Voulez-vous coacher avec moi ?

Comment j’ai été épatée par les Galeries

Publié le 24 janvier 2010 à 12:52 dans Société

lafayette

Je ne sais pas si vous avez la même impression, mais je trouve qu’on ne se marre pas tous les jours. Tremblement de terre, burqa, salaires déments, ouvriers licenciés, salariés suicidés : l’actualité que je suis amenée à commenter, par choix il est vrai, pèse souvent des tonnes. Hier, alors que je me triturais les méninges pour trouver un sujet de chronique pour RTL, tous ceux qui se présentaient à mon esprit me donnaient envie de fuir à toutes jambes. Il y a des jours comme ça.

Grâces soient donc rendues à mon ami Dominique Quessada qui m’a aimablement fourni le point de départ de la chronique – et de ce texte. Un sujet pour filles, puisque je veux vous entretenir chiffons et fièvre acheteuse. Et en plus, pour une fois, ce n’est pas du jus de crâne mais le fruit d’une véritable enquête de terrain.

Dominique m’informe donc de l’existence, aux Galeries Farfouillettes, d’un service appelé “personal shopper”, ce qui en bon français signifie “acheteur personnalisé”. Rassurez-vous, il s’adresse aux fashion victims (c’est-à-dire aux victimes de la pub et du marketing) des deux sexes. Depuis que les hommes sont des femmes comme les autres, l’égalité devant la fanfreluche est une réalité.

Seulement, tout le monde le sait : acheter, c’est pas donné à tout le monde. Le grand magasin que le monde entier nous envie propose donc de vous accompagner dans ce parcours. Le “personal shopper” est donc un genre de coach en achat, des fois que vous ne seriez pas assez dégourdi pour claquer vos sous tout seul.

Au téléphone, une dame me fournit des informations sans chaleur excessive. Sa voix un peu pète-sec évoque plus une tenancière de maison chic dans les années 1940 qu’une wonder woman 2010 : on l’imagine surmontée d’un chignon et moulée dans une robe plus austère que sexy. Allez savoir pourquoi je la baptise (silencieusement) Madame Olga. Le conseiller qui vous reçoit dans un salon privé, m’explique-t-elle, doit d’abord “identifier vos besoins” – très important l’identification des besoins et, bien sûr, au cas où l’identification se révèlerait impossible, il faudra se résoudre à en créer. Par exemple, avez-vous besoin de renouveler votre garde-robe. Ben oui, vous savez, j’ai rien à me mettre. Deuxio : avez-vous le budget pour ça ? Aucun problème, je suis prête à laisser sur la table quelques mois de salaires pour me procurer les colifichets arborés par les people dont le magazine Elle m’apprend chaque semaine que je ne saurais me passer sous aucun prétexte.

Une fois identifiés besoin et budget, votre shoppeur personnel va piétiner pour vous et vous apporter tout ce que vous vouliez sans le savoir. J’interroge Olga (depuis qu’on parle fringues, elle et moi, on est devenues intimes). Et ça coûte combien ? Ce service est gratuit, précise-t-elle, mais avec un objectif d’achat. J’insiste. “Et si je ne trouve pas mon bonheur ?” Là, j’ai l’impression qu’elle va me raccrocher au nez. “Chez nous, c’est presque impossible !” “D’accord, mais si l’inconcevable se produisait ?” Soupir agacé. “Vous comprenez, si on vous consacre deux heures de notre temps…” Oui, je comprends que si je pars sans rien acheter, les égards prodigués à ma petite personne cèderont la place à des regards courroucés et vaguement méprisants. “Enfin, bien sûr, il n’y a pas d’obligation”, lâche Olga à contrecœur.

Je vous l’accorde volontiers, tout cela est assez dérisoire. Et pourtant symptomatique. Nous avons à peu près renoncé à apprendre le beau français aux enfants – je caricature mais à peine. On nous serine du matin au soir que la culture générale est discriminatoire et qu’il faut privilégier la motivation et le parcours plutôt que les connaissances. On invente des carottes pédagogico-financières pour inciter nos chers bambins à se rendre à l’école. Bref, comme le dit Marcel Gauchet, la libido sciendi, le plaisir d’apprendre, se fait rare – et celui d’enseigner aussi. On imagine donc que nos antiques professeurs cèderont bientôt la place à des coachs. Un coach d’histoire-géo ça le fait non ?

Des coachs, il y en a pour tout : pour nous apprendre à manger comme il faut, à bien dormir, à avoir de jolies fesses, à ne pas nous disputer avec nos patrons et petits camarades – celui-là, je devrais peut-être le consulter. Et donc, aux Farfouillettes, on vous apprend à acheter, ce qui revient presque à vous apprendre à vivre. Soyez de bons consommateurs, le reste suivra.

