Vatican 2.0
La Théologie pour les Nuls
Publié le 05 février 2009 à 13:12 dans Société
Mots-clés : Benoît XVI, Religion
Benoît XVI qu’on croyait archéo, serait-il spécialiste de la bulle médiatique ? Que n’a-t-il fait en levant l’excommunication qui pesait sur les évêques ordonnés par Mgr Lefèbvre ! Incarnations absolues du Mal, au même titre que les Gremlins ou Freddy Krueger, ces quatre guérilleros mitrés et crossés semblaient bien décidés à ne jamais franchir le Rubicon séparant Econe de Rome, tant que l’Eglise n’accepterait pas de remettre la télé en noir et blanc. Honnis par certains, vénérés par d’autres, ces prélats à la nuque raide finissent par se demander s’ils ne sont pas en train de gagner leur combat pour “La Tradition” et tous les autres mots qu’ils écrivent avec une majuscule. En une petite semaine, Williamson est passé du néant à la couv’ de Libé. Un peu de patience et on le verra chez Drucker.
En attendant, dans les médias et plus spécialement sur le net, c’est baston générale. Chacun y va de sa petite opinion sur l’œcuménisme, la réforme liturgique, l’autorité du Magistère, ou encore la longueur du manipule. Les intégristes de la Loi de 1905 ne sont pas les derniers à se lancer dans la bataille. Sans peur et sans reproche, ils se drapent de laïcité, évoquent Voltaire qu’ils n’ont pas lu, prophétisent à l’envi un retour à l’obscurantisme, et finissent par se lasser eux-mêmes de leur bêtise. Enfin, pas toujours, malheureusement…
Bien sûr, la fête ne serait pas complète sans les vaillants défenseurs de la Vraie Foi Catholique de Toujours (bien penser aux majuscules !). Refusant encore de sortir leurs cerveaux du congélo dans lequel ils les ont rangés après Vatican II, ils brandissent quelques bribes de bulles papales moyenâgeuses comme autant de fatwas. De “la communication des idiomes” à “l’apocatastase”, ces scholars en scolastique agitent quelques grigris conceptuels mal digérés, nuages de poudre jetés aux yeux des boy-scouts qui les admirent. Et dans cette mouvance traditionaliste, les Pidistes1 passeraient presque pour des timorés, à côté de leurs camarades sédévacantistes, qui, eux, en plus de prétendre que la “secte conciliaire” (comprenez “l’Eglise Catholique”) est contrôlée par le lobby luthéro-trotsko-judéo-maçonnique, ajoutent que le contrat de travail de Joseph Ratzinger n’est pas valide. Manquerait plus qu’ils en appellent à l’Inspection du Travail !
Bref, j’ai comme l’impression que le pape Benoît XVI aurait fait couler moins d’encre s’il s’était fait surprendre dans une discothèque d’Ibiza devant un rail de coke.
- Fidèles de la mouvance lefèbvriste (Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X). ↩
-
L'auteur
Nicolas Huchet est blogueur.
-
Plus










La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
79Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous :
Pas encore abonné ? Pour commenter cet article :
1 an : 55 €
1 an : 34,90 €
20 articles verrouillés : 9,90 €
D.H. dit
Nicolas,
En effet, ce beau texe est introduit par les mots suivants:
“UN ANONYME DU IVème SIECLE”.
Cela ne concerne pas, bien sûr, la peinture qui est reproduite en dessous, qui date, elle, de toute évidence, au plus tôt du XVIIème.
Ceci dit, la mise en accusation du peuple juif en tant que tel, a perduré longtemps après l’époque des martyrs (perdure encore), et en particulier au siècle de Thérèse d’Avila (XVIème). On peut en tenir compte, pour bien comprendre les hommes et les femmes de foi qui nous ont précédés, et peut-être, certaines douleurs intimes chez eux.
N’hésitez pas, en tous cas, à éclairer s’il vous plaît ma lanterne en matière de théologie, dès que vous constatez que je m’égare un peu trop!
Nicolas dit
@ DH : Cette homélie est effectivement ante-conciliaire puisqu’elle date de l’époque patristique (vers le IVe siècle, pour ce texte, si je ne m’abuse).
A cette époque, les auteurs ne tenaient pas encore compte des précautions dont nous enrobons nos écrits aujourd’hui. A l’époque, les chrétiens versaient encore leur sang à cause de leur foi.
Donc, pas d’anachronisme !
