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Villepin, l’avenir d’une illusion

Un messie à la Halle Freyssinet

Publié le 21 juin 2010 à 5:00 dans Politique

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DDV dans son nouveau vidéo clip.

On avait décidé de faire sa mauvaise tête. Genre Dominique, tu nous as eu deux ou trois fois. Pas cette fois, pas le jour où tu lances ton parti. Le coup du troisième homme gaullo-chevènementiste, au dessus des partis le lendemain du 18 juin, c’est encore plus téléphoné que le dernier tube de Lady Gaga.

Faut dire, plus de deux heures à attendre le discours de l’homme providentiel, ça laisse du temps pour regarder avec qui on prend parti (ou on pourrait). À la Halle Freyssinet samedi -comme son nom l’indique, d’anciens entrepôts transformés en vague truc pour défilé haute-couture ou réunion publique – on a vu qui ? Quatre députés villepinistes, quelques rescapés du Chêne, le club authentiquement gaulliste de MAM, d’anciens sarkozystes, des vieux de l’UMP dégoûtés par le président et, je cite, “sa politique atlantiste”, des jeunes bien propres en pull, des vieilles à bagouzes, des filles à marier à carré Hermès, des paysans ralliés au souvenir de Chirac. Pas de quoi fouetter un chat.

La banlieue dans le sens du poil

Et puis, tu regardes de plus près et tu vois une fille voilée habilement placée au premier rang, et la banlieue. Celle que Villepin, pour des raisons électoralistes, a décidé de caresser dans le sens du poil, juste parce que Sarkozy ose pas y mettre les pieds. Et c’est amusant de voir ces jeunes beurs, noirs, ou Dieu sait quoi soutenir Villepin bruyamment, faire la claque. Porter des T-shirts : “La banlieue avec de Villepin pour 2012″. Au risque de susciter quelques petits débordements comiques : ainsi, on a vu un jeune porter un maillot de foot de l’équipe d’Algérie, gentiment sommé d’enfiler le t-shirt officiel de la Villepinie par dessus (au passage, ledit logo est minable : une espèce de V façon vendéen-chouannerie, tout raté, si on peut dire). On a entendu aussi beaucoup d’applaudissements quand DDV parle du droit des Palestiniens à avoir un état. Certes, dans la foulée, le droit à Israël à vivre dans la sécurité n’est pas hué, mais au pupitre, le héros du jour accélère son débit pour éviter tout risque de cata télévisée. Ouf, il n’y aura pas de sifflets. Tout ça donne un joyeux bordel, et faut vraiment beaucoup de très gros bras pour bloquer les jeunes qui veulent monter sur scène une fois le “Vive la République, vive la France!” de fin de discours expédié…

Ce faisant, il y avait pas loin de 6000 personnes. Et si on s’en tient à la lettre et qu’on met de côté le ralliement (enfin peut-on dire ça de quelqu’un qui passe son temps à essayer de trouver un endroit où se poser pour se faire élire) d’Azouz Begag (on ne rit pas de son ministre de l’Egalité des chances ou un truc comme ça), zut, ça plait.

La France, la puissance, l’industrie, les ouvriers, la finance qu’il faut mettre au pas, les riches qui devront faire un effort pour redresser le pays, les vieux, les campagnes qu’il ne faut pas oublier. La nation, la loi, la constitution, tout ça, on signe. Moins que le passage obligé l’économie-verte-va-nous-sauver-de-la-catastrophe. Mais c’est comme le passage sur les banlieues, qui sont forcément pleines de richesses et de pépites qu’il faut mettre en valeur et autres conneries sur la diversitude, des trucs obligés aujourd’hui quand tu veux faire de la politique. Alors je me dis, Dominique, je suis prête à oublier quel Secrétaire général de l’Elysée tu as été, quel Premier ministre tu fus, et je suis même prête à croire que tu vas aller jusqu’au bout et que ma foi, si ça peut emmerder Sarkozy/Bertrand et consorts, je signe.

Les troisièmes hommes, j’aime ça !

Je signe parce que les troisièmes hommes, jusqu’à Chevènement, j’ai aimé ça. Et que dans le fond, ton discours fait saigner mon cœur de chevènementiste en déshérence, tant qu’Aubry nous servira du Care, et que Sarkozy se contentera d’être lui-même. Que tu parles de la France comme personne aujourd’hui, alors même que tu ne la connais pas. Je sais pas qui te la raconte, mais ils sont forts les gars. Dans le fond, les gens autour de moi, ne prennent pas ça très au sérieux, mais le goût du sang, de la revanche, du grand (qui a été mal aimé quand même) face au petit qu’on déteste, ça amuse. Même que ça excite disons-le. On a vu samedi des journalistes applaudir…

Villepin s’adresse “à ceux qui se sentent orphelins de la République.” On est nombreux si ça se trouve. Et personne ne nous parle. Bon, c’est comme toujours, au bout il y a une élection. Va falloir mettre les mains dans le cambouis très sérieusement. Mais au moins, quoi qu’il advienne, on pourra dire qu’on a bien rigolé.

