Veni vidi Sarkozy
Chérèque et Thibault n’ont pas obtenu le minimum syndical
Publié le 05 novembre 2010 à 12:00 dans Société
Mots-clés : France, Nicolas Sarkozy, Retraites, Syndicats

Après quelques semaines, la lutte finale aura donc été remise à plus tard : c’est plutôt la fin de la lutte. Sans même un Grenelle de consolation, les tambours CGT et les trompettes CFDT ont replié leur attirail de kermesse et libéré leurs otages sans obtenir de rançon.
Pendant que la majorité des travailleurs se levait plus tôt que d’habitude pour essayer, par la route ou par le rail, d’aller travailler, c’est-à-dire d’échanger sa modeste utilité contre les moyens de sa subsistance, une minorité de fonctionnaires qui ne voit pas plus loin que le bout de ses avantages acquis tentait d’extorquer le maintien de ses privilèges contre la preuve de sa capacité de nuisance.
Ainsi, on a vu les marins corses − qui s’y connaissent en extorsion de fonds − obtenir dans une certaine discrétion que leur régime spécial ne soit pas touché par la réforme. On peut s’interroger sur la difficulté de leur travail. Vieillit-on plus vite en assurant la liaison Nice-Calvi sur un promène-couillons trois fois par semaine qu’en partant des mois sur un chalutier pêcher le thon jusqu’en Islande ? La réponse est non, mais la question n’est pas au désordre du jour.
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 29Novembre 2010

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L'auteur
Cyril Bennasar est menuisier.
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24Pierre Jolibert dit
“Quand Chirac et Villepin ont annulé le CPE, loi pourtant votée, ils ont affaibli les gouvernements qui suivraient en cas de contestation sociale…”
Loi non seulement votée, mais promulguée par Chirac, qui disait en même temps qu’il ne fallait pas l’appliquer.
Ce jour-là, ce disciple du dr Queuille, cet homme des éternels et centristes 20 % des suffrages aux premiers tours de toutes les présidentielles où il s’est présenté, cet opportuniste qui a entonné absolument tous les airs possibles en fonction des avantages électoraux qu’il pouvait en tirer sur le moment, ce radical de la IVème république né pour affaiblir les institutions de la Vème, a définitivement montré que pour lui, les mots, les lois, le sens, n’avaient aucun sens.
Et sa création, le Villepin, qui vient de dire que le problème, aujourd’hui, c’était Sarkozy.
Tsouintsouin dit
J’aurais du écrire “opportunité” plutôt que “cadeau”, c’est vrai.
serge dit
Bravo pour cet article jubilatoire. Voilà une pierre bien posée. Il est toujours réjouissant de voir les braillards cégétiste repartir la queue entre les pattes.
Cependant, un menuisier qui commencera son apprentissage et donc son métier très physique à 16 ans cotisera 46 ans avant de pouvoir fermer la boutique à 62 ans. S’il a un coup de mou à 60 ans et des vélléités d’aller se reposer avec maman au Cap d’Agde et bien il aura une décote.
Les menuisiers sont parmi les moins favorisés par cette réforme. C’est une réforme injuste pour les artisans.
Impat1 dit
Redrackam,…” Puissiez-vous avoir raison!”…
Sur l’énorme cadeau, Tsouintsouin a d’ores et déjà raison. Ce qui est évidemment moins acquis est de deviner si les futurs gouvernements sauront utiliser ce précédent heureux de ferme maintien de cap dans la tempête.