D.H. dit
Petite note additionnelle à mon précédent post, Nicolas:
La phrase: ” j’ai été livré aux Juifs dans un jardin”, que je tire de l’homélie à laquelle vous renvoyez, me semble “anté-conciliaire”, non?
Ceci dit, cela permet peut-être d’expliquer en partie, l’émotion justement, ressentie par Thérèse dans le texte que j’ai recopié.
Sa famille paternelle éait marrane, en effet.
D.H. dit
Merci pour ce très beau texte, Nicolas, d’une très grande force.
Un ou deux paragraphes m’ont fait me rappeler un passage de la Vie de Thérèse d’Avila, où elle aperçoit une statue :
“C’était un Christ tout couvert de plaies; et si touchant qu’à le considérer, je me sentis profondément bouleversée, tant il peignait bien ce que notre Seigneur endura pour nous. Si grande fut ma douleur devant l’ingratitude dont j’avais payé de telles blessures que je croyais sentir mon coeur se briser. Je me jetai auprès de mon Sauveur en versant un torrent de larmes, et Le supplia de me donner en cet instant la force de ne plus L’offenser.”
Nicolas dit
@DH : En fait “Adam a désobéi à Dieu, et Jésus, nouvel Adam, répare cette faute par son obéissance totale à Dieu “, c’est moins une théologie dominicaine que le type même de la théologie patristique. Lisez ceci :
http://www.liturgiecatholique.fr/Homelie-pour-le-samedi-saint.html
Quant à vos échanges avec Pierre Régnier, si vous voulez l’un et l’autre que des lecteurs puissent trouver vos références bibliques, il serait bon d’indiquer, non pas les pages (variables selon les multiples formats des bibles), mais livre/chapitre,/verset.
Et bon courage à vous !
D.H. dit
Pierre Régnier,
Si j’ai le temps, la semaine prochaine, j’irai vérifier dans une librairie ce que vous dites, dans l’édition de 2001.
Dans celle dont je dispose (1975), le commentaire sur la fidélité à la Loi ne concerne que le début du Livre de Josué, bien avant le récit des conquêtes, et renvoie au passage intitulé, justement: “La fidélité à la Loi, condition du secours divin”. Il n’ y est question d’aucun massacre.
Par contre il existe un commentaire, concernant l’anathème, et c’est le suivant:
“L’anathème réservait à Dieu tout le butin: les êtres vivants étaient mis à mort, les objets donnés au sanctuaire. C’était une façon primitive de reconnaître que la victoire était due à Dieu; il y eut des adoucissements. Et la paternité universelle de Dieu s’affirmera peu à peu”.
Il s’applique à la première des conquêtes , celle de Jéricho, et doit donc s’entendre comme valable pour toutes les suivantes.
Le thème de l’obéissance à Dieu est un thème que développe de manière privilégiée, me semble-t-il, la théologie dominicaine (les dominicains sont à l’origine des Editions du Cerf, dans lesquelles est éditée la Bible de Jérusalem) tout au long de leurs commentaires bibliques.
Adam a désobéi à Dieu, et Jésus, nouvel Adam, répare cette faute par son obéissance totale à Dieu (de même que la Vierge, nouvelle Eve, en se faisant “servante du Seigneur”, répare la faute commise par la première Eve).
Et l’exemple que nous donne le Christ, est, dans cette obéissance, de se donner à l’autre, par amour.
Que Dieu vous bénisse.
Pierre Régnier dit
@ D.H.
Depuis 15 ans que je tente de convaincre qu’il faut rejeter la conception criminogène de Dieu j’ai pris l’habitude du mépris qui vient en retour. Celui de Nicolas et de Godfather n’est donc pas décisif. Je souhaite seulement qu’il ne les empêche pas de réfléchir, eux aussi, au problème posé.
Je ne vous accuse pas, moi, de falsification. Je me suis relu, j’ai bien précisé : la Bible de Jérusalem ANNOTÉE, DE 2001. Une année ou le balancier catholique était déjà reparti dans le sens du dogmatisme dur. Une année, aussi, où l’islam démontra son incontestable supériorité dans L’APPLICATION des prétendues consignes criminelles de Dieu.
Page 428 je trouve bien ce que vous avez lu vous-même en substance : “avec Moïse nous avons été purifiés au désert en combattant notre ennemi spirituel, le péché, alors, avec Josué-Jésus, nous entrons en possession du royaume en traversant le Jourdain, les eaux du baptème, et le Seigneur accomplit sa promesse de nous donner le pays où coule “le lait et le miel” de son amour pour nous”.
