Une “comédie romantique” de Gérald Sibleyras
Drôle, français, anti-moderne et léger
Publié le 04 février 2010 à 13:00 dans Culture

Stéphane Freiss à l'affiche d'Une Comédie romantique, de Gérald Sybleiras, au Théâtre Montparnasse.
Si un homme furieux armé d’un fusil me demandait de définir Gérald Sibleyras en quatre adjectifs, je lui répondrais sans hésitation : drôle, français, anti-moderne et léger ! Frappé par la justesse de ce portrait à brûle-pourpoint, l’homme poserait assurément son fusil et courrait sans même me dire au revoir au Théâtre Montparnasse afin de voir la prochaine représentation d’Une comédie romantique. Si d’aventure vous étiez tenté d’aller y rejoindre ce forcené malappris, sachez que la chose était impossible avant le 22 janvier 2010 et qu’elle le redeviendra à compter du 15 mai. Je vous conseille donc plutôt l’intervalle.
Lorsque j’ai assisté, il y a quelques années, à l’excellente Danse de l’albatros puis à Vive Bouchon !, j’ai eu l’heureuse surprise de découvrir un théâtre qui s’intéresse au monde réel, au monde concret contemporain. Qui ne fait pas comme s’il n’existait pas. Un théâtre qui le visite et en démonte les ridicules avec un humour féroce et primesautier. Gérald Sibleyras me semble poursuivre par la voie théâtrale l’entreprise de sape des mythologies du moderne accomplie dans le roman français contemporain par Duteurtre, Taillandier ou Houellebecq. Nul hasard, en outre, si les pièces de Sibleyras se jouent souvent rue de la Gaîté, juste en face du lieu où Philippe Muray écrivait ses livres. Car Sibleyras est d’abord le voisin de Muray par l’esprit qui anime ses pièces. Gérald Sibleyras, à qui l’on doit également La Retraite de Russie, Une heure et demie de retard, L’inscription et Le vent des peupliers et qui a obtenu de nombreuses nominations aux Molière en tant que meilleur auteur, compte assurément parmi les lecteurs les plus avertis de Muray, ainsi que parmi ses successeurs les plus drôles.
Une comédie romantique est un vaudeville agréable et enlevé, débordant de mauvais esprit. La pièce commence avec la rencontre d’Anita et Léon, au cœur de l’enfer contemporain : dans un “espace SNCF”. Ils deviennent amants. Leur amour est infesté de téléphones portables, d’ordinateurs et de chambres d’hôtels. Très vite, aussi, il bascule dans l’engrenage du mensonge, d’une manière qui diverge singulièrement de la banalité un peu triste de l’adultère mainstream : Anita et Léon se font croire l’un à l’autre qu’ils sont mariés. Leur situation devient naturellement inextricable.
Dans Une comédie romantique, nous rencontrons également, pour notre plus grand profit, un “coach de vie”, un “semi-piéton”, malheureuse victime d’une “zone semi-piétonnière”, un non-fumeur solidaire de ses frères fumeurs, une kinésithérapeute slovaque et de faux Danois. Nous y apprenons que “nous sommes tous reliés” et que “la Terre est un être vivant”. Ce désopilant jeu de l’amour et du hasard trouve son dénouement burlesque au Salon du mieux-vivre, où divers adeptes de l’harmonie new-age finissent par s’étriper tous entre eux et où le sang de bobo coule à flot.
Bonne baignade !
-
L'auteur
Bruno Maillé est un paria timide.
-
Plus








La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
35Nos offres
1 an : 59 € ............................................ >
1 an : 34,90 € ....................................... >
Minos dit
“Sophie dit :
4 février 2010 à 14:27
Alléchant. Je ferais bien un saut à Paris.
Dieu qu’il est beau Freiss. On dirait Mon Chéri! Juré!”
Quand l’amour rend aveugle…
nadia comaneci dit
L’ours, pour moi les yeux bleus, ce serait plutôt un handicap… que Freiss surmonte assez bien.
rackam dit
n.c.,
“rackam a un problème avec les initiales”
pas du tout, mais S.F., S.F., Y.C. et DDV commencent à nous courir sur le H.S.
