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Un référendum sur la burqa ?

Chiche !

Publié le 02 avril 2010 à 7:35 dans Politique

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Pour tout dire, quand il m’arrivait – pas si souvent que cela d’ailleurs – de croiser, à la fin de mes vingt années de ZEP, des femmes en burqa, j’éprouvais à titre personnel un véritable sentiment de tristesse plus que de colère. Un très vieux fond judéo-chrétien me renvoyait, évidemment, à je ne sais quelle obscure culpabilité. Ces burqa ou même simplement ces foulards et ces hidjab chez des filles de plus en plus jeunes, c’était de ma faute.

Oui, j’aurais pu, nous aurions pu peut-être empêcher ça, empêcher que ne se referment sur la République les deux mâchoires du même piège à cons. D’un côté, à l’intérieur de l’école, le pédagogisme béat inconsciemment ethno-différentialiste et, à l’extérieur, des gouvernements de gauche ou de droite qui juraient qu’il n’y a pas d’alternative au néo-libéralisme, qui lui, pour le coup n’était pas voilé mais complètement échevelé. Nous aurions pu, mais nous étions si peu nombreux, soldats d’une armée qui n’avait plus envie de gagner la bataille de l’émancipation.

Le résultat était là : les corps gracieux, amis de l’espace, dans la ville aux friches industrielles refondées en théâtre d’art contemporain, avaient en quinze ans à peine cédé la place à des corps fantômes qui prouvaient mieux que n’importe quelle statistique économique que le repli identitaire s’était substitué à la lutte des classes.

Nous nous souvenions dans notre ville, au milieu des années 1980, que les premières revendications sur le voile étaient paradoxalement apparues chez des filles “qui s’en étaient sorties”, élèves en hypokhâgne et en khâgne. Mais bien sûr, comme souvent, le paradoxe n’était qu’apparent. Ces jeunes filles qui lisaient Plutarque à main levée avaient dû tout prendre, tout arracher pour en arriver là. Rien ne leur avait été donné : elles avaient dû lutter contre une école qui gérait leur relégation sous les ripolinages de plus en plus délirants de “projets” pédagogiques qui étaient autant de villages Potemkine, elles avaient dû, souvent, lutter contre le grandfratriarcat encouragé par les anges de l’antiracisme comme vaseline sociale pour maintenir un semblant de vie familiale dans les quartiers.

Alors, le voile en hypokhâgne. Pour dire merde. Pour dire non. Pour mettre le système face à ses contradictions. “Oui, j’ai eu mention très bien au bac philo mais ce n’est pas grâce à votre école, à vos associations, à votre feinte compassion, à votre vrai mépris.” Qu’on regarde, pour se faire une idée de ce que je dis, les déclarations de Jeannette Bougrab, la nouvelle présidente de la Halde, dans un récent portrait d’elle dans la presse. Des choses du genre, alors qu’elle est une brillante élève de terminale C, “vous devriez faire infirmière plutôt que médecin”. Tout ça dit par des profs qui devaient probablement voter socialiste.

À droite, entre parenthèses, cela devrait calmer les idées reçues sur un enseignement tenu par des profs marxistes. S’ils avaient été majoritairement et efficacement marxistes, les profs en question, ce n’est pas avec un voile sur la tête qu’elles seraient arrivées en classe prépa, les beurettes, mais avec au mieux la carte du parti communiste ou de la LCR et au pire un cocktail Molotov. Mais non, les profs étaient sous la férule de Meirieu, lui-même devenu hiérarque d’Europe écologie. Vous voyez bien, amis de droite, que vous ne risquez plus grand chose de cette engeance-là

Alors le voile, ce voile de jeunes intellectuelles révoltées comme affirmation sans issue.

Maintenant, nous n’en sommes plus là, évidemment. Il n’y a que quelques sociéto-démagos du NPA pour faire croire qu’une candidate voilée, ça fait partie de la France d’aujourd’hui qui concilierait émancipation et signes religieux ostentatoires.

En tout cas, je ne sais pas qui était à la manœuvre, mais c’est réussi.

Parce que plus ça va sur cette question, moins ça va. André Gerin, sénateur maire communiste, est monté au feu sur la question et a initié une commission parlementaire sur la burqa, pointe avancée de cette névrose identitaire. Moi, Gerin, je lui faisais confiance. Il allait bien resituer le problème : le chiffrer, le circonscrire, faire le lien entre burqa et misère sociale, plus qu’entre burqa et je ne sais quelle invasion islamiste. Ou alors, mais ça revient au même, lier intégrisme religieux et relégation économique.

