalité dans les pays où elle reste la plus forte et, pour cela, de développer massivement les programmes de soutien à la contraception, de type planning familial, ciblés sur la formation culturelle et sanitaire des jeunes filles, qui sont souvent dans ces pays écartées du système éducatif.

Des politiques natalistes mortifères

Cet effort prioritaire en direction du Sud ne nous dispense pas, dans les pays riches, de nous interroger sur l’opportunité des politiques natalistes appliquées au lendemain de la guerre et toujours en vigueur. Sans que soit remise en cause la liberté de procréation, on peut se demander s’il est encore justifié qu’au-delà de trois, voire de deux enfants, l’Etat encourage financièrement les familles à s’agrandir.

‌Certains font observer, en réponse, que le problème des pays riches réside moins dans la taille de leur population que dans leur niveau et leur type de consommation. Si l’on se place sur ce terrain, la réduction de l’alimentation carnée serait sans doute l’un des moyens les plus efficaces pour diminuer l’empreinte écologique à l’intérieur d’un territoire comme le nôtre, sachant toutefois que cette empreinte est en France égale au double de la moyenne mondiale. Pour réduire de manière significative l’empreinte globale de notre pays, il faut agir sur les deux leviers : la consommation et la démographie.

Nous ne sommes plus à l’époque où la puissance d’une nation se mesurait au nombre des soldats qu’elle pouvait rassembler sur un champ de bataille. Nous ne devons pas non plus espérer résoudre le problème du financement des retraites par l’arrivée sur le marché du travail d’un grand nombre de jeunes précarisés : c’est une politique de fuite en avant, porteuse de fractures sociales et générationnelles. Il faut désormais réfléchir en termes de capacité de charge, ce que les écologues anglophones appellent carrying capacity et qui correspond à la taille maximale de population qu’un territoire donné peut supporter sans destruction de ses écosystèmes. Cette taille est aujourd’hui largement atteinte pour la France.

Cette tribune est cosignée par : 

Démographie Responsable

Ecologie sans frontière

Convention Vie et Nature

Décroissance-MOC

Sea Shepherd (France)

Décroissance Ile-de-France

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    • 9 Mai 2017 à 3h42

      Livio del Quenale dit

      Quelque chose est cassé dans la régulation des humains

      Toute la création animale,dont nous faisons partie sait s’auto-réguler quand elle devient trop nombreuse les femelles refusent le mâle.

      L’humain a eu a subir toutes sortes de maladies de calamités d’épidémies dont la nature a le secret pour compenser le manque de prédateur et d’autorégulation. Mais avec notre foutue intelligence nous avons combattu efficacement les maladies et épidémies,les dernières en date, le sida les cancers sont en voie de guérison
      Alors malgré les pollutions,les poubelles,les produits chimiques nous continuons à pulluler,1950, 2,5milliards, plus de 10 milliards en 2050, 100 ans pour doubler et de 2000 à 2015 nous avons pris 1 milliard supplémentaire, seule l’Europe à infléchis sa courbe depuis les années 80 avec celle de l’Amérique latine qu’elle croisera aux environs de 2025, l’Asie crève le plafond mais l’Afrique grimpe plus vite pour la rattraper à la fin du siècle si rien ne change

      Le réchauffement climatique reste la menace pour les adeptes de conseils bibliques.Avec les perturbateurs endocriniens qui semblent détraquer le système séminal des hommes et concomitamment développer l’homosexualité arrivera-t-il que descendre la courbe exponentielle démographique de la planète,il semble que non pour avoir dépassé depuis un bon moment le point de non retour en matière de contrôle volontaire optimisé sans faire de “trou” dans le spectre des âges ?
      -
      Mystère enfer et damnation, l’eau potable va manquer les surfaces immergées aussi la culture raisonnée des populations dites civilisées (c’est une façon de se supporter en société sans se “taper dessus”)
      -
      Il y a longtemps que les scientifiques tirent la sonnette sur ces sujets et toujours rien ne bouge.
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      Le sommet du système continue d’amasser de l’argent en pourrissant la vie du reste de l’humanité, c’est-à-dire la branche sur laquelle ce sommet est assis, il ne contrôle que les rentrées d’argent, c’est très insuffisant, non ?

      • 9 Mai 2017 à 3h49

        Livio del Quenale dit

        …/…
        Conclusion : ce système est devenu fou et incontrôlable, c’est la chronique d’une catastrophe planétaire annoncée.
        Et ce n’est pas ce nouveau genre de chef d’état qui apparaissent ici où là, qui va changer qq chose, d’autant que ce n’est pas eux qui gouvernent mais ce sommet fou de la pyramide financière internationale.

        Ah! on est bien, hein tintin sous cette pyramide, maçonnique on peut faire la fête et danser comme en 36 avant que le ciel nous tombe sur la tête, maintenant que l’on a fait le lit d’une dictature, il suffit d’attendre l’extermination des vieux des malades des chômeurs, enfin de tous ceux qui gênent ces nouvelles phalanges du “dernier livre”.  
         – 

    • 8 Mai 2017 à 17h16

      Multis dit

      Peut on réagir en étant d’accord ?
      A défaut d’être raciste ou sexiste, je suis spéciste, involontairement mais surement. C’est à dire que mon espèce en se multipliant sans limite élimine progressivement les autres espèces. Soit par besoin primaire ou autre (ivoire,etc), soit en polluant ou en mitant la nature. Un exemple récent parmi d’autre, la dernière mode de s’installer tout seul (par dizaines en fait ..) dans le désert de Sonora/Nouveau mexique/Arizona ; Adieu désert, mon espèce va gagner… Le succès d’une espèce se mesure à sa capacité à éliminer les autres, et occuper toutes les niches.

      • 8 Mai 2017 à 17h23

        dr.barthes@yahoo.fr dit

        Vous avez mille fois raison Multis.

      • 9 Mai 2017 à 4h05

        Livio del Quenale dit

        oui et ça sera les plus barbares qui pour rester seuls,  transformeront la planète en désert désolé.
        A moins que le patron revienne, entre temps, pour remettre de l’ordre mais sans l’homme concluant que cette variété animale est décidément impossible.