Vel’ d’hiv’: Marthe Robert contre Marine Le Pen | Causeur

Vel’ d’hiv’: Marthe Robert contre Marine Le Pen

Un texte de 1992 pour défendre la mémoire nationale

Auteur

André Sénik
Professeur agrégé de philosophie

Publié le 11 avril 2017 / Histoire

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Cérémonie de commémoration de la rafle du Vel' d'hiv', 2016, Paris. SIPA. 00764741_000003

Il n’a pas fallu moins de 50 ans pour que la demande soit explicitement formulée. C’est seulement en 1992, soit cinquante ans après la rafle du Vel’ d’Hiv’, qu’une pétition lancée par  le comité Vel d’Hiv’ 42 et soutenue par 200 personnalités parut dans Le Monde, pour demander au président de la République de reconnaître au nom de la France, que « l’État français de Vichy a été responsable de persécutions et de crimes commis contre les Juifs de France ».

Cette demande émanait de citoyens français juifs et non juifs. Elle ne demandait que la reconnaissance d’une vérité historique dûment établie par les historiens, en particulier depuis les travaux de Robert Paxton en 1972.

Mitterand refusa de répondre à cet appel, en s’appuyant sur le mythe entretenu conjointement par les communistes et les gaullistes selon lequel la France ayant été résistante, et la République ayant été supprimée par le régime de Vichy, ni la France ni la République n’avaient le devoir d’assumer et de condamner les crimes commis par l’État français de Vichy, son chef, son gouvernement et son administration, au nom de la France légale.

Marine Le Pen veut effacer les crimes de Vichy de la mémoire nationale

Comme si Vichy n’avait rien à voir avec la France, et comme si la France n’était pour rien dans la rafle du Vel’ d’Hiv’ et la déportation vers les camps d’extermination de 75000 Juifs de France.

Trois ans plus tard, Jacques Chirac fit cette reconnaissance, ce qui permit de réconcilier la France avec son passé grâce au partage d’une mémoire commune.

À l’exception toutefois des tenants du mythe gaullo-communiste et, d’autre part, des nostalgiques de Vichy. Les uns comme les autres prétendent qu’ils veulent sauver l’image glorieuse de la France contre ceux qui la dénigrent en l’enfermant dans une repentance sans fin.

Marine le Pen vient de reprendre à son compte l’argumentaire en faveur de ce déni et de ce refoulement de la vérité historique. Je la cite : « La France n’est pas responsable du Vél’ d’Hiv’. S’il y a des responsables, c’est ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas la France. La France a été malmenée dans les esprits depuis des années. On a appris à nos enfants qu’ils avaient toutes les raisons de la critiquer, de n’en voir les aspects historiques que les plus sombres. Je veux qu’ils soient à nouveau fiers d’être Français. »

Ces gens-là ne veulent pas admettre que l’honneur de la France est d’avoir réhabilité Dreyfus, injustement condamné parce que juif, et d’avoir reconnu les crimes de Vichy, pour mieux  rendre hommage à l’autre France, celle de De Gaulle à Londres, celle des résistants et celle des Justes. Pour répondre à l’argumentaire de Marine le Pen, et pour donner tout son sens à l’impératif de la reconnaissance, je ne connais rien de mieux que le texte écrit par Marthe Robert au lendemain de l’appel du Comité du Vel’ d’Hiv’ 42.

Pour aller encore plus loin, comme on dit, on se reportera au récent film de Michaël Prazan « Vichy, la mémoire empoisonnée » et à la plaquette d’Anna Senik, parue chez l’Harmattan, « L’histoire mouvementée de la reconnaissance officielle des crimes de Vichy contre les Juifs. Autour de la cérémonie officielle de la rafle du Vel’ d’Hiv’. »

Extrait de “Vichy, La mémoire empoisonnée” disponible en DVD et VOD from Talweg production on Vimeo.

 

Le texte de Marthe Robert écrit en juin 1992.

 

« La Shoah est l’un des rares événements historiques – en un sens peut-être même le seul -, qui jouent au temps le mauvais tour de ne pas passer. La Shoah ne passe pas, non seulement parce qu’elle laisse des survivants, et des descendants de ses victimes, mais parce qu’elle concentre en elle une quantité, et, si l’on ose dire, une qualité d’horreur que l’Histoire elle-même, pourtant blasée en matière de tuerie, ne parvient pas à avaler.

