« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. » Alors que, comme tout le monde, je découvrais, horrifié, les vidéos de Dieudonné, ce vers de La Fontaine s’est imposé à moi. Dieudonné n’est peut-être pas la peste, mais il nous a tous frappés. Pour peu que nous tenions à un minimum d’honnêteté intellectuelle, il nous invite tous à une sorte d’examen de conscience.

Passe encore que nous n’ayons pas vu que Dieudonné, exclu de la scène médiatique officielle, emplissait les salles, que, comme il le dit lui-même avec l’arrogance narquoise qu’on lui connaît, il fait un tabac dans ce nouveau continent noir, sans jeu de mots, que sont YouTube ou les réseaux sociaux, où la moindre vidéo célébrant sottement la quenelle rencontre un public infiniment plus nombreux que la plupart des émissions du service public visant à l’édification du citoyen-téléspectateur.

N’empêche, nous étions tous frappés. Et chacun devrait se demander s’il porte, d’une façon ou d’une autre, une responsabilité dans la catastrophe Dieudonné.

*Photo: Affiche soviétique « Les ennemis du plan quinquennal »

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