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Volahiku à Matignon

On a retrouvé le coiffeur de François Fillon

Publié le 24 novembre 2007 à 0:29 dans Politique

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Ulrich Wickert, n’a pas encore ouvert son journal télévisé sur ce scoop. Der Spiegel n’a pas encore publié la nouvelle. Ni la Süddeustche Zeitung ni Die Welt n’ont consacré de longues et ennuyeuses pages à analyser et commenter l’information. Elle ne devrait pourtant pas tarder à se répandre et à révolutionner le monde : le coiffeur de François Fillon est allemand !

Lorsque de Gaulle se rendait en Allemagne, c’était pour rencontrer son homologue Konrad Adenauer et deviser avec lui de la marche du monde. Parfois, il lui arrivait bien de prendre l’hélico et d’aller se baigner aux merveilleux thermes de Baden-Baden. Mais c’était pour y laisser à la postérité reconnaissante des sentences mémorables : “Massu, ne jouez pas avec la savonnette.”

Cela restait grand, beau, généreux : c’était la France. Or, aujourd’hui, lorsque François Fillon passe le Rhin, c’est uniquement pour aller se faire couper les cheveux.

C’est, du moins, l’analyse toute personnelle de mon coiffeur, Markus Pftizer (Cannstatter Strasse 51, à Fellbach). Selon Markus, qui a regardé attentivement plusieurs portraits du Premier ministre français, seul un coiffeur allemand est capable de réussir une telle mèche. “Il faut maîtriser, dit-il, l’art de la volahiku, pour parvenir à un tel résultat. C’est un réel chef d’oeuvre.”

Pour ceux qui croient que l’Europe s’arrête au périphérique parisien, j’explique : la volahiku, c’est la vokuhila à l’envers. Clair, non ? Le gardien de but, Rudi Völler, avait popularisé la vokuhila (vorne kurz, hinten lang : court devant, long derrière) dans les années 1980. Le footballeur anglais de l’OM, Chris Waddle, ne tarda pas à l’introduire en France. En soi, c’est déjà assez surprenant qu’un Anglais introduise quelque chose quelque part. Le plus étonnant est que, dans le monde entier, les tribunes des stades se remplirent instantanément de coupes Waddle et de coupes Völler. Des millions de supporteurs oubliaient ainsi leur nationalité pour communier dans une même ferveur capillaire. On les voyait désormais trinquer avec les canettes de bière qu’autrefois ils se jetaient à la face.

Ne pensez pas que j’oublie le cas de votre Premier ministre, chers amis Français. La vohuhila (vorne kurz, hinten lang) avait sa contrepartie : la volahiku (vorne lang hinten kurz : long devant, court derrière). Markus m’a expliqué que la volahiku est l’exercice le plus délicat à réaliser en coiffure, puisqu’il s’agit de laisser pousser sur le front les cheveux qui poussent habituellement dans la nuque…

Cette coupe ne peut être réalisée que par un coiffeur allemand, puisqu’au moment où volahiku et vokuhila disparurent de la surface de la terre et des crânes masculins c’est en Allemagne qu’elle prospéra. Encore aujourd’hui, il est d’un raffinement extrême d’arborer une volahiku resplendissante. Les coiffeurs allemands n’ont pas fait que préserver un savoir-faire menacé, ils l’ont perfectionné.

Je ne sais pas si Markus a raison. Mais les éléments dont nous disposons sont trop troublants pour ne pas y prêter un peu de crédit. Ne trouvez-vous pas étrange que l’accession de François Fillon à Matignon coïncide avec l’apparition de simili volahiku sur la tête des danseurs de tecktonik ? Et ne me dites surtout pas que c’est tiré par les cheveux.

Traduit de l’allemand par l’auteur.

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  • 2 December 2007 à 3h55

    Ludo Lefebvre dit

    Je vois bien Fillon avec un carré court.

  • 29 November 2007 à 21h41

    Trudi Kohl dit

    Cher Houba, merci pour la précision sur le jeu de Rudi Völler dans le stade. Mais vous savez : moi et le foot… C’est mon mari qui m’avait dit que Rudi Völler était gardien de but ! Est-ce une cause suffisante pour demander le divorce ? Si oui, voulez-vous m’épouser (enfin, j’espère que vous êtes un homme).

  • 28 November 2007 à 21h23

    Tillmann Vink dit

    Hallo Trudi, wie geht’s Ihnen ? Ich hoffe sehr gut. Ihre Artikel über Volahiku und Vokuhila gibt mir viel spass. Warum denn schreiben Sie nicht mehr in der Süddeutsche Z. ?

  • 28 November 2007 à 18h04

    C.D. dit

    et son proctologue c’est aussi un allemand ou est ce plutôt un immigré hongrois ?

  • 28 November 2007 à 14h25

    Houba dit

    pardon..! chargé

  • 28 November 2007 à 12h58

    Houba dit

    Je suis rassuré F.Fillon ne pourra jamais recevoir une couronne de lauriers, il ne pourrait en ceindre son front à cause de sa mèche et, de plus, N.Sarkozy ne pourrait accepter que ce privilège, réservé aux vainqueurs, puisse être accordé à quelqu ‘un d’autre que lui.

    PS: Rudi Völler n’était pas gardien de but mais avant-centre ( au lieu d’empêcher le ballon d’aller au fond des filets il était charger de l’y envoyer)

  • 26 November 2007 à 23h34

    Trudi Kohl dit

    La coiffure étant l’endroit le plus adéquat du corps humain pour y déposer une couronne (d’or ou de lauriers), elle nous a semblé être un sujet politique majeur. Il ne faut pas mésestimer le rôle de la pilosité dans la marche du monde : imaginez-vous une touffe de poils sortant du nez de Cléopâtre. La face de Marc Antoine n’aurait-elle pas changé ?

  • 25 November 2007 à 12h34

    Cairne dit

    Vous comptez étudier les coiffures de tous nos politiques ?
    Je me suis trompé ? Je lis Vogue ?

  • 24 November 2007 à 22h41

    Chris Waddle dit

    Je m’insurge ! Völler n’était qu’un médiocre imitateur, il n’a jamais rien eu dans le cou, lui !

  • 24 November 2007 à 17h45

    Gwen dit

    Je lance une pétition afin que notre Premier ministre se laisse pousser les moustaches !

  • 24 November 2007 à 1h19

    Pascal Weil dit

    Vous soulevez une question que je n’ai jamais osé aborder : pourquoi François Fillon a-t-il une mèche aussi énorme ? Si c’est pour l’Europe, je ne veux pas couper les cheveux en cinq : je m’incline !

  • 24 November 2007 à 1h07

    Trudi Kohl dit

    Ne dites pas “Mme Kohl” (chaque fois ça me donne l’impression que mon mari s’appelle Helmut). “Trudi”, ça ira : nous sommes dans un salon. Pour Pocahontas, il faut voir, maintenant que tout est possible, non ?

  • 24 November 2007 à 1h04

    Barth dit

    Madame Kohl, je suis ravi d’apprendre que nous avons Volahiku pour Premier ministre. Mais notre président, on l’appelle comment ? Pocahontas ?