Zemmour et les pitbulls | Causeur

Zemmour et les pitbulls

Quand la droite veut être de gauche, c’est pas beau

Auteur

Elisabeth Lévy

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Publié le 24 mars 2010 / Médias

Mots-clés :

Eric Zemmour

Eric Zemmour

Ils dénoncent au nom de la morale, excommunient au nom de la tolérance et prétendent interdire au nom de la liberté. En général, pour nos maccarthystes de la gauche indignée qui passent leur temps à traquer le dérapage raciste, homophobe ou idéologique, un clou chasse l’autre. Hortefeux, Besson, Frêche et même Robert Ménard qui a commis les crimes d’avouer qu’il préfèrerait que sa fille soit hétérosexuelle et de dire qu’il ne se battrait pas pour éviter la peine capitale à Dutroux: la liste des infréquentables s’allonge chaque jour.

Seulement, maintenant qu’ils ont planté leurs crocs dans les mollets de notre confrère et ami Eric Zemmour, les pitbulls de la pensée correcte ne semblent pas décidés à le lâcher. Ces grands humanistes veulent sa tête. Rien de moins. Il est vrai que Zemmour charrie. Pour commencer, il refuse de participer au déni de réalité qui leur tient lieu de pensée. C’est ainsi qu’il a osé évoquer la surreprésentation des Français issus de l’immigration dans la population carcérale – un fait parfaitement connu. Vérité déplaisante précisément parce que c’est une vérité d’ailleurs. Mes aïeux, quel charivari ! La LICRA s’énerve, le CSA s’inquiète, les belles âmes vocifèrent en boucle, ses chers collègues trouvent que la liberté d’accord mais que quand même il exagère.

Par-dessus le marché quand il ne la ramène pas avec le réel rien que pour nous gâcher la vie, l’ami Zemmour a sur la plupart des sujets des opinions différentes de celles des gardiens de la doxa – et même parfois des miennes : sur l’IVG, il pousse le bouchon un peu loin à mon goût de femme libérée.

On peut ne pas partager les idées de Zemmour et même être choqué par elles. Justement, ses procureurs au tout petit pied emmenés par de supposés humoristes aussi indéboulonnables qu’ils se croient rebelles adorent l’impertinence. Ils devraient être ravis qu’on les choque.

Mais non : ils aiment la diversité en tout point sauf pour les opinions et adorent la liberté de penser à l’unique condition qu’on pense comme eux. Il faut les comprendre, les pauvres : toute expression d’une divergence leur rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. Et après, ils digèrent mal.

Il faut saluer la rédaction et la direction de RTL – oui, je sais, j’y travaille, comme ça, les petits esprits pourront m’accuser de faire du gringue à mes patrons, ça les occupera. Bien que les propos de l’ennemi médiatique numéro un aient été diversement appréciées rue Bayard, la station affiche sa solidarité avec son chroniqueur. Dans ces conditions, les rumeurs de son licenciement par Le Figaro ne peuvent être qu’infondées. Imagine-t-on Etienne Mougeotte qui brave si courageusement le pouvoir se coucher devant la meute ? Pas un instant. Il est certain que Patrick de Carolis, également sommé de toutes parts de débarquer le trublion, ne se laissera pas intimider. Quant au CSA qui ne trouve rien à redire aux calomnies proférées chaque matin entre deux banalités par Stéphane Guillon ainsi qu’à pas mal d’autres crapuleries cathodiques, on ne le voit pas céder à la tentation de la censure.

Saluons également le CRAN (Conseil représentatifs des associations noires) qui a emporté hier le pompon de la dégueulasserie. L’association avait tenté de porter plainte contre le journaliste après que celui-ci avait, horresco referens, affirmé qu’il existe des différences entre les races – perso j’aurais parlé de cultures mais tout le monde a compris. Il se trouve que cette plainte a été déclarée irrecevable – une nouvelle qui, curieusement, n’a pas fait grand bruit. Mais cela n’a pas empêché l’association de féliciter Etienne Mougeotte pour sa courageuse et supposée décision de virer Zemmour et d’appeler ses autres employeurs à l’imiter. Quand le CRAN n’est pas d’accord avec quelqu’un, il n’imagine pas que l’on puisse argumenter. Virez-le ! Devant tant de panache, on reste sans voix.