On pourrait appeler ça la consommation assistée. Ne soyons pas injuste, il y a peut-être là un gisement d’emplois de demain. On créera des cellules d’aide psychologique pour les malheureuses qui n’ont pas trouvé en soldes leur 27e paire de bottines (et c’est du vécu), des groupes de paroles pour celles qui ne rentrent pas dans le slim taille 36 conquis de haute lutte sur une rivale. On offrira des cures de remise à niveau à tous ceux que les aléas de la vie ont empêché de devenir de bons consommateurs, à condition, bien sûr, qu’ils aient manifesté leur motivation en s’enrichissant. Acheter, ça se mérite.

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  • 27 January 2010 à 15h51

    Mimil dit

    Et j’oubliais, bye bye the river sade…

  • 27 January 2010 à 15h49

    Mimil dit

    @Maxiton
    Mes derniers propos ne s’adressaient pas à vous. Je n’empruntait que votre phrase concernant que dans la vie il n’y a pas que Causeur. Je m’adressai au Paradis car l’Enfer, c’est bien connu, c’est les autres.
    Mais je vous remercie de vous creuser la cervelle à mon sujet. Athéiste, agnostique, païen, j’en sais fichtre rien. Je crois ce que je vois, et vous me direz alors comme Saint-Thomas. Mais peut-être dadaiste !

  • 27 January 2010 à 10h33

    maxiton dit

    mimil se déclarant païen – donc pas athée – adore forcément quelque chose.
    Mais quoi ?
    La Lune ? elle doit sa lumière au Soleil
    Le Soleil ? mais tous les soirs il va voir ailleurs si j’y suis, de plus il peut être masqué par les Nuages.
    Les Nuages ? mais ils crèvent en se vidant de leur eau
    Alors mimil devra chercher sur Terre une bête par exemple

    Le Chat ? mais le Chien pourchasse le Chat
    Le Chien ? mais le gourdin de Bois frappe le Chien.
    Le Bois ? mais le Feu brûle le Bois, – il est vrai que dans ce cas , mimil , pourra débiter un arbre en trois partie : pour se chauffer et cuire sa tambouille, se meubler, et avec le restant se fabriquer une idole devant laquelle il pourra se prosterner, mais cette idole pourra toujours brûler et on se retrouve au début, de ma proposition.
    Le Feu ? mais l’Eau éteint le Feu
    L’Eau ? mais un animal disons le Boeuf – c’est imposant le Boeuf – boira cette Eau
    Le Boeuf ? mais le Boucher débite le Boeuf
    Le Boucher ? mais la Mort emporte le Boucher.
    Il ne restera plus à mimil que Moloch ou Baal qui finiront bien par l’engloutir
    Bye Bye mimil!

  • 27 January 2010 à 4h04

    Mimil dit

    T’es navrant. Tu n’as rien d’autre à faire qu’éructer. Je te souhaite que tu puisses trouver un job et une fille sympa.

  • 27 January 2010 à 3h46

    Mimil dit

    Et oui, Maxiton, heureusement qu’il n’y a pas que Causeur dans sa vie.
    En ce moment, je reçois. Et mes invités sont éberlués de la façon que certains puissent mettre en doute ma parole et m’insultent. Vasi Philippe,réponds ! Alors, pour faire plaisir, pendant qu’ils écoutent Jah Fakoly, ils m’ont demandé d’écrire l’histoire que je leur ai conté.
    En 1977, à Libreville, il y avait un patron qui avait toutes les boulangeries du pays. Il avait monté un snack. C’était l’un de nos potes. Le serveur du snack, un jour, il est parti avec la caisse. Claude, il nous a dit “ce fumier, il est parti avec les ronds”. Alors, nous on la retrouvé, à Yaoundé, il était avec sa camerounaise près de son fils. Nous sommes des goys mais nous appliquons la loi du talion jusqu’au bout. Sauf que le mec en question, il est parti avec la caisse car Claude ne l’avais pas payé. Claude l’a reconnu ensuite.
    Alors, dans cette histoire, je ou nous retrouvons (comme Goldamère), tous les protagonistes. Et si tu es fautif, à la hauteur de ton méfait, tu paieras.
    Le blabla amusera peut-être la galerie et ceux qui ont dans leurs pantoufles assis derrière leur écran. Mais, moi, je dis, où que tu sois à Yaoundé, à Libreville, à Paris, à Zurich, à Bruxelles… où que tu sois et que tu m’insultes je te trouverai.
    Même dans le Tanezrouff, les pierres parlent.

  • 27 January 2010 à 3h36

    Eden dit

    OK pour l’assignation…mais…tu m’encules avant ? mouahahhaahahah
    T’es ouvreuse Mimilllle ? ou t’astiques les burnes à la main d’or ?