Donald Trump: gare au recentrage! | Causeur

Donald Trump: gare au recentrage!

Trois questions à Lauric Henneton

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 17 mai 2016 / Monde

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La posture morale de la plupart de nos médias les empêche de regarder la réalité américaine en face : le vote Donald Trump est un phénomène populaire qui ne touche pas la frange la plus conservatrice des Républicains mais l'Amérique des exclus. Aussi, le probable futur candidat républicain joue gros lorsqu'il tente de recentrer son image.
donald trump clinton fn republicains

Photo: Donald Trump. Sipa. Numéro de reportage : AP21895891_000001.

Lauric Henneton est maître de conférences à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, il est l’auteur d’une Histoire religieuse des Etats-Unis (Flammarion, 2012)

Daoud Boughezala. Une récente étude américaine qu’a relayée le site Slate.fr révèle que les électeurs de Donald Trump seraient plus riches et plus diplômés que la moyenne. A-t-on eu tort d’associer le phénomène Trump à l’Amérique périphérique en le comparant au vote FN?

Lauric Henneton. Non, c’est toujours une analyse valable. L’étude en question me semble assez contestable d’un point de vue méthodologique dans la mesure où elle comporte des biais importants. Mais c’est révélateur d’une tendance de fond: le « data journalism » est considéré comme le nouvel horizon indépassable du journalisme (et il produit en effet des études particulièrement utiles) donc ce qu’il produit est repris sans recul critique, tant que l’on peut générer du clic et donc des vues pour les annonceurs. Tout ce qui est contre-intuitif est bon à prendre, au moins dans la titraille. C’est donc d’abord lié à des problématiques propres à la presse en ligne. En plus, tout ce qui permet de « démystifier » Trump, c’est la cerise sur le gâteau.

Il faut aussi garder en mémoire qu’il s’agit d’une primaire républicaine et que cela a une double incidence : lors des primaires, la participation est très limitée, et elle est généralement liée aux revenus. Et c’est d’autant plus vrai du côté républicain. Il n’est donc pas surprenant que, dans l’ensemble, les électeurs des primaires républicaines aient des revenus supérieurs à la moyenne. Cependant, dans tous les Etats où l’on a pu noter de véritables disparités dans les revenus (donc sans compter les Etats où Trump l’a emporté dans toutes les catégories), Trump est systématiquement en tête chez les plus bas revenus et chez les électeurs dont le niveau d’éducation est le plus bas, ce qui est cohérent avec une main d’œuvre plus à même de se sentir vulnérable. À l’inverse, John Kasich, Jeb Bush et Marco Rubio dominaient assez clairement chez les plus hauts revenus et les diplômés de l’université, statistiquement moins susceptibles de voir leur emploi délocalisé en Chine ou au Mexique.

C’est en revanche maintenant et jusqu’en novembre que le combat pour les « working class whites », traditionnellement démocrates, va s’intensifier. Ils n’ont pas hésité à voter Reagan dans les années 1980 et en veulent aux Clinton d’avoir soutenu l’ALENA en 1994. Cela n’en fait pas des fidèles républicains pour autant, et ils pourraient voter pour Trump d’autant plus facilement que Trump est à la marge du Parti républicain. Enfin, le fait qu’il ne soit pas un homme politique de carrière ajoute à son pouvoir de séduction chez ces électeurs dont la mobilisation sera déterminante, particulièrement dans les Etats de la « Rust Belt » autour des Grands Lacs et jusqu’en Pennsylvanie.

La quasi-unanimité des médias français contre Trump se retrouve-t-elle en Amérique où on imagine Hillary Clinton très populaire auprès de l’intelligentsia médiatique ?

Le paysage médiatique américain est très complexe : certains médias clairement à droite et clairement pro-républicains ont été très virulents à l’encontre de Trump, ce n’est donc pas qu’une affaires de médias « bobos ». Certains magazines de gauche, comme The Nation, se sont prononcés pour Sanders, également. Il y a une certaine méfiance à l’égard d’Hillary Clinton : on n’est plus du tout dans l’Obamalâtrie de 2008.