Mais voilà, Copé, brillant stratège, tout à sa carrière et à son opposition à Sarkozy, a grillé la politesse de la commission et réclamé une loi. La loi que finalement vient de proposer le président un peu inquiet tout de même par sa récente hémorragie électorale. Et avec une remarquable constance dans l’aveuglement, toujours persuadé qu’elle est due, cette déroute, à un traitement insuffisant de l’immigration et de l’insécurité alors que le FN doit son succès, avant tout, à une campagne sociale.

Comme vient de nous l’expliquer notre chère rédactrice en chef, cette loi qui prévoyait une interdiction totale de la burqa a été déclarée contraire au droit par le Conseil d’état. Il faudrait donc d’après Elisabeth que le président appelle à un référendum.

Un référendum sur la burqa, quand on propose moins de cent cinquante euros aux Conti pour aller bosser en Tunisie, ne nous semble pas une priorité mais bon, admettons.
Eh bien, je dis : “Chiche !”

Je dis chiche parce que la burqa est devenue plus qu’un symbole ; elle est devenue la cristallisation de toutes les peurs et les frustrations des uns et des autres. Il faut effectivement laisser la parole au peuple. On a parfois de bonnes surprises : le referendum de 2005 a été assez amusant, dans le genre.

Je suis certain que dans l’esprit d’Elisabeth, il ne pas de stigmatiser qui que ce soit mais qu’elle le propose au nom d’une ligne républicaine forte, au nom de l’égalité.

Mais si je lui fais confiance à elle, ce n’est pas le cas pour beaucoup d’autres qui refuseront d’articuler cette interdiction sur la question sociale et trouveront là un prétexte juridique à un vote aimablement raciste.

Alors pour dissiper tous les doutes, je propose que le libellé de la question soumise à nos compatriotes soit le suivant : “Etes vous favorable à l’interdiction totale de la Burqa et pour un smic à 2500 euros ?”

Il aurait été plus simple de mettre tout de suite le smic à 2500 euros pour faire disparaître la burqa, mais bon, je ne vais pas sombrer dans l’utopie, non plus…

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  • 8 April 2010 à 6h43

    pirate dit

    marchenoir est un cas d’école, un maitre étalon, rien que son nom est une rigolade considérant son racisme et son opinion du marché. Et considérant cette même opinion, et ce racisme je peux affirmer sans conteste que c’est également un cocu de compétition.

  • 7 April 2010 à 18h55

    Henri Marillier dit

    Ce monsieur Marchenoir Robert, si il n’existait pas il faudrait l’inventer. Antominus Lecretinus dépassé! Qui l’eut cru?

  • 7 April 2010 à 16h34

    Duchnock dit

    Référendum : oui. Mais sur une seule et unique question se pronoçant (oui ou non) sur l’INTERDICTION TOTALE de vêtements cachant le visage SUR TOUT L’ESPACE PUBLIC FRANCAIS. (Mayotte comprise)

    La France est d’autres devront se battre pour supprimer ces types d’accoutrements sur toute la Terre.

  • 7 April 2010 à 0h14

    pirate dit

    sinon pour Pétain le sympa, je rejoint Nadia à 200%

  • 7 April 2010 à 0h13

    pirate dit

    Lefevbre encore un peu d’ouverture ça aide, quand le premier ministre japonais a refusé de reconnaitre la faute des japonais dans le massacre de Nankin, il a été tellement emmerdé qu’il a failli passer à la trappe, et les relations avec la Chine ne sont pas exactement au beau fixe de ce point de vue. Quand on parle du camp 731 au japon on aborde un tabou, et croyez que là bas comme ailleurs des associations se mobilise pour faire entendre raison à la droite japonaise, (oui le japon a eut son 68 aussi et son extrême gauche également, voir l’organisation terroriste Drapeau Rouge) beaucoup plus à droite d’ailleurs que la notre, qui continue de trouver des excuses au gouvernement d’Hiro Hito. La même avec les femmes de complaisance coréennes à qui pendant des années on a refusé même qu’elles abordent le sol japonais. Seulement la culture locale est mollement à la revendication (plutôt à l’hedonisme, voir les Otakus) sauf quand elle est nationaliste (voir Mishima et Kawabata, leur vie, leur oeuvre et la raison de leur suicide) et c’est ce nationalisme là et pas un autre qui a amené le Japon dans la guerre.