Ce n’est pas que dans les pays concernés, on n’ait tenté de faire rentrer cette scandaleuse singularité dans le rang, en l’identifiant sans plus avec les innombrables tragédies humaines qui, vécues par d’autres peuples, et en d’autres temps, sont elles au moins bien révolues.

En France – sans parler des prétendus « révisionnistes » qui, toute honte bue, nient les faits les mieux établis-, les choses se sont passées différemment parce que le pays, vaincu, défait, ruiné, pouvait se tenir à bon droit pour la victime d’une guerre malheureuse. Seulement, il y avait le gros point noir de la collaboration qui, s’il ne pouvait être totalement éliminé, pouvait du moins être quelque peu gommé. Pour cela, les divers gouvernements qui se sont succédés pendant 50 ans ont utilisé ce que j’appellerai la stratégie du « comme si » : on a confondu dans une même catégorie de victimes les résistants qui s’étaient battus en toute connaissance de cause , et les Juifs qui, dans leur immense majorité n’avaient été persécutés, humiliés, massacrés que pace qu’ils étaient né Juifs – grâce à quoi on pouvait nier la discrimination raciale que le régime de Vichy a bel et bien pratiquée- « comme si » enfin, de tous le plus scandaleux, l’affaire Touvier dans laquelle la chambre d’accusation a rendu un arrêt de non-lieu, arguant, en dépit de toutes les preuves contraires, que du fait que si la Milice avait commis des actes répréhensibles, le Maréchal quant à lui n’avait pas eu part à la persécution des Juifs.

Venant après tant de révélations qu’apporte l’inventaire encore timide des archives, ce dernier  « comme si » était trop impudent pour ne pas provoquer l’indignation de la partie la plus saine de l’opinion- car pour la collectivité comme pour l’individu névrosé, cette forme insidieuse de falsification n’engendre jamais que trouble et maladie.

À l’occasion du cinquantenaire de la rafle du Vel’ d’Hiv’, le président de la République s’honorerait en disant solennellement, avec la haute autorité que lui confère sa fonction, que l’État français a eu sa part dans les crimes dits avec raison contre l’humanité. Il se peut que tout de suite après les années sombres, la nécessité de relever un pays défait, profondément démoralisé, ait conduit le général de Gaulle à cette forme de falsification que tous déplorent encore aujourd’hui. Mais depuis longtemps, l’argument ne tient plus ni de l’intérieur ni de l’extérieur la République n’est plus menacée, il est vraiment temps de dire enfin la vérité.

Non qu’on puisse l’offrir en réparation aux victimes et à leurs descendants, ce crime est irréparable.

Mais l’exprimer publiquement, par la voix la plus autorisée, ce serait, d’abord pour nous, faire œuvre de salubrité. »

 

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 14 Avril 2017 à 0h46

      Liamone dit

      Depuis les années cinquante le clan Le Pen se bat contre les valeurs et les idéaux de la Résistance et de la Libération. Le conducator du FN s’est ingénié, dès qu’il a été élu député Poujadiste, à rassembler les vieux pétainistes condamnés à la Libération à des peines d’indignité nationale et à des peines de prison. Il s’est ingénié, dès la création de son parti à adopter la flamme du parti fasciste italien. Le clan Le Pen depuis cinq ans se bas avec virulence contre l’union de la France avec les nations sœurs qui partagent les valeurs et les idéaux de notre civilisation européenne et de la démocratie. Le conducator du clan Le Pen à développé son antisémitisme depuis cinquante ans du “four crématoire et aux autres tirades contre les juifs, sans oublier “l’occupation douce de la France par Hitler”. Pour le cas ou ce clan arriverait à s’emparer du pouvoir présidentiel lors du prochain scrutin, l’Honneur et l’amour de la patrie nous commandent de nous apprêter à entrer dans la clandestinité.

