Unicef: à quel sein se vouer? | Causeur

Unicef: à quel sein se vouer?

L’allaitement maternel en question

Auteur

André Sénik
professeur agrégé de philosophie ; à la retraite, heureusement pour lui.

Publié le 09 août 2016 / Monde Société

Mots-clés : ,

allaitement unicef sexes

Wikipedia. TheKid.

L’Unicef fait campagne pour que les mères allaitent leurs bébés, en s’appuyant sur un constat qui n’est pas contesté: “L’allaitement stimule la santé d’une enfant, son QI, ses performances scolaires et son revenu à l’âge adulte”.
Cette campagne d’information est aussi une campagne d’incitation, ce qui soulève l’indignation de féministes qui ne veulent pas qu’on stigmatise les mères qui n’allaitent pas.

Leur argument principal est que les femmes sont maîtresses de leur corps libres, qu’elles sont libres, et qu’aucune pression morale et sociale s’exerçant à l’encontre de cette liberté n’est tolérable.
On peut donc supposer que ce qui choque ces féministes n’est pas l’information diffusée par l’Unicef, mais ce qui l’accompagne, à savoir l’incitation à publier des selfies de bonnes mères donnant le sein, plus le rôle des pères qui serait de peser en faveur de la décison d’allaiter.
On peut évidemment ne pas apprécier cette forme de propagande de santé publique, mais ce n’est pas une raison pour faire silence sur l’importance du message concernant la santé des bébés.
Quitte à reconnaître qu’il peut y avoir conflit de priorité entre la santé du bébé, qui est une personne dont les deux parents sont responsables, et la souveraineté de la mère sur son propre corps, qui n’appartient en effet qu’à elle, et pas au père de son enfant.
La vérité est parfois composée elle aussi d’une paire de vérités.

Mais, au-delà de la querelle sur cette campagne de propagande, l’allaitement maternel est aussi un symptôme: il nous rappelle que la différence entre les sexes des géniteurs est une réalité biologique, naturelle, irréductible, ce qui fait que père et mère ne sont pas tout à fait interchangeables.
De cette différence-là, les humains sont libres de faire ce qu’ils veulent, mais pas de la nier.

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    • 11 Août 2016 à 21h19

      Desdemone dit

      qu’on arrête de donner la parole à ces féministes; elles ont eu leur quart-de-siècle de gloire, c’est bon; il faut maintenant réparer les dégâts. Les hommes et femmes sensés et éduqués, les médecins, savent que l’allaitement maternel est un rempart contre les maladies et renforce l’immunité des petits; de grâce,qu’une idéologie passée de mode ne vienne pas embrumer l’esprit des jeunes mères et que les jeunes pères continuent d’aimer les seins de leur femme qui a allaité.

    • 10 Août 2016 à 22h26

      arbrecentenaire dit

      L’Unicef précise que son message s’adresse au monde entier (et pas seulement à cette petite banlieue du monde qui se croit le monde entier). En Afrique, par exemple, il est de la plus haute importance que les bébés soient allaités plutôt que de recourir à des laits industriels, comme la campagne de Nestlé pour ses prores laits y poussait, parce que, cause la pauvreté, beaucoup de femmes recouraient à des laits trafiqués.
      Par ailleurs, donner la préférence à sa petite personne au détriment de la santé de son enfant est répugnant et caractéristique de ce féminisme dénaturé du moa moa. Comme il est dit ailleurs sur ce forum, non le corps d’une mère ne lui appartient pas totalement, il a abrité et il est responsable d’une autre vive, c’est sa grandeur (et, si l’on y tient, sa servitude). Quelle mère (et quel père) ne donnerait sa vie pour son enfant…?

      • 11 Août 2016 à 11h52

        Cosmo dit

        J’espère que l’UNICEF a changé son visuel pour les cibles principales de cette campagne. Ce visuel est affreux. Quand à la réaction des féministes françaises, égotistes et exprimant une susceptibilité suspecte.