Trump n’a d’ailleurs pas eu besoin de Clinton pour se construire un profil anti-élites, de même que Sanders a passé le plus clair de la primaire démocrate à critiquer les liens entre Clinton et « Wall Street ». Trump comme Clinton ne soulèvent pas l’enthousiasme, contrairement à Sanders par exemple, dont la base est plus proche de celle d’Obama en 2008. On peut vraiment parler de « fans ». Le vote Clinton sera probablement d’abord et avant tout un vote anti-républicain en général et anti-Trump en particulier, de même que le vote Trump, pour une part non négligeable de la nébuleuse républicaine, sera anti-démocrate en général, mais surtout anti-Clinton. L’un comme l’autre sont particulièrement impopulaires dans l’opinion, c’est assez rare à ce point (McCain et Romney ne soulevaient pas l’enthousiasme non plus, mais c’était à un niveau moindre).

À entendre les experts médiatiques comme Nicole Bacharan, les propos misogynes, provocateurs voire racistes de Trump le rendent de facto quasi-inéligible. Que pensez-vous de ce pronostic ?

Pour les mêmes raisons, auxquelles on pourrait ajouter son outrance, son teint carotte ou ses cheveux bizarres, Trump n’avait aucune chance lors de la primaire.  Pensez donc, face à un Bush, qui avait les réseaux et l’argent, ou à un Rubio, jeune, talentueux et hispanique, il fallait être totalement idiot pour miser un dollar sur Trump. Et puis il n’avait aucune chance face à Cruz, qui avait les évangéliques de son côté. Et souvenons-nous de Bush, quand même, ce sombre idiot n’avait aucune chance contre un patricien démocrate (francophone qui plus est) comme John Kerry ou encore un Al Gore. Et Reagan, cet acteur de séries B ringard, ce cowboy, quelle blague !  Et pourtant…

Une des principales curiosités de la séquence des primaires restera l’impunité devant le tribunal de l’opinion dont jouit Trump. A plusieurs reprises, on a dit qu’il ne se remettrait pas de telle ou telle outrance, qu’il avait (enfin ?) franchi la limite. Mais on connaît la suite. Il est donc probable que cela se poursuive, au moins dans une certaine mesure (ce qui n’exclut pas qu’il puisse effectivement aller trop loin). C’est précisément son côté transgressif qui le rend si populaire, avec son franc-parler. Les enquêtes révèlent les électeurs veulent un candidat « qui dit les choses comme elles sont », sans fard, et qui va à l’encontre du « politiquement correct ». Trump fait cela très bien. Et plus ça contrarie les élites américaines, plus ça marche. Ses outrances sont perçues comme un signe d’indépendance, cela confirme son statut de « maverick ».

Le risque pour lui se situe plutôt dans l’opération de lissage, de recentrage, qu’il a entamée dans l’optique de l’élection de novembre (il est revenu sur plusieurs propositions chocs en disant que ce ne sont que des suggestions). Ses électeurs des primaires pourraient s’estimer trahis, et pourraient décider d’aller à la pêche s’ils considèrent que, finalement, il est « comme les autres ». Mais il ne faut pas se tromper : beaucoup en France comme aux Etats-Unis refusent de voir la donnée suivante : partout où ces données ont un sens, Trump est en tête chez les républicains modérés et les indépendants, jamais chez ceux qui se décrivent comme « très conservateurs », sauf dans les Etats où il est tellement largement devant qu’il est en tête dans toutes les catégories. Tout cela n’a pas pour but de défendre Trump, mais plutôt d’inciter les observateurs à avoir un regard moins manichéen et méprisant sur ses électeurs. À ce titre, l’enquête de John Harris, du Guardian, dans l’Indiana, est remarquable. C’est une série d’entretiens qui ne prend pas ces électeurs de haut et laisse apparaître les subtilités et complexités du processus dont le vote Trump est le résultat final.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 20 Mai 2016 à 2h45

      RED (From Tex) dit

      En réalité, Trump a exactement le même problème que le Pen…

      Pour arriver à 50%, ils doivent se “dédiaboliser”…

      Mais en le faisant, ils perdent leur base électorale initiale !