Oui, il est rassurant de savoir qu’il existe encore des espaces de liberté. Blague à part, il est salutaire que s’expriment des voix comme celle d’Eric Zemmour. Ne nous y trompons pas. Avec sa liberté, c’est la nôtre qui est menacée.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 30 Mars 2010 à 0h05

      Antoninus Lucretius dit

      Suite et fin
      Comme les dévôts, toute contradiction et toute déviation du dogme déclenche chez eux des appels au lynchage –dont l’affaire Zemmour est l’illustration frappante– et des dénonciations qu’eux seuls trouvent pertinentes comme : “d’ailleurs il y a beaucoup de lepenistes chez Causeur” ou comme “Zemmour est pote avec Soral”, semblables a “monsieur Molière est un acteur”.
      Comme les dévôts ils sont regroupés dans des organisations et des “assoc” qui, comme les dévôts, profitent sans vergogne de la générosité de l’Etat, autrement dit, de la nôtre.
      Mais finalement, pourquoi chercher une explication à l’ennemi..
      Citons Michel Audiard: “deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche.” Soyons des brutes qui marchent. Cessons de nous poser des question.
      Je sais, Saul.. je sais. La boucherie c’est le truc de personne chez les gens comme nous. C’est notre handicap.
      La boucherie ce n’était pas le truc des pilotes de la RAF et de la 8ème Air Force qui ont aplati l’Allemagne sous les bombes, Mais ils se sont transformés en bouchers, parce que la liberté était à ce prix.
      Fini.

    • 29 Mars 2010 à 23h59

      Antoninus Lucretius dit

      Suite
      Si auparavant ces dévôts se recrutaient en priorité au sein de l’Eglise ils se recrutent maintenant en majorité au sein de la gauche, ou tout au moins d’une certaine gauche. Celle qui vote NPA et celle qui vit dans des quartiers ou les jeunes gens “issus de la diversité” ne se rendent que rarement.
      Parce qu’évidemment, la gauche populaire, qui votait communiste et qui est en contact quotidien avec “la diversité”, vote aujourd’hui de plus en plus FN, ce qui a tendance à ne pas m’étonner du tout.
      Comme sous le Roi Soleil, la mission de ces dévôts modernes est de surveiller leurs semblables pour vérifier s’ils ne dévient pas de la ligne qu’ils considèrent comme la seule “vraie”, “réelle” ou “correcte”.
      A suivre

    • 29 Mars 2010 à 23h57

      Antoninus Lucretius dit

      @Quad Pater et Saul: La machine a encore merdé alors je vais tenter de remettre le tout sur le fil. Wish me luck…
      Effectivement la question de 14:14 m’a tarabusté pendant longtemps. Elle provoque le même effroi incrédule que le footballeur qui marque contre son camp.
      Il y a en fait plusieurs tentatives d’explication dont plusieurs réponses psychanalytiques mais je.ne suis pas spécialiste. Névrose d’échec? Anorexie mentale ? Phobie? Masochisme ?
      Mais comme nous sommes des “fachistes”, et des “beaufs” ce statut nous donne le droit à la simplification. Nous dirons donc que ce sont des tarés.
      Il y a aussi la réponse politique simple: ces gens sont des collabos ou des conciliateurs qui, comme disait Churchill, “nourrissent le crocodile en espérant être les derniers à être mangés”.
      Mais la réponse qui me convient le plus est celle des dévôts. Le Grand Siècle de Louis XIV fut souillé de leur présence obscène. Ils furent génialement décrits dans “Le Tartufffe”, le chef d’oeuvre de Molière.
      A suivre

    • 29 Mars 2010 à 23h56

      Quad Pater dit

      à expat : je m’en doute bien, vous n’êtes pas un homme blanc occidental. De plus j’ai raccourci un peu, désolé… ;-)
      Je m’explique : parmi les Occidentaux il y a au fond extrêmement peu de vrais racistes, c’est à dire de gens qui pensent que la quantité de neurones d’un individu est inversement proportionnelle à son taux de mélanine dans la peau.
      Mais certains ne se satisfont pas de ce petit nombre de vrais méchants car pour montrer qu’eux-mêmes sont gentils ils faut qu’ils trouvent des méchants partout.
      Pour en fabriquer ils ont inventé le concept de méchanceté génétique : celui qui a un ancêtre méchant est un méchant.
      Pas de pot ça donne aujourd’hui près de 7 milliards de méchants, ce qui fait beaucoup (un petit nombre de grands malades ont quand même franchi le pas et pensent aujourd’hui que l’être humain dans sa totalité est un fléau).
      Les autres font une sélection ethnique (!) dans ce qui reste ; en effet pour eux ce serait du racisme que de dire qu’un Noir peut être raciste.
      Leur restent donc les hommes blancs. C’est à dire eux-mêmes et leurs semblables.
      En résumé pour montrer à Mamadou qu’ils ne sont pas racistes ils se croient obligés de lui répéter qu’ils ne sont que des merdes qui ne méritent pas de vivre.
      Alors qu’il suffit bêtement de l’inviter à une partie de poker entre amis.
      Terrifiant, non ?

