Voulons-nous vraiment d’un Outreau autonome ? | Causeur

Voulons-nous vraiment d’un Outreau autonome ?

Les autonomes mangent vos enfants !

Auteur

Bruno Maillé

Bruno Maillé
est un paria timide.

Publié le 21 novembre 2008 / Politique

J’aimerais poursuivre ici les excellentes réflexions du camarade Leroy sur le grand péril autonome. L’instant présent en France est celui de la tentative de fabrication d’une nouvelle figure de l’imaginaire social : le “terroriste anarcho-autonome”. Il s’agit de la troisième figure fantasmatique du “Mal absolu contemporain”, succédant historiquement à la fabrication des figures du “pédophile” et du “terroriste islamiste”.

Nous devons apprendre d’urgence à distinguer les registres, si nous ne désirons pas que le scandale et la catastrophe d’Outreau se répètent, avec les mêmes conséquences dévastatrices, pour les présumés “terroristes autonomes” mis en examen sans preuve matérielle le 15 novembre. Il serait peut-être temps pour un grand nombre de journalistes, pour la Police et la Justice, de tirer réellement les conséquences d’Outreau, dans la pratique et pas seulement dans le discours. La réaction doit intervenir maintenant. Ces institutions, si elles souhaitent recouvrer leur dignité, ne peuvent pas répéter les mêmes catastrophiques erreurs et le même rituel de la repentance à retardement, une fois qu’il est trop tard et que des vies ont été détruites.

Nous devons rigoureusement distinguer le registre de la réalité de celui de l’imaginaire social, de la fantasmatique sociale. Dans le registre de la réalité, il existe des personnes responsables de viols et de meurtres d’enfants, comme il existe des attentats islamistes sanglants. Mais, à ma connaissance, il n’existe aucun précédent d’un attentat autonome contre des personnes. Pas plus qu’il n’existe la moindre preuve attestant d’un projet d’attentat autonome contre des personnes.

A côté de la réalité tragique des crimes pédophiles et des attentats islamistes avérés, nous avons vu se former un certain dispositif à la fois politique, judiciaire, législatif et médiatique qui a produit un certain nombre d’images sociales, de fantasmes collectifs. Et nous avons pu observer les conséquences désastreuses que ces fantasmes collectifs ont eues dans la réalité. Loin de réduire les maux et les douleurs suscités par ces crimes, ils ont empoisonné notre vie sociale et démultiplié les douleurs.

Les figures fantasmatiques du “pédophile”, du “terroriste islamiste” et du “terroriste anarcho-autonome” présentent de nombreux traits communs. La structure du fantasme est identique : une essence diabolique dissimulée derrière une apparence quelconque. La voie est ainsi ouverte à une suspicion généralisée. N’importe quel être quelconque, banal, devient un suspect. C’est ainsi que, dans le langage de nombreux journalistes complices de cette paranoïa programmée, l’épicerie de Tarnac est devenue une “épicerie tapie dans l’ombre” et la ferme retapée par des amis une mystérieuse “base” terroriste. Dans ce montage, le caractère diabolique du mal est renforcé dans le fantasme par un caractère d’invisibilité, d’indiscernabilité. Le terme de “cellule invisible”, inventé de toutes pièces par le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, lors de la conférence de presse du 14 novembre annonçant la mise en examen des suspects, ne figure dans aucun écrit “autonome”. Il a été immédiatement repris et diffusé comme parole d’évangile par toute la presse. Il ne résulte pourtant que d’une déformation de la signature collective de L’insurrection qui vient, le “Comité invisible”, dont le caractère poétique et humoristique, ne correspondant à aucune instance politique réelle, saute pourtant aux yeux de quiconque parcourt quelques lignes de ce texte. Il existait dans la littérature autonome un “Parti Imaginaire”. Il existe désormais aussi une Cellule Imaginaire.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 3 Décembre 2008 à 16h01

      Bruno Maillé dit

      Ce que vous écrivez est abject.

    • 3 Décembre 2008 à 13h33

      ramon mercader dit

      hé ben ,voilà ,ils ont été élargis les totonomes de tarnac!
      y a pas eu d’outreau totonome (recontrepèterie ,y a pas eu de totonome au trou ,drole ,non?non? bon tant pis)
      ha non ,y a yldune et julien qui restent au gnouf ,ceux là on les lache pas.
      j’ai entendu le père d’yldune ce matin sur france cul ,véhément le mec !
      en mème temps très argumenté son discours,pas vraiment éploré comme père ,plutot très agressif mais structuré ,un vrai troskard de compétition ,genre agitprop mal recyclé,jusque dans la façon de congédier les journaleux ,une fois sa déclaration faite.
      peut etre pas étranger ,en somme ,au chemin que sa fille vient de prendre.
      déjà ,avec un prénom comme le sien…….