    • 13 Avril 2017 à 15h53

      Leucate dit

      La France est victorieuse en 1945, elle signe la capitulation allemande, occupe une partie du territoire allemand ainsi qu’une zône à Berlin. Elle siège également au tribunal de Nuremberg et un contingent garde la prison de Sapndau où sont enfermés les anciens dirigeants nazis dont certains seront ensuite pendus par un bourreau américain.

      https://www.youtube.com/watch?v=8WQccrMpN8Q

      Quant à ceux qui servirent “le régime appelé Etat Français”, les traitres furent fusillés, les “collabos” emprisonnés et frappés de la peine d’indignité nationale, et dans le privé et le public, dans les entreprises et les administrations, des comités d’épuration examinèrent les cas de ceux qui, durant l’occupation de la métropole, avaient eu un comportement inadéquat. Ceux-là furent congédiés ou au mieux retrogradés.

      Pour le gouvernement provisoire de la république, le régime appelé Etat Français était illégitime et illégal et donc tous ses actes nuls et non avenus.
      Telle a été la position de De Gaulle, chef du gouvernement provisoire, suivi par les présidents de la république qui suivirent, Vincent Auriol, René Coty, Pompidou, Giscard d’Estaing qui avait été jeune brigadier de char (caporal) dans Rhin et Danube, et enfin Mitterand.

      Avec lui se clôt la liste des hommes politiques qui avaient réellement vécu l’époque de la Seconde Guerre Mondiale et y avaient joué un rôle même modeste.
      Avec Chirac commence la liste de leurs successeurs qui racontent des bêtises pour suivre la mode.

    • 12 Avril 2017 à 21h29

      Laocoon1 dit

      ‘’Jacques Chirac fit cette reconnaissance, ce qui permit de réconcilier la France avec son passé grâce au partage d’une mémoire commune’’.C’est l’honneur d’un pays de reconnaître ses ‘’erreurs ‘ ‘, j’adhère à cette prise de décision de Jacques Chirac.
      Mais, que vient faire cette polémique dans l’élection présidentielle. Mme Le Pen n’aurait –elle rien d’autre à dire, sur son programme désuet, son nationalisme étriqué et désastreux , qu’elle se sente obligée de lancer des leurres dans tous les coins.
      Même ‘’Roger Holeindre , ex-vice-président du Front national, aujourd’hui en rupture de ban avec le FN, membre fondateur du Front national l’a quitté lors de l’élection à la présidence de Mme Le Pen. Marine Le Pen ne croit en rien, sauf en ses chances de devenir présidente de la République. Elle n’a ni les idées politiques de son père ni les miennes’’. E Chauprade à dit la même chose.
      Depuis la prime enfance, elle a vécu loin des sociabilités, loin des sensibilités ordinaires, recluse dans un bocal au verre dépoli, infra-monde manichéen où une vanne sur les Juifs, les Noirs, les Arabes, les homos, les francs-macs faisait rigoler…Son but finalement n’est que de prendre une revanche parce qu’elle a vécu dans une famille méprisée par le reste de la société qui était hostile à ce parti d’extrême droite.

    • 12 Avril 2017 à 19h21

      Surbranĉa Birdo dit

      M. Sénik est un de ceux qui veulent que la France entière se reconnaisse coupable de tout, de l’Affaire Dreyfus à la rafle du Vel d’Hiv. C’est un adepte de la repentance et je pense qu’il votera Macron avec enthousiasme. Très peu pour moi car je ne suis pas masochiste. Je rappelle que l’Affaire Dreyfus est une erreur judiciaire qui a été cassée par des tribunaux français et je ne m’en sens pas plus responsable que de l’Affaire d’Outreau qui, elle aussi, a jeté en prison des innocents. Quant à la rafle du Vel d’Hiv je rappelle qu’elle a été décidée par un gouvernement illégal, mis d’ailleurs en place par la chambre du Front populaire et qui a outrepassé la mission qui lui avait été confiée en s’attribuant les pleins pouvoirs qui ne lui avaient nullement été donnés.

    • 12 Avril 2017 à 14h18

      Sancho Pensum dit

      Après Rayski, Sénik enfin touché par la grâce.
      “Ces gens-là ne veulent pas admettre que l’honneur de la France est d’avoir réhabilité Dreyfus, injustement condamné parce que juif, et d’avoir reconnu les crimes de Vichy, pour mieux rendre hommage à l’autre France, celle de De Gaulle à Londres, celle des résistants et celle des Justes.”
      Assurément, et n’ayons pas peur des mots, ceux-là sont de sacrés connards. Et ils sont manifestement nombreux ici.

