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Un procès de Moscou à Paris

Censure française, mais modèle soviétique

Publié le 17 avril 2010 à 7:10 dans Société

Soldat russe montant la garde sur la Place Rouge

Soldat russe montant la garde sur la Place Rouge.

Si l’idéologie du Bien devait se choisir une icône, le Jésus-Christ stallonien des Inconnus serait sans doute le meilleur candidat. Jamais quelqu’un n’a distribué autant de pains à la fois, au nom de la tolérance et de l’amour d’autrui. Voilà deux semaines qu’il boxe Eric Zemmour avec les meilleures intentions du monde. Le journaliste a rejoint, désormais, ce que les historiens du futur appelleront, je l’espère, les “dissidents européens”. On assiste à un nouveau “procès de Paris”, parodie grotesque mais néanmoins inquiétante des “procès de Moscou”. Je pensais que Vladimir Boukovsky, dissident soviétique ayant survécu à douze ans de camp et d’internement psychiatrique, exagérait lorsqu’il écrivait, en 2005, L‘Union européenne, une nouvelle URSS ? Il exposait, dans ce livre, comment l’Union européenne calquait feue l’URSS sur le plan institutionnel, mais aussi idéologique, notamment par l’apparition de nouveaux délits d’opinion : la xénophobie et le racisme. L’idéologie soviétique était internationaliste : il fallait éradiquer les particularismes nationaux des peuples du bloc de l’Est pour faire surgir l’Homme nouveau soviétique, acculturé et flexible. L’idéologie du “politiquement correct” actuelle a les mêmes buts. Eric Zemmour, suivi par Philippe Bilger, avocat général près la Cour d’appel de Paris, ont été reconnus coupables par un ensemble d’associations persécutrices inféodées à l’idéologie internationaliste européenne : tout comme les dissidents soviétiques, ils ont commis le délit irréparable de rappeler la réalité aux nouveaux “ingénieurs de l’âme” épris de leur rêve de pacification forcée des rapports humains.

Il est intéressant de regarder dans le détail comment on a essayé de culpabiliser Philippe Bilger sur le plateau de Morandini, sur Direct 8 : «Quand on passe à la télé, on a une responsabilité ; quand on est une personnalité, on a une responsabilité. Tenir des propos comme ça, ça veut dire que, dans l’esprit des gens qui vous regardent, quand ils vont croiser demain, comme vous dites, un Noir ou un Arabe, ils vont se dire : “Ce mec-là est peut-être un trafiquant.” C’est cela que ça veut dire, et c’est cela qui est terrible, et c’est pour ça que je pense que, quand on est à la télévision, on ne peut pas tenir des propos comme ça.»

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  • 22 April 2010 à 10h00

    solitude dit

    essai

  • 18 April 2010 à 19h06

    expat dit

    et je dois dire que la photo de cet article est magnifique.

  • 17 April 2010 à 17h54

    vingtras dit

    Bien vu… Mais si le processus est comparable, l’instrument (les “organes” comme on disait “là-bas”) n’est pas le même (pas encore) Mieux vaut être privé de plateau du soir à FR3 que d’être expédié pour vingt ans à la Kolyma. Ici, au moins, on peut énumérer le nombre de “trous du cul” qui encombrent les médias sans être assassiné. Ce qui est (ou serait) intéressant ce serait de reconstituer le lent processus d’élaboration d’un pareil état (la France en échantillon significatif) : dans les années 1920-1930, l’insouciante démocratie devient la plaque tournante – le refuge – des antifascistes européens tandis que les hommes de Staline ( tels Fried ou Togliatti) construisent un PC qui le leur rend mollement. En même temps est créée la Banque centrale pour l’Europe du Nord (son rôle n’a été traité qu’anecdotiquement par Montaldo), des agents du Komintern comme Willy Munzenberg établissent des officines (presse moderne et maisons d’édition, lire Koestler, Silone, Mano Sperber… sur le sujet) qui influencent les “idiots utiles”… et puis vient la guerre d’Espagne.
    Oubliant le pacte germano-soviétique et les deux ans d’amitié qui suivent, le PCF s’achète un rôle héroïque au prix de milliers de martyrs réels mais perpétue le “grand mensonge” dont la mécanique est encore dans les têtes, et pour longtemps, revigoré par ce goût très “ONG” de l’exotisme bienfaisant.
    PS. On pourrait aussi réfléchir au constituant de “l’être de gauche” aujourd’hui.

  • 17 April 2010 à 12h18

    Impat1 dit

    Reste qu’en Europe, fort heureusement, le courage de dire le réel ne conduit qu’à l’ostracisme des médias. C’est quand même un peu moins douloureux que le goulag. Et cela permet de mettre en lumière ces quelques courageux, tel Zemmour, dont la rareté fait ressortir l’inconsistance de la multitude médiatique et associative politiquement correcte.

  • 17 April 2010 à 10h46

    expat dit

    Merci pour cet article, effectivement (et malheureusement) vous décrivez le réel.

  • 17 April 2010 à 10h44

    steed59 dit

    excellent article !! vous avez mis des mots là ou je ressentais des impressions

  • 17 April 2010 à 9h15

    Aymenon dit

    Il aurait fallu que je le lise le soir avant de dormir. Çà aurait encore plus fait peur.