    • 29 Novembre 2008 à 8h56

      ramon mercader dit

      moi je m’en cague des erreurs judiciaires!
      qui peut raisonnablement avoir confiance dans la justice de son pays?
      répondez les mecs.
      avec les militants de la droite nationale qui croupissent en prison depuis 20ans pour mème pas une tentative d’attentat avortée,des pédégés menottés nus aux radiateurs ,des gestionnaires de gite ruraux condamnés à l’indignité nationale,des juges qui pettent les plombs et qui signent des pétitions pour enfermer leur miniss,apres outreau (qui se contrepète en “au trou”) ?
      toi ,t’as confiance?
      non?
      t’es un peu pigeon toi,non?
      tu crois ou on te dit de croire.
      tu m’amuse.

    • 25 Novembre 2008 à 12h58

      L. Nemeth dit

      on comprend mal pourquoi Pirée a vu en moi un fin pénaliste, là où je n’ai fait que rappeler des banalités.

    • 25 Novembre 2008 à 11h24

      George Weaver dit

      Rectificatif : le Libé où l’on a pu lire une présentation moins hystérique du livre L’insurrection qui vient n’est pas daté du mercredi 19, mais du mardi 18 novembre.
      L’édition d’hier de ce même journal (24/11), en ses pp. 12-13, permet d’apercevoir une disproportion supplémentaire : entre la réalité de la vie quotidienne au Goutailloux (travaux des champs, restauration de bâtiments, atelier de tissage…) et la présentation qui nous a été faite de cette ferme, dans l’embrasement médiatique consécutif aux interpellations du 11 novembre, comme camp d’entraînement pour apprentis terroristes.

    • 24 Novembre 2008 à 17h13

      Pirée dit

      Le camarade : ‘la bourgeoisie elle-même en a posé les règles.”
      Moi : La bourgeoisie pose les règles : en effet, les concepts de catégorie prennent des décisions.
      Le camarade : “vous “comprenez” tout à l’envers, Pirée : ce sont au contraire ceux qui prennent des décisions, qui ensuite brandissent des concepts et des catégories”

    • 24 Novembre 2008 à 16h54

      Pirée dit

      Le camarade Nemeth est un fin pénaliste.

    • 24 Novembre 2008 à 16h24

      L. Nemeth dit

      vous “comprenez” tout à l’envers, Pirée : ce sont au contraire ceux qui prennent des décisions, qui ensuite brandissent des concepts et des catégories. Aux dernières nouvelles on aurait même vu en France un juge, brandir le concept d’association de malfaiteurs à visée terroriste, contre la catégorie des cellules invisibles : non mais bon sang où c’est qu’y vont pas chercher des TRUCS pareils…

    • 24 Novembre 2008 à 16h08

      Pirée dit

      La bourgeoisie pose les règles : en effet, les concepts de catégorie prennent des décisions.

    • 24 Novembre 2008 à 15h04

      L. Nemeth dit

      mais que vient faire ici l’Anarchie (terme dont je ne sais même pas et ne veux pas savoir s’il s’applique à ces camarades) ? Il n’est ici que de la justice, telle que la bourgeoisie elle-même en a posé les règles.

      PS. il y a quelque masochisme, de la part de Pirée, à mettre ici en avant le nom de Félix Fénéon. Car il renvoie à une époque où déjà, des magistrats dévoyés, tentaient de brandir la notion de “association de malfaiteurs”. Rien de nouveau, sous le soleil…

    • 24 Novembre 2008 à 14h48

      Pirée dit

      Il y a un siècle, chez les anarchistes, on ne disait pas “camarade” (ça faisait marxiste, l’horreur), mais “compagnon”. Félix Fénéon traitait Jules Guesde de “fonctionnaire”.

    • 24 Novembre 2008 à 14h12

      L. Nemeth dit

      avouez que vous avez quand même des fantasmes un peu bizarres, Three piglets : “si les mecs se prennent 20 ans de prisons, autant que ce soit pour quelque chose et non pour une blague”. Car enfin, sauf à resortir les magistrats de ce pays, de la naphtaline dans laquelle on les aurait plongés en 1942 : il n’y a rien, qui permette d’envoyer ces CAMARADES en prison.