      • 12 Avril 2017 à 18h22

        durru dit

        Les vrais connards sont ceux qui font semblant de ne pas comprendre que personne n’a remis en question le fait “d’avoir reconnu les crimes de Vichy”, mais seulement l’identification de Vichy à la France.
        Et ils sont également nombreux, mais plus ailleurs qu’ici.

    • 12 Avril 2017 à 13h45

      scarlet dit

      Monsieur Senik: Moi, française juive, je trouve votre texte d’une incroyable mauvaise foi et stérile! Mauvaise foi à l’égard de MLP qui n’a nullement minimisé, nié la réalité de l’implication de Vichy dans la déportation de milliers de juifs français ou étrangers résidents sur le territoire français!
      Moi, française juive, j’en ai ras le bol d’entendre parler de Vichy, des nazis, des fascistes. Parce qu’aujourd’hui, ce ne sont ni les nazis, ni les pétainistes, ni les fachos, qui insultent, frappent, tuent des français parce qu’ils sont juifs. Je me fous de savoir si l’on doit considérer que Vichy représentait ou non la France!
      Je ne fous pas, en revanche, de voir que Pascale Clark qui encense une petite merde d’antisémite (Meklat), a conservé son poste. Que pas davantage le Directeur des Inroks n’a été viré de son poste, lui que les insultes antisémites et homophobes de Meklat faisaient hurler de rire.
      Je ne fous pas de constater que cette merde de Meklat qui a fait l’apologie d’un tueur d’enfants juifs, n’est nullement inquiété.
      Ce sont les juifs d’aujourd’hui qui sont menacés et pour lesquels on peut peut être faire quelque chose, à condition de lutter contre l’islamisme et pas contre des nazis qui sont tout aussi morts que leurs victimes.
      A quoi sert de protéger la mémoire des juifs d’hier si c’est pour abandonner les juifs d’aujourd’hui?

      • 12 Avril 2017 à 14h27

        Sancho Pensum dit

        Ne vous fiez pas à la tentative de dédiabolisation du front national. Rien n’a changé. Ajourd’hui, le FN et une partie de l’électorat juif a un ennemi en commun, le musulman. Mais il déteste toujours autant le juif et le franc-maçon. Ces haines ne sont pas prioritaires dans l’immédiat, mais elles n’en sont pas moins réelles.
        De toutes façons, tout le monde déteste les juifs, y compris les juifs eux-mêmes, puisque comme je l’ai découvert ici, certains sont tout disposés à s’aveugler sur l’antisémitisme de Orban ou d’autres gugusses parce qu’ils détestent Soros, Minc ou Attali, ces représentants de la “finance internationale” et du “cosmopolitisme”, ou pire, comme je l’ai lu, à affirmer que certains juifs sont antisémites.
        Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait, comme dit l’autre.

        • 12 Avril 2017 à 14h35

          laborie dit

          En effet je t’avais reconnu à ton premier vomi…

        • 12 Avril 2017 à 15h59

          scarlet dit

          Sancho: La diedabolisation du FN? Si vous parlez de dediabolisation à l’égard des juifs, certes il y a toujours des antisemites au FN, mais guess what? Il y en a aussi chez Melenchon, et chez Hamon!

          Arrêtez vos conneries à propos de la dé-diabolisation du FN! Moi, je ne vote pas MLP, non pas parce qu’elle est le diable, car elle ne l’est pas plus que les autres, mais parce qu’elle a un programme économique de merde!
          Quant à Soros, il est regrettable qu’il s’acharne à ce point à ressembler dans la réalité aux caricatures de juifs qui fleurissaient dans les journaux d’avant guerre.

          “ou pire, comme je l’ai lu, à affirmer que certains juifs sont antisémites”
          Dites voir pourquoi voudriez vous que les juifs soient différents des autres peuples? Oui, certains juifs détestent les juifs comme certains français détestent la France!

        • 12 Avril 2017 à 18h26

          durru dit

          Oui, bon, Scarlet, les antisémites de gauche ne s’en cachent même pas. Quelles sont les dernières manifs où on a entendu des slogans antisémites? Et c’est passé comme une lettre à la poste.

