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Vive la French pride !

Arrêtons de nous prendre la tête avec l’identité nationale

Publié le 30 octobre 2009 à 15:13 dans Politique

Eugène Delacroix, <em>La liberté guidant le peuple</em>.

Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple.

C’est parti. Depuis que Nicolas Sarkozy et Eric Besson se sont mis en mouvement pour lancer le “grand débat” sur l’identité nationale et l’immigration, les commentateurs habituels se sont mis en ordre de bataille. Les premières salves on été tirées depuis les tranchées idéologiques d’où les soldats de la pensée politique de droite, de gauche, du centre et d’ailleurs s’observaient en attendant le meilleur moment pour en découdre.

Jusqu’à présent, on ne peut pas dire que ce début d’affrontement sur le thème du “qui sommes-nous ?” ait apporté de nouvelles lumières permettant de faire de chacun d’entre nous un Français à l’aise dans ses baskets.

Passons rapidement sur la réaction des antisarkozystes systématiques qui ne voient dans ce surgissement du thème de la Nation dans le débat public qu’une manœuvre politique destinée à faire oublier les dernières polémiques publiques autour des affaires Clearstream, Polanski-Mitterrand et Jean Sarkozy. L’affaire était planifiée par les stratèges élyséens bien avant que n’éclatent les affaires susnommées. Avec la complicité active d’un think tank proche du Medef, l’institut Montaigne1, le parti présidentiel avait décidé de lancer le premier étage de la fusée destinée à propulser Nicolas Sarkozy vers un second quinquennat. S’inspirant de la méthode Mitterrand (François, pas Fred), le président de la République fait l’analyse qu’un premier mandat s’obtient en réussissant à incarner la rupture, alors que pour être réélu, il est nécessaire de se présenter comme un rassembleur. Pour Mitterrand c’était “la force tranquille” en 1981 et “la France unie” en 1988.

La méthode Sarkozy exige que l’on soit constamment à l’offensive dans la bataille des idées, sans laisser à l’adversaire le loisir de proposer son ordre du jour au peuple considéré comme l’arbitre de ces joutes intellectuelles.

Cette question de l’identité nationale ne surgit pas du néant : ceux qui sont chargés d’ausculter le cœur, les reins et l’âme de la nation pour le compte du pouvoir ont perçu comme un flottement dans l’image d’eux-mêmes des Français.

Ces derniers ont fini par se rendre compte que notre pays n’était plus la “Grande nation” qu’elle prétendait encore être au milieu du siècle dernier. Ils ont fait savoir, par divers canaux, dont le suffrage universel, qu’ils n’étaient pas disposés à substituer une conscience européenne à une identité nationale, même en crise.

Le repli sur la sphère individuelle, familiale, locale, régionale ou communautaire n’a pas aboli ce “besoin de France”, dont chacun sent plus ou moins confusément qu’il est nécessaire à la survie matérielle et morale des citoyens de ce pays dans ce monde de brutes mondialisées.

Ce n’est donc pas une mauvaise idée que de lancer nos meilleurs esprits dans une stimulante compétition visant à refonder théoriquement la Nation, pour que le pouvoir puisse mettre en œuvre les moyens de la consolider dans le cœur et l’esprit de ses citoyens.

C’est ainsi que l’on a procédé à l’époque des Lumières : les académies, nationales ou provinciales, lançaient des concours pour que les philosophes proposent leurs solutions aux problèmes du moment.

C’est ainsi, peut-être, que l’on parviendra à sortir des oppositions stériles entre eux qui veulent à tout prix maintenir en l’état le vieux paradigme (France-république-une et indivisible-laïque-assimilationniste) en dépit des changement démographiques et sociologiques intervenus dans le pays, et ceux qui se font les chantres du métissage généralisé des individus et des cultures.

Mais il n’appartient pas au pouvoir, où à ceux qui l’incarnent, de définir l’identité nationale par décret. Les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy ne s’y étaient pas risqués. Cette “certaine idée de la France”, dont Charles de Gaulle s’honorait d’être habité n’a jamais été exposée dans les détails pour que le peuple l’adopte telle quelle. Elle se lisait dans l’action du général, qui se contentait de l’évoquer dans ses discours par des tautologies ronflantes. La France de Mitterrand n’était pas moins ambiguë, mêlant celle de Jacques Chardonne à celle de Jean Jaurès.
Ce qui revient, en revanche, au pouvoir, c’est de créer les conditions pour qu’une expression collective de cette identité nationale soit possible, ouverte et accueillante à ceux qui veulent en faire partie.