    • 29 Mars 2010 à 23h37

      Saul dit

      Antoninus,
      “Le temps n’est plus aux discussions oiseuses sur le fait de savoir s’il faut relativiser et éviter de “stigmatiser les minorités”.”

      c’ est assez concis, mais on ne peut plus clair…..mais que voulez vous face à un tel gachis je n’ arrive pas à me résoudre à faire ce deuil de cet universalisme français et à le passer par perte et profit…peut etre est ce une question de survie comme beaucoup le disent, que c’ est “eux ou nous” mais meme si cela est vrai, vous permettrez tout de meme que je rechigne à prendre le role de l’ interahamwe et à jouer du coupe coupe sur l’ “envahisseur” et donc forcément sur les innocents et les momes aussi…..mon coté sensible sans doute…ça va me donner de l’ ulcère…
      parce que là aussi faut arreter de se raconter des histoires, le coté la reconquete se fera le plus pacifiquement possible, ou juste par la politique, bref dans la dignité..hein ?seuls les gogos peuvent avaler une telle fable.
      car si la solution serait d’ expulser une dizaine de millions de personnes, ça va forcément devenir très sanglant et très gore…ils se laisseront pas faire non plus…..
      et perso la boucherie, c’ est pas mon truc…

      et je prefère croire qu’ on n’ en est pas encore à “eux ou nous”…ce que pense encore une majorité de ces “eux” d’ ailleurs..les faits le montrent aussi tout de meme..la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine…

      mais pas naïf non plus

    • 29 Mars 2010 à 23h15

      Antoninus Lucretius dit

      @Quad Pater: Effectivement la question de 14:14 m’a tarabusté pendant longtemps. Elle provoque le même effroi incrédule que le footballeur qui marque contre son camp.
      Il y a en fait plusieurs tentatives d’explication dont plusieurs réponses psychanalytiques mais je.ne suis pas spécialiste. Névrose d’échec? Anorexie mentale ? Phobie? Masochisme ?
      Mais comme nous sommes des “fachistes”, et des “beaufs” ce statut nous donne le droit à la simplification. Nous dirons donc que ce sont des tarés.
      Il y a aussi la réponse politique simple: ces gens sont des collabos ou des conciliateurs qui, comme disait Churchill, “nourrissent le crocodile en espérant être les derniers à être mangés”.
      Mais la réponse qui me convient le plus est celle des dévots. Le Grand Siècle de Louis XIV fut souillé de leur présence obscène. Ils furent génialement décrits dans “Le Tartufffe”, le chef d’oeuvre de Molière.
      A suivre

    • 29 Mars 2010 à 23h10

      Antoninus Lucretius dit

      @Quad Pater: Effectivement la question de 14:14 m’a tarabusté pendant longtemps. Elle provoque le même effroi incrédule que le footballeur qui marque contre son camp.
      Il y a en fait plusieurs tentatives d’explication dont plusieurs réponses psychanalytiques mais je.ne suis pas spécialiste. Névrose d’échec? Anorexie mentale ? Phobie? Masochisme ?
      Mais comme nous sommes des “fachistes”, et des “beaufs” ce statut nous donne le droit à la simplification. Nous dirons donc que ce sont des tarés.
      Il y a aussi la réponse politique simple: ces gens sont des collabos ou des conciliateurs qui, comme disait Churchill, “nourrissent le crocodile en espérant être les derniers à être mangés”.
      Mais la réponse qui me convient le plus est celle des dévots. Le Grand Siècle de Louis XIV fut souillé de leur présence obscène. Ils furent génialement décrits dans “Le Tartufffe”, le chef d’oeuvre de Molière.
      Ce qui est amusant, si l’on peut dire c’est que sous Louis XIV et avant, les dévots se recrutaient au sein de l’Eglise. De nos jours ils se recrutent plutôt à gauche et leur culte n’est plus celui des saints mais celui de Che Guevara, et de Yasser Arafat, et leur grand-messe s’appelle “la juste lutte du peuple palestinien”.
      A suivre