Une finance autiste

Publié le 29 juillet 2010 à 12:25 dans Brèves

De Lloyd Blankfein, grand patron légèrement mégalomane de Goldman Sachs, ayant affirmé que son entreprise accomplissait le “travail de Dieu” au reste du système financier américain, qui n’a de cesse de mettre en avant sa contribution à l’enrichissement de la société, Wall Street a perdu le sens des réalités. Du reste, les chiffres qui y circulent semblent irréels et sans commune mesure avec la vie quotidienne du citoyen moyen : 26 millions de dollars pour l’appartement de Blankfein, 2 milliards de dollars estimés pour la valeur du quartier général de Goldman Sachs, à Manhattan, ou encore 550 millions de dollars assumés par ce même établissement en règlement de son litige avec la SEC (Securities and Exchange Commission)…  Cette quantité de zéros dans un monde où règne le virtuel vampirise l’économie réelle sans apporter de valeur ajoutée digne de ce nom.
 
Comment juguler ou endiguer aujourd’hui un monde de la finance ayant connu un développement spectaculaire et dont la contribution à la richesse nationale n’a cessé de gagner en importance depuis 150 ans ? La participation de la finance dans le PIB américain a bénéficié d’une croissance stable au cours de cette période : sa part dans l’économie globale a grimpé de 1 % en 1850 à 8 % lors du summum atteint par le marché immobilier il y a quelques années (la période de la Grande Dépression ayant été la seule où l’importance du secteur financier allait notablement régresser)…

Quelle est la valeur ajoutée de la finance, en quoi profite-t-elle à la productivité de l’économie ? Ancien président de la Réserve fédérale et actuel conseiller de l’équipe Obama, Paul Volcker n’avait-il pas émis le souhait que “quelqu’un lui amène des éléments de preuve corroborant le lien entre l’innovation financière et ses bénéfices apportés à l’économie” ? Il y a des chances pour que cette question, pertinente entre toutes, ne concerne pas les seuls Américains…

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  • 30 July 2010 à 23h17

    Lbj dit

    expat dit :
    30 juillet 2010 à 9:18

    @ fatback : are you really back ?

    expat, heureusement que vous n’avez pas inversé les syllabes ….

    Monsieur Fatback, on attend avec impatience de nouveaux articles sur la main invisible.
    Et puis déjà bravo et merci pour les premiers

  • 30 July 2010 à 18h14

    expat dit

    @ Fatback : cool !

  • 30 July 2010 à 9h50

    fatback dit

    expat,
    Yap ;)

  • 30 July 2010 à 9h18

    expat dit

    @ fatback : are you really back ?

  • 30 July 2010 à 9h08

    fatback dit

    [...]
    Plus les volumes échangés sur ces marchés dérivés est important (y compris à des fins purement spéculatives), plus il devient facile et peu onéreux pour les investisseurs de couvrir leurs risques, plus les entreprises ont accès à volume important de capitaux à moindre coût.

  • 30 July 2010 à 9h03

    fatback dit

    Le capital a un coût. Que vous empruntiez ou que vous procédiez à une augmentation de capital, cet apport de cash coûte de l’argent à l’entreprise. Schématiquement, vous pouvez vous représenter ce coût comme étant la somme du taux sans risque (i.e. le taux de rendement minimal auquel vous acceptez de renoncer temporairement à votre argent pour le prêter à supposer que vous ne courriez aucun risque – c’est ce qu’on appelle la valeur-temps de l’argent) augmenté d’une prime de risque. La prime de risque vous rémunère pour l’ensemble des risques que vous prenez en finançant un projet économique : pertes en capital, coût d’opportunité (votre investissement rapporte moins que le taux du marché monétaire par exemple) ou risque de liquidité (vous n’arrivez pas à revendre vos actions par exemple).
    .
    Les instruments de couverture tels que les futures, les swaps (de taux, de change ou de crédit), les options (etc…) permettent aux investisseurs de couvrir (i.e. d’assurer) leurs risques à moindre coût sans revendre leurs investissements. Ces instruments permettent donc de réduire considérablement le coût du capital pour les entreprises et donc permettent à de nombreux projet économique d’exister.
    [...]

  • 30 July 2010 à 8h25

    zenaztec dit

    Sineva
    Ok mais jouer la bourse a la hausse ou a la baisse par l’intermedaire de warrants ça apporte quoi aux entreprises? Alors que l’achat d’actions leur apporte manifestement du cash ça ja l’ai compris merci

  • 29 July 2010 à 23h03

    expat dit

    @ Sineva : merci ! et à Severin aussi;

  • 29 July 2010 à 21h40

    Sineva dit

    zenaztec
    Pour la plupart, tous ces produits couvrent différents risques. Risque de taux, de change, de crédit, etc.
    Les besoins des différents établissements bancaires, grandes entreprises, Etats, étant multiples, une multitude d’assurances couvrant les risques existent. Par exemple, il y a quelques années, des assurances couvrant les risques climatiques sont apparues permettant à différents acteurs de l’agriculture, du textile de limiter les pertes.

    La finance aujourd’hui, qui suit la rapidité des interactions et moyens de communications mondiaux, permet d’acheter et de revendre ces assurances.

    “Quelle est la valeur ajoutée de la finance, en quoi profite-t-elle à la productivité de l’économie ?”
    Sans finance, pas de Silicon Valley par exemple.
    Elle répond aux besoins du marché, elle n’est ni morale ou immorale, seulement mathématique.

  • 29 July 2010 à 19h21

    SEVERIN dit

    le film est top

  • 29 July 2010 à 17h17

    expat dit

    Salut l’Ours. Je n’ai pas vu le film mais j’aimais bien le livre.

  • 29 July 2010 à 16h45

    L'Ours dit

    Impat1,

    c’est assez rare pour le noter – mais je donne là que mon avis – je trouve que le film est encore meilleur que le livre.

  • 29 July 2010 à 16h38

    zenaztec dit

    Domp
    Jecomprend l’interet des actions et de la bourse,en revanche les produits financiers tel les warrants, trakers, turbo bidule ect je comprend pas eclairez moi

  • 29 July 2010 à 14h23

    DomP dit

    Pour faire simple, les produits financiers et les innovations qui y sont liées servent à fournir le financement à une multitudes d’entreprises et d’activités, et ce au plus juste prix et le plus rapidement possible, à la condition que les états ne se mettent pas trop à vouloir “réguler” un monde dont ils ne maîtrisent ni ne comprennent ni les tenants, ni les aboutissants.
    Bien sûr, cet utilité n’empêche nullement certains acteurs de ce marché de se déconnecter plus ou moins de la réalité. Mais la loi du marché -si les états, encore une fois, ne s’en mêlent pas en voulant “sauver” telles ou telles entreprises- est à même de traiter ces cas comme il convient.

  • 29 July 2010 à 13h14

    Impat1 dit

    …”Quelle est la valeur ajoutée de la finance, en quoi profite-t-elle à la productivité de l’économie ?”…
    Comme élément de réponse à cette bonne question je suggère la lecture du livre de Tom Wolfe “The Bonfire of the Vanities”. La finance vue par la femme et la maîtresse d’un financier…