Victoria, Jason Bourne, Nocturama, etc. | Causeur

Victoria, Jason Bourne, Nocturama, etc.

Tant qu’il y aura des films

Auteur

Olivier Prévôt
anime le site et la revue L'Esprit de Narvik et le blog Les Carnets de Betty Poul sur Causeur.

Publié le 17 septembre 2016 / Culture

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Avec Victoria, Justine Triet signe une désopilante comédie de mœurs. Et dans Nocturama, pour le pire, mais aussi le meilleur, Bertrand Bonello renverse nos représentations des événements de 2015.

victoria justine triet nocturama

La défaite en plaidant

Elle se heurte, elle se cogne. Aux hommes, aux règles, au poids des choses. Son baby-sitter la plante en lui faisant une leçon de morale. Son ex (l’excellent Laurent Poitrenaux), écrivaillon, graphomane autofictionnel, décrit par le menu ses turpitudes intimes, mêlant avec perversité le vrai et le faux. Son meilleur ami (le beau Melvil Poupaud) l’entraîne dans des problèmes insolubles. Et son sauveur (Vincent Lacoste) la vole allègrement. L’avocate pénaliste Victoria Pick (Virginie Efira) est donc au bout du rouleau. Tel est l’argument de la désopilante comédie de mœurs Victoria, réalisée par Justine Triet (La Bataille de Solférino), dont le ton, l’énergie, l’intelligence des situations et des dialogues (jamais lourdement « dialogués ») inaugurent un style assez nouveau et frais dans le paysage français du genre.

Si l’on peut regretter que Vincent Lacoste n’en finisse pas de faire du Vincent Lacoste (aimable mollasson post-adolescent à qui les réalisateurs ne se résolvent pas à donner un rôle un peu plus à contre-emploi – il y a pourtant, pour qui sait regarder, du tueur chez cet acteur !), on ne peut qu’être emballé par l’énergie contenue de Virginie Efira, qui tient à elle seule tout le film, assume avec naturel les situations les plus absurdes et nous entraîne dans de longs fous rires. Notons également l’excellente prestation de Laure Calamy dans le rôle d’une avocate survoltée – épatante !

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    publié dans le Magazine Causeur n° 97 - Septembre 2016

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    • 20 Septembre 2016 à 20h08

      GigiLamourauzoo dit

      victoria que jason bourre en nocturama? Mr prevot,z etes un lacanien!

    • 19 Septembre 2016 à 20h07

      clorouk dit

      Comme Olivier Prévôt, Laurent Dandrieu, tous deux critiques que j’apprécie, qualifie Victoria de film désopilant. J’ai vu le film, je l’ai aimé, j’ai souri plus que ri, Victoria est amusant, tout au plus. Mais le film, effectivement soutenu par la seule Virginie Efira, éblouissante, a d’autres mérites. Ce panorama d’une société déboussolée que Victoria, perdue dans sa seule personne, illustre à merveille, est d’une rare pertinence. Outre son pouvoir de séduction, l’actrice s’affirme comme une étoile montante du cinéma français. Dans la scène finale (elle avoue son amour à Samuel), elle est parfaite au point de faire jaillir l’émotion chez le spectateur pris au dépourvu. Je prévois une hausse spectaculaire du nombre des followers de Virginie.

    • 19 Septembre 2016 à 13h47

      Leboulonnais dit

      Pour VICTORIA je confirme : très bon film, bien joué, histoire originale et très bonne musique.

    • 19 Septembre 2016 à 9h59

      CQFG dit

      Curieuse comparaison avec le film de Gibson (qui ne s’appelait pas Golgotha d’ailleurs). Olivier Prevot essaie-il de nous dire qu’en réalité c’était le Christ le coupable? Voilà qui aurait intéressé René Girard :)

    • 19 Septembre 2016 à 0h31

      ZOBOFISC dit

      Je n’ai pas bien compris ce que veut dire l’auteur quand il parle de “désislamiser la radicalité.
      NOCTURAMA est-il une grosse farce comme “le printemps d’Hitler” dans l’excellent film de Mel Brooks  ”Les producteurs”  ou bien est-ce un film qui n’est pas destiné à faire rire et le sieur Bonello veut-il déculpabiliser l’islam ?
      Si c’est le cas je n’irai pas le voir.
      J’attendrai qu’il fasse une trilogie avec  un film dans lequel il “clubmédisera” le goulag un troisième dans lequel il se livrera à la  ”disneylandisation” de Dachau