      Bref, ce qu’ils gagnent d’un côté, ils le perdent de l’autre !

      Le problème est insoluble.

    • 17 Mai 2016 à 20h07

      Lafaux dit

      Si il gagne cela dérangerait une bonne partie de la presse Française et les gauchistes, féministes, moralisateurs américains

      • 18 Mai 2016 à 7h51

        isa dit

        C’est ça, il faut être gauchiste pour ne pas vouloir de Trump.
        Pfff 

        • 18 Mai 2016 à 8h43

          Ibn Khaldun dit

          En effet, Isa.

          En outre, “moralisateurs” ne veut pas dire grand chose. Il y en a autant à droite qu’à gauche et aux extrêmes.

    • 17 Mai 2016 à 20h03

      salaison dit

      “Aussi, le probable futur candidat républicain joue gros lorsqu’il tente de recentrer son image.”
      ….. 
      et la fameuse “Hillary Clinton” (ou la c Gauche américaine) a aussi du souci à se ‘refaire” :  ’refaire est volontaire” 

    • 17 Mai 2016 à 19h49

      salaison dit

       cela a TOUJOURS été ainsi depuis de ces partis politiques sont au POUVOIR ! 

    • 17 Mai 2016 à 18h31

      MGB dit

      @ GOLVAN : c’est vrai, j’avais oublié que REAGAN avait été gouverneur de Californie. Cela n’enlève rien à ses mérites.
      @ I.K. : l’invasion de l’IRAK pour éliminer Saddam Hussein sous le prétexte que l’on sait a bel et bien été une catastrophe pour toute la région et bien au delà, puisque c’est désormais là-bas l’anarchie la plus totale, et que nous en subissons in fine les conséquences en Europe. Eliminer Khadafi a aussi été une erreur, car bien qu’il ait été un salopard, il maintenait une forme d’ordre. La guerre du Viet-Nam a aussi été une très mauvaise décision puisque non seulement les USA l’ont perdue, mais qu’ils ont ravagé écologiquement certaines régions, sans parler des mines et autres engins non explosés.
      Enfin dire de BUSH fils qu’il est couillu et droit dans ses bottes (comme JUPPE ?), vous y allez un peu fort pour un type qui a tout fait pour ne pas aller au Viet-Nam et s’est réfugié dans la garde nationale.

      • 17 Mai 2016 à 19h36

        plouc dit

        je ne veux pas défendre Bush fils mais il ne faut pas raconter des sottises ici prétendant qu’ il a tout fait pour ne pas aller au Vietnam car lorsque l’ on se fait recruter comme pilote de chasse du National Guard en ayant suivi toute la formation de pilote de l ‘ US Air Force et que l’ on vole sur F 102 avion hyper pointu à piloter avec tous les risques inhérents de cette profession et le traiter de réfugié dans le National Guard , c ‘ est quand meme gonflé de votre part !!!!
        Par contre si il y en a un qui a tout fait pour ne pas y aller c’ est Bill Clinton le roi des mensonges et en plus lui il n’ a meme pas fait l’ armée !!!!

      • 17 Mai 2016 à 19h45

        Ibn Khaldun dit

        l’invasion de l’IRAK pour éliminer Saddam Hussein sous le prétexte que l’on sait a bel et bien été une catastrophe pour toute la région et bien au delà, puisque c’est désormais là-bas l’anarchie la plus totale

        L’Irak, cahin caha, commençait à se relever. Le retrait des troupes en 2011 fut une erreur stratégique importante (lire la critique sévère des anciens secrétaires à la défense d’Obama). On ne peut sérieusement exonérer l’actuel locataire de la Maison Blanche après 8 ans d’exercice, ce n’est pas sérieux.

        Penchez-vous sur ce que l’on disait en janvier 2008 à propos de l’Irak: Ce dernier connaissait une période de croissance économique et de progrès politique, selon les évaluations du Fonds monétaire internationalet les Nations Unies. Le FMI prévoyait même une croissance de 7% en 2008 et une hausse similaire l’année suivante. L’émissaire de l’ONU en Irak avait même salué le dialogue entre les communautés sunnites et chiites et fait l’éloge du travail du gouvernement en ce sens. Comment peut-on tirer de telles conclusions lorsque la situation est catastrophique ? Elle ne le fut qu’après le départ des troupes. 