    • 12 Avril 2017 à 11h48

      Alain Leroy dit

      “Marine Le Pen veut effacer les crimes de Vichy de la mémoire nationale” Quel est l’intérêt de Causeur de publier des articles aussi malhonnêtes ?

    • 12 Avril 2017 à 3h14

      berezina dit

      C’est un énorme problème que de raisonner sur cette époque horrible de la soumission de la France à l’Allemagne.Pour les dirigeants de «la France légale» la soumission était collaboration. Ils ont sciemment envoyé leur police dans les foyers juifs français pour en déporter les habitants. Mais encore ? Hormis les décideurs français de cette « politique » et la fraction limitée d’une population antisémite;et les collaborateurs, qui étaient les autre s ? Quel pouvoir avaient-ils ? Aucun. Désolée, une population en croisait une autre semblable mais affublée d’une étoile jaune dans les rues,le métro. Certains sont allés plus loin;ils leur ont dit leur soutien. Il faut lire à ce propos le récit laisse par Hélène BERN, avant qu’elle ne soit déportée. Il faut lire aussi les lettres laissées par la toute jeune Louise Pikovsky à son professeur de lettre du lycée . La dernière lettre de cette adolescente de 15 ans est écrite de Drancy et raconte leur arrestation. Deux gendarmes de la police française sont arrivés. On était en Fevrier/Mars 44.. Il y avait le père ( déjà détenu à Drancy puis relâche) ; la mère et les trois filles : 23, 15 et 14 ans, étudiante et écolières. Louise était d’une intelligence rare , d’une sensibilité en accord. Un riche échange culturel s’était établi entre elle déjà d’une grande maturité, et son professeur. Elle ne rêvait que de savoirs nouveaux, questionnant la vie et la mort, faisant de la Lumière l’ultime objectif à atteindre – Ce dernier jour, les agents français ont dit à cette famille: «nous n’emmènons que votre père; pour vous, nous reviendrons.» La mère et ses trois filles sont restées de longues heures a «attendre».. leur retour. Pourquoi leur avoir laissé ce délai ? On est en droit de penser qu’ils leur ont laissé le temps de fuir, tout simplement!Mais cette famille était soudée; pas question de se séparer pour fuir. Ces agents n’étaient pas des héros bien sur;mais ils ont tente de les aider.

      • 12 Avril 2017 à 6h27

        lafronde dit

        Nous jugeons l’Occupation car nous savons ce qui a été découvert par les armées alliées à la chute du IIIe Reich, puis jugé à Nuremberg. Mais les juifs de France, de l’Europe de l’Ouest ne savaient pas où on le emmenaient. Sinon ils auraient résisté. Les français ne savaient pas, la Police française ne savait pas. La censure veillait, en zone occupée, et en zone sud. Quant aux dirigeants de l’Etat français, ils étaient liés par le traité d’Armistice, en particulier livrer au allemandes leurs ressortissants et réfugiés, même juifs. Antisémites, ils ne désiraient pas savoir. Ils se sont bornés à ne pas livrés les citoyens français et juifs.

        Pas de solution morale dans le cadre du traité d’Armistice pour le régime pétainiste. C’est LA guerre qu’il ne fallait surtout pas perdre, et pour cela s’y préparer à temps. La IIIe République ne l’a pas fait efficacement.

        • 12 Avril 2017 à 12h14

          Schlemihl dit

          C’ est assez effarant mais en 1944 des juifs sont partis de Drancy en écrivant sur les murs de leur chambrée : Nous partons avec un très très bon moral .

          Les alliés avaient débarqué et on prévoyait la libération . Ils ne savaient pas qu’ils allaient à la mort .

          Mais tous avaient entendu des rumeurs très inquiétantes , on avait parlé de chambres à gaz , d’ un camp en Pologne ou on tuait les gens . Les uns y croyaient , d’autres pas .

          Mais les autorités françaises savaient . Tous les Polonais Estoniens Lettons lituaniens Biélorusses et Russes entre la mer blanche et le Kouban savait , tous les soldats allemands à l’ est savaient et en Allemagne qui ne savait rien ? Le secret de cent millions de personnes c’ est une idiotie .

          Lors de la rafle du vel d’ hiv les dirigeants français en savaient déjà assez .

          La deuxième guerre mondiale passe mal décidément . Les européens ne s’ en sont pas encore remis .