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Vous avez dit “républicain” ?

Quand le PS et les Verts draguent les voix du FN

Publié le 22 mars 2011 à 17:13 dans Politique

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La péniche était-elle une galère ? Pour l’un des trois participants aux émouvantes retrouvailles familiales de dimanche soir, cela semble avéré. À tel point que le communiste Pierre Laurent, furieux d’avoir été abusé par cette croisière, menace de torpiller l’alliance PS/Verts aux sénatoriales de l’automne prochain, au cas où ses équipiers continueraient de le mener en bateau.

Bref, en 24 heures, on est passé du sourire Ultra-Brite au couteau entre les dents ? Où est l’embrouille ?

Très précisément dans les 75 circonscriptions où les Verts sont en position de se maintenir face à un autre candidat de gauche arrivé en tête au premier tour. En général, ledit autre candidat de gauche est un conseiller général sortant et dans la très grande majorité des cas, il s’agit d’un sortant communiste face à un candidat vert ayant bénéficié au premier tour de l’investiture du Parti socialiste, laquelle lui a permis de dépasser ses traditionnels 5 à 10%. Vous suivez ?

Un exemple, que je n’irai pas chercher loin, vu qu’il s’agit de mon propre canton, à Ivry Ouest dans le 9/4. La sortante PCF Chantal Bourvic y a fait 42% au premier tour, sa challengeuse Verte-Europe-Ecologie Chantal Duchène1, soutenue par le PS, a atteint 25%. Compte tenu du taux d’abstention record, ni l’UMP ni le FN ne sont en situation de se maintenir, ce qui est souvent le cas dans les fameux 75 cantons à problème.

Dans un tel cas de figure, les règles de ce qu’on appelle depuis le Front Populaire la « discipline républicaine » à gauche sont archi-claires : le second se désiste automatiquement en faveur du candidat de gauche arrivé en tête. Cette tradition doit sembler bien archaïque à la si moderne Cécile Duflot, qui a décidé de la jeter par dessus bord et de maintenir au second tour ses petits camarades qui auraient dû rester à quai.

Vous me direz que ça semble logique de vouloir tenter sa chance dans la mesure où les lois électorales vous en donnent la possibilité. À ceci près que la discipline républicaine ne relève pas seulement de la tradition mais aussi d’une certaine logique, voire d’une certaine morale politique, la même morale dont tout le monde se gargarise à propos des choix à géométrie variable de l’UMP quand le FN est en lice au second tour. Je m’explique: se désister en faveur du candidat de gauche le mieux placé, cela signifie tout bêtement qu’on ne laisse pas les électeurs de droite ou d’extrême droite choisir au second tour quel candidat de gauche leur convient le mieux.

En partant du principe que l’électeur UMP ou FN est plus foncièrement anticommuniste qu’autre chose(et c’est son droit le plus absolu), ledit cas de figure général évoqué plus haut revient donc à faire appel aux voix de droite et d’extrême droite pour sortir le sortant communiste au bénéfice d’un Vert. Elle est pas belle ma morale ?

La méthode est d’ailleurs éprouvée, c’est celle qu’avait utilisé l’intarissable donneur de leçons antifascistes Noël Mamère qui, en 1989, avait entamé sa carrière politique nationale en conquérant la mairie communiste de Begles (près de Bordeaux) grâce au soutien sans faille de tous les notables chabanistes locaux et au désistement miraculeux en sa faveur du candidat du très très droitier CNI.