        Enfin dire de BUSH fils qu’il est couillu et droit dans ses bottes (comme JUPPE ?), vous y allez un peu fort pour un type qui a tout fait pour ne pas aller au Viet-Nam et s’est réfugié dans la garde nationale.

        Couillu en tant que Président au lendemain du 11 sept. Pour le reste, ne pas avoir fait son service militaire est quelque chose que la plupart des hommes politiques ont en commun. Soyons honnêtes, toutes les combinaisons rétrospectives sont possibles : il aurait fait son service au Vietnam, on lui aurait reproché d’être un va-t-en-guerre par la suite en raison de son expérience militaire; si il avait été pacifiste, en dépit de son passé au Vietnam, on lui aurait fait crédit de cela car “il sait ce que c’est que la guerre”.

      • 17 Mai 2016 à 19h46

        Ibn Khaldun dit

        Voilà encore un élément qui date de 2008 et qui serait incompréhensible si les choses étaient pires qu’aujourd’hui. 

      • 17 Mai 2016 à 19h55

        Ibn Khaldun dit

        Enfin dire de BUSH fils qu’il est couillu et droit dans ses bottes (comme JUPPE ?), vous y allez un peu fort pour un type qui a tout fait pour ne pas aller au Viet-Nam et s’est réfugié dans la garde nationale.

        En parlant de service militaire; il y en a un qui sait ce que fut la guerre et qui a terminé prisonnier de guerre au Vietnam pendant des années : John McCain.

        Or, ce dernier a essuyé, de part de Trump, les remarques les plus scandaleuses. Trump, qui n’a pas fait la guerre, ose dire que McCain est un loser car il s’est fait prendre (sic). Même Le Pen (père ou fille) n’aurait pas osé vis-à-vis d’un vétéran de l’Indochine ou de l’Algérie. 

      • 17 Mai 2016 à 19h56

        plouc dit

        certes l’ invasion de l’Irak sous les soit disant prétextes a été une ” catastrophe ” ; mais il ne faudrait quand meme pas oublier que Saddam Hussein avait envahi le Koweit ; on se demande pourquoi après cet acte de guerre il n’ est pas été démis de ses fonctions par l’ occident ! qu’ il avait toujours son armée de 500 000 soldats tous sunnites ( il faut préciser ) avec un armement impressionnant et qu’ il continuait de narguer et provoquer l’ occident en continuant de s’ armer et qu’ il faisait gazer sa population kurde à coups d’ armes chimiques et qu’ il martyrisait sa population chiite qu’ il traitait comme des citoyens de seconde zone et qu’ il supprimait aussi toute opposition !!!!!
        le problème c’ est que les américains ne comprenaient pas à l’ époque la haine qui peut exister entre l’ islam sunnite et l’ islam chiite et nous , nous importons tout cela chez nous en Europe !!!!!

      • 17 Mai 2016 à 19h56

        salaison dit

        eh oui….mais
        mr BUSH (père, notamment…… avait raison (à l’époque)…….)
        cqfd 

        • 18 Mai 2016 à 8h59

          plouc dit

          Mr Bush ne voulait certainement pas se retrouver dans un conflit style Vietnam avec tous les médias du monde entier contre les Etats Unis et c’ est pour cela qu’ il n’ avait pas voulu envahir l’ Irak pensant que les irakiens se soulèveraient contre Saddam Hussein eux memes !
          les américains sont ou bien d’ une naiveté désarmante en pensant qu’ il y aurait une sorte d’ acte démocratique dans un pays musulman qui ne connait que coups d’ états et dictatures et comment cela d’ ailleurs aurait il pu se faire alors que sa population majoritaire chiite n’ était pas armée et ne l’ avait jamais été !!!! c’ étaient les sunnites minoritaires qui eux avaient les armes et qui détenaient tous les postes importants notamment la police et l’ armée !!!!
          connaissaient ils vraiment l’ antagonisme religieux entre l’ islam sunnite et l’ islam chiite qui existe depuis des siècles ???
          je pense que l’ Occident ne doit surtout pas se meler de conflits inter religieux dans l’ islam qui nous dépasse !!!!