On pourrait, par exemple, organiser chaque année une French pride ou chacun, comme lors de la fête de la musique, viendrait manifester publiquement de cette “certaine idée de la France” qu’il porte en lui. L’identité nationale ne doit pas être une prise de tête, mais un jour de fête. Par exemple le 14 juillet.

  1. L’Institut Montaigne est à l’origine de la publication, le 17 novembre prochain, d’un ouvrage collectif Qu’est-ce qu’être français ? où interviennent, au côté d’universitaires de renom, des personnalités françaises d’origine étrangère.
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  • 4 November 2009 à 0h57

    Saul dit

    …et 500

    @ Averell ( en réponse à votre remerciement )
    de rien, mais y’ avait pas de quoi : )
    ( et comme vous j’ aimerais avoir connaissance de ce qui s’ est vraiment dit à Hendaye )

    @ Venik,
    oups ! y ‘ a un bout qui a disparu….
    lire plutot : “…selon Perez, les allemands avaient conscience que l’ Espagne ne pouvait pas supporter une guerre longue…”
    et non “selon Perez, l’ Espagne ne pouvait pas supporter une guerre longue ”

    …………………………………………………………………………………………………………………………………..

    bonne nuit causeurs !

  • 4 November 2009 à 0h31

    Averell dit

    A François Delpla. La conversation d’Hendaye ! Grand mystère ! A-t-elle été consignée, et intégralement, tant du côté allemand qu’espagnol ? Et si oui, a-t-il eu destruction (involontaire ou volontaire), perte ? L’aurait-on cachée ? Ce que vous écrivez me laisse supposer que vous savez ou, tout au moins, que vous soupçonnez quelque chose : “A ce jour, et à ma connaissance, les historiens espagnols et américains supportent que leurs gouvernements gardent sous le coude le texte de la conversation d’Hendaye”. Il y a longtemps que j’aimerais avoir connaissance de ce texte, et dans son intégralité. Par ailleurs, et pardonnez ma naïveté, quel intérêt auraient ces gouvernements à cacher ce texte ; autrement dit, quel danger représenterait la publication de ce texte pour ces gouvernements ?

  • 4 November 2009 à 0h24

    Saul dit

    @ Venik,
    “pourquoi,d’ailleurs,se priver d’un allie,a cause de Petain,de l’Empire Francais?”

    en fait selon Perez, l’ Espagne ne pouvait pas supporter une guerre longue , vu l’ état du pays . pour les allemands, il aurait été difficile, par ex, d’ aider les espagnols si ceux ci avaient à faire face à une attaque anglaise. le risque que l’ armée britannique puisse prendre pied sur le continent, en Espagne, aurait convaincu les allemands qu’ il valait mieux, dans leur interet, que l’ Espagne reste en dehors de la guerre ( sans compter que l’ Espagne au main des anglais aurait été une bonne base arrière de soutien pour la 8ème armée en Afrique du nord ) . l’ avantage de cette situation pour l’ Allemagne ( ça c’ est ma théorie ), était qu’ elle n’ avait pas à se préoccuper d’ un nouveau front sur le continent, tandis que la route de ravitaillement de la 8ème armée restait fragile ( seulement Gibraltar et Malte )

  • 4 November 2009 à 0h04

    Saul dit

    François Delpla,
    je viens de lire votre édito, et, si je comprends bien, hitler comptait quand meme sur une alliance avec la GB ( dans mein kampf si j’ ai bien lu )
    donc la théorie, selon laquelle il aurait été surpris ou déçu de la déclaration de guerre de la part des anglais, serait assez plausible ?

  • 3 November 2009 à 23h41

    solitude dit

    “Solitude , vous n’avez toujours rien compris à la loi , la peine est aggravée si la motivation est liée à l’orientation sexuelle homo ou hétéro .
    Si je vous frappe en vous traitant de sale hétéro , ma peine sera aggravée car liée à votre orientation sexuelle .”
    Cela m’étonnerait parce qu’il faudrait une loi anti hétérophobie. Mais avouez que cela deviendrait risible pour ne pas dire sinistre si chaque particularité demandait une loi phobique.
    Mais,tout cela n’est pas le sujet du jour.