Page 408 je retrouve bien AUSSI ce que j’ai rapporté en substance : “La puissance de Josué réside dans son total abandon à la volonté de Dieu. Il fait COMME YAHVÉ LUI AVAIT DIT (c’est en caractères gras dans la note). Il préfigure ainsi le Christ Jésus dont la toute puissance sera l’obéissance jusqu’à la mort : “Non pas comme je veux, mais comme tu veux”.
En face de cette note de 2001 – je dis bien en face – il y a le texte qu’elle “éclaire”, celui du Livre de Josué lui-même : “En ce temps-là, Josué revint et s’empara de Haçor; il frappa le roi d’un coup d’épée. Haçor était jadis la capitale de tous ces royaumes. On passa aussi au fil de l’épée tout ce qui s’y trouvait de vivant, en vertu de l’anathème. Il ne resta aucun être animé et Haçor fut livrée au feu. Toutes les villes de ces rois, ainsi que tous leurs rois, Josué s’en empara et les passa au fil de l’épée en vertu de l’anathème, comme l’avait ordonné Moïse, serviteur de Yahvé. Pourtant, toutes les villes qui se dressaient sur leurs collines de ruines, Israël ne les incendia pas, sauf Haçor que Josué incendia. Et toutes les dépouilles de ces villes, y compris le bétail, les Iséraélites les prirent comme butin. Mais tous les êtres humains, ils les passèrent au fil de l’épée, jusqu’à les exterminer. Ils ne laissèrent aucun être animé”.
Les pages précédentes et suivantes décrivent les mêmes massacres “ordonnés par Yahvé” dans les cités de Maqquéda, de Libna, de Lakish, d’Eglôn, d’Hébron, de Débir…
Oui j’ai été, comme vous dites, “ému par les derniers événements qui se sont déroulés dans cette région”. Mais plus encore je suis indigné, depuis des années, par le refus, de tous côtés, de voir combien la situation est aggravée – rendue sans solution – par les religions. Il n’est pas nécessaire d’éliminer les religions. Mais 3000 ans de conception violente de Dieu – nullement fatale, je le répète – c’est ça qui provoque et fait durer la violence effective.
C’est vrai, il y a Jésus, auquel on fait dire que “c’est fini, à partir de maintenant on ne tue plus du tout, pas même ceux qui sont dans le péché…”. La “parole de Dieu” explicitement criminogène n’a donc été “valable et applicable” que durant les siècles d’attente de Jésus. Et c’est pourquoi ce sont maintenant des islamistes qui continuent d’appliquer leur propre “parole de Dieu” criminogène. Eux n’ont toujours pas eu, après 13 siècles, leur Jésus et sa divine annonce de la fin des massacres. Il faut patienter un peu, ça va venir ? Non, il ne faut pas patienter, il faut dire à tous les croyants de toutes les religions que c’est la conception criminogène qui génère très normalement le crime.
Parenthèse. Des responsables musulmans, très rares hélas, sont plus avancés que le pape actuel dans la pacification de la conception que les croyants ont de Dieu. Dans “Les Versets douloureux” (éd. Lessius, 2007) l’ancien grand mufti de Marseille Soheib Bencheikh dit ceci : “La deuxième valeur pour laquelle nous devrions œuvrer, c’est la libération du Coran de toutes ses interprétations dépassées par le temps, mais aussi la libération de l’idée de Dieu, du Coran lui-même” (P.184)
H.D., les savantes et tortueuses subtilités des théologiens sans exigence morale n’y changeront rien : le Dieu qui dit “allez massacrer tous ces gens” ne peut pas être le même que celui qui dit “aimez-vous les uns les autres”. On prétend toujours, à la messe comme dans le catéchisme et dans les notes de la Bible de Jérusalem que, si, c’est bien le même, et que la parole épouvantablement criminogène est bien “de Dieu”. Il vous faut CHOISIR. Je vous crois honnête et je vous fais confiance pour réfléchir honnêtement. Mais ne refusez pas de voir la réalité du problème.
A toutes fins utiles je vous informe que j’ai été, dans les années 40-50 un enfant très pieux, puis un militant de la JOC, et que je n’ai rien rejeté du meilleur de l’enseignement chrétien reçu de mes parents, lesquels mettaient l’honnêteté au-dessus de tout.