    • 17 Mai 2016 à 14h36

      golvan dit

      Ce qui semble évident, quoi qu’on pense de Trump, c’est qu’absolument personne dans les médias américains n’est capable d’en parler d’une manière objective, personne n’est capable d’une explication censée sans s’engluer dans le mépris et l’insulte.
      Et c’est tout-à-fait comparable au comportement de la presse française lorsqu’il s’agit de parler du FN ou de MLP.
      Il apparaît de plus en plus évident que le journalisme moderne ne semble exister qu’aussi longtemps qu’il cire les pompes des puissants, sans aucune tentative de comprendre le rejet évident par une grande part des électeurs, de la bourgeoisie hors-sol, ou super classe mondiale qui se coopte par delà les frontières.
      Et le plus étonnant avec Trump, c’est que malgré les milliards de dollars dépensés pour le faire chuter et toute la presse à ses trousses, il soit encore là.
      Et ce qui est symptomatique, c’est que toute la bourgeoisie universitaire, qu’elle soit démocrate ou républicaine, le hait.
      C’est pourtant cette bourgeoisie universitaire qui reproduit sans états d’âme le modèle social américain, mais elle préfère manifestement faire semblant de se battre ( à fleuret moucheté) contre les grandes fortunes qui tiennent les Usa, plutôt que comprendre les causes profondes qui amènent certains électeurs, pourtant pas spécialement dupes du personnage Trump, à voter pour lui par dégoût absolu de ses adversaires.
        

      • 17 Mai 2016 à 15h06

        Ibn Khaldun dit

        Et le plus étonnant avec Trump, c’est que malgré les milliards de dollars dépensés pour le faire chuter et toute la presse à ses trousses, il soit encore là.

        C’est juste, mais attention, nous ne sommes pas à l’échelle nationale. Trump “casse la baraque”, si j’ose dire, au sein du GOP car beaucoup veulent en découdre avec l’élite de Washington. Cependant, sur le plan national, cela sera une autre paire de manches. Il est toujours au coude à coude avec Hillary.

        Votre analyse de la presse est juste mais cela ne fait de Trump un candidat potable. Agréger autant des mécontentements aussi divers ne dit rien qui vaille. Pour le moment, il n’y a pas une “doctrine” Trump, en dehors de conspuer à peu près tout le monde.

        • 17 Mai 2016 à 15h16

          golvan dit

          @ Ibn
          Oui certainement, mon propos n’était pas de faire la promotion de Trump dont j’ignore à-peu-près tout, mais de faire remarquer le traitement par la presse du personnage, presse qui, au lieu de s’interroger sur les causes profondes de ce phénomène, se contente de l’insulte et du dénigrement.
          Phénomène d’ailleurs exactement similaire en France où le FN n’est même pas combattu au nom de l’économie tant il est évident que ni LR ni le PS n’a la moindre légitimité dans ce domaine.   
          D’une certaine façon Trump, malgré ses excès et sa fortune apparaît aux yeux de certains électeurs comme infiniment plus américain que les représentants de la super classe mondiale façon Clinton, caricature de bonne femme hautaine, achetée par la finance et incapable d’empathie envers une population dont elle ignore visiblement tout.  

        • 17 Mai 2016 à 15h34

          Ibn Khaldun dit

          Oui certainement, mon propos n’était pas de faire la promotion de Trump dont j’ignore à-peu-près tout, mais de faire remarquer le traitement par la presse du personnage, presse qui, au lieu de s’interroger sur les causes profondes de ce phénomène, se contente de l’insulte et du dénigrement.

          Oui, vous avez raison.

          Il me semble que Trump arrive tout simplement au bon moment pour lui comme pour ses fans. Je crois difficile et artificielle de voir en Trump, qui aligne une fortune impressionnante, quelqu’un qui ne se fera pas l’ami de la “finance” (<i je n'ai rien contre ou pour celle-ci, mais elle semble être la cible d'à peu près tout le monde en ce moment); une fois installé à la Maison Blanche, le discours de campagne sera terminé. Trump fera parti d’un système qu’il critiqua; il incarnera, à tort ou à raison, le fameux Establishment.