  • 3 November 2009 à 20h58

    Patrick Mandon dit

    Franz, qui a jamais prétendu que la Résistance n’était pas un assemblage improbable de convictions, de sensibilités, d’origines, de destins, d’opinions, d’intentions ?

  • 3 November 2009 à 20h23

    Saul dit

    François Delpla,
    là, assez d’ accord avec vous ( je n’ ai pas encore lu votre édito ), il voulait vraiment la guerre contre la France ( pour la GB, j’ avoue que mon opinion n’ est pas faite, il y a quand meme des éléments tendant à confirmer qu’ il aurait préferé un accord avec les angliches, mais rien de tranchant, ça reste quand meme à démontrer ), meme si ses généraux redoutaient l’ armée française et considéraient ses vélleités antifrançaises comme risquées ( ce en quoi ils n’ avaient pas tort, les allemands ont eu une chance incroyable sur la campagne de France, en bénéficiant notamment de l’ incompétence des généraux français, l’ armée française, bien que moins moderne, étant tout à fait capable de vaincre l’ allemande )

  • 3 November 2009 à 19h37

    François Delpla dit

    @ Saul

    Hitler rouleur ou roulé ?
    On ne saurait en tout cas résoudre la question en faisant voter les gens qui disent qu’ils l’ont bien eu contre ceux (rarissimes) qui reconnaissent le contraire !

    Son affaire est très vicieuse, mais très subtile.

    Voyez mon dernier édito : une majorité pense encore aujourd’hui qu’il est surpris, déçu et angoissé par la déclaration de guerre anglo-française du 3 septembre 39, alors qu’il a tout fait pour, comptant s’occuper de la Pologne puis de la France dans le même choc opératoire. Mais cela n’aurait pas marché si nos ancêtres n’avaient pas été précisément aussi poires, sur ce point, que nos contemporains : tous pensaient qu’il entrait dans la guerre à reculons, ayant cru que Paris et Londres reculeraient, eux, encore une fois comme en 38, et bien peu voyaient qu’il appliquait à la lettre la page de Mein Kampf annonçant un coup écrasant contre la France pour assurer les arrières d’une conquête orientale.

  • 3 November 2009 à 18h29

    Têtuniçois dit

    Solitude , vous n’avez toujours rien compris à la loi , la peine est aggravée si la motivation est liée à l’orientation sexuelle ( comme c’était le cas pour des motifs religieux ou ethniques ) homo ou hétéro .
    Si je vous frappe en vous traitant de sale hétéro , ma peine sera aggravée car liée à votre orientation sexuelle .

  • 3 November 2009 à 18h08

    Averell dit

    A Saul
    Je prends connaissance de vos courriers à l’instant et je vous en remercie.

  • 3 November 2009 à 18h07

    rackam dit

    Saul,
    merci d’avoir assuré la permanence, les roycos ont droit à des vacances, en famille, au soleil de l’Atlantique, sans aucun équipement électrique à disposition (une lampe tout de même….). Je sais pouvoir compter sur Averell et vous pour défendre S.M. Juan Carlos. Ce n’est qu’un début, la fulgurance de la royauté viendra ensuite.
    Patience.
    Double :)

  • 3 November 2009 à 17h54

    Saul dit

    merci Nadia, mais je m’ attends à une volée de bois vert ( car c’ est loin d’ etre un manche en Histoire , Delpla, et hitler, c’ est sa spécialité… ), car j’ ai manqué de précisions concernant vichy et hitler et ai du commettre quelques inexactitudes, j’ ai dit ce que je me souvenais ( la plupart de mes bouquins sont dans des cartons disséminés ici où là, ouinnnnn ! causeurs, si vous achetez une maison, alors prenez en une neuve, jamais une ancienne !….trop de travaux, et le coté “provisoire” des affaires dans les cartons a tendance à s’ éterniser….)

    @Rackam,
    désolé pour cette disgression “franco de porc ” : )

    ( au fait où étiez vous passé l’ autre soir ? c’ est moi, républicain acharné pourtant, qui ai du défendre le bien fondé de la monarchie espagnole face à la république.
    c’ est vous, qui appreciez la fleur de lys, qui aurait du remplir ce role ; ) )

  • 3 November 2009 à 17h43

    nadia comaneci dit

    Mult bine, cher Saul, toujours plus plus fort en histoire… Avec toi, je ne cesse d’apprendre.