Je crois qu’on peut facilement se mettre d’accord sur au moins un point. La Bible fait 3000 pages et on ne va pas en faire toute l’analyse ici.
S’il vous plaît, reprenez au moins une fois la parole pour faire plaisir à Nicolas, mais n’ajoutez pas comme la dernière fois “il me semble dommageable de laisser sans réponse et sans éclaircissements certaines contre-vérités, en cette époque de relative inculture religieuse”. Ce genre de précision de me blesse pas mais ça me relance, moi aussi et, je veux bien le croire, j’ai assez fatigué ceux les lecteurs qui ne sont pas préoccupés par ce tragique problème.
Bien cordialement. Allez en paix.
Rotil dit
Pas le temps ces temps-ci de lire les posts, j’implore le pardon de tous les contributeurs.
23:38, dans 22 minutes nous seront dimanche.
J’ai mis l’Alleluya du Messie de Haendel sur mon blog.
Bonne nuit à tous !
Franklin D. dit
A Pirée, moi ça me rappelle tous ces braves petits réacs qui vénéraient Massis qui était hormosessuel comme dirait Zazie. Je me souviens de la discussion à laquelle vous faites allusion, elle était effectivement ridicule. On s’en fout que l’imagerie de l’art religieux soit souvent homo-érotique quand elle est belle. Finalement les tradis, c’est pour tous ces hommes en robe ? C’est ça qui les excite
D.H. dit
Vous n’avez pas du tout été clair au sujet des annotations dans la Bible de Jérusalem, Pierre Régnier.
Je vais quant à moi être plus clair. Je vous accuse de falsifier le texte et l’esprit de ces annotations, lorsque vous écrivez:
“On y explique dans les notes en marge que Josué est l’annonciateur de Jésus, que, même, il est L’ÉGAL de Jésus. L’explication est simple : il a, comme lui, obéi TOTALEMENT à Dieu”.
Vous insinuez en effet que cela s’applique à l’épisode du “massacre de tout un peuple” par Josué.
Le commentaire biblique ne dit pas du tout cela. Il dit (en substance) que, de même que la traversée (pacifique) du Jourdain signifie l’entrée dans la Terre Promise, de même le baptême chrétien fait entrer dans le Royaume spirituel.
Comment voulez-vous oeuvrer pour la paix, comme vous prétendez le faire, si vous-même faites à ce point violence aux textes?
En fait, vous rejoignez les fondamentalistes: vous faites, comme eux, une lecture littérale de la Bible.
Et vous tenez à la lecture erronée et violente qu’ils font de la Bible, parce qu’elle alimente vos indignations. Alors qu’il suffit d’assister à n’importe quelle messe pour comprendre que les sermons adressés aux fidèles jamais ne corroborent cette lecture.
Nicolas,
Les propos les plus absurdes, comme ceux que vous avez relevés, je ne prenais pas la peine, moi non plus, d’y répondre. Il vaut mieux faire confiance à la sagacité des lecteurs.
Car cette discussion est ouverte à la lecture de tous.
Et sur d’autres points, plus délicats, il me semble dommageable de laisser sans réponse et sans éclaircissements certaines contre-vérités, en cette époque de relative inculture religieuse.
The Godfather dit
Pierre, m’entends-tu ? Va prendre tes pilules et arrête de vouloir trucider tes voisins !
Nicolas dit
Pierre, je crois que c’est l’heure de votre pilule.
Pierre Régnier dit
@ D.H. Le problème ce sont bien les annotations, je crois avoir été clair là-dessus. Mais je redonne la parole à Nicolas pour qu’il ait le dernier mot, de la planète autre que la mienne où il vit, et où n’existent pas de violences religieuses ni de textes sacrés qui les appellent. Quelle chance il a celui-là !
Nicolas dit
@ D.H et Lisa : J’admire votre persévérance à rétablir une vision un peu plus raisonnée de la foi. Toutefois, je crains fort que vous ne vous engagiez dans un dialogue stérile et usant avec un polémiqueur pathologique et intarrissable dont les arguments farfelus et le désir absolu d’avoir le dernier mot devraient vous convaincre de le laisser à son obsession. La raison n’a aucune place dans son propos : il a juste besoin de triompher sur les imbéciles que nous sommes. Considérez que certaines de ses affirmations le discréditent d’elles-mêmes.
