Wikileaks, fuites en avant
Le néojournalisme ressemble furieusement à l’ancien
Publié le 06 septembre 2010 à 12:30 dans Médias
Mots-clés : Afghanistan, États-Unis, Julian Assange, WikiLeaks

Tous journalistes : telle était la grande promesse d’Internet. Le foisonnement des blogs a été salué comme la preuve de l’avènement de médias sans médiation, c’est-à-dire sans intermédiaires entre “producteurs” et “consommateurs” d’information. Pourtant, cette nouvelle arme “citoyenne” a vite été récupérée par les acteurs traditionnels, sans doute parce que le public a compris que la valeur d’une information se mesurait autant à la signature de l’auteur et au logo du média qu’au contenu. Du Washington Post à WikiLeaks, du Monde à Causeur, il faut toujours se poser les mêmes questions. Qui parle ? Et d’où ?
Avec WikiLeaks, tous journalistes
Le site américain WikiLeaks n’en continue pas moins à croire aux lendemains radieux du “journalisme citoyen sans frontières”. Depuis sa création, en 2006, sa lutte contre la censure en Chine et la corruption au Kenya a valu à Julian Assange, son cofondateur et figure de proue, notoriété et respectabilité. Fort de son succès, fin 2009, il s’attaquait au gros morceau : la politique américaine en Irak et en Afghanistan.
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 27Septembre 2010

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L'auteur
Gil Mihaely est historien et journaliste.
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9livia dit
@ Gil
Bien entendu mon coup de gueule ne vous était pas destiné, ni aux journalistes de Causeur.
Je ne serais pas abonnée si j’avais de tels reproches à faire aux articles du site.
C’est juste qu’il n’y a plus beaucoup de journaliste de radio-télé-journaux qui font de l’info comme je le souhaiterais. Le service public…la bonne blague.
@ Expat
Soyez tranquille je n’ai rien contre Gil, ni les autres journalistes de Causeur.
fatback dit
Gil,
Comprenez-moi bien. Je n’ai pas d’opinion tranchée sur WikiLeak mais je suis certain que la perte de crédibilité des médias traditionnels n’est pas étrangère à leur succès. A l’exception de Rock & Folk (pour la musique) et de Causeur (pour le débat d’idée), je n’achète plus un seul titre de notre presse hexagonale : les journalistes (où ceux qui les dirigent) sont d’une nullité affligeante et je ne peux pas faire confiance à un type dont le salaire est payé par celui là même à qui il est supposé servir de contrepouvoir (l’état).
.
Quant à Woodward et Bernstein, justement, ils ont joué leur rôle de contrepouvoir, peu importe comment, ils l’ont fait.
Gil Mihaely dit
@Livia : quoique l’appellation est la même – journaliste – le métier (et donc le “boulot”) n’est pas pareil… il y en a des médias qui font de l’info, et d’autres comme Causeur qui contribuent au débat autre chose. Libre aux lecteurs de s’informer et former une opinion en puisant dans plusieurs médias.
quant à la question plus profonde que vous soulevez, il n’est pas si facile de différencier ce que vous appelez “vraies info” de ce que vous qualifiez de “stratégies électorales 2 ans avant les élections”… Nous sommes inondés des faits mais seulement certains de ces milliards d’infos nous sont rapportés même par des médias comme les agences de presse. Pourquoi ? parce que quelqu’un décide pour vous Livia ce qui est important et pertinent et jette le reste à la poubelle. Selon quelles critères décide-elle cette personne ? Pas selon l’info… plutôt d’après une interprétation, une vision du monde, une opinion, autrement dit des réflexion sur des stratégies éléctorales 2 ans avant les élections par exemple…
L'Ours dit
“Sauf que l’information a besoin d’être traitée, classée, mise en contexte… ”
Tout à fait d’accord, sinon une info brute et immédiate n’a pas de sens. Mais comme la solution idéale n’existe pas, à nous d’être vigilants et liseurs entre les lignes car cette mise en contexte peut rapidement devenir une mise en conditionnement.
Mais ce qui m’exaspère le plus, bien plus encore que les reprises aveugles des dépêches AFP que fatback a bien raison de condamner, bien plus encore que les wikis dénoncés dans l’article, bien plus encore que les infos envoyées dans l’instant sur les ondes en pourrissant souvent le travail d’enquête de la police, c’est la reprise des déclarations demandant de commettre des crimes à des sympathisants, cassettes envoyées par cassette par des terroristes à AlJazeera et reprises dans le monde entier.
Il n’y a pas là d’information à proprement parlé, ni un travail d’enquête ayant permis de découvrir les plans de tel groupuscule. Dans ce cas la presse devient l’organe officiel des salauds,un porte voix pour les fatwas, un porte parole complice d’appel au meurtre!
expat dit
@ livia : calme ! calme ! Gil fait son mieux (et mieux que les autres média de toute façon).
livia dit
Le problème est : on s’en fout !
Nous voulons de vraies infos qui nous expliquent (un peu) la complexité du monde dans lequel nous vivons.
C’est si difficile à comprendre ?
Ce n’est pas pour vous mais cela me défoule:
On s’en fout complètement des stratégies éléctorales 2 ans avant les élections ,et meme la veille, vous devriez comprendre cela.
Enfermés que vous etes dans votre bulle médiatique vous nous faites ( c’est selon, cela dépend des jours) ::
Pitié ou
Colère
en tout cas vous volez votre salaire car ce que vous nous racontez ne nous intéresse absolument pas.(, et ne conforte que votre narcissisme, qui n’en avait pas besoin.)
NOUS VOULONS DE VRAIES INFOS !!!! c’est si difficile à comprendre ????
HONTE A VOUS !
C’est votre boulot ! au boulot!
Gil Mihaely dit
@fatback : l’ambition de WikiLeaks était de remettre à plat la circulation de l’information. l’erreur de fondateurs du site était de penser que les média font du tri et ne publie pas tout ce qui tombe sous leur main parce que la technologie ne le permet pas. Le problème posé par WikiLeaks n’est donc pas celui d’une presse qui fonctionne mal mais d’un modèle de savoir dépassé et obsolète. Sauf que l’information a besoin d’être traitée, classée, mise en contexte… Est-ce que la publication de cinq-cents cartons de documents peut être considérée comme une biographie de Charles de Gaulle ? qui peut comprendre, digérer et expliquer cette matière brute sans être guidé par un historien professionnel ? peu importe l’appellation, il faut un intermédiaire entre l’info “brute” et le savoir.
Quant à Woodward et Bernstein, je vous rappelle qu’ils étaient choisi par leur source, qui les a ensuite guidé étape après étape…
fatback dit
Comment croire qu’il existe encore, dans les rédactions de nos journaux, des Woodward et des Bernstein quand lesdits journaux sont financés par l’état ? Comment avoir confiance en la presse quand elle se contente la plupart du temps de recracher in extenso les dépêches AFP quand ce ne sont pas les communiqués des ministères ? Quel rôle de contrepouvoir peuvent bien jouer des journalistes dont on ne peut que constater jour après jour la médiocrité partisane ou l’effroyable paresse intellectuelle ?
Impat1 dit
Toute la mécanique Wikileaks repose en fait sur la crédulité (…). Avec ou sans mention de la source, avec ou sans preuve, avec ou sans analyse de vraisemblance, tout le monde croit n’importe quoi. Donc, mieux “dirigé” ou pas, ce genre de site n’est pas à la veille de disparaître. Pas plus qu’un Canard Enchaîné qu’on trouve même quelquefois cité comme source toujours fiable !