          Souvenons-nous, ce n’était si vieux, c’était il y a un an. Cruz était considéré comme l’anti-establishment par excellence. Il est même allé jusqu’à “cogner” verbalement et publiquement ses propres patrons du Capitole. Un an après ? Il s’est retrouvé (un comble !) à être catalogué comme LE candidat de Washington. Tout peut donc arriver en l’espace de quelques mois. 

    • 17 Mai 2016 à 12h08

      MGB dit

      Si les BUSH, surtout Junior, ont été une catastrophe pour le Moyen-Orient, REAGAN a été très bien alors que personne ne misait un kopeck sur lui. Un acteur de séries B, pas très malin… Mais il a su s’entourer et il a fait de grandes choses pour son pays et le Monde.
      Si TRUMP est élu, lui aussi saura s’entourer. C’est vrai qu’il est très … surprenant, mais est-ce suffisant pour le dézinguer à tout vat ? Tous ces gens de gauche qui prennent des airs dégoûtés pour le dénigrer, en ont-ils si peur ? Il est populaire et populiste, et alors ? C’est comme chez nous, dès qu’on parle du pays (la patrie), du travail qui structure une vie et de la famille (eh oui, j’assume mes valeurs), l’UMPS se pince le nez.
      Quant à Mme CLINTON, c’est une N. KOSCIUSKO-MORIZET américaine, une intello qui se mettrait tout le monde à dos, comme elle l’a déjà fait quand son mari était président et quand elle était secrétaire d’Etat. Psycho-rigide et obstinée, mais de gauche, alléluia !
      Donc, je vote TRUMP.

      • 17 Mai 2016 à 12h31

        golvan dit

        @ MGB
        Lorsqu’on parle de Reagan on oublie systématiquement qu’il avait été Gouverneur de la Californie, et qu’il n’avait pas directement sauté du dos d’un cheval de western pour atterrir dans le fauteuil de la Maison Blanche.  

        • 17 Mai 2016 à 14h52

          Ibn Khaldun dit

          Très juste Golvan; on oublie toujours cet élément, c’est consternant. Un solide conservateur élu 2 fois dans un état qui reste la Mecque du “libéralisme” américain (entendez progressiste de gauche), cela mérite d’être souligné.

          @MGB,

          Ce n’est pas parce que l’on s’engage en guerre, que l’on est “catastrophique”; ou alors, il faut disqualifier Harry Truman, FDR et bien d’autres. George W. Bush a été bien meilleur que son père dans le sens où il était couillu et droit dans des bottes.

          Bush senior ne doit sa carrière qu’à Reagan et était uniquement tout ce que son fils n’était pas : un patricien propre sur lui de la côte ouest extrêmement mal à l’aise avec l’américain moyen.

          On a décidément la mémoire courte. Pour ceux qui ont oublié le début des années 2000, il faut souligner que Bush était considéré comme l’anti-élite par excellence, détesté par la gauche et la presse mainstream. Bush père n’a jamais été aimé au sein de son parti (ce en quoi il ressemble, paradoxalement, à Trump); Bush fils conserve, malgré tout, un capital de sympathie chez les Américains que n’a jamais eu son père. Par ailleurs, on peut parler de patrie sans prendre des postures “mussoliniennes”.

          Il faut peut-être cesser de systématiquement aligner tout candidat potentiellement anti-élite ou du “peuple” à Reagan. Ce dernier ne jurait pas comme un charretier et savait mettre la presse dans sa poche avec beaucoup d’humour. En outre, Reagan n’a jamais renié la guerre du Vietnam (“It was a noble war”, dixit Reagan avant les élections de 1980). Les femmes et les jeunes avaient voté en masse pour lui; Trump fonctionne un repoussoir avec ces catégories; et l’on pourrait aligner longtemps les différences…

    • 17 Mai 2016 à 11h15

      Ex Abrupto dit

      C’était assez impressionnant d’écouter cette Mme Bacharan, lors du C dans l’air de la semaine dernière!
      Suant et bavant de haine anti Trump et enchainant les points Godwin les uns après les autres…. 
      On peut être plus que suspicieux (mon cas) quant aux idées défendues (quoique là, je cherche un peu…) par Trump, mais un tel niveau de propagande mettait mal à l’aise. D’autant que parmi les participants, même si l’expression était plus modérée, l’unanimité médiacrate française était bien là! 

