Une bonne bière fraiche qui ne règle rien
L’affaire Obama-Gates laissera des traces
Publié le 07 août 2009 à 9:51 dans Monde
Mots-clés : Barack Obama, États-Unis
Des flics accusés de pratiquer le “contrôle au faciès”, un contrôle d’identité qui dégénère en arrestation et en polémique raciale, ça n’arrive pas que chez nous. Avec l’affaire Obama-Gates, l’Amérique vient de s’offrir son premier psychodrame racial depuis l’élection du président noir.
Le 16 juillet, un universitaire noir, Henri Lewis Gates, de retour de voyage, tente de forcer la porte de sa propre maison qui était bloquée. Croyant à un cambriolage, une voisine appelle la police. Le policier James Crowley, flic blanc, veut vérifier que l’homme est bien le propriétaire des lieux. Le professeur montre ses papiers, s’énerve. Le ton monte, le professeur traitant le policier de “motherfucker” le policier. Gates est menotté et emmené au poste de police “pour trouble à l’ordre public”.
Cet incident banal devient une affaire d’Etat après l’intervention d’Obama qui déclare sans autre forme de procès que le flic qui a arrêté son ami s’est conduit de façon stupide. Et au cas où quelqu’un n’aurait pas compris, il en rajoute sur les “contrôles au faciès” comme on dit chez nous : “Cet incident nous rappelle qu’il y a une longue habitude dans ce pays à contrôler les Africains Américains et les latinos de manière disproportionnée…”
Fallait-il menotter devant chez lui ce professeur d’allure chétive, âgé de 58 ans, personnalité emblématique de la culture noire, titulaire de la chaire d’études africaines-américaines à Harvard ? Si on ajoute qu’il est président du comité de sélection du prix Pulitzer et a été classé parmi les 25 Américains les plus influents par Time, on comprend que le policier est plutôt mal tombé. Blanc, le professeur aurait-il arrêté comme un vulgaire malfrat ? La police, elle, en a marre de se faire insulter : le professeur, dit-elle, a contribué à banaliser les agressions verbales dont les policiers sont victimes au quotidien.
Obama comprend vite qu’il a gaffé. Le ton d’un militant des droits civiques ne sied guère au président des Etats-Unis. Les pressions exercées sur le Président pour le sommer d’intervenir au nom de sa propre identité ethnique choquent l’Amérique. De plus, dans un pays hanté par la crainte de l’abus de pouvoir, personne n’est au dessus des lois, pas même un ami intime et de longue date du Président. Aussi son intervention est-elle très mal perçue au sein d’élites où les lawyers règnent en maître.
Le président rétro-pédale promptement : “J’ai donné l’impression que je vilipendais la police de Cambridge et le sergent Crowley, j’aurais dû m’exprimer autrement.”
Sans doute. En attendant, l’ère radieuse et post-raciale annoncée n’a pas encore commencé. En juin 2009, selon un sondage CNN, 62 % des noirs et 61 % des blancs pensent que rien n’a changé dans ce domaine depuis l’arrivée d’Obama. (À vrai dire, c’est le contraire qui aurait été étonnant.)
Certes, le président a réuni le sergent et l’universitaire à la Maison Blanche pour le sommet de la bière. Mais cet impeccable plan com’ ne suffit pas à effacer le malaise provoqué par l’affaire.
Fallait-il, au nom de la cause antiraciste, brandir aussi promptement l’infâmante accusation de racisme ? (Rappelons qu’en l’espèce, un policier noir qui accompagnait Crowley a affirmé qu’il aurait agi exactement comme lui.)
Allons un peu plus loin. Faut-il, pour ne pas être raciste, taire le fait que c’est dans les communautés noires ou hispaniques qu’on observe la plus forte délinquance et que c’est ce fait statistique – et non le racisme des policiers – qui explique que ces populations soient plus ciblées par les contrôles ? On me dira que les délinquants se recrutent toujours parmi les laissés pour compte et que nombre de noirs et d’hispanos vivent dans un no man’s land culturel et social. Sans doute. Seulement on ne demande pas aux flics de jouer les sociologues mais d’assurer la sécurité des citoyens.
Surtout, on peut se demander si le “Gatesgate” révèle le racisme persistant des blancs ou la soif de vengeance d’une partie des noirs. Par moments on se dit que, plus que le rêve de Luther King, c’est le cauchemar de Tocqueville d’une dictature des minorités qui risque de se réaliser. Et pas seulement en Amérique.
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L'auteur
Odile Cohen est avocate.
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Eden dit
Super !
Tout a été censuré ! Bravoche !
slider dit
@ ZapPow
je prefere celle ci
“Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d’un vieux sheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu’il apprend à l’école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu’à ses pensées les plus intimes. L’islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.”
(Mustapha Kémal Atatürk )
ZapPow dit
On jurerait une description de l’extrême droite !
Rotil dit
@ Lanonyme ,le sans grade,
Oulà !
J’aimerais, mais je connais pas le catalogue de la FNAC.
Cela dit, si c’est cette chanson – si belle! – que vous voulez, il existe plein de versions, toutes belles.
