Yanis Varoufakis s’en va après un dernier coup d’éclat. Tôt ce matin, on a appris le départ du ministre des Finances grec. Étonnant, car la victoire du Non laissait présager le retour en force de cet économiste populaire en Grèce mais devenu indésirable dans les arcanes européennes.

C’est sur son blog que Varoufakis a expliqué les circonstances cette démission : « Peu de temps après l’annonce des résultats du référendum, on m’a informé que certains membres de l’Eurogroupe, et des ‘partenaires’ associés, (…) préféreraient que je sois absent des réunions; une idée que le Premier ministre a jugé potentiellement utile à l’obtention d’un accord. Pour cette raison je quitte le ministère des Finances aujourd’hui ». Autrement dit, Varoufakis aurait vu sa tête tomber à la demande de partenaires européens qui ne supportaient plus ses diverses saillies verbales.

En s’enfermant dans la provocation, Yanis Varoufakis n’a pas su se faire aux débats houleux mais nettement plus feutrés entre son gouvernement et les créanciers de son pays. Cependant, malgré les demandes répétées de faire tomber la tête de son ministre, Alexis Tsipras s’était toujours refusé à le renvoyer.

Mais l’attitude bravache de Varofakis hier soir a jeté un froid définitif entre les deux gouvernants. Après l’annonce de la victoire du Non, Varoufakis est en effet allé à la tribune pour parler à la foule. Or, Alexis Tsipras considérait qu’il devrait être le premier à s’adresser au peuple, protocole oblige.

Au journal Le Monde, le politologue grec Elias Nikolakopoulos décrit la réaction du premier ministre grec : «Tsipras était furieux de ce que le ministre des Finances a fait hier soir. Varoufakis a parlé sur un ton donneur de leçon et triomphaliste alors que le Premier ministre attendait patiemment son tour pour lancer un message mesuré et d’appel à l’union nationale. Ça ne se fait pas ! ».

Les frasques de l’économiste, qui pouvaient séduire quand elles étaient dirigées contre les institutions européennes, lui auront valu de se mettre à dos non seulement la « Troïka » mais aussi son Premier Ministre. Triste bilan pour un intellectuel ayant troqué l’action pour le spectacle.

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