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  • 23 June 2010 à 14h56

    Coriolan dit

    Rotil dit : a dit le 22 juin 2010 à 13:30
    Mon problême, c’est que je ne suis pas cannibale !!!

    Pareil, vieux : je ne mange pas de ce vain-là…
    Oui, bon, d’accord, mais je suis en pleine digestion, là ;)

  • 23 June 2010 à 9h50

    Kacyj dit

    Ce monsieur qui se présente à ses heures perdues comme un poète ferait bien de relire la fable de la Fontaine qui met en scène les déboires d’un paon.

    Depuis fort longtemps, j’associais plutôt à Villepin celle du boeuf et de la grenouille.

  • 23 June 2010 à 9h33

    Philantrope dit

    Villepin est un imposteur et le roi des coups tordus. Sa rhétorique est fatigante à force d’hyperboles et autres images outrancières. L’appel du 19 juin pourrait faire sourire s’il n’était pitoyable sur le fond. C’est drôle comme l’orgueil peut transformer une personne intelligente en un imbécile. Ce monsieur qui se présente à ses heures perdues comme un poète ferait bien de relire la fable de la Fontaine qui met en scène les déboires d’un paon.

  • 22 June 2010 à 14h06

    rackam dit

    Rotil,
    très joli.

  • 22 June 2010 à 13h40

    Rotil dit

    Dernière émission de la campagne 2012:

    Arlette: “Galouzo, en somme, quel est votre programme ?”

    Galouzo: “Ce qui m’importe, voyez-vous, ce qui fait que j’y pense chaque matin en me rasant, c’est très simple, au fond: je veux être Caïphe à la place de Caïphe.”

  • 22 June 2010 à 13h30

    Rotil dit

    Coriolan,

    “Alors c’est un vrai con.
    Qui le prend à dîner ?

    Mon problême, c’est que je ne suis pas cannibale !!!

  • 22 June 2010 à 13h11

    L'Ours dit

    Je suis touché par vos posts à mon endroit.
    Je vais allé tantôt cherché des petits bonheurs dans ma caverne-atelier.
    Grâce à vous, je me sentirai moins ours.

  • 22 June 2010 à 12h42

    Sophie dit

    “c’est un biophilosophe ” équitable et durable!

  • 22 June 2010 à 12h40

    Sophie dit

    L’Ours, je vous embrasse.

    Très fort.

  • 22 June 2010 à 12h24

    Guillaume_rc dit

    à l’auteur de l’article et tous ceux qui voient en Villepin un sauveur :
    lisez attentivement ce qui lui sert de programme ou mieux encore son inénarrable “cri de la mouette”. Quand j’ai lu cet opuscule, j’ai un moment cru à une parodie. Ce qui sert de pensée/programme à Villepin tient sur une carte de visite. Et encore….
    Cette immense baudruche, après avoir été un conseiller catastrophique de Chirac, un ministre des affaires étrangères nul et un premier ministre incompétent n’a qu’une idée en tête : empêcher Sarkozy d’être réélu. Même si ça doit porter Aubry au pouvoir.

    à Alain Jugnon
    Si vous pensez vraiment qu’il n’y a de pensée qu’à gauche, vous devriez consulter ou adhérer au fan club de Torquemada.
    Vous éructez sur Finkielkraut, mais je trouve votre anti-racisme à sens unique. Pour rester sur le sujet “bleu”, S. Govou a quand même récemment déclaré qu’il préférait les noirs aux blancs ; ça n’a pas l’air de vous déranger beaucoup.

  • 22 June 2010 à 12h09

    Kacyj dit

    L’Ours,

    Quel merveilleux hommage vous rendez là à ce merveilleux penseur. Remarquable de mettre en parallèle le courage et l’intelligence de Finkielkraut ayant pour seul souci de servir la vérité.

    Tout comme lui, vous êtes un digne héritier de ce roi dont la sagesse et la splendeur ne furent jamais égalées et qui nous a légué l’image de ce coeur intelligent.

    Et comme le souligne Rackam, vous contribuez aux petits bonheurs du jour, au milieu de ces clowns loufoques, qui sévissent jusque sur cette page.

    Mes respects cher Ours.