Vous trouverez votre bonheur dans un rayon “musique du monde”, je pense.
Lanonyme ,le sans grade dit
Saul /je connais bien cette région ,j’allais souvent à Berkane .
Saul dit
et vous faites bien : )
je ne sais plus où j’ avais vu cette version ( ou peut etre quelqu’ un qui me l’ avait dit ), mais comme je vous l’ ai dit, ceux que j’ ai vu au Maroc ne l’ étaient pas. d’ où un doute sur cette version…
mais celui que j’ ai connu en France, je vous jure, le vrai aryen ! il se disait chleuh, mais je crois qu’ il venait du Rif, pas du sud.
Lanonyme ,le sans grade dit
Possible SAUL ,mais je préfére rester sur la version familiale :du vécu !
Mais promis , j’irais sur internet dès que poss.
@Rotil :Petit probléme , j’ai consulté 2 albums d’Ofra sur FNAC mais ne retrouve pas sa chanson mise en ligne par vs .Pourriez vs m’aider? /merci.
Saul dit
Candide :
ah ! j’ avais une autre version….
on dit que les chleuhs sont généralement blonds. perso au Maroc les rares que j’ ai vu ne l’ étaient pas tant que ça. par contre j’ en ai connu un, venu étudier en France, on aurait dit un vrai suédois !
donc ce surnom viendrait des tirailleurs marocains en 14, s’ apercevant que les allemands étaient majoritairement blonds, ils se sont mis à les appeler ainsi, en réference à la blondeur des chleuhs
mais peut etre est ce du à leur combativité, comme le racontait votre grand père ( ce qui est fort possible vu que Lyautey comptait dans sa garde une unité composées de chleuhs, d’ après un marocain qui m’ avait raconté ça )
ou alors les 2 versions sont bonnes : surnom donné en réference à la blondeur et à la combativité des chleuhs…
Lanonyme ,le sans grade dit
@ROTIL ;Vais direct sur la FNAC pour préparer un beau cadeau à une personne que j’aime :mon épouse .
Encore merci .
Lanonyme ,le sans grade dit
ROTIL , un grand merci pour cet instant de bonheur .Pendant 20 asn ,vs le savez , j’ai vécu au milieu de patrons juifs marocains ,français .Cela me rapp .DES INSTANTS MAGIQUES ;Triste nous étions lors de sa disparition brutale mais programmée .
Sincérement merci .Francis
Jamie dit
Maintenant les amis, je dois vous laisser : Morphée m’attend. Mais je reviendrai dès demain, c’est sûr! Il y a fort à dire et à faire ici, je serai de la partie.
Bonne nuit à tous.
Jamie dit
Oui Saul, les Chleuhs du Maroc sont très proches, par leur parler, des Kabyles. Il y a plein de similitudes d’ordre linguistique entre nous. D’ailleurs, mon père qui a beaucoup voyagé, dit que notre patronyme (mon nom de jeune fille et donc celui de mon père) ne se rencontre qu’en Kabylie, un peu dans la région de Blida et aussi chez les Chleuhs du Maroc. Et nulle part ailleurs, si ce n’est en France par la grâce de ceux d’entre nous qui y ont émigré.
Lanonyme ,le sans grade dit
SAUL : Les CHLEUHS ont été de farouches guerriers marocains du sud qui ont combattu les français début 20 éme .
Ensuite ,devant l’ardeur des allemands ,en 14/18 je crois qu’on a rapproché et confondu ce terme pour l’attrribuer aux combattants allemands qui étaient aussi d’une rare violence ..C’(est ma version .Je la tiens du grand’pére qui a fait 14/18 et ensuite de mon pére ,si vs avez suivi mon parcours sur Causeur .
Rotil dit
Zut, elle(s) sont parti(e)s…
Dommage, je lui baillais ça:
http://www.youtube.com/watch?v=L8Co7IzOyhw
Lanonyme ,le sans grade dit
Nonobstant les insultes qui gardent leur caratére et leur férocité mais Eden ,là , c’est du spectacle .
Guillon que j’apprécie pourtant à la radio est un nain à côté de vos deux derniers .
D’autres ?
Saul dit
Jamie :
oui c’ est pour ça que j’ ai dit “grosso modo” car je ne connais pas les noms des autres berbères d’ Algérie et je pensais que les kabyles étaient les plus nombreux.
( y a les chleus aussi au Maroc, d’ où vient ce surnom péjoratif donnés aux allemands )
Lanonyme ,le sans grade dit
Saul .Les kabyles ont même revendiqué l”identité Berbére :homme libre !
Jamie dit
Mais oui Saul , c’est tout à fait ça :
Berbère est le terme générique, Kabyle est le terme spécifique. Ce qui fait que comme moi, tous les Kabyles sont des Berbères.
Mais tous les Berbères ne sont pas Kabyles. Les Chaouis, les Touaregs, les Chenoui, … sont des Berbères mais pas des Kabyles.
Sauf que les Kabyles ne sont pas les Berbères de toute l’Algérie, mais juste ceux de Kabylie, comme moi!