Encore s’agissait-il là d’un cas isolé. Cécile Duflot a, semble-t-il, décidé d’en faire une règle, donnant raison à Jean-Pierre Mélenchon qui avait conseillé en termes on ne peut plus clairs à Pierre Laurent de ne pas aller aux côtés de Martine et Cécile sur la fameuse péniche : « Tu vas voir que juste après la photo, ils vont te faire les poches ». Mis à part que les « ils » étaient des « elles », c’était assez bien vu…

  1. Dans mon canton, c’est comme ça, toutes les candidates de gauche s’appellent Chantal
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  • 24 March 2011 à 19h33

    Jesse Darvas dit

    L’idée qu’un candidat “de gauche” ne saurait être élu que par les voix du “peuple de gauche” et devrait refuser, sous peine d’être irrémédiablement souillé, les voix de ces sous-hommes radioactifs que sont les “électeurs de droite” voire “électeurs du FN” (dont il existe pourtant au moins un représentant dans la rédaction de causeur!!) est assez stupéfiante. Je pensais naïvement qu’en démocratie représentative et au scrutin majoritaire, on est élu par le peuple, qui chosit au premier tour et élimine au second. Considérer que parce qu’un électeur a voté à droite au premier tour, il ne fait plus partie du peuple et ne saurait donc participer au choix entre deux candidats “de gauche”, c’est une conception ultra-stalinienne.
    Je comprendrais mieux l’indignation du PC si le maintien des verts conduisait à des triangulaires. Mais en l’occurrence, vouloir imposer au second tour un candidat unique qui n’aurait retenu au premier que 42% des votants, soit 15% à 20% des inscrits, c’est proprement délirant.

  • 23 March 2011 à 9h38

    kacyj dit

     Le PC doit peut-être tirer sa révérence, faute de n’avoir pas su s’adapter, ou du moins changer de nom. C’est probablement la faute du capitalisme comme dirait le pote de JL sur un autre sujet :”Le capitalisme est vraisembablement responsable de l’absence de vie sur la planète Mars, a déclaré mardi le président vénézuélien Hugo Chavez”.
    Notez que si le cas devait se présenter dans ma circonscription, je voterais de préférence pour le PC, le vert étant hélas devenu couleur symbole du totalitarisme. 
    Mais bon, comme dit steed, il faut bien avoir un choix le jour du vote, sinon autant le nommer directement. 

  • 23 March 2011 à 6h50

    Naif dit

    Beurk ! Et il fraudrait voté pour ça ?
     

  • 22 March 2011 à 23h12

    Angel dit

    Je ne suis pas comme Jerome Leroy un fan du PCF (meme si je n oublis pas le courage immense des militants communistes francais ou etrangers (cf Manoukian)) mais c est vrai que depuis l election de Voynet on a l impression que Montreuil est souille.

  • 22 March 2011 à 20h17

    steed59 dit

    vous oubliez dominique voynet a montreuil dans votre illustration….. Sinon vous trouvez très républicain que l’électeur n’ait que le choix d’un seul candidat qui est assuré de faire 100% ? ça me ferait rire si seulement il ne s’agissait pas la plupart du temps de candidats du PCF et ses vieux relents de totalitarisme et de culture du parti unique

  • 22 March 2011 à 19h09

    Saul dit

    en ce qui concerne Mamère en 89, c’était encore plus vicieux que ça. à l’époque il n’était pas encore chez les verts mais affilié au PS.
    il y avait un accord entre PS et PCF comme quoi le PS ne présenterait pas de candidats contre les élus sortants PCF.
    accord respecté, à-la-le-ttre :Mamère s’était présenté sous l’étiquette “majorité présidentielle”, pas “PS”
    quand on dit que les socialopes en sont de vraies…

    • 23 March 2011 à 1h27

      nadia comaneci dit

      ça tombe bien, je n’avais pas l’intention de voter pour elles… Duflot cumule à peu près tout ce que je déteste.

      • 23 March 2011 à 9h20

        jmt dit

        Et pour moi, elle cumule même un peu plus encore, c’est vous dire!

  • 22 March 2011 à 17h40

    Jardidi dit

    PS et EE, la gauche girondine, bien pensante, se débarassent du PC et devraient donc choisr une alliance avec le centre. Le PC est obligé de construire quelque chose à gauche, bonne nouvelle. Je me demande si nous n’aurons un bouleversement absolu du clivage politique en 2012, Europe contre France à la place de droite contre gauche.