      • 17 Mai 2016 à 11h59

        L'Ours dit

        Je suis d’accord avec vous. Même si Trump donne les bâtons pour se faire battre, là surtout pour des journalistes, c’était exagéré.
        D’autant qu’on avait l’air de déifié Hilary Clinton. Il n’y a pourtant vraiment pas de quoi.

      • 17 Mai 2016 à 12h02

        AGF dit

        En effet j’ai vu cette émission. Même réaction. Certes Trump ne fait pas dans la dentelle .Mais notre peuple supérieur qui a abandonné son territoire aux extrémistes de tous ordres ne ne supporte plus qu’ on lui parle de patrie, de nation, etc. alors que les immigrés n’abandonnent pas un pouce de leur culture et nous imposent leur nationalisme.
        J’aimerais bien aimer tout le monde si tous les jours ces “tout le monde” évitaient de me dire que je suis raciste et que la seule chose que je mérite est la mort.

      • 17 Mai 2016 à 15h37

        Ibn Khaldun dit

        D’accord avec vous également. Je ne partage pas les positionnements de Trump mais cela peut mettre mal à l’aise, en effet.

        L’émission en question.

    • 17 Mai 2016 à 10h27

      Habemousse dit

      Lequel des deux la mafia toute puissante va t-elle choisir ? That is the question ! Suspens.

    • 17 Mai 2016 à 7h37

      L'Ours dit

      Le succès de Trump est un mystère.
      Au début, il s’en prenait à l’islam. Je me disais qu’avec ce qui se passe dans le monde, ça ne pouvait que lui rapportait des voix, et ce fut le cas.
      Mais ensuite, il s’en est pris à tous les électeurs potentiels. Il a attaqué les noirs, les hispaniques, les femmes…
      Ce type est fou!
      Fou? il continue de gagner.
      Là je ne comprends pas. Qui peut “aimer” un type pareil?

      • 17 Mai 2016 à 7h50

        Ibn Khaldun dit

        D’accord avec vous, l’Ours. Mais rien est encore joué; en outre, tout cela est essentiellement le stade des primaires.

        Sur le plan national, les sondages le donnent encore au coude-à-coude avec Hillary. Il faudra surtout être attentif aux sondages à partir de septembre : c’est là que nous aurons une photographie prospective un tantinet plus nette.

        En outre, une majorité écrasante de l’opinion à une image très négative de Trump. 

      • 17 Mai 2016 à 11h32

        guasilas dit

        “Les”femmes, “les” noirs, “les” latinos?
         Ou un nombre important d’individus qui font chacun leurs choix, et dont beaucoup en ont par dessus la tête des dirigeants américains actuels, corrompus, bellicistes, et criminels impunis ( et oui, chacun de ces adjectifs s’appliquent à Hilary Clinton)

    • 17 Mai 2016 à 6h32

      Ibn Khaldun dit

      L’étude en question me semble assez contestable d’un point de vue méthodologique dans la mesure où elle comporte des biais importants. Mais c’est révélateur d’une tendance de fond: le « data journalism » est considéré comme le nouvel horizon indépassable du journalisme

      Monsieur Henneton est bien gentil mais il ne nous dit pas de quelle façon cette étude est baisée. Il se trouve que celui qui en est à l’origine est Nate Silver (du NY Times) qui a largement démontré ses preuves en tant que statisticien de la prospective dans le cadre des dernières élections présidentielles et, il faut l’avouer, avec beaucoup de succès.

      Que les électeurs de Trump soient ou non diplômés/riches m’importe peu; mais il eût été fort utile de nous démonter en quoi cette étude comporte un biais; quelles sont les sources qui indiquent le contraire ?