Viols de Cologne: la police présumée coupable | Causeur

Viols de Cologne: la police présumée coupable

L’antiracisme a besoin d’un bouc émissaire

Auteur

Hadrien Desuin
Expert en géo-stratégie, sécurité et défense

Publié le 13 janvier 2016 / Monde Politique Société

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En ce début d’année, René Girard aurait apprécié la belle mise en pratique de sa théorie du bouc émissaire. Plus de 500 plaintes ayant été déposées à la suite du réveillon du Nouvel An à Cologne, on cherche en effet un coupable qui soit le bon.

Un esprit réactionnaire-et-replié-sur-soi pointerait tout de suite les auteurs des viols et autres agressions sexuelles. Mais ce serait trop simple. Pendant plusieurs jours, tout particulièrement à gauche, la peur de paraître raciste a empêché de voir dans le flux récent de migrants (près d’un million en 2015 rien qu’en Allemagne) la cause principale de cette émeute sexuelle sans précédent en Europe.

Henriette Reker, bourgmestre de Cologne, a d’abord jugé “absolument inadmissible les supputations reliant les réfugiés aux coupables.” L’évidence des faits a pourtant fini par voir le jour : les agressions sexuelles n’ont pas été commises par des mâles blancs de plus de 60 ans mais bien par des jeunes maghrébins ou arabes qui il est vrai n’ont pas les moyens de faire du tourisme sexuel sur les plages thaïlandaises. Pire, ce sont en majorité des « demandeurs d’asile ».

L’affaire devient embarrassante. Car comme chacun sait, le migrant musulman est le nouveau prolétaire à défendre. Avec un zeste de maternalisme, la mairesse de Cologne s’est donc contentée dans un premier temps de sermonner les allemandes plutôt que de stigmatiser les immigrés. Dans une foule compacte comme celle qui réunit la jeunesse dans la rue ces soirs de fête populaire, les femmes qui ont eu l’audace de sortir seules n’avaient qu’à se tenir éloignées d’un bras plutôt que d’aguicher ces pauvres migrants (il semble que malgré les injonctions d’Al-Jazira l’adjectif “réfugié” ne soit plus de mise ces derniers jours). Après tout, la frustration sexuelle est sans doute un “miasme post-colonial” pour reprendre la dernière trouvaille de la sénatrice PS Bariza Khiari à propos de la déchéance de nationalité.

Pour les féministes qui sont restées fidèles à leurs idéaux, la saucisse de Francfort est tout de même un peu difficile à avaler. Raillée sur les réseaux sociaux et dans la presse, Henriette Reker a fini par s’excuser de ses conseils de pudeur tandis que l’ancienne dirigeante d’Osez le féminisme Caroline De Haas osait twitter l’intwittable: “Ceux qui me disent que les agressions sexuelles en Allgne (sic) sont dues à l’arrivée des migrants: allez déverser votre merde raciste ailleurs“.

En France, les féministes de garde veillent mais de l’autre côté du Rhin, il devient difficile d’accuser à mi-mots les allemandes de provocations sexuelles. Une diversion s’impose pour éviter les amalgames et enfin trouver un coupable qui convienne. C’est donc la police de Cologne qui se trouve pointée du doigt.

Pour le ministre de l’Intérieur du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie Ralf Jäger, la maréchaussée est responsable de «fautes lourdes». « L’image qu’a donnée la police n’est pas acceptable ». C’est à se demander si les émeutes sexuelles n’étaient pas, tout compte fait, une bavure policière.

Le chef de la police de Cologne a d’ailleurs été immédiatement limogé. La presse tenait son bouc émissaire. Pourtant celle-ci avait du mal à suivre. À Stockholm, à Helsinki, à Vienne, comme à Amsterdam, la police aurait été défaillante? Coïncidence troublante.

Si un dispositif policier est toujours perfectible, ces accusations contre les forces de l’ordre apparaissent finalement comme une grossière tentative de la classe politique de se dédouaner à bon compte sur le dos de ses agents. Accusés de mal communiquer ou de dissimuler, les chefs de la police se défendent de tout laxisme face à une criminalité d’une ampleur inédite et publient finalement un rapport accablant sur les méfaits de l’immigration sauvage. Reste alors pour le ministre de l’intérieur rhénan à franchir la barrière qui sépare la police de l’extrême droite : « Stigmatiser un groupe (de population) comme des agresseurs sexuels est non seulement une erreur mais aussi dangereux. C’est ce que font les charognards de l’extrême droite, c’est leur seul argument. »

Ouf, les gauches communautariste et féministe peuvent se réconcilier ! Le bouc émissaire idéal est finalement tout trouvé. Cibler l’incompétence des polices et les manifestations identitaires est bien commode. Tant pis si on confond cause et conséquence du drame. Le débat sur l’immigration extra-européenne attendra. Et c’est bien là l’essentiel pour la nomenklatura allemande.

*Photo: Sipa. Numéro de reportage : AP21843556_000014.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 20 Janvier 2016 à 6h27

      salaison dit

      Lépante !…… revient, nous avons besoin de toi !

    • 19 Janvier 2016 à 7h46

      salaison dit

      En fait le véritable commentaire est : 
      “nous ne savons pas exactement ce qui s’est passé” 
       

      • 19 Janvier 2016 à 11h24

        salaison dit

        …… “circulez, y a plus rien à voir!”……..

    • 18 Janvier 2016 à 9h31

      salaison dit

      ????? “viols” ????? Hum !…… “c’est très nettement exagéré”…….
      WOUARFFFFF! (si c’était pas aussi lamentable comme commentaire du Ministre de l’Intérieur)  

    • 18 Janvier 2016 à 6h57

      salaison dit

       c’est stupéfiant    (et beaucoup continuent à en redemander!) (les hypocrites !)

      • 19 Janvier 2016 à 10h23

        salaison dit

        c’est comme le Légion d’Honneur !……. il y a de plus en plus d’hypocrites ! (et qui se donnent le beau rôle en plus) (même ici!) n’est ce pas “dium”…… oupssss!