Lorsque je lis : “La religion peut affirmer, et elle le fait tout le temps de trente-six manières : 1/ Il faut croire en Dieu. 2/ Dieu commande ou a commandé de commettre de nombreux meurtres. 3/ Ce sont les personnes de tel et tel type qui méritent d’être tuées. 4/ Il faut obéir à Dieu.”
Qu’est-ce que je réponds ?
Rien.
D.H. dit
Votre procédé, Pierre Régnier, est commun à tous les détracteurs de la Bible, généralement davantage conduits par leurs préjugés que par le souci de l’objectivité. Vous tirez des phrases hors de leur contexte. Et vous les extrapolez.
A propos de Josué, il faudrait avoir devant soi la Bible de Jérusalem dans l’édition dont vous parlez, car vous ne mentionnez pas à propos de quels versets, ou de quels événement le commentaire établit un lien avec Jésus, ni de quel lien exactement il s’agit.
Dans l’édition de 1975 (et je doute fort que l’édition de 2001 diffère beaucoup de celle-là!), il n’est fait de parallèle avec Jésus qu’en deux occasions.
Le passage du Jourdain d’abord, considéré “comme une figure du baptême chrétien”.
Dans le fait ensuite que “Josué” et “Jésus” sont deux mots homonymes en hébreu.
Rien d’autre.
Josué est celui qui a entrepris la conquête de la Terre Promise.
Je pense que vous avez été ému par les derniers événements qui se sont déroulés dans cette région.
Si tel est le cas, sachez que je comprends votre émotion, et que je la partage.
Pirée dit
Chez le Caravage, c’était socratique, et proclamé. Mais cela me fait penser à une controverse d’un comique involontaire, dans la regrettée “Gazette des Beaux-Arts” : le David de Donatello était-il homosexuel? Je reste neutre.
L’Ours dit
Pierre Régnier ,
nous parlions bien entendu du “dogme” au sens large!
Qu’il y ait des juifs, voire des rabbins, pour transgresser les règles tout en s’en revendiquant, est plus que fréquent!
Pierre Régnier dit
@ D.H.
Je souscris à tout le début de ce que vous écrivez le 6 à 10h09, y compris à ce que vous dites de “l’anachronisme à l’œuvre dans les lois mémorielles”. Je ne souscris pas à la suite. François Miclo a déjà, ici même mais sans me convaincre, essayé de m’expliquer que j’interprétais abusivement ma citation du nouveau catéchisme.
@ Lisa.
J’ai précisé dans mon texte “La Décennie…” qu’il s’agit du passage 106, mais il y en a bien d’autres allant dans le même sens : 104, 105, 107, 120, 121, 122… Et puis il y a ceux qui permettent d’aller dans le sens inverse quand ça nous arrange, notamment ceux qui font la fameuse distinction entre le “sens littéral” et le “sens spirituel”. Cette distinction peut être relevée dans toute œuvre littéraire mais, en théologie, elle a un rôle et des effets très particuliers : on peut dire tout et son contraire sans avoir à se justifier et, ce qui est BEAUCOUP PLUS GRAVE, sans être responsable des applications qui suivront.
La religion peut affirmer, et elle le fait tout le temps de trente-six manières : 1/ Il faut croire en Dieu. 2/ Dieu commande ou a commandé de commettre de nombreux meurtres. 3/ Ce sont les personnes de tel et tel type qui méritent d’être tuées. 4/ Il faut obéir à Dieu.
Dans tout autre domaine l’affirmation d’un tel ensemble serait immédiatement considérée comme criminogène et donnerait lieu à des poursuites des auteurs en Justice. Pas dans le domaine religieux. Ici c’est celui qui passera TRÈS LOGIQUEMENT à l’acte criminel, parce qu’il aura lu ce qui est écrit, qui sera en faute et lui seul. Ils aura “bon dos”, portera toute la charge de son acte, sera lâché par ceux qui l’auront inspiré sans que cela provoque la moindre indignation chez les observateurs les plus “neutres”, les plus “objectifs”. Il n’avait qu’à être plus subtil, comprendre qu’il n’y avait là que de l’ordre symbolique, de l’allégorique, du très moral même… puisque, par exemple, un gigantesque massacre ordonné par Dieu dans l’Ancien Testament n’avait d’autre but que de mettre en valeur la belle rectification qui viendra plus tard (dans 1000 ans !) quand Jésus donnera son vrai sens à l’événement : Dieu a bien ordonné le massacre puisque c’est dit dans ce qui constitue l’authentique Parole de Dieu, laquelle ne peut que rapporter ce qui est “conforme à son désir ET CELA SEULEMENT” comme le dit le catéchisme de Benoît XVI, mais c’était seulement DANS LE BUT de “DÉPASSER” la volonté criminelle pour affirmer la volonté de paix et d’amour universels de Dieu.