    • 24 Novembre 2008 à 13h39

      Pirée dit

      Un dernier mot sur ce thème : les débiles ayant causé les dégâts qui nous agitent peuvent avoir été téléguidés par la chaussette à clous.
      Le rôle de la police n’est pas de protéger les honnêtes gens contre les malfaiteurs mais les gouvernants contre les gouvernés. Quels que soient les gouvernants : les régimes passent, la police reste.

    • 24 Novembre 2008 à 13h07

      Bruno Maillé dit

      A George Weaver : merci pour vos précieuses interventions. Votre analyse est remarquable.
      A Franklin D : merci pour votre message, mais il n’est nulle part question de bombes.
      A Yalta : Si vous faites confiance à TF1 pour l’analyse de la « littérature » politique autonome, vous placez quand même la barre très haut. Les « autonomes » défendent certes le sabotage, en aucun cas la lutte armée. Les textes dont vous parlez sont tous des écrits collectifs et anonymes. Les « écrits de Julien Coupat » n’existent pas. Si vous préconisez l’emprisonnement de personnes qui n’ont jamais tué quiconque, ni lancé d’appel au meurtre, au prétexte que votre bienveillant don de voyance vous a fait démasquer en eux de « futurs assassins », vous êtes un libéral bien singulier. Comment osez-vous encore plastronner alors que le désastre auquel a conduit le nihilisme ultra-libéral éclate sous tous les yeux ?

    • 24 Novembre 2008 à 12h36

      Pirée dit

      Si une expérience “réellement socialiste” avait lieu ici, les dénommés Jérôme Leroy et Bruno Maillé n’accéderaient probablement pas à la nomenclature; à fortiori leur claque sur un blog qui n’avait pas été créé pour ça. Quant aux oligophrènes qui se rendent intéressants en causant des dégâts matériels, ils seraient promptement liquidés, en qualité d’idiots ayant cessé d’être utiles.

    • 24 Novembre 2008 à 12h10

      Three piglets dit

      “je ne vois dans quel paradis socialiste vous pourriez vivre heureux !”

      Ou les Usa qui viennent de rentrer dans le club de pays socialistes…

      “Nous n’avons pas besoin de ces idées qui ne marchent pas…”

      Vous parlez du socialiste ET du libéralisme?
      Bien évidemment que ces idées matérialistes ne fonctionnent pas, vous en doutiez?

      “Que n’y allez-vous donc cher ami pour voir comme c’est beau la liberté”

      Oui, la liberté de dormir dehors suite à son expulsion, ou celle de se faire licencier (50 000 postes supprimés chez Citigroup,encore une franche réussite de la liberté).

    • 24 Novembre 2008 à 12h05

      Yalta dit

      @ L. Nemeth
      Le Procureur a pour mission première de poursuivre les personnes présumées coupables des crimes.
      le Medef est une organisation d’entrepreneurs (vous savez ces gens bizarres qui créent de la valeur ajoutée et des emplois pour que vous et vos enfants puissent travailler).
      De toute façon, je ne sais pas à quoi ça sert d’essayer de vous faire comprendre quelquechose, avec des idées commes vôtres, à part la Corée du Nord ou certaines dictatures d’Afrique ou d’Amérique du Sud, je ne vois dans quel paradis socialiste vous pourriez vivre heureux !
      Que n’y allez-vous donc cher ami pour voir comme c’est beau la liberté et ne laissez les libéraux français tranquilles !
      Nous n’avons pas besoin de ces idées qui ne marchent pas… encore que si on pouvait les regrouper dans un cabinet d’amateur de vieilles choses elles ne dépareraient pas et seraient profitables à l’édification des générations montantes…

    • 24 Novembre 2008 à 12h02

      Three piglets dit

      “arrêtez arrêtez, Three piglets, vous allez finir par vous exposer à la tentation…”

      Au contraire Luc : si les mecs se prennent 20 ans de prisons, autant que ce soit pour quelque chose et non pour une blague.
      Bon, je sais qu’à gauche, on n’a jamais été bon en économie, mais autant rentabiliser l’acte de rébellion.

    • 24 Novembre 2008 à 11h57

      L. Nemeth dit

      arrêtez arrêtez, Three piglets, vous allez finir par vous exposer à la tentation…

    • 24 Novembre 2008 à 11h47

      Three piglets dit

      “quand les ignobles lêche-medef qui nous gouvernent, mettent les gens à la rue et sans autres états d’âme…”

      C’est bien ce que je disais : ces gens, pour se montrer utile autrement que pour donner des cautions sécuritaires au pouvoir, feraient mieux de viser plus juste.
      Pourtant, elles ne manquent pas, les cibles de choix, ce serait un peu plus couillus que de s’attaquer à une ligne de TGV.