  • 3 November 2009 à 17h41

    solitude dit

    Têtuniçois ” il n’y a pas de traitement particulier dans la constitution concernant les homosexuels , Si c’est le cas , je vous mets au défi de me citer le passage .

    “Etre contre le mariage [homosexuel], c’est être homophobe” comme l’a redit le président de SOS Homophobie Ronan Rosec.
    Selon la loi antihomophobie, et si les tribunaux acceptaient ce délire de persécution, le seul fait de ne pas être pour le mariage homo serait condamnable juridiquement.
    Les homos seraient donc les seuls à imposer des lois selon leurs projets personnels ,sous la menace

    Je pourrais aussi vous chercher les aggravations de peines si l’agressé est homosexuel

  • 3 November 2009 à 17h24

    rackam dit

    Saul,
    restons Franco-français, por favor. :)

  • 3 November 2009 à 16h44

    Saul dit

    pour terminer avec la volonté ou non de Franco de rentrer en guerre, Perez soutient que celui ci avait parfaitement conscience qu’ il ne pouvait soutenir de telles revendications territoriales tout en restant uniquement dans le statut de non-belligérance.
    une fois de plus je ne dis pas que j’ adhère à sa thèse, mais celle ci se tient et reste plausible.

    @ Nadia,
    Hi, comment vas ?

  • 3 November 2009 à 16h13

    Saul dit

    @ François Delpla, ( suite )
    …récriminations allemandes ( fondées ou pas d’ ailleurs ) dues notamment après l’ invasion de la zone libre en 42 et la découverte de depots d’ armes “clandestins”.
    vous avez bien raison de rappeller que les conditions d’ armistice était un bon moyen de pression de la part des allemands mais vous oubliez aussi qu’ hitler avait le souçi de ne pas voir l’ empire et la flotte passer au main des alliés. pour cela il avait laissé une ( très étroite ) marge de manoeuvre à Vichy
    rappelez vous des protocoles de Paris ( si je ne me trompe pas ), hitler avait proposé aux français une aide militaire pour contrer l’ invasion de la Syrie et non imposé….
    ou bien encore quand Darlan s’ était proposé de rentrer en guerre aux cotés de l’ Allemagne ( suite à Mers el Kébir je crois ), les allemands l’ en avait dissuadé par crainte de voir l’ empire basculer du coté des alliés…

  • 3 November 2009 à 16h05

    Saul dit

    @ François Delpla
    votre lien est interessant..
    sur votre “excellent ! et à ce niveau, nouveau ! ” qui se veut ironique, si vous me relisez bien, je n’ ai fait qu’ exposer la thèse de Joseph Perez ( dont je dis y etre sceptique ) et non la mienne, qui est professeur de civilisation de l’ Espagne et de l’ Amerique latine à la fac de Bordeaux 3. à ce titre il m’ a semblé interessant de l’ exposer ici
    et pas si nouveau, vous la retrouverez dans son “Histoire de l’ Espagne” ( Fayard ) paru en ….1997 !
    mais vous allez très certainement nous démontrer que Perez n’ est qu’ un ignare…….
    quant à Pétain roulé par Hitler, vous oubliez les nombreuses notes et rapports de certains dirigeants allemands estimant le contraire et “reprochant” à hitler d’ avoir laisser subsister une zone libre, l’ empire et la flotte française ( la 2ème du monde à l’ époque )
    ( la suite au prochain post )

  • 3 November 2009 à 15h44

    nadia comaneci dit

    Franz, à ce compte là, de Gaulle non plus n’était ni juif, ni fou, ni aventurier, mais ce qu’il représentait les a attirés aussi sûrement qu’un aimant en transcendant leurs différences. Je ne suis pas sûre que l’expression fasse rêver, elle sent à plein nez le bureau machin chose de la direction machin chouette, mais on pourrait appeler ça “l’identité nationale”.

  • 3 November 2009 à 15h16

    rackam dit

    Franz,
    et d’Estienne d’Orves et Bénouville et tant d’autres.
    Mais dans l’angélisme ambiant…
    Ils veulent bien concéder Déat, Doriot et quelques autres, mais faut pas pousser.