  • 6 April 2010 à 22h03

    nadia comaneci dit

    Ma chère Sophie, vous me voyez perplexe, je ne saisis pas très bien votre référence à Eden que je cite plutôt rarement, voire jamais. Je me garderai bien de porter le moindre jugement sur son objectivité ou la mienne.
    Ne vous inquiétez pas, je ne risque pas de changer d’un pouce. Sur certains sujets, en particulier. Quand je lis “les bons côtés de Pétain” sous la plume de Ludo, j’ai des envies de chair à pâtée, parce que ce bon Pétain a autorisé la déportation des juifs étrangers pour épargner les Français qui ont fini par finir dans les fours eux aussi. Et là on parle d’enfants carbonisés, pas d’aide au logement ou de soins médicaux gratuits.
    Maintenant, vous avez raison, nous sommes tous le produit d’une histoire. Je vous embrasse itou.

  • 6 April 2010 à 21h35

    Ludovic Lefebvre dit

    Ben oui, c’est exactement ce que je disais Pirate, ils ne sont pas emmerdés par les droitsdel’hommistes. Pas plus que Bobby Mougabe qui vire les blancs ou l’Afrique du Sud qui massacre des blancs qu’ils ont pillé et mis dans des ghettos.
    Nous, nous accueillons tout le monde et sommes emmerdés avec des revendications quotidiennes. Quant au racisme, nous avons pu faire tant et tant, nous serons toujours qualifiés de racistes, car c’est un fond de commerce si juteux.
    Thuram sort un livre faisant l’apologie exclusive des noirs et exige ensuite la disparition des notions de race…trop fort.
    Pour le télévisuel et la com, je suis d’accord avec vous, mais je ne m’appuie pas que sur les indignes de la République. Aussi sur mon observation dans les différentes zones de non-droit où j’ai vécu, la lecture du coran, du pacte d’Omar et de la sunna, la réalité géo-politique.
    Ceci dit, je me suis trop intéressé à tout cela et ai perdu trop de temps. J’ai une opinion que je conserve, mais mon but aujourd’hui est de faire du fric, élever mon fils, gagner mes procès et faire du roman bien éloigné de tout cela.
    L’avenir me donnera raison ou j’espère tort, j’ai de toute façon envie et besoin de penser à autre chose.

  • 6 April 2010 à 21h15

    pirate dit

    Ah une dernière chose, vous citez le japon. Pas de problème d’antisémitisme là bas, les rabbis japonais sont assez rares, mais des problèmes avec les coréens,les chinois, les philippins, les bésiliens, les péruviens; et même des locaux, les indiens des japonais les Annouïs traités encore aujourd’hui comme des sous hommes. Les japonais n’ont jamais été porté sur le métissage eux (voir les iconographie de l’ére Meiji montrant des enfants singes couvert de poil, mélange de blanc et de japonais). la faible immigration du reste fait que le japon connait une crise démographique avec une population veillissante. Vous voyez ce que je disais maintenant quand je vous parlais de vous cultiver ? S’ouvrir l’esprit quoi.

  • 6 April 2010 à 21h06

    pirate dit

    Lefevbre vous avez bien lu, maintenant je me souviens c’est bien sur votre blog, je n’ai pas tout lu mais j’ai lu ça. Comme vous le savez aussi j’ai un lien étroit avec le métissage (tintin au congo n’est-ce pas d’ailleurs elle est mi auvergnate mi burkinabé et on ne dit pas au congo mais dans le congo en ce qui me concerne) comprenez bien que je me sente un petit peu concerné. Si vous citez l’autre hystérique des indigènes de la république en espérant montrer un exemplaire justifiant la haine, je vous rassure vous ne démontrez rien, elle se prend pour Malcom X en jupe, c’est bon merci bien. Personne n’a dis que les uns étaient tous bons et les autres tous mauvais, certainement pas moi et ceux de mes amis qui sont de là bas non plus. Si vous vous en tenez uniquement aux propos lénifiants transmis par les médias, il s’agit d’une pensée mainstream, positiviste qui cherche à vendre. C’est le principe publicitaire qui consiste à interdir toute négation dans une phrase ou une idée. Vendre quoi ? Bah rien de plus que du sommeil. Des marchants de sommeil. Dans quel but ? Consommez bonne gens, tout va bien. Nothing more, nothing less. Enfin vous n’êtes pas sur vos terres, vous êtes aussi sur les miennes, et celle de Nadia, de rackam, sophie, vanick, saul, etc. Ne reprochez pas aux uns de s’attribuer une terre de facto et ensuite faire de même.