Voltaire et la crise monétaire | Causeur

Voltaire et la crise monétaire

Auteur

Roland Jaccard

Roland Jaccard
est un psychologue, écrivain, journaliste, critique littéraire, essayiste et éditeur suisse

Publié le 22 mai 2012 / Brèves

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N’étant pas économiste, bien qu’économe, je me demande si ces derniers ont médité sur cette réflexion de Voltaire et, le cas échéant, ce qu’ils en ont retiré: ” Toute monnaie de papier retrouve un jour inexorablement sa valeur intrinsèque : rien “. Les Grecs se disent que ce Voltaire avait anticipé bien des choses.

Ils se demandent également pourquoi leurs dirigeants n’ont pas lu les historiens de l’économie qui n’ont cessé de répéter que toutes les expériences d’union monétaire ou de monnaie unique ont jusqu’ici échoué parce qu’elles supposent la destruction préalable des souverainetés nationales, que les peuples finissent toujours par refuser.

Les Grecs ne sont pas les seuls à se poser ces questions, mais avec l’optimisme inébranlable – et la stupidité qui va de pair – qui leur est coutumier, économistes et politiciens continuent à penser qu’il faut plus d’Europe et plus de liquidités pour apaiser les marchés financiers et faciliter l’endettement étatique. C’est ce qui pourrait être perçu comme une course à l’abîme, une forme de folie, monétaire en l’occurrence, qui est extrêmement contagieuse….

Ne nous restera bientôt plus qu’à relire Voltaire. Lui, au moins, ne se démonétisera jamais.

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    • 3 Juin 2012 à 23h29

      g.amsallem dit

      Jaccardo President !!! 

    • 23 Mai 2012 à 9h20

      Adalbert dit

      Cette citation lue et répétée sur l’internet n’est jamais accompagnée d’une référence précise. Parfois on la rattache à Candide, mais elle ne s’y trouve pas.
      D’où vient-elle ? 

      • 23 Mai 2012 à 10h12

        kacyj dit

        Très bonne question.
        De là à ce que ce ne soit que pure invention, d’autant que l’on trouve au moins deux formulations…
        Libre à chacun d’y trouver du réconfort 

    • 22 Mai 2012 à 14h47

      kacyj dit

      Que dire ?
      Effectivement vous n’êtes pas économiste !
      Et Voltaire encore moins. Le procédé consistant à y faire appel est plus que douteux.
      Tout grand homme qu’il est et tout passionnant qu’il puisse être en matière d’idées, Voltaire n’était pas immunisé contre la niaiserie dans un domaine qu’il ne maîtrisait pas. Il suffit juste de considérer le développement du monde occidental pour se rendre compte de la vacuité d’une telle sentence.

      • 22 Mai 2012 à 15h05

        steed59 dit

        Justement depuis le début du “développement du monde occidentale”, les monnaies fiduciaires se sont toujours démonétisée par rapport à l’or. Aucune ne s’est valorisée. Il a toujours fallut des crises, des guerres, ou des tours de passe-passe juridique pour permettre aux gouvernements et à ses bras armés que sont les banques centrales pour rétablir une monnaie dont ils ont toujours juré les grands dieux qu’elles serait immuables et qu’on pouvait lui faire confiance. Jusqu’à ce que la tentation de la planche à billet soit trop forte

    • 22 Mai 2012 à 14h38

      steed59 dit

      de l’art de synthétiser magistralement les évidences !! Bravo M. Jaccard !!

    • 22 Mai 2012 à 13h51

      skyhigh dit

      EX-CEL-LENT M Jaccard.
      Vous avez mis en mots ce que je ressentais confusément. 

    • 22 Mai 2012 à 12h01

      hedgehogmsx dit

      «Les expériences d’union monétaire ou de monnaie unique ont jusqu’ici échoué parce qu’elles supposent la destruction préalable des souverainetés nationales, que les peuples finissent toujours par refuser.»
      Tout est dit. Cela ne me choque pas qu’on soit pour, chacun à le droit de défendre sa vision de l’avenir de l’Europe et de la France (et c’est manifestement ce que la plupart de nos politiques veulent en s’accrochant à l’Euro). Mais qu’on le fasse en avançant aussi hypocritement (ou naïvement s’ils croient vraiment en ce qu’ils nous chantent), au mépris du droit des peuples à disposer d’eux même, ça me révolte.