Il ne fallait retenir QUE le merveilleux dépassement. Vous auriez alors compris que le véritable “désir de meurtre de Dieu” n’en était pas vraiment un… Débrouillez-vous avec ces explications contradictoires, et tant pis si vous en êtes incapable ! En religion, on peut tricher et mentir, ça n’est tricherie et mensonge QUE si VOUS, le lecteur écervelé forcément fautif, l’avez mal compris. Bien compris c’est au contraire très moral et très édifiant.
Un bel exemple de “juste” folie interprétative, bien “morale” sans doute dans son symbolisme, est dans la Bible annotée de Jérusalem (éditée en 2001, l’année du massacre du World Trade Center !). On y explique dans les notes en marge que Josué est l’annonciateur de Jésus, que, même, il est L’ÉGAL de Jésus. L’explication est simple : il a, comme lui, obéi TOTALEMENT à Dieu. Que Josué ait obéi à Dieu en allant massacrer tout un peuple et Jésus en donnant sa vie pour l’amour et la paix universels n’est sans doute qu’un détail sans importance… Débrouillez-vous avec ça, les gentils cathos papistes de Jean-Paul II et Benoît XVI !
La Bible de Jérusalem annotée n’est pas marginale, elle fut lancée, en son temps, à grand renfort de publicité très officielle de l’Eglise. Et sa quatrième de couverture, en citant Luc, résume à elle seule le gouffre spirituel dans lequel elle plonge ses fidèles : “Alors, Jésus leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures”. Pardonne-leur, admirable Jésus, ils ne savent pas ce qu’ils font ! Et aussi : rassure-toi, on les suivra de moins en moins !
@ l’Ours
Je n’ai pas lu le Talmud, sauf à travers quelques “Lectures talmudiques” de Lévinas ou d’autres extraits rapportés par Marc-Alain Ouaknin, Daniel Sibony, Gérard Haddad, Léo Strauss… J’en ai tiré l’impression que le judaïsme est beaucoup moins dogmatique, et donc moins dangereux que le catholicisme, même si c’est lui qui a inventé la prétendue violence “commandée par Dieu”. Tout le contenu de leurs textes sacrés semble pouvoir être discuté, contesté, réinterprété par les juifs sans que cela entraîne une quelconque “remise au pas” par une hiérarchie “gardienne du dogme” comme dans le catholicisme ou, pire encore, dans l’islam. Il me paraît d’ailleurs significatif que, dans le judaïsme, les frontières entre la théologie et la philosophie soient moins étanches que dans les autres religions, ce qui a donné (permis) un très grand nombre de grands philosophes juifs.
Les responsables du judaïsme n’ont toujours pas pour autant franchi le pas absolument nécessaire à la paix du monde, pas plus que les responsables du catholicisme et de l’islam : affirmer solennellement que tout ce qui est appel à maltraitance et meurtres divers dans les textes sacrés, et qui s’y trouve attribué à Dieu N’EST PAS la parole de Dieu (forcément juste, donc) mais seulement la parole de simples CHERCHEURS DE DIEU (donc faillibles et contestables)
PS : oui je sais, je suis trop long, mais ce ne serait pas le cas si le vrai débat SUR LES BASES de la violence religieuse n’était, depuis des années que je le demande très explicitement, refusé par ceux-là même qui versent des larmes de crocodile après chaque violence commise au nom de Dieu.
Franklin D. dit
Vous n’êtes pas aussi naïf, Pirée, je ne crois pas, Si ?
On peut aussi admirer des tableaux du Caravage pas du tout platonique à la Pïnacothèque (que le terme ne prête pas à confusion je vous en prie) du Vatican, de Léonard, idem quant à la “platonicité”, etc…
Je me souviens de cet assistant de TD à la fac, très viril, la voix grave, il jouait au rugby et les types trouvaient qu’au moins “ce type n’était pas une pédale”, les étudiants demandaient ses secrets de drague, l’un d’eux un soir était même allé prendre un pot entre potes virils. Le lendemain il n’a pas voulu dire pourquoi il avait du mal à s’assoir…