C.Q.F.D.
P.C.C.:
r.
L’Ours dit
ça nous a coupé la chique, à nous, les sans-grades, les dégarnis aux yeux même pas bleus…
Evitez les photos des bélâtres, soyez charitables, surtout si “elle a le même à la maison”.
nadia comaneci dit
Sophie, on va vous laisser jouer à la poupée avec mon chéri, faites lui des tresses ou des macarons si ça vous chante et laissez les grandes filles s’occuper des grands garçons. Si vous êtes très sage, je vous offre Fabius en cadeau bonux, sur la dernière photo il n’est pas vilain du tout avec son petit air douloureux qui devrait éveiller en vous des torrents de compassion.
Tout à fait entre nous, l’ami rackam a un problème avec les initiales ? Il en met partout…
rackam dit
Les branquignolles se sont emparées de ce fil, se disputant Freiss-tagada,
Grandgil en bafouille,
ce n’est pas très sympa pour Maillé qui s’est braisé le chou pour sortir une critique théâtrale fine et brève.
Bien malin qui viendra maintenant poster une remarque de qualité sur Sibleyras, entre deux mules “Hello Kitty” jetées pa -dessus la Manche, ou des échanges de t-shirt “Coucou Frêche moi peur”, “Villepin j’ai les crocs (de boucher)”…
Et Sophie Soubirous a des apparitions de M.C. à toute heure!
Formez le cercle, no pasaran. On sait qui succèdera à F+N+D…
Impat1 dit
Sophie, vous n’allez pas le laisser sans son, quand même ?
Grandgil dit
Pardon Sibleyras
Grandgil dit
…Gérald Sybleiras
Grandgil dit
J’aimais bien ses chroniques sur France Inter et France Musique
Sophie dit
Pas de gymnastes roumaines, des nymphomanes belges. C’est sur Wikipédia!
Je connais quelqu’un qui a lu des statistiques sur les goûts sexuels de Freiss. Je vous l’envoie?
Sophie dit
Nadia, calmez-vous! D’abord on dirait qu’il vous les faut tous! Un article sur Calvi? Oh, je le veux, je le veux, je le veux! Dominique de Villepin? Il est à moi, il est à moi! Samy frey, idem. Vous vous égarez ma cocotte. Pour peu vous auriez dit la même choses sur fil Frêche, c’est devenu un réflexe chez vous. Heureusement, vous vous êtes retenue à temps.
Donc, on partage nos carambars. Vous prenez Calvi, je prends Freiss. Et pour la peine je vous laisse Villepin.
Cela dit, sans rire, c’est vrai qu’il ressemble à Mon Chéri si ledit Mon Chéri prenait un peu la peine de se couper les cheveux. Un des ces 4 je vais me transformer en Dalila!
Impat1 dit
ouïe, je vous laisse. Bruno Maillé, c’est malin d’avoir mis sa photo !
nadia comaneci dit
Il parait qu’il est fou des gymnastes roumaines. Juré !
nadia comaneci dit
Sophie, je l’ai vu la première !
Impat1 dit
En fait c’est peut-être lui. Vous nous l’aviez caché !
Sophie dit
Alléchant. Je ferais bien un saut à Paris.
Dieu qu’il est beau Freiss. On dirait Mon Chéri! Juré!
Impat1 dit
Très tentant, mais je choisirai plutôt la rue de la Gaieté, où l’on sent déjà l’ambiance Rive Gauche avant même de pénétrer au théâtre.
nadia comaneci dit
Si un homme furieux armé d’un fusil m’ordonnait de courir au Théâtre Montparnasse… voire jouer Stéphane Freiss, il n’aurait pas, pour le coup, à user de son arme ! Dieu qu’il vieillit bien. Freiss, pas le furieux.
Si de surcroit il est à l’affiche d’une pièce française, légèrement délirante et anti-moderne, ne boudons pas notre plaisir. Après Lyon, cher l’Ours, le problème sera de les déplacer à Londres…
L’Ours dit
Quand ils seront en tournée à Lyon